‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 134 sur 135 · RHIN · texte numérisé non relu

RHIN

RHOD

On connatt quatre etpèccs bien disUnclet de ces animaïui ; elles forment deu& groupes : l'un à deux cornes , et l'autre à une seule.

C*est 4 celui-ci qu'appartient Tespèce la pins âncietuiement connue , celle des Indes.

C'est la plus grande ; cHe a cinq pieds de hauteur , et neuf u dix de longueur ; sa corne est ordinairement longue de plJs de deux pieds. Quoique Arislote ne paraisse pas > ravoir connue , elle le fut des anciens :

Atliénèe, Pline et Stnibon en font men« tion; Ptolémée-Philadelpbe la montra au peuple dans une fêle célèbre : et c'est proiMblement à la' même espèce qu'apparie* naient le rhinocéros que Pompée fit paraître aux jeux qu'il célébra à Rome , et celui qu*Auguste fît combattre dans le cirque avec un hippopotame.

Le rhinocéros des Itules , pris jeune , s'apprivoise assez facâlemeut \ mais il donne fréquemment des signes d'impatience et se livre •oirventà des mouvements de fureur. Son regard est stupide, sa vue parait être faible ; OMis le mouvement continuel de ses oreilles annonce une grande finesse dans le sens de l'ouïe. £n liberté , il se nourrit d herbes , des racines et des branches des jeunes arbres ; sa femelle ne produit qu'un petit, après une gestation de neuf mois. Il habite les contrées intérieures de l'iiide, au-deU du Gange.

Le rht'nocérùê dt Jnt^m, dont la hauteur moyenne est d'un peu plus de quatre pieds et la longueur de six , est armé d'une corne ordinairement très-courte. La disposilion des plis de sa peau diffère un peu de celle des autres ; mais ce qui le distingue surtout , ee sont les tut>ercttles de forme généralement pentagone dont eUeest couverte. Cha»

cnn de ces tubercules donne naissance à un poil court, raide et brun.

L'Ile de Sumatra est la patrie d'un rkino* réro* à deux eûmes , qui porte le nom de cette Ile. Sa peau n'est pas hérissée de tubercules ; elle est même moins couverte de rides que les autres espèces; elle s*en dis* tingoe encore par une assez grande quantité de poils. Il constitue la pins petite des quatre espèces connues et décrites ; sa baotenr n'atteint pas quatre pieds , et sa Ion • gneor ne dépasse pas cinq pieds et demi.

Des deux cornes qu'il porte sur le nez, l'antérieurç est méiliocrement longue , et ia postérieure n'est que rudimentaire ; les feselles ont des cornes encore moins saillantet.

Le rhimocéroe d'^rùfue diffère du pré^

cèdent par s» taille semblable îi celle du rhinocéros indien, par la long^6in* de ses cornes, et par sa peau presque sans pits sur le dos. Les anciens l'ont connn ; Pausanias l'appelle ùmrMu d' Ethiopie / DomHien le fit représenter sur quelques unes de ses médailles ; ma» il parait qu'il ne fut point introduit par les Romains en Europe. Cette espèce habite les forêts de TAfriqne méridionale; elle se tient dans les lieux humides et sur le bord des rivières , aime à se vautrer dans la fange , et se nourrit de chardoM, de genéU et de petites branches d'ar^ brtsseaux voisins du genévrier.

On croit qu'il existe tleux autres espèces en Afrique , ce qui porterait leur nombre total à six'; mais tes deux espèces sont encore très-incertaines. ( yojnet PACHTDiMkxs. ) J. HooT.

* RHODES ( ALXzAVDBa db ), jésuite missionnaire, né à Avignon en 1591 , partit ponr les Indes en 1518, séjonrna d*abord à Goa et à Macao, y apprit les langues en usage dans ces contrées , et passa ensuite h la Coehinchine et au Tonquin, où il travailla avec ardeur à répandre la foi chrétienne.

Diverses persécutious vinrent cependant troubler ses travaux , et le fm-cèrent à s'éloigner pour préserver sa vie. Il revint en Europe ; mais , toujours animé du même stèle , il sollicita la permission d'aller établir une nouvelle mission en Perse , et y monrat en 1660. — Bernard Rnonss, tie la même Compagnie , se distingua aussi par sou zèle dans les missions. Habile cfaimrgien , il gagna la confiance de l'empereur de la Chine , et le suivait dans tous ses voyages. Il mourut à la Chine , en 1 7 1 4 , à V^^e de 70 ans.

