‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 33 sur 135 · PRO V ( 146 ) PROV · texte numérisé non relu

PRO V ( 146 ) PROV

* PROVANCHÈRES (SiMéoir de), méde- Guillaume I«r au plus Uirdif. . . 968

cin, né àLaugres, vers 1540, morlen 1617, Rotbold 992

exerça avec succès sa profession à Seiîs , ob- Guillaume II , premier comte protînt le titre de médecin du roi , et fut député priétaire 1008

aux États-Généraux de 1614. On a de lui i Geoffroi !•', Bertrand !••• et Guil-

des Trai/i'.c lions de la Chirurgie de Jacques laume III 1018

Houllier, Paris , 1576 , in-16 ; et de la CW- P^mien comtes héréditaires.

rurgie de Fernel , Toulouse, 1567, in-8«. Bertrand II 1063

On a encore de lui une traduction latine des Éliennette 1090 ou 1093

^ci/it/Yii/i5 de Pibrac , in-8o. Gerberge et Gilbert 1100

•PROVENCE (la) fut appelée par les Douce et Rai mond Bérenger W. . llli

Romains Prouincia , parce que ce fut la pre- Bérenger Raimond 1 130

miére partie des Gaules réduite par eux en Raimond BérengeV II , dit le Jeune, 1 144 province romaine. Sous cette dénomination D^^^,ce II, Alphonse I" , Raimond

se Uouvaient compris, non - seulement la Bérenger HI et Sanche 1166

Provence proprement dite, mais encore le Alphonse II 1196

Languedoc, le Dauphiné et la Savoie jusqu'il Raimond Bérenger IV 1209

Genève. Vers le 11» siècle , on restreignit le Béatrix,et Charles , frère de saint

nom de Provence au territoire renfermé en- Louis, lequel devint, en 1266, roi de

tre la mer Méditerranée , le Rhône , la Du- Sicile 1245

rance et les Alpes. Les Romains pénétrèrent Charles II , le Boiteux , roi de Na-

pour la première fois dans ce pays , à la sol- pie, et de Sicile 1285

Jicitation des Phocéens établis h Marseille , Robert, roi de Na pies 1309

qui réclamaient leur appui contre les anciens Jeanne , reine de Naples. . . . 1343 habitants. Ceux ci, vaincus par le consul Louis 1er, duc d'Anjou, fils de

Fulvius , 125 ans avant Jésus Christ , furent Jean , roi de France , adopté par

soumis entièrement deux ans après par Sex- Jeanne. ..'........ 1382

tus. La Provence, enlevée aux Romains par Louis II 1384

Euric, roi des Visigolhs , fut transmise »H Louis III 1417

Alaric , fils de ce prince , et passa ensuite René d'iile Bon, frère de Louis in,

sous la domination de Théocbric , roi des juc de Lorraine et de Bar , roi de

Ostrogoths , qui la laissa h sa fille Amala- Naples 1434

sonte et h son petit-fils Athalaric. Plus tard, Charles TU 1480

les rois mérovingiens la voyant abandonnée l^uîs xî , roi de France .... 1481 par les Ostrogoths , vaincus par Bélisaire, la La Provence réunie à la France par

partag^ent entre eux. Enfin , sous les Car- Charles VIII 1486

loviugiens , elle fut possédée par Lolhaire , PROVERBE ( Littérature), du latin pro-

qui la donna h son fils Charles, h titre de ^^erbium, façon de parier. Ce mot a pluj^ieurs

royaume, eu 855. Ce royaume sétant éteint acceptions. Dans le sens'le plus rapproché

environ cent après, plusieurs princes en de son origine, il désigne ces phrases toute»

jouirent alors sous le titre de comtes jusqu'à ç^i^^^ ^ ^g, locutions usuelles qui , comprise»

Charies III , roi de Sicile , après la mort du- ^^ ^^^ j^ ^^^^^ ^ éclaiicisscnt , par allusion

quel Louis XI, qui prétendait avoir été in- ^^^ jj^^ différente de celle qu'elles expri-

stkué son héntier , s'empara de la Provence, ^ent , et sont devenues comme des mots de

Lours XI étant mort à son tour , René , duc i^ langue. Exemple : Point d'argent , point

de Lorraine , dont les droits sur la Provence j^ Suisses ; passez^moi la rhubarbe , je -vous

étaient plus légitimes, puisque le roi René passerai le séné .

était son aïeul maternel , les fit valoir ; mais rj,^^^ ^^^ ^^ propriété de ces moU heureux ce fut en vain. Une sentence arbitrale le

débouta , et Charles VIII réunit à perpétuité Q"' • P*»" *" P"»"»?' «ff«' *^'»*« *«* «^éjouUwni , la Provence à la couronne. Les recherches »«^l«^»»«i queiquefoi. prnTerhe, en n^i^wii. que 1 on voudrait taire sur ce pays seront ^ '^

facilitées par le tableau suivant : Comme celui-ci : C'est le secret clc la co^

Boson I^', premier comte bénéfi- médie.

cinire 926 Placé à propos ,1e proverbe supplée de lon-

Boson II 948 gués explications , et jette de la gaité dans le

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PROV

(Hscoort, auquel il donne plus de mourement. Les sentences , les maximes , les apopbtegr

Dicton , en ce cas , est synonyme de pro' mes , peuvent suffire aux esprits méditatifs ,

t^rbe. c^est à-dire au pelit nombre ; mais au grand

PiOTBaiB , règle de conduite , principe nombre , il faut des proverbes. Sancho est

énoncé sous des formes «concises et fami- plus généralement compris que Platon jc^st

lières.

Résumé de Texpéricnce des siècles, les proverbes sont Tex pression de la raison commune , Texpression de la sagesse de tous les iges et de tous les hommes ; on les a très- justement nommés ia sagesse des na-

le législateur universel.

PaovBBaB , pelit drame , qui a pour objet de démontrer , par une action , la vérité énoncée dans un proverbe.

PboVbbbbs db Salomob, recueil de réflexions , de maximes que Ion attribue à ce

lions. La réunion des proverbes formerait, prince. Plusieurs critiques pensent toutefois

un cours de morale , applicable à toutes les circonstances de la vie.

Le proverbe est le plus communément une métaphore. Comme Taffabulation k la suite de Tapologue , c'est une conséquence tirée d'un fait connu. Ainsi /jue Tapologue , il arrive à rintelligence par l'imagination.

VEcciésiasie veut-il donner une idée précise du néant ou nous tombons par la mort ?

melior est eanis vivta leone mortuo ; mieux vaut, dît-il , un chien vivant qu'un lion . nort. Vérité traduite par La Fontaine dans ce vers :

Mieux vaat goojat debout qu'empereur enterré ,

et qu'il développe et. démontre dans sa Ma-

que ce recueil a été fait pour lui et non par lui, et que les Prot^erbes ne sont pas plus de Salo* mon que les Institut es de Justinien ne sont de Justinien. Ce ne serait , à leur sens , qu'une compilation faite par son ordre , de ce quHl y avait de plus remarquable dans les écrits des moralistes qui l'avaient précédé , compilation à laquelle Ézéchias a fait ajouter ce qui a été écrit de plus utile depuis SalomOn jusqu'à lui. Ce livre contient d'étranges choses ; la sagesse y revêt quelquefois des formes assez singulières. Quoiqu'il en soit , il a été rangé parmi les livres canoniques.

Proverbe y dans les livres sacrés , est em ployé en plusieurs sens; tantôt il signifie para.

^„„^ «.„„ ^ .„«- bole, allégorie , comme dans ce passage : Hoc

lroIi«rf'A>Atfse^ laquelle n'est pas le moins prot^erbium dixit e7s Jésus. ( ÉvangUe de

juste de ses apologues , si elle n'en est pas le plus moral. L'apologue, au fait, est-il autre chose qu'un proverbe développé 7

Dites que la douceur, l'aménité ont bien plus de pubsance sur les hommes que l'aigreur et la dureté ; bien des gens pourront ne pas tenir cette opinion pour incontestable. Dites-leur qu'on ^ttnàphts de mouches at^ec une cuillerée de miel qu^auec cent tonneaux de vinaigre y votre opinion, sous cette forme , sera pour eux une vérité démontrée.

Le proverbe s'appuie donc sur un fait , et c'est, ce me semble , ce qui constitue la différence qui existe entre lui et la sentence.

La sentence affirme , le proverbe démontre.

Proverbe , dans ce sens , n'a pas de synonyme. j4dage ne le remplace pas : composé de deux mots latins , adagendumy il indique ce qu'il faut faire , ce qu'il y a d'utile , de bien , de mieux h faire ; mais il ne le prouve pas. Ne Jais pas à autrui ce que tu ne vou' (frais pas qu'on te fit, est un ada^e. Qui sème du \*ent recueillera des tempêtes y est un proverbe. Ce mot adage peut donc suppléer ceux de senunce, de maxime, de principe; mais il n'a pas un sens aussi étendu que proverbe dans cette acception.

saint Jean,chap. 10); Jésus leur dit ce pro* verbe ; et dans cet autre : Hœc in proverbiis locutus sum ( ibidem ) ; je leur ai dit ces choses sous la .forme de proverbe. Tantôt il y est pris dans le sens d'énigme : Occulta proverbiorum exquiret ; il cherchera le sens caché des proverbes. {Ecclésiaste , chap. 59, vers. 3.) Souvent aussi il y est pris dans le sens de raillerie , chanson , épigramme , Erit Israël in proverbium , et in Jabulam cunctis populis ,\ Israël deviendra le proverbe et ia fable de toutes les nations. ( Deutérotiome, chap. 38. )

Parmi les tribulations auxquelles il est passagèrement soumis , la moins amère pour Job n'est pas d'être en but aux attaques des sots et des vilains , stUltorum et ignobilium , qui , dit-il , l'ont mis en chanson et en proverbe Nunc in eorum canticum versus sum ; mon nom se trouve à présent dans toutes .

leurs chansons , et je suis devenu proverbe pour eux ; etjactus sum eis in proverbium.

Triste chose en effet que de devenir proverbe. Achille , sur ce point , est tout à fait de l'avis de Job , quand il s'écrie :

Suis-je , Hni le saToir, la fable de l'année? (Aac.) Remarquons que dans ces passages fable

PRO V

PR OV

et provet'he sont exaclemrnit synonynrtes.

Être traduit en proverbe n'avait pourtant pat toujours ce sens pour les enfants d^IsraÔl. Quand Saïil &e mit h prophétiser , il devint , est-il dit dans le Livre des Rois , Toccasion d'un proverbe ; Untie exiuit pt*overbium f Saùl lui-même , disaient-ils , est il donc devenu prophète? A'à/« quitl Saûlinear p^ophe^ tas ? Être traduit en proverbe n'est pas être traduit en ridicule, dans ce sens , à moins que cela ne sijçnifie : Jusqu'à Saûlj 'tout U monde s'en mêle. Arfault.

PROVIDENCE. ( i?tf%rofi. ) Volonté , attribut de Dieu , qui règle et gouverne selon des lois immuables cet univers et particulièrement le genre humain , et qui , enfermant dans son ordre l'instabilité des choses humaines , ne dispose pas avec moins d'égards les accidents inégaux qui mêlent la vie des particuliers , que ces grands et mémorables événements qui décident de la fortune Aes empires,. Cette définition , prise mot h mot dans Bossuet , me semble renfermer tout ce qu'iU importe de savoir de cet attribut de Dieu , qui a le plus- de rapport avec nous , et qtfi , par cela même, mérite de notre part le plus d'attention.

Est-il vrai que l'être infini régit la na-l ture? Oui; la voix du genre humain tout entier proclame celle vrfrité, et de toutes parts retentit la maxime de Montesquieu :

leè lois selon lesquelles Dieu a créé le monde sont celles selon lesquelles il le conserve (1). L'histoire de l'Ancien - Testament n'a été écrite que pour constater Tinduence immémédiate et perpétuelle de la Divinité, nonseulement snr la marche du monde physi.

que , mais encore sur les destinées humaines. Bien que le peuple juif soit le bien-aimé du Tr^s•Hnut et l'objet spécial de ses faveurs, les autres peuples ne sont cependant pas déshérités , et on voit h chaque page que des faveurs pareilles leur sont réservées dans la plénitufte des temps. Les annales des nations ne renferment pas de moindres témoignages de l'intervention de la Providence dans les affaires humaines, et des preuve» moins évidentes de la conviction intime et générale que rien ne se passe sur la terre où Dieu ne soit mêlé. Sans doute, le peuple de Dieu est un exemple palpable de son éternelle Proi^idence j comme parle Bossuet, et toutefois les autres peuples nous fournissent aussi des preuves sensibles que lui seul con-

1 1) Esprit dês his , liv. I , cha|i. I .

duit à sa volonté tous les événements de la vie présente.

Au milieu de ce concert qui s'élève dans tous les pays et dans tous les temps en faveur de la Providence , on' entend parfois des voix discordantes qui en rompent l'unanimité. Dans l'antiquité la plus reculée, les amis de Job osèrent soutenir que la Providence ne se mêlait point du gouvernement du monde, puisqu'il est continuellement en proie à tant de désordres ; que la vertu y est laissée sans récompense, et le vice sans châtiment, Il faut l'avouer, c'est une des objections conire le dogme de la Providence les plus difficiles k, résoudre, que celle qui résulte du spectacle de la prospérité des méchants et de la misère dej justes. Le prophète-rot s'eh plaint amèrement dans le psaume 73 , suivant l'hébreu : « Mes pieds ont « chancelé et mes pas ont presque failli, quand A je contemple le bonheur des impies Ils ne « sont point atteints de plaies mortelles; ils » sont robustes et pleins de santé ; ils ne par-

• tagent point les peines des humains ; ils A sont à l'abri des coups qui frappent tous ceux qui les environnent. Aussi Torgueil i> s'enlace autour d'eux comme une chaîne ; »» l'iniquité de leur âme perce à travers^ leur n embonpoint ; 1 iniuUe et le blasphème 1» sont sur leur lèvres. Ceux qui portent

• leurs regards s«ir eux. sucent à longs n traits le poison. Où est la Providence du

• Très-Haut? disent-ils. Ces liommes sont M des impies , et ils regorgent de richesses. A C'est donc eu vain que je tiens mon coeur n exempt de souillures , et que je lave mes » mains dans une eau pure. • Job et David ne peuvent répondre à ces difficultés qu'en rappelant le principe fondamental d'une vie future, où les désordras de celle-ci seront entièrement réparés. « Vainement je m'agite et

• je m'inquiète pour pénétrer le mystère : mes A yeux n'y découvrent qu'iniquité , jusqu'à n ce que j'entre dans le sanctuaire de l'Éter- » nel , et que je considère le terme de leur a carrière. Ils sont passés , Seigneur, comme « un songe au moment du réveil , et tu m*é- » lèveras un jourau séjour de la gloire. Dieu

• est l'asile que je cherche, et mon partage n à jamais, a Dieu y dit l'Eccléaiaste ,/u^rra le juste et C impie y et alors ce ê€ra U temps de toutes choses.

Saint Augustin , dans son admirable ouvrage de la Cité de Dieu , s'est attaché à pénétrer les desseins de la Providence dans la répartition des biens et des maux de U

PRO V

PRO V

TÏe ; et il a dit : « II a plu h la divino Provi"

• dence de préparer à Tavenir des biens

• pour les justes, dont les injustes ne joui*

• rontpas^ et pour les impies, des maux

• dont les bons ne seront pas tourmentés.

• Mais quant à ces biens et à ces maux tem-

• porels, il a voulu qu'ils fussent communs

• aux uns et aux autres , aCn que Ton ne

■ délire pas trop ardemment des biens que s* Ton voi ta ussi entre les mains des méchants,

• et que Ton ne fasse rien de honteux pour

• ériter des maux que les bons mêmes « souffrent lu plus souvent.... Si tout péché » était maintenant puni d'une peine mani-

• feste , on croirait que rie'n ne serait réservé

• au dernier jugement ; et si Dieu ne punis-

■ sait maintenant aucun péché évidemment,

• on ci:oiniit qu'il ny a poiut de Providence.

• De même pour les biens de cette vie , si

• Dieu ne les donnait à quelques-uns de

• ceux qui les demandent, il semblerait « qu'ils ne dépendent pas de lui \ et sil les

• donnait u tous ceux qui- les demandent ,

• BOUS fu-oirions ne le devoir servu' que

• pour ces récompenses , et , au lieu d être

• pieux , nous serions avares. •

Parmi les philosophes, il s'en trouve un très-grand nombre qui attaquèrent la Providence ou qui s'en formèrent des idées extravagantes. Les épicuriens enseiguèrculque dans le monde tqutest Teffeldu hasard, (|uc les Dieux endormie dans un profond repos , ne s*en mêlent en aucune manière ; Cécilius , danâ VOctauius de Minoci Félix , tourne les chrétiens en ridicule , parce qu'ils admettent un Dieu curieux , inquiet , ombrageux , présent à tout , voyant tout , même les plus secrètes pensées , se mêlant de tout, m^me des crimes , comme si son attention pouvait suffire et au gouvernement général do monde, et aux soins minutieux de chaque particulier, u O hommea , s'écrie Octavius ,

• quelle est votre erreur ! Comment Dieu 9 serait-il loin de nous , puisqu'il remplit par 9 son immensité le ciel , la terre et toutes les

• parties de ce vaste univers ? ISon-seulement

• il est près de nous, mais encore il est dans

• nous. Le soleil, quoique attaché au ciel,

• est répandu par toute la terre ; tout se » ressent de sa présence , et sa clarté n'est

• jamais altérée. A plus forte raison , Dieu ,

• Tauteur de toutes choses , qui'voit tout, et « pour qui rien ne peut être un secret , a pénètre dans les ténèbres et jusque dans '> les pensées de Thomme , qui sont elles- » naémes de profondes ténèbres. Nous n'a-

« gissons donc pas seulement sous ses yeux ; » mais , si j*ose Je dire , nous vivons en » lui (1). »

Le dogme de la Providence trouva des advei*saires dans ta plupart des philosophes qui s'élevèrent contre le christianisme , durant les cinq premiers siècles, et quelquefois même parmi les disciples de TÉvangile. Le prêtre Salvien , saint Jean Chrysostome, Tiiéodoret, et d'autres Pères opposèrent à leurs plaintes et à leurs déclamations des traités, où le plus profond savoir et la plus pressante dialectique sont revêtus de tout récUt du style et i\es charmes de la diction.

Très-peu de temps après la réforriiation du seizième siècle , les sociniens renouvelèrent quelques-unes des erreurs des anciens philosophes et des premiers hérétiques sur la Providence. Depuis, les libres pensew s anglais renchérirent, s'il est possible, et donnèrent lieu aux ouvrages de Sherlock, de Burnet , et de quelques autres, car je ne prétends pas tout dire. Bayle, réfugié en Hollande, plaça toute la question dans celle de Y origine du bien et du miU, Les justes sont opprimés , et les méchants prospèrent : donc la Providence n*est qu'un vain mot. