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so kmax et tes conseils , il contribua btananp à former Lesueur , Lebrun et Mi- ^nH, et foi le principal réparateur de Tart HW Louis II V : aussi ce monarque lui con* lem-t-illf titre et les honoraires de son ^iTcaner/dDtre. Eu avançant dans la carnor. U Poussin devenait moins ezclusi- «Bt attaché à ce goût sévère , quUl avait jssai <juelqaefois jusqu'à la dureté et à la 'êderene. On ne peut pas dire précisément f il duji^ sa manière; car il écrivait ijinéme à M. de Chantelou qu^il se sen- <iit, en vieillissant , plus animé que jamais (hidcsirde régler ses pensées sur celles des 'ode&s peintres grecs : mais son exécution <*fmt plus moelleuse y sa composition plus riche. Il commença à traiter des sujets où iffiieaolés de la nature pussent avoir une ykx, et ne montra pas pioins de talent pow le passage historique que pour l'histoire. 11 imprima h tous se$ ouvrages , qui « pouvaient être animés par un intérêt ^i^^que, an tel caractère de poétique BébocoKe, qu'on ne les voit pas sans tom- ^ daol une rêverie pleine de charmes :
tcBoÎD ce pajTsage oà , à travers les danses '«gwes et les jeux folâtres d^une troupe dé *<'çcra livrés à la joie quMnspirentla jeu- ■t'w et le printemps, on aperçoit une '^flïbc que couronne un cjprès avec cette •criptiont^r in Jixadîd ego (et moi je ^auisi pasteur dans FArcadie ). Cet illusfrt peintre. Tétemel honneur de la France, "^ tant de belles qualités étaient échues «^çwtage , et dont les défauts ne viennent '<)<)edeTeiagération de ces qualités mêmes, •ooonïtàBome en 1665; mais la plus grande PrtJc de ses ouvrages est en France. Le ■''«^du Louvre possède de lui trente-trois '^ox, tous de chevalet, à l'exception de '^f dont les figures sont de grande pro- P'^^. Son tableau du Déluge est un des ^^«M œuvre de la peinture.
' POUSSIN (Gaspar ou Guasprx). rojrez
POUTEAXT (Claude) , chirugien célè- *« 5 né à Lyon en 1725, vint à Paris , où il ^t en 1775. On a de lui plusieurs écrits I^Wiéspar M. Colombier, inspecteur-géné- ^^ des hôpitaux de France , sous le titre ^OEwres posthumes de M, Pouteau , Paris, ^'^,3vol.in-8o.
1 ^^VOIR. FojreZ SODVBRAIHBTé .
POWEL ( Edouard ) , ecclésiastique ca- '**%«, né en Angleterre vers la fin du ^^ »»«cle, fat chargé par Henri VIII d'é-
crire contre Luther, et publia un ouvrage intitulé : Profmgnaculum summi saeerdotii evangelici , ac septenarii saeramentorum numeri adversus M, Lutherum , Jratrem Jamosurity et fVicklcffistam msignenti Loiidres , 1523, in-8o. Cet ouvrage attira, diton , de très-grands éloges h Tauteur ; mais il écrivit ensuite en faveur de la reine (5ïtherine et de la suprématie du siège de Rome ^ et la noble franchise avec laquelle il s'exprimait excita à tel point le ressentiment de Henri VIII , qu'il ordonna la mort du malheureux Powcl. Il fut pendu, et ensuite écartelé k Smithfield, le 30 juin 1540, afec plusieurs autres victimes auxquelles on n'avait k reprocher , comme à lui , qu*un extrême attachement à la religion de leurs pères. — PowEL ou Powbll (Richard) , lit- / térateur distingué du pays de Galles , moil^ en 1 795 , est connu par un poème intitulé Us Quatre Saisons , publié en 1793.
* POWELL (David), savant ecclésiastique et historien gallois , né dans le comté de Denbigh vers 1552, mort en 1598, a donné une Histoire du pays de Galles, liOndres, 1584, in-4». Cette chronique, composée en latin par Caradoc, s'étendait de Fan 680 à 1282^ et Humphrej Lloyd entreprit de la traduire en anglais; mais, à sa mort, la version n'étant pas terminée, Powell corrigea et augmenta le manuscrit, continua l'histoire jusqu'au règne d'Elisabeth. Elle a été réimprimée en 1697 et en 1 774. Il en existe une traduction allemande ^ Cobourg , 1725 , in-8«. — Powbll (Gabriel) fils du précédent, né en 1575, mort eiwlfill, $'est rendu célèbre parmi les puritains en publiant plusieurs ouvrages de controverse contre les catholiques. Wood, qui eli donne la liste, prétend que l'auteur était un prodige de science; il avoue 'Cn même temps que son zèle pour sa secte était outré.
* POWJN ALL ( Thomas ) , écrivain et antiquaire anglais, né à Lincoln en 1722, mourut à Bath en 1805. On a de lui un assez grand nombre d'ouvrages , dont les principaux sont : ^administration des colonies an-' glaises, cinquième édition , Lohdres,1774y 2 vol. in-8« ; Description topographique des États dn centre de V Amérique anglaise , 1776, in-fol. , avec une carte , etc.
* POYET (Guillaume), chancelier de France , né h Angers vers 1474, exerça d'abord la profession d'avocat, et fut regardé comme l'un des oracles du barreau de Paqs.
Choisi par Louise de Savoie , mère de Fraii»
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çois !•», pour soutenir les prétentions qu'elle avait contre le connétable de Bourbon , il plaida cette cause avec tant de succès , qu'il l'ut nommé avocat-général en 1531 , peu après président à mortier , et parvint à la dignité de chancelier en 1538. Mais ayant ensuite été accusé de malversations , d^abus d^ pouvoir , etc. , il fut arrêté en 1 542 , privé en 1545 , par arrêt du parlement , de toutes ses dignités , déclaré inhabile à exercer aucune charge, condamné à 1 00,000 fr. d'amende et à être emprisonné jusqu*à l'entier paiement de cette somme. Il mourut au mois d'avril 1548.
* POTET ( Bbuhabd) , architecte , né en 1742 à Dijon, reçut les leçons de Wailly, fit le voyage de Rome comme pensionnaire , et h. son retour devint successivement architecte de monseigneur le duc d*Orléans , de la ville de Paris et de l'archevêché y de Tuniversité, du corps législatif, etc., membre de l'Académie d'ardiitecture, du conseil des bAtiments civils , et il mourut en 1824, membre de TAcadémie des sciences.
L'édiOce consacré à la ténue des séances de de la chambre des députés est un des principaux ouvrages de cet artiste , dont la fécondité et la fougue d'imagination -étaient extraordinaires. Malheureusement il tomba dama la bizarrerie en voulant paraître original, et plusieurs de ses conceptions , empreintes d'ailleurs du cachet d*un talent distingué , furent avec raison considérées comme excentriques et inexécutables. Nous n^ reproduirons point la liste des écrits de- Poyet, donnée par M. Mahul, tom. 5 de ^on Annuaire nécrologique y au nombre de vingt-cinq. Il suffira de mentionner le suivant : Mémoire sur la nécessité de trantfér rer et de reconstruire CHÔtel-Dieude Paris , 17t^ , in-4^ : le lieu de son choix pour cette reconstruction était Pile des Cygnes , et il reproduisit ce projet en 1807, en 1822 et en
* POZZI ( Jear-Baptutb ) , peintre , né à Milan sous le pontificat de Sixte-Quint, mort à l'âge de 28 ans , fut élève de RafiaeU lino da Reggio, et s'est beaucoup approché du talent de ce maître. — Pozzi ( Etienne ), ^utre peintre , né à Rome en 1 708 , mort en 1768 , a exécuté dans Rome un grand nom- 1^^ d'ouvrages qui lui ont mérité la réputation d'un des meilleurs artistes de son temps. ^ Joseph Pozzi , frère du précédent , se di^. tingua aussi dans l'art de la peinture , mais n'«j^teignit point la réputation de son aine.
* POZZ(( Jos.-Htppol. ) , médecin etpo^te italien, né \k Bologne en 1697 , mort exx 1752, fit imprimer en 1732 , deux Discoe4,r\s sur l'anatomie , et quelques traités de ce t. te science. On trouve aussi de lui, dans le second volume des acus de l'Institut cle Bologne, une dissertation sur la grena<i9 {de malo punico ) . Le recueil de ses poésies parut à Venise en 1776 , 3 vol. in-8o. Un <le ces volumes contient ses rimes joyeuses.
— Son fils dom Césaire-Jos. Pozzi , abbé du.
Mont - Olivct , mort en 1782 à l'âge de 64 ans , a publié divers ouvrages dont on peut voir la liste dans le tom. 7 des ScrittoH bolo^nesi,
'*POZZO ( Cassibit del), commandeur de Tordre de Saint-Étieune , né à Turin »
mort vers la fin de 1657, s'est rendu célèbre par sa riche collection d'antiquités romainet, et par la noble protection qu'il accordait aux artistes distingués , notamment au Poussin qui jouit pleinement de son cabinet.
Il correspondait avec presque tous les littérateurs et les savants de 1 Europe , fut Témule et l'ami de Peiresc , et est considéré comme le restaurateur de Tart antique. Le détail de sa collection forme 23 vol. in-fol.
* POZZQ (JéBÔMB OÀL>, célèbre architecte , ué à Vérone en 1718 , exerça son art avec une extrême habileté , et chercha par ses conseils et son exemple à remettre en honneur la manière des anciens. On a de lui un traité d'architecture sous le titre : de gl£ Omamenti deW architettura ctt^ite , secondf> gli antichi. Cet ouvrage plein d'érudition et de goût, a été adopté dans un cours public à Vérone. Pozzo était membre associé des académies royales de Parme , et Clémentine de Bologne. — ffoj-ez FoirTB-MoDXBATi. et
MOKGIOBGI.
* PRAD£S ( JBAH-MAnTiv ), prêtre badhelier de Sorbonne, né vers 1720 à Caste!- Sarrazin , doit Tespèce de célébrité qui s^est attachée h son nom à une thèse qu'il soutint en Sorbonne, qui causa un grand scaudale , et força l'auteur à se réfugier en Hollande » où il fit paraître son Apologie ( 1752 , in-8o ) . S'étant ensuite rendu à Berlin , il y fut accueilli par Voltaire , et obtint par sa protection la place de lecteur du roi de Prusse , dont il eut le bonheur de gagner l'amitié.
Mais les bienfaits dont ce prince le combla ne tardèrent point à exciter la jalousie des courtisans. Pendant la guerre de sept ans , l'abbé de Prades fut accusé d'être en correspondance avec un secrétaire du duc de Bro- .
glie, et de lui rendre compte des moove-
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nento de rarmée prussienne. Le roi reconnut ensuite Tinnocence de Tabbé , qui n'en fut pis moins envoyé à Glogau, avec Tinjouction de ne pas sortir de cette ville sans nécessité. Il s était depuis quelqiie temps réconcilié avec TÉglise par une rétrataction solennelle des principes contenus dans sa thèse. li fut nommé archidiacre du chapitre de Glogan , et mourut dans cette ville en
* PRADON , poète dramatique , né à Booen , mort à Paris en 1698 ^ est bien moins connu par ses ouvrages que par l'honneur qu'il eut d'être opposé h Racine , et par les traits plaisants que son nom a fournis au satirique français. Il vint de bonne heure à Paris, il suivit la carrière du théâtre avec succès , si Ton coosidèrc lea triomphes trompeurs qui Taveuglèrent lui-même ; avec honte , si on le juge sur la réputation qui loi est restée. Une cabale aussi Uche qu'i.
neple , qui poursuivait alors Racine , eut ridée de lui faire subir une indigue rivalité : sa Phèdre venait de paraître ; deux jours après on fitjouer celle de Pradou , et , à la honte des barbares , Pradon fut déclaré vainqueur. ( f^ojrez Rachie. ) C'est mal à propos que presque tous les biographes donnent h Pradon le surnom de Nicolas , qui n'est pas le sien; la source de cette méprise a été 1 indication négative (N.) mise quelque part après son nom , et qu'on crut être l'initiale de Nicolas. Les ouvrages de ce poète, aujourd'hui totalement inconnus , sont cités parïticeron.
* PR^POSITIVUS, théologien, des 12.
et 13» siècles , né à Crémone , fut chancelier de l'église de Paris en 1206, et mourut, à ce qu'on croit, en Tan 1209. Il a laissé plusieurs ouvrages inédits , dont les copies manuscrites sont fort nombreuses. Il en existe en Italie , en Angleterre et à la Bibliothèque du Roi. Le plus remarquable de ces écritM est une somme tU théologie , dont on a imprimé quelques pages à la suite du PéniUntUd de Théodore.
PRAGMAT/QUES-SANCTIONS. Toute loi , chez les Grecs , avaif le nom général de pragma ; et les jurisconsultes qui s'adonnaient spédaletnent à Tinterprétation des lois équivoques ou obscures , s'appelaient pns/ÇÊsaticiens, Au temps des empereurs romains , dont le pouvoir seul faisait la loi , elle t'appelait rescrit pragmatique , ce qui était l'équivalent de commandement impérini. Le premier ^ empereurs d' A 1 lema gne»
Othon I*' , intitula commandement pragmatique la Charte qu'il donna eu 977 , parce que la diète germanique n'existant pas encore , il régnait en despote. Comme elle était établie depuis 1061 , quand Frédéric Barberousse donna , en 1173 , son grand statut , il l'intitula pragmatique-sanction. Saint-Louis, en publiant celle qui porte sou nom , j déclara qu'elle émanait d'un conseil des principaux du royaume , représentant la nation :
Hoc edicto comultifo ; et Charles VII , promulguant ensuite celle de son l'ègne , la présenta comme émanée d'un semblable conseil : De consilio procerùpi. Il faut conclure de ces observations , et de plusieurs autres consignées dans notre dissertation historique sur le même sujet, que les pragmatiques^sanctions étaient des statuts fon* damentaux qui , émanés d'un pouvoir distinct de celui auquel seul appartenait le droit de les publier , attestaient par leur promulgation que celui-ci les avait ratifiés ou sanctionnés.
Énéas Sylvius Piccolomiui , qui devint pape sous le nom de Pie II , restreignit trop la portée de nos pragmatiques-sanctions , quand U dit qu'elles n'avaient rapport qu'aux • affaires ecclésiastiques. On conçoit que , préoccupé des choses de son état , il pût ne pas voir que l'objet de ces deux fameux statuts était mixte ; qu'ils avaient pour but l'avantage temporel , comme le bien spirituel du royaume ; mais on ne comprend pas pourquoi l'Académie française, adoptant encore, en 1 762 , la définition systématique de Piccolomiui, a dit, dans son grand Dictionnaire, a que nos pragmatiques -' sanctions n'étaient que des règlements en matière ecclésiastique. «
Leur but essentiel fut d'empêcher que le royaume de France continuât d être appauvri par les exactions des papes , au moyen de l'usurpation qu'ils avaient faite du droit de nommer aux évêchés et autres bénéfices quand ils venaient a vaquer, et souvent même par anticipation , du vivant du titulaire, avec l'expédient des grâces expectatives. Le détordre ne pouvait être arrêté que par une revendication nationale et royale du droit de ceux en qui les règles canoniques avaient reconnu le pouvoir d'élire le successeur du prélat ou autre bénéficier récemment décédé.
Malheureusement les préjugés des temps de Louis IX et de Charles VII ne permettaient pas de comprendre que leurs prag-
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matîçues'sanctions u*auraieDt qu\iiie existence épLémèrc et incertaine , parce qu'ils ne leâ établissaient qae sur les règles canoniques du moyen âge , au lieu de les fonder 'sur celles des beaux siècles du christianisme.
Saint Cjprien nous atteste qu en 253 , « conformément aux traditions apostoliques et même divines , lorsqu^un siège éplscopal devenait vacant, les évêques de la province se réunissaient dans les villes de ce siège pour nommer et ordonner le sujet qui devait remplacer le défunt; que Tèlection ne se faisait qu en présence et du consentement du peuple.» — «Il le fallait absolument, dit le même père, attendu «fu'on n'èlisaît jamais qu'un sujet d u même diocèse , et que le peuple de ce diocèse était seul capable de rendre témoignage de la vie et des mœurs de ceux parmi lesquels on pouvait choisir.» — aL*élection , disait saint Léon, en 445 , doit être souscrite par le peuple et ses magistrats comme par le clergé, parce qu'il est juste que celui qui doit présider sur tous , soit élu partous;» et, suivant le langage d*Hincmar , archevêque de Reims , au neuvième siècle , « il faut que celui à qui tous doivent ' obéir , ait reçu de tous le droit de leur commander. »
L'évêque de Borne , le seul qu'aujourd'hui nous appelons pape, s'élisait de la même manière. Ce vieux Liber diurnus romanotrtm pontificum , dont il a été parlé au mot Pàpb , est témoin que Télectiop de ce pontife était toujours faite en commun « par le clergé , les citoyens , les patriciais, et même les militaires , depuis le plus élevé en grade jusqu'au dernier des soldats.» Même en 1139, le concile général de Latran , tenu par conséquent à Rome , et sous la présidence d^nnocent II, décida « que toute élection à laquelle les laïques n'auraient pas concouru , au moins par leur consentement , serait frappée de nullité. »
Maiâ , à l'exemple des empereurs qui, succédant immédiatement à Constantin I«r, s'hélaient prévalus de ses largesses envers l'église de Rome pour s'immiscer dans l'élection de ses évêques , en se réservant le droit de les conBrmer, les autres souverains étaieut intervenus , par des commissaires , dans les élections des évêques de leurs états respectifs. Elles en étaient le plus souvent faiÀsées en faveur des ecclésiastipues de cour , ■ des parents et quelquefois même des bâtards de ces princes. Un concile de Valence , en 855 , essaya , sans succès , de remédier aux
inconvénients de cette influence dominatrice « en suppliant les monarques de laisser au clergé et au peuple la libre faculté d'élire leurs évêques , et en prescrivant à ces élec tcurs de ne choisir qu'un sujet du diocèse ., ou tout au plus du voisinage , mai^ dont îa bonne conduite et la science fussent bieo connues dans le diocèse qu'il devait gouverner, î»
Déjà IcH évêques de chaque province <ie France où un siège devenait vacant, négligeaient de se rendre dans la ville où il fallait élire le nouveau pasteur ; et les chapitres de cathédrales , étant une réunion permanente d'électeurs, s'emparaient insensiblement clii droit d'élection. Pour éluder l'autorité du métropolitain , ils se mettaient en relation directe avec les rois , qui trouvaient un grand avantage à favoriser cette usurpation. Les choix tombaient plus directement sous leur influence , d'autant mieux que les chapitres excluaient formellement des élections qu'ails s'arrogeaient , non-seulement les laïques , mais même les curés et les religieux. Le concile général de Latran , en 1139, le leur défendit ; mais ce fut bien inutilement. Ils n*en tinrent pas plus de compte que les rois n'avaient eu égard aux supplications et décrets du concile de Valence.
Alexandre III , élu en 1159, par les cardinaux , ayant ensuite triomphé du concurrent qu'on lui donna, puis des trois autres qui se succédèrent après celui-ci , et qu'on A qualiflés comme lui du titre flétrissant d'anxipapes y fit décider p%f un concile dé Latran, en 1179, que désormais Téi^que de Rome ne serait plus pommé que par les cardinaux.
Innocent III, fait pape de cette manière en 1 198 , trouva convenable à ses vues politiques de rendre cette disposition générale pour tous les sièges de la chrétienté , et il statua, dans un autre concile de Latran , en 1215 , que tous les évêques seraient élus par les chapitres des cathédrales respectives , •ans aucune intervention des laïques, même des autres prêtres et des religieux. Cet ordre de choses devint bientôt le droit commun , en ruinant celui qui , pendant douze sièdes, avait subsisté dans l'Église.
Mais les chapitres de cathédrales y étant aussi quelquefois contrariés par les princes dans les élections , s'en plaignaient aux papes , que par là ils acheminaient au pririlége de nommer aux évéchés et aux autres bénéfices , non sans retirer de grands émoluments pécuniaires de ces nominations. Clément IV
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publia 9 en 1266 , une buUe, par laquelle il attribuait aux seuls pontifes de Rome une grande quantité de nominations de ce genre, et lésait même les prétentions des chapitres en quelques points analogues. Les exactions de la cour romaine appauvrissaient de plus en plus Je rojaume. Ce fut alors que les récriminations générales donnèrent lieu à la rédaction de cette pragmatique ^ sanction que saint Louis promulgua en mars 1268.
Dans son préambule , il mit en principe • que son ro/aume n*ayait jamais eu , audessus du roi , d'autre dominateur ni d^autre protecteur que Dieu , et qu'il ne voulait pas lui en reconnaître d'autre. » Ensuite il statua «que les églises et cathédrales auraient la liberté des élections , que ces élections fortiraient leur plein et entier eifet ; que les exactions pécuniaires et autres charges onéreuses , imposées par la cour de Rome, lesquelles , « disait-il , ont misérablement appauvri notre royaume , ne pourraient être levées ou recueillies. • Ce sont là ^s plus essentiels des six articles dont se composait U pragmatique-sanction de saint Louis.
Sa fermeté contre l'exagération du pouvoir des pages , en d'autres circonstances , comme en celle-ci, notammant lorsqu'il s'était soulevé, en 1245, contre la déposition de l'empereur Frédéric II par Innocent IV, fit juger à la cour de Rome qu'il lui serait inutile de s'opposer à l'exécution de cette pivgmatique-sanetion. Elle ne Tosa pas [non plus sous les règnes de Louis-le- H u tin et même du roi Jean II ; mais Rome eut , en 1302 , un pontife très-aifdacieux , en qui revivait dans toute sa vigueur l'esprit de Grégoire VII et d'Innocent III. Ce ponlife était fioniface VIII, avec qui presque tout le clergé de France , asservi par les fausses décrétales , était dans une aveugle et servile connivence. Quelles atteintes ne durent pas souifrir les élections capitulaires , dans un temps où , malgré la défense que Philippe- le-Bel faisait aux cvéques d'obéir à Boniface qui leur avait enjoint de Tenir à Rogpe s'humilier à ses pieds , il y en eut .trente-quatre qui s*y rendirent à cet effet 1
Sous Philippe de Valois, la puissance des papes se trouvant encore plus afiermie en France par les empiétements du clergé , la pragmatique^^anction de saint Louis était presque entièrement oblitérée. On ne s'en souvenait plus y lorsqu'en 1309, les papes vinrent habiter Avignon , j tenir une cour plus magniûquc que celle du monarque , et
y faire venir tant d'autres potentats se prosterner devant leur immense puissance. Ce Benoit XIII , qu'au temps des antipapes d'alors, les cardinaux de sa faction élurent dans cette ville, en 1394, et que le clergé français s'empressa de reconnaître pour pape légitime , ne se bornait pas à exiger comme des redevances inévitables , les subventions que la charité avait prodiguées à ses prédécesseurs dans les premiers temps de leur séjour en France. A la vacance des cvêchcs et des autres bénéfices , il s'en rendait l'arbitre , prétendait à la dépouille des titulaires défunts, et même aux arrérages qui leur étaient dus à leur décès. Charles VI , indigné de tant d'usurpations, y opposa, le 18 février 1406, un cdit par lequel il tâcha de faire revivre la pragmatique - sanction de .ssynt Louis ; et le parlement , par un arrêt du 11 septembre suivant, défendit à Benoit XIII, de se permettre aucune exaction en France , sous peine de poursuite contre les exacteurs.
Le concile général , indispensable pour mettre fin au schisme occàsioné par trois papes qui en même temps voulaient gouverner l'Église, à savoir, Benoît Xlll , résidant à Avignon, Jean XXI II, à Pise , et Grégoire XII à Rome ; ce concile s'ouvrit k Constance, le 5 novembre 1414, et commença par déposer Bepoit XIII. Jean XXIII ayant ensuite abdiqué, et Grégoire XII étant mort, il élut pour vrai pape Martin V, le 1 1 novembre 1417. Dans l'intervalle, un grand nombre de membres du concile, et surtout les évêques de France qui étaient de cette assemblée , avaient instamment demandé qu*e]le décrétât formellement le rétablissement des élections par les chapitres de cathédrales , conformément au dernier droit commun , déjh lui-même presque aboli par les réservations des papes ; mais le concile , trop occupé de l'extinction duscbisme, avait renvoyé ce point de discussion au prochain concile, ou au pape qu'il allait élire, vouUnt qu'il traitât de cet objet avec des membres de chaque nation. Martin V, li peine élu , s'était subitement imprégné des idées de la cour de Rome ; il éluda la commission , et l'afiairc qu'il devait discuter avec des pères du con* cile , se trouva renvoyée au concile suivant , qui fut celui de Bâle , en 1431.
Charles VI , ayant prévu qu<; Martin V prendrait l'esprit de ses prédécesseurs, avait, dès la nouvelle de son élection , convoqué à Paris une assemblée composée de prélats ,
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de gens de son conseil , de membres dn parlement , et de députés de runiversité, pour délibérer sur les prétentions que le nouveau pape semblait disposé à faire valoir en France. L^assemblée décida a que Tédit royal de 1 406 conserverait toute sa force , et qu*en conséquence il serait pourvu , par élection ou postulation, à tous les bénéfices, dans les églises cathédrales , collégiales et conventuelles. •
Le concile de Bâle s'était rassemblé avec des dispositions conformes k celles de Ch'arles VI ; et , envisageant d'une tnanière plus large les usurpations de Rome , il abolit les annales ( revenu de la première année du nouveau possesseur , que les papes prenaient sur les évêchés, et autres bénéfices). Le concile ensuite annula toutes les grâces expectatives , et autres réserves de bénéfices que Rome ifaisait tournera son profit. Enfin, il confirma le droit des élections d*évéquespar les chapitres de cathédrales, en exhortant les princes «à ne point en altérer la liberté, soit par des promesses , soit par des menaces. •
L^glise ayant alors besoin d'une gràndç réforme , en ce qui concernait les mœurs dû clergé , le concile voulait le réformer dans sa tête , c'est hdire le pape , comme dans membres : Tàm in capite quàm in membris.
Rome s'en irrita; les légats du pape (Eugène IV ) , présidant en son nom au concile, y provoquèrent de vfolentes discussions qui en troublèrent Taugusle majesté. Eugène IV s'en prévalut pour donner une bulle par laquelle il ordonnait la translation du concile àFerrare. sous sa dépendance immédiate .
Le roi de France, Charles VII, persuadé que la colère du pape vcjiait principalement des décrets qui avaient proscrit les usurpations romaines , défendit , par des lettrespatentes, du 23 janvier 1437, à ceux des prélats français qui étaient membres du concile de JBûIc , de se rendre h Ferrare ; et en même temps il convoqua y>our l'année suivante , h Bourges , en concile national , dans la sainte chapelle de cette ville , tous les évéques qui pouvaient y venir, des ecclésiastiques instruits , et les grands du royaume.
Des députés du concile de BAley arrivèrent, et même encore des envoyés d'Eugène IV.
Le roi, accompagné des princes du sang^ préside son assemblée ; elle décrète une nouvelle pragmatique-sanction , qu1l promulgue le 7 juillet 1439. C'est , au fond , la même que celle de saint Louis , avec quel-
ques développements , et , quant à la forme , nne adhésion expresse aux décrets da concile de B&Ie, sauf quelques légères modifications. Cet important statut , enregistré par le parlement, le 13 de juillet , fut aussitôt porté au concile de BÂIe , qui- continuait à tenir des sessions ; et les ambassadeurs qui Ty portèrent, supplièrent les Pères de le corroborei* par un décret. Mais l'agitation dans laquelle ils étaient , après aToir déposé Eugène IV , le 25 de juin , et lorsqu'ils discutaient la confirmation qu'attendait Félix V, élu par des cardinaux pour lui succéder, les empêcha de s'occuper de la demande des ambassadeurs.
L élection de Félix V déplaisait h Charles VII et à une grande partie du clergé français. Quand ce monarque apprit que^Félix avait été sacré et couronné à Bâle, Ie24 juillet 1440 , il convoqua de nouveau , à Bourges , les membres de l'assemblée précédente, pour qu'ils décidassent si cet élu devait être reconn#pour vrai pape. Les mêmes députée du concile de Bâle , qui avaient assisté k celle-là, accoururent à celle-ci. Eugène IV , à qui la circonstance de la répugnance delà France pour Félix paraissait très-favorable , envoyait pareillement des légats à Bourges.
Ils se montrèrent fort exigeants : car j entre autres choses, ils demandèrent que le roi suspendit , et même abrogeât sa pragmatique-sanction , « auquel cas , disaient-ils , le pape , restant toujours maître de pourvoir aux bénéfices du royaume, ne les conférerait néanmoins- qu'aux sujets que le roi lui aurait désignés, n L'assemblée s'indignait contre les légats d'Eugène , lorsque le lendemain , elle en reçut de Félix qui combattirent avec vigueur leurs audacieuses demandes. L'assemblée déclara , le 2 septembre , u que , pour ce qui concernait la pntgmatique ' sanction j le roi voulait qu'elle fût observée inviolablement , et que si , dans ce qu'elle contenait de conforme aux décrets ihi concile de Bâle , il y avait quelque chose de trop rigide , on pourrait le modérer. «»
Ce n'est pas ici qu'il nous est permis de raconter en détail tout ce que les papes suivants pratiquèrent de manœuvres pour obliger nos rois à abroger cette pragmatique" sanction; comment Jean Joffredi, évêque d'Arras , Jean Balue , évêqfie d'Évreux , obtinrent de Pie II le chapeau de cardinal , en extorquant à Louis XI une révocation équivoque de cet important statut. Sixte IV , et le turbulent et guerrier Jules II , firent en-
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oirepkM dVfforU pour obtenir qvHl fût aboK étoetioBs. Cbaries IX, par on fanx-fàyant ,
tau retour par Charlea VllI et Louis XI. qui lea ueutralisutt, en paraisraot les réta-
llaia Léon X, modéré par politique, fut blir , ordonna qu'elles seraient faites parle
plus adroâl et plus heureux , grâce à la con- métropolitain , les évéques et les chanoines ,
nivence un peu félonne du chancelier de presque tous de Tordre de ta noblesse , avec
François I«r , Antoine Duprat , et Jean de Tinfervention accessoire de douze gentils-
Pina , éréque de Bieux { grâce encore à la hommes dépotés par les pairs , et de douze
légèreté rauitense de ce prince, auquel ils bourgeois nommés par le corps municipal,
firent •i^an et ratifier, en 1516 , ce con- L'ordonnance statuait ensuite que l'élection
cordmt €fm^nMm!^ik-krphtfçmatt4fue'mnction, ne consisterait qu*à choisir , dans le clergé ,
dont iû lui persuadaient qu'il maintenait trois sujets qu'on présenterait comme candi-
les dispositions essentielles. La surprise de dats au monarque , et que ce serait lui qui
ce monarque fut grande , lorsque le nonce nommerait évêque celui des trois qu'il pré
Tintensntte lui présenter, pour être publiées, deux pièces que Léon X ayail fait sanctionner par son concile de Latran , dont Tune était le concordat, et Taotre l'abolition expresse de U pragmatique -sanction. François W reçut ces deux pièces , mais en déclarant au nonee qu*H ne publierait que la première.
férerait, c*est-h-dire que les intrigues de cour lui feraient préférer. Cette ordonnance, n'étant qu'une déception au profit des élus du fayoritismè, laissa bientôt uu libre cours aux désordres introduits par le concordat.
Sous Henri III , des évéques apostoliques , réunis en assemblée du clergé , à Melun , en
Jamais, en effet , il ne publia rien qui con- 1579, envoyèrent trois d'entre eux pour ex
statât la révocation de la pragmatique sanc- poser à ce monarque combien il était scan-
iion de Charles VII. daleux de voir une si grande quantité d'é-
De même que celle de saint Louis, elle fut véchés et d'abbayes possédés par des mon-
aboUe de fait, sans l'avoir été en droit. Le dains et des femmes. Ces vertueux prélats
parlement refusa long- temps d'enregistrer cet anticanoniqoe concordat , par lequel le pape , disposant d'un droh qui ne lui appartenait point , celui des élections , le conférait an monarque seal ; et le monarque , disposant en maître de l'autorité spirituelle des métropoKlains , on des conciles des évéques de leurs provinces respectives , auxquels seols appartenait le droit de confirmer canoniquement les élus , le décernait au pape (vojre* CoacoRDAT ). Le parlement n'enregistra ce traité si profane, que lorsqu'il y fut contraint par la violence , et qu'en stipulant expressément que Tenregistrement n'était pas libre. Il continua même de se régler sur la ptiagmatùfae-sanetion dans les arrêts qu'il rendait en matières bénéficiales.
Ce concordat , odieux en lui-même , le devenait encore davantage par les scandales éttormea qni en étaient le fruit. Non-seulement François I*^ , mais encore Henri II , François II , conféraient les évêchés et les riches abbayes à des laïques nobles , à des militaires , et même à des femmes , qu'il n'ëtflât pas rare d'entendre dire fneâ chanoines, mes MoeésainSy mes moines. Les États-
supplièrent instamment Henri III de rétablir les élections, seul moyen de remédiera d'aussi monstrueux désordres. Le roi leur fit des promesses ; maii on n'en \\i pas moins de tels scandales se propager jusqu'au milieu du règne de Louis XIV.
Si , avant de nous lire, on avait été surpris que les piagmatiques-sanctions de saint Louis et de Charles Vil , quoique soutenues par plusieurs de leurs successeurs , n'eussent, pu se maintenir , et n'eussent eu qu'une existence pour ainsi dire éphémère; si on avait désiré en connaître la cause , on l'aura sans doute entrevue dans ce que nous avons exposé de la durée qu'avait eue , pendant douze siècles , le droit canonique primitif qui exigeait la présence du peuple dans les élections , pour qu'elles fussent valables. Ces deux pragmatiques-sanctions qui l'en excluaient, en concentrant dans une portion du clergé te droit d'élire , s'étaient privées , par cette exclusion , de la condition la plus indispensable pour une longue existence. La durable vitalité des lois fondamentales dépend des égards qu'elles ont pour les droits du peuple , et de son intérêt à les maintenir,
Généraux de 1560, sous Charles IX, à Or- comme â les observer, {^ojrez Libertins cal-
Icans , retentirent de vives plaintes h. ce su- licanes' et Papb.) Guillon et MoaTLéoir. jet. Il fut supplié par les trois ordres de PRAIRIES. ( A^icultuie, ) Toutes les
mettre à d'aussi criante désordres le seul terres couvertes de graminées ou de légumi-
firein qtrî pût les arrêter, en rétablissant les neuses ,' destinées à la nourriture des bes- Tome 19. 3
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tiaux , aoit que la culture ou la nature seule fasse^ tous les ans , les (rais de lensemencemeut ont reçu.le nom générique de praù'ies.
Cependant- on. a classé les prairies en trois genres : les, prairies naturelles , les prairies artificielles r et les prairies temporaire;». Les prairies anciennes ^ celles qui , sans avoir été soumises à la culture, offrent à Thomme letir produit annuel , ^ont les prairies nalU" relies. Cest de. ce genre ^ue sont les immenses pâturages de la ^isse , de la Hollande , et une partie des prairies de la France, de rAnglelecre,.etc., soit qu'on y récolte le foin , soit qu'on les livre aux troupeaux , soit enfin que Tune et l'autre des deux méthodesjr soient pratiquées. Ou nomme ptxii' rie artificielle toute étendue de terre ensemencée en fourrages^ destinés , soit à être livrés verts aux bestiaux , soit à être conver* tis en fourrages secs. Ces prairies , dont on commence à apprécier l'immense utilité, sont ordinairement cultivées en légumineuses : le turaçp, les -trèfles, la vesce, la < 'luzerne , le sainfoin , le» carottes , les betteraves, etc., sont les récoltes les plus ordinaires. Enfin , on nomme prairie temporaire une pièce de terre ensemencée en graines , de prairies naturelles , et destinée à être de nouveau soumise à la culture des céréales , après avoir été pâturée ou fauchée pendant on certain nombre d^aunées. Les deux dernières espèces de prairies, qu'on regarde avec juste raison comme les plus avantageuses , forment une partie importante de l'agriculture, et entrent dans tout système raisonné d*assolement et de culture alterne.
Il ne nous appartient pas , dans un ouvrage ■ de ce genre , de développer les règles , fondées sur Inobservation raisonnée des faits, qui doivent présider à leur succession de culture. C^est dans des traites spéciaux qu'il faut les puiser ; nous nous bornerons à chercher à faire ressortir Tavantage que retirerait la société tout entière de l'adoption de ee genre de culture , s'il était répandu universellement, et si les cultivateurs, plus instruits «t plus éclairés sur leurs véritables intérêts , abandonnaient leur pernicieuse routine.
Nous avons parlé à l'article Pituragbs , des cas où ils étaient indispensables ; nous ne reviendrons par sur cet objet. Quant aux prairies naturelles h faucher , leur utilité est incontestable ; l'immense quantité de foin nécessaire à l'approvisionnement des grandes villes , à la nourriture des chevaux des
armées , h celle des chevaux sur les rontc* , ne laisse aucun doute à cet égard. Mais ces prairies qu'on abandonne le plus souvent aux soins de la nature , ne sauraient-elles être améliorées par ceux de l'homme? la culture doit-elle en être bannie ? et serait-il bien vrai qu'on ne dût , en aucun cas , y tracer un sillon sacrilège ? Nous ne le pensons pas. L'exemple, car dans la science de l'agriculturç c'est le plus fort des arguments , l'exemple des cultivateurs les plus éclairés , a prouvé le contraire. Il est peu de prairies naturelles qui ne puissent être améliorées par des soins assidus ; les engrais , les amendements , le dessèchement , le hersage , Tirrigation surtout, peuvent produire des effets surprenants : mais le meilleur moyen , celui qui offre le plus d'avantages , et qu'on peut pratiquer sur presque toutes les prairies , quand leur nature trop pierreuse, ou noyée , ou bien encore le peu de profondeur du sol fertile ne s'y oppose pas , c'est de les rompre , c'est de les transformer en prairies artificielles , et de les soumettre à un assolement qui , après quelques années permette de les remettre en prairies ou en pâturages améliorés par ce mode de culture.
C'est souvent dans les contrées les plus favorisées de la nature, que se trouve la plus grande étendue des terres incultes , de bruyères , de steppes', qui servent de pâturages permanents , et sur lesquelles errent 3i l'aventure quelques chétifs bestiaux à demisauvages. Plus de la moitié du territoire de l'Espagne , 12,000 lieues carrées , sont de cettç nature, et avec quelques pâturages plus fertiles, fournisk-ent à l'entretien de 5 à 6,000,000 de moutons que cette immense étendue suffit à peine à empêcher de périr, de besoin pendant l'hiver.
Cet état de choses, cette indigne paresse qui porte les habitants de ces contrées à dévorer les fruits de la terre sans faire aucun effort pour la rendre plus féconde , cette immense étendue de pâturages incultes, ne prouvent guère en faveur de Tétat avancé de l'agriculture, qui leur eût appris, comme dans la Basse-Écosse, l'un des pays du monde le mieux cultivé , et où l'on voit à peine une prairie naturelle qui mérite ce nom , à défricher celles de ces bruyères susceptibles de défrichement , à rompre ces pâturages à demi stériles, â les cultiver en prairies articielles , à les couvrir de céréales , à nourrir, dans un espac^ bifin plus restreint, une quantité plus grande de bétail mieux soi-
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gné , et à élever «ur le reste des fermes commodes 9 des villages riants , des villes florissantes.
C'est ïk IHutroduction des prairies artifi' cieiies (joe la société sera redevable d'une plus grande partie de son bien-être ; cette adoption renversant la jachère , rend aiw- Doellement à la culture le quart des Urres , irappé par elle d infertilité ; c'est de plu* le seul mojen de se préserver des disettes de fourrages verts, qui pendant Ihiver font •entir auK bestiaux leurs cruels effets. On a cUt que cette culture éloignant les époques des récoltes de céréales, tendrait à faire augmenter la valeur du pain , et imposerait de nouvelles privations h la classe indigente ; cette crainte est illusoire : les fumiers , que le plus grand nombre de bestiaux entretenus sur la ferme permet d'obtenir, ne sontils donc pas un sûr mojen d'augmenter les produits, bien quils soient moins fréquents?
et d'ailleurs , en supposant que la valeur du pain dàt en être augmentée , peut-on oublier que celle de la viande serait diminuée dans •ne plus grande proportion? et ne sait-on pas que la viande oflre une nourriture bien plus substantielle sous un poids bien moindre? Mais cette introduction, il faudrait qu'elle fût désirée par les habitants des campagnes , trop peu éclairés pour apprécier un état de choses qui les priverait momentanément de plusieurs des avantages dont ils jouissent. Il Éindrait que les pauvres des communes qui n'ont point de pâturages communs , renonçassent à élever des bestiaux sur les terres de leurs voisins , que rabolissement complet du tiroit de- ptweours permit aux cultivateurs de tenter des améliorations.
Les conseils communaux se croient trop intéressés au présent état de choses , ib ont trop d*ignorance pour apercevoir un bien iîitur dans une privation présente : ce n'est donc pas de Tadministraiion locale qu'on peut attendre ces changements; c'est de lois émanées du gouvernement, et dont l'exécution fût strictement observée ; c'est de l'instruction plus répandue parmi les habitants des campagnes , et de la création d'un grand nombre de fermes-modèles , qui leur prouvent jusqu'il l'évidence les résultats qu'on peut attendre de tel ou tebmode de çullure.
Il est peu de terres , qui soumises à une culture raisonnée, ne puissent à la longue devenir fertiles , et payer avec usure les peines qne le cultivateur s'est données pour les
améliorer. Mab 11 est des régies générales desquelles on ne saurait s'écarter , sans risquer de perdre le fruit de- ses travaux.
Toute terre arable mbeen' prairie demande à être parfaitement égouttée , car Jes semences des fourrages craignent l'humidité pendant leur jeunesse. Le choix de graines saines , celui de plantes qui croissent à diverses époques de l'année , si la prairie est destinée à être pâturée , ou si son produit doit être consommé en vert ; le choix au contrahre de plantes qui croissent ensemble et mûrissent au même temps « si l'on doit en transformer le produit en foin , sont d^une grande importance. L'époque du fauchage, les précautions à prendre en ce cas , le choix des engrab , la saison dans laquelle il convient de les appliquer, etc., etc., sont auUnt do points qui ne doivent point être négligés. Enfin , c'est à l'agriculteur & consulter les localités, à savoir que, prés des grandes villes, les fourrages sont recbek*chés , et par conséquent se paient fort cher j que dans les pays montagneux, où les communications sont difficiles, il est plus avantageux d'élever et d'engraisser des bestiaux, et de fabriquer le fromage , et , dans tous les cas, que l'adoption des prairies artificielles ne peut qu'augmenter ses produits. Si c'est une vieille prairie qu'on veuille rompre , récobuage , surtout pour les sols marécageux , les collines crayeuses , les terrains incultes , non siliceux, est un moyen recommandé par les plus célèbres agronomes ; et l'oii peut ajouter qu'il est généralement avantageux de retounier la. pcemiére récolte verte. Cette première récolte doit se composer de plantes non épuisantes. Elle consiste, en général, en tumeps, dont on ne peut trop estimer les avantages. La suite de la rotation dépend de causes trop variées pour que neus^ paissions les détailler. C'est dans les ouvrages des Gilbert , des de La Salle de L'ÉUng ,. des Duhamel , des Mathieu de Dombasie , des John Sinclair, c*est dans les Mémoires de la Société d'agricuU ture, dans le Cours d'agriculture' pratiçue . qu'on trouvera les développements indispensables. ( f^oj-ez AssoLCMxsT , Iraigatiov
et Pi.T1JBAGB.) DusaUlFAUT.
*PRAM ( Chs^tibx), poète et conseiller d'Etat danob , né en Norwége en 1765, mort 2i l'île de Saint-Thomas ( dans les Antilles) en 1821 , a laissé plusieurs pièces de vers couronnées à la Société royale des belles-lettres de Copenhague , et imprimées dans le