* RHODES (chevaliers de), f^oxez Maltb.

«RHODIGINIUS (Cblius), phitologite

italien , qui s'appelait Louis Riechieri, mais ' qui est plus connu sons le nom latinisé du lien de sa naissance, né à Rovigo vers 1450, professa avec distinction la littérature grecqiieetlatinedans plusieurs viltesd'Italie, notamment à l'académie de Milan , et moirrat en 1525 , laissant plesieurs ouvrages , dont le principal est : jéntu/uatum Lectionum lihri Xyi ^ Venise, Aide; 1516, in-foli».

Cette édition est rare et recherchée; mais elle est incomplète. Celle deBâIe, 1550, in folio , publiée pur les soins de Camille Riechieri . neveu de l'auteur, et de J.-M. Qo> retti, contient 14 livres de plus. Bile a été réimprimée à Francfort en 1666.

*RHODION(£ucnAtie8). Ko/-. Robslim.

RHUM

RHUU

* RHODIUS (Jean), rayez Rhodk.

* RHODOMANN (Laubkvt) , rectear de l*acaclémie de Wittemberg, mort en 1606, âgé de 60 ans , s'est fait une grande réputation dans renseignement , et est considéré comme Tun des restaurateurs de la langue grecque eu Allemagne. Outre des traductions latines fort estimées de Quintus Calaber, et àe% fragments de Y Histoire de Memnon, lires de la Bibliothèque de Photius et de Diodore de Sicile, on a de lui un grand nombre de poèmes grecs et latins , dont les plus recherchés sont : f^ita Lutheri grœco carminé descripta et latine reddita , Ursel, 1579,in-8«, rare; llJeULa Hercynia descripta carminé grmco et latino, Francfort , 1581 , in-8o, rare. On cite encore de lui , Poesis christiana, Palestinœ seu Historiœ sacfxe; lihri IX, gr, et lai., Francfort:

1589, in-4o, rare. La Vie de Rhodomann a été publiée parC.-H. Lang,ibid, 1741, in-8o.

* RHQE ( Thomas ). royez Roe et Kowb.

RHUMATISME. {Médecine, ) Le rhuma-

tîsme affecte les hommes plus souvent que les femmes, et principalement les sujets des deux sexes dont le système musculaire est i très-développë. Il se manifeste ordinairement de vingt-K:inq à quarante ans. Les excès de table prolongés , Tabus des boissons aiçoholiques , du café , du thé , le passage subit d*une vie laborieuse à une vie sédentaire , les émotions de la crainte et de la colère , le refroidissement de la peau par le passage subit de la chaleur sèche au froid surtout humide , par l'impression d'un courant d'air frais et humide, le coucher sur un sol humide , principalement la nuit , le séjour dans une maison récemment bâtie , enfin des contractions violentes \ prolongées ou répétées des muscles , l'occasionnent , et il règne principalement aux approches de l'hiver et au retour du printemps. 11 se manifeste parfois à la suite de la suppression de la sueur, surtout des aisselles et des pieds , de la disparition d*une phlegmasie de la peau, d'un écoulement habituel ou périodique , purulent , muquei^T ou sanguin ; quelquefois il succède à la bronchite , à la gastro-entérite , à la colite , ou bien il alterne avec ces phlegmasies. Il est peu d'organes qui ne puissent donner lieu à des douleurs dans les muscles , et peu qui ne soient susceptibles de s'aflecter quand les douleurs musculaires viennent à cesser.

Une douleur se fait tout à coup sentir, et pour l'ordinaire à la suite d'un mouvement

aireljbd-

étendu , dans une région musculaire!

conque des membres , du tronc , du col oa de la tête. Cette douleur est d'abord tessive, puis elle augmente d'intensité, se renouvelle à chaque mouvement que l'on essaie d'esécuter, et au moindre contact devient continue , lancinante , di lacérante , dimime à peine dans le repos parfait ; le pouls d'abord un instant petit , concentré , devient promptement plein , fréquent , fort souveot dur \ la peau , d'abord froide , devient trèschaude ; àt% sueurs abondantes ont lieu, surtout la nuit; la soif est excessive, ta langue est blanche , et Turine , d'abord liaipideet ténue, devient rouge et dépose oi sédiment briqueté. Quelquefois la dooleuc affecte tout le système musculaire sous-catané , et 1^ sujet reste immobile dans soo lit; mais le plus ordinairement elle n*occupe qu^uue partie du corps. Amsi , tantôt c*est une douleur atroce dans les mutdes temporaux e^ surtout le crâne ; le visa^ exprime le désespoir ; le malade se plaint sans interruption et tient sa tète dans sei mains ; le sommeil le fuit ; il peut alors sorvenir des contractions, de la raideur, des convulsions , de la stupeur. Tantôt les nascles du col sont seuls affectés ; il jr a des instants de relâche^ mais il peut s*jr joiodre des inquiétudes , de Tanxiété , des paodieiH hâtions , de l'engourdissement dans les bras, des Jïâillements, des palpitations de oosor, des évanouissements. Tantôt le mal oocope les . muscles du thorax ; la douleur se fitft sentir vers le sternum , les côtes , ckangt de siège, empêche de se coucher du côté où elle se fait sentir , arrête riqspiratioB , Is toux et le crachement; le pouls est fréqoent, et parfois il faut recourir au cjlindre pour s'assurer qull n'existe pas une inflammatioB de la plèvre. Tantôt ce sont les mosdesdo dos qui sont douloureux , le sujet ne peot se tenir droit , l'accélération de la circoUtion est considérable, la respiration difliôle. Tantôt la douleur se fait sentir à la réfioa lombaire ; le moindre mouvement pour se courber en avant ou en arrière , pour te pencher de côté, détermine une douleor déchirante ; il sy joint fréquemment de U diminution dans la sécrétion et de la lentenr dans l'excrétion de l'urine , de l'engourdissement depuis la colonne lombaire jusqu'ao devant des cuisses on en arrière ; la consti' pation est ordinairement opiniâtre. Tantôt enfin la douleur se fait sentir le longdei bras , des cuisses j des jambes, dans la rv-

RHUM

RHUM

gion la plas mnsculeuse de ces membres.

Il n*est pas rare qu'il se manifeste , dans le cours du rhumatisme aigu , des élancements atroces dans la tête , à la région du cœur, à la base de la poitrine , à Té pi «castre, derrière le pubis. Ce sont ces sensations si pénibles, alternant avec les autres douleurs, qui ont fait penser que le cœur, les poumons, Testomac, la vessie , pouvaient devenir le siège du rhumatisme ; mais rien ne prouve que ces viscères sbient en elTet affectés dans cette maladie.

Le rhumatisme s'étend fréquemment aux articulations , et il débute par ^is en elles.

( yOfn GOCTTB. )

Plus le rhumatisme se prolonge , plus ses symptômes perdent de leur intensité , plus la douleur devient mobile; les attaques en sont plus rares , mais elles sont plus longues , et il jr a des redoublements très-pénibles au changement des saisons. Le rhumatisme chronique ne succède pas toujdurs au rhumatisme aigu. Parmi les militaires surtout , il s'établit peu à peu , et se manifeste avec plus de violence au retour de la mauvaise saison, qu^il ne lavait fait à la suite des causes qui l'ont provoqué. Dans ce cas , il dure pour l'ordinaire toute la vie, mail avec des interruptions souvent fort lon< gués , et parfois des attaques d'une grande violence.

On a rarement.4nivert les cadavres de sujets affectés de rhumatisme aigu ; cependant, en pareils cas, on a trouvé les masses musculaires tuméfiées, plus rouges que de coutume, le tissu cellulaire inter-musculaire plus développé , les vaisseaux sanguins qui s'y distribuent plus apparents ; et de plus , quand la maladie s'était prolongée, une sorte de gelée diaphane, jaun&tre, semblable à de la gelée de viande , consistante , interposée entre les fibres musculaires , autour des muscles et dans les gaines des tendons ; quelquefois on a rencontré de petites collections de pus. Les tendons sont quelquefois pénétrés de cette substance gélatiniforme on de matière calcaire.

On a voulu distinguer le rhumatisme en musculaire et fibreux; cette dirision n'est point encore iustifiée par l'observation ; elle est d'autant moins probable , qu'on assigne à la seconde variété une douleur encore plus vive; or, ce devrait être le contraire.

entretenir autour du malade une température douce, et uniforme ; diminuer , retrancher les aliments , n'accorder que les

moins capables d'exciter les voies digesttves; proscrire toute boisson stimulante ; rappeler les exanthèmes, les écoulements supprimés ; après avoir attaqué localement la maladie , combattre l'irritation qui la constitue , tel est le principal but, après l'éloignement des causes , dans le traitement du rhumatisme :

pour cela il faut avoir recours à la saignée générale et locale , aux boissons adoucissantes, au régime et aux topiques émollients, aux narcotiques et aux révulsifs.

La saignée générale est d'autant mieux indiquée que le rhumatisme est plus étendu.

Elle doit être employée pour assurer l'efiiet des sangsues chez les sujets pléthoriques , et lorsque la douleur est très-vive et la chaleur très-intense. Quelquefois la saignée suffit, mais le plus ordinairement il faut en venir k Tappllcation des sangsues ; celles-ci diminuent presque constamment l'intensité des douleurs dans le lieu où on les applique :

tous les malades s'en trouvent soulagé»

promptement , surtout quand la douleur occupe un cdté de la poitrine ou le col. 11 faut les appliquer successivement sur les différents points où la douleur se fait sentir. Il faut toujours en placer au moins dix , et souvent jusqu'à vingt, pour obtenir l'effet désiré.

Les ventouses scarifiées ne sont utiles que lorsque la douleur semble abandonner les muscles extérieurs et se porter dans l'intérieur de la poitrine ou de la tête.

Le petit-lait , l'eau gommée , l'eau acidulée , la diète ou seulement de légers potages maigres , seront prescrits en même temps.

Si l'estomac ou le canal intestinal donne des signes d'irritation , les sangsues seront appliquées à l'abdomen ou à l'anus , et l'on imposera la diète absolue. Ces moyens produisent quelquefois plus d'effet que les sangsues appliquées à la partie douloureuse des membres. Les topiques chands et humides sont de peu d'utilité ; leii cataplasmes sont pesants et douloureux ; les lotions sont trop chaudes ou froides. Il est rare que Ton doive s'abstenir d'appliquer des sangsues sous prétexte que le mal est léger ; car cette maladie est si rebelle , dès qu'elle est passée à l'état chronique , que l'on ne doit rien négliger pour faire cesser promptement la plus légère douleur de ce genre.

La constipation, qui accompagne si souvent le rhumatisme , cède aux antiphlogistique» dirigés contre la gaslro-enlérite, quand

RUUM

RHUM

celle ci a Lieu. Elle réotame Teraploi «let UxMtift^ quand les voies digestives «ont sans irrîtaiioD. Il n'est jamais nécessaire et il peut être nuisible de recourir aux drastiques.

L'administration de Témétique K petites doses , plusieurs fois répétées , de manière que le malade en prenne quatre, cinq ou six grains et davantage, chaque jour, employée par Vidal , Rasori et Laennec , n*est utile que lorsque les voies digestives ne sont point irritées , et il faut s'arrêter dès qu'il se manifeste de la soif , des nausée» , du dégoût, de la céphalalgie, de la diarrhée.

Les sudorifîques font quelquefois avorter le rhumatisme , quand il est absolument à son début ; cependant les sueurs spontanées qui accompagnent ordinairement le rhumatisme , n'étant suivies , dans le plus grand nombre des cas, d'aucun soulagement, il paroU inutile de chercher à provoquer de bonne heure cette évacuation. Les bains de vapeurs ne sont utiles que lorsque la maladie est sur son déclin.

Les narcotiques diminuent la douleur , engourdissent la sensibilité j c'est un palliatif auquel pn est souvent obligé de recourir, surtout lorsque le sujet est très-sensible ou pusillanime. Le quinquina est indiqué « quand le rhumatisme aigu est intermittent. On. peut l'employer avec succès , après que les émissions sanguines ont procuré une rémission marquée : mon condisciple Levillain Ta employé très-heureusement dans des cas de ce genre.

Il ne faut {amais se hâter d'appliquer des vésicatoires sur la partie douloureuse : souvent cette pratique prolonge ou réveille Tirritation. Il est difficile de saisir Tinstant favorable pour l'emploi de ce moyen.

Dans le traitement du rhumatisme chronique , la saignée générale est rarement indiquée; les sangsues peuvent être appliquées d'abord en grand , puis en petit nombre , avec persévérance ; mais le succès en est rarement la suite. Il faut faire alterner les saignées avec les vésicatoires volants, les ventouses , les bains et les douches d'eaux thermies , les bains et les douches de vapeur , Wk moxas et les raies de feu ; mais bien souvent on échoue.

Les sudortfiques , Thuile de térébenthine, l'acupuncture sont quel(|uefois utiles ; mais il est impossible de dire précisément dans quels cas. Il em est de méaM du eolcliique , de b gvatiole , de la belladone , de la ciguë.

de la déraatiie , et de lacooit. Les frlctioas mercurielles doanent des douleurs plu5 souvent qu'elles n'en ùtenL L*éleetnctté,lfl» frictions, les fumtgatiotts camphrées, alcoholiqiies , éthérées , aromatiques , résineuses; l'urtication^la flagellation, ont été employées quelquefois avec succès. Qna«d ou a épuisé les moyens rationnels , on n'a rien de mieux à faire que de parcourir le cercle de ces lévulsifs , dans l'espoir, soovcBi trompé, d*en trouver un qui tàk efficace.

Lorsqu'on a obtenu deramélioratiou dani le rhumatisme , ^it aigu , soit chronique il importe de ne ramener que par degrés les parties à l'exercice de leurs fbttcCions, de recommander d'éviter toutTéfime stimulant , de porter de la flanelle sur la peau , de se faire souvent frictionner le corps ^ devant le feu , avec une flanelle imbibée d'un liquide excitant , et mieux encore de passer la mauvaise saison dans le midi , ou dans les colonies. < Foyez Sciatiqub.) Boosbav.

RHUMB. ( Marine,) Synonyme d'«crv de vent. On écrit assez généralement nmA , et les marins prononcent ron. L'origine de ce nom . donné aux aires de vent , c'estr«dire, aux trente-deux divisions de la rose du compas et aux points correspondants de rhorixon, est d'une probabilité teUcMent approchante de la certitude , qu'il y a lieu de s'étonner que les auteurs des principaux dictionnaires de marine n'en aient point fait mention. Rhumb est évidemment «ne corruption de rhomht , figure de géométrie , qu'on appelle aussi lozange. D'ua autre côté, il est d'usage dans la géographie et la topographie , pour orienter les cartes et les plans , quand les méridiens et les parai* lèles ne sont pas tracés sur les preasiéres , de placer , dans une partie blanche on pco chargée de signes, soit un loxange trèsallongé , dont les deux angles aigus marquent le nord et le sud ; soit deux lonogcs en croix , dont les mêmes angles indiquent les quatre points cardinaux. Dans le premier cas, l'intention a dû être de figiffcr l'aiguille aimantée d'une boussole, en \m donnant la direction fixe du méridien ter^ restre, au lieu de celle variahle do méridien magnétique. La rose deê vents m éli formée par uu procédé analogoe ^ celai du second cas, c'est-à-dire, par le croisement au centre de seize locanges , ayant diocoo la forme de raigniUe aimantée qu'elle recouvre dans les bous; îles marines , et que tout le monde sait être rhomboidale. CetU

R HUM

KIBA

rose présente ainii trente-deax angles de rliooibes ou rhumbt , ou plutôt trente-deux demi^jrliumbs. Cela posé^ il est facile de concevoir comment, par. abréviation, ou par cette Bgure appelée méionymù , au moyen de laquelle la partie te prend souvent pour le tout, on a contracté Vhabitude de compter trente^ux rbumbs ou aires de vents. Nous pensons que cette explication paraîtra aussi juste qu'elle est nouvelle. Tous les mots d'une langue sont sujets 2i éprouver quelque corruption dans leur orthographe ou divers changements dans leur acception , et un tel inconvénient est presque inévitable; mais c'est surtout aux termes techniques qu'il importe de conserver leur vrai sens.

Nous pourrions citer à cet égard, et sans sortir de notre sujet, ce que disent les auteurs de V Encjrelopédie méthoriique à Farticle Aiai de vbrt : « Une bonne étymologie d'un mot est souvent la meilleure définition qu'on en puisse donner, et Ton sait* si les bonnes définitions sont nécessaires. » 11 est malheureux qu'ils aient justement rappelé ce sage principe à l'occasion d^une élymologie pliu que douteuse.

Voici hi nomenclature des trente -deux rhumbs ou aires de vent tels qu'on les écrit en abrégé sur les roses de compas , et dans les journaux et ouvrages nautiques :

N. , N. i N.^E. , N.-N.-E. , N. -E. i N. , N.-E. , N.-E. i E. , E.-N.-E., E. i N.-E. , E., B. l S.-E., E.-S.-E., S..E- JE., S.-E., S.-E. l S., S.^.-E. , S. } S.-E., S., S. I S.-O., S.^S.^O., S.-0. i S., S.^., S.-O. } O., O.-S.-O., O. i S.-O., O., O. i N.-O. , O.-N.-O. , N.-O. } O. , N.O. , N.-O. iN., N.-N.-O., N. i N.-O.

Dans tous les composés , les mots nord y est, sud et ouest se prononcent nor, ai, su, oi, excepté nord devant est qui laisse entendre le d, et sud devant ouest qui se prononce sur. Toute antre prononciation serait mal sonnante à l'oreille des marins , et leur paraîtrait ridicule. Ce fait est si vrai , qu'il est nomBk'e de cas tels que celui-ci où un officier risquerait de se déconsidérer aux jeux de son équipage , en articulant certains mots français avec toute la pureté grammaticale. ( Voyez Boussole et Vbvts. ) J.-T. Paiisot.

RHUME. Voyez CATABRas.

*RHUMEL (Jbah-Cobrad), d'abord théologien, puis médecin , gradué docteur à Altdorf en 1630, né en 1597 à Neomark dans le Haut-Palatinat, mort en 1661 à Nurem-

berg, avait étudié à Heidelberg, puis à Strasbeorg, vojafé ensuite en France, en Angleterre , en Ecosse et en Hollande , et enfiu servi plusieurs années en qualité de médecin dans les troupes du duc de Mansfeld Entre autres ouvrages , on cite de loi : Uist morb. tfui ex castris ad rastm , à rastris ad rosira, ttb his ad aras et focos in Palatinatu êupe* rioris Btvariœ penetravil anno 1621 , et pn^ mansitannoê 1622-1623 , Nuremberg, 1626, in-8o. — Jean-Pharamond Rbitmbl, son fils^ médecin à Neumarck, est auteur de quelques ouvrages , tels que Opuscuia ehimieo-med., seu gynœo'pharmaceuticay herniarum curât, magnetica , podagrœ cura magica , etc., Nuremberg, 1630, in-12.

*RHYN£ (GuillauiibTEN), médecin et naturaliste distingué, né à Deventer vers 1640, s'était déjà acquis de la réputation lorsqu^il fut nommé, en 1673, mé* decin de la Compagnie hollandaise des Indes orientales. Il partit pour sa destination, et , après s'étiT aitété pendant quelque temps au cap de Bonne-Espérance , pour y observer les productions du pays et les mœurs des Hottenlots, il se rendit dans 111e de Java, où bientôt ses talents et son zèle pourlapro* pagation des sciences lui valurent une grande célébrité. Outre les cours d'analomie et de médecine qu'il ouyrit ^ Batavia , il fit dans l'Ile de Java et dans les autres îles delà Sonde des herborisations qui produisirent d'abondantes récoites de plantes inconnues en Europe, où il s'empressa de Les envoyer.

Rbyne fit aussi le voyage du Japon , et By attira, dit-on. la bienveillance de Tempe* reur , en le guérissant d'une maladie grave.

Enfin il revint h Batavia , et y fut l'un des collaborateurs de De. Rbeede (voyez ce nom) pour VHortus malaharicus. Rhyne joignit à son titre de médecin de la Compagnie des Indes celui de membre du conseil <Ie justice de cette Compagnie. On ignore 1 époque de sa mort.

*R1BALLI£R (Ambroisb), docteur de Sorbonne , né à Paris en 1722, fut successivement procureur et grand-mnilre du colloge Mazarin, eut, en sa qualité de syndic de la faculté de théologie , plusieurs discu.^sions à soutenir contre les jansénistes et les philosophes , et fut très-mallraité des uns et des autres. 11 mourut à Paris en 1785. — Un frère de Riballibr , employé des fermes .H Soissons, a composé quelques ouvragescités dans le Dictionnaire des. anonymes , de M. Barbier.

RIBA

Page 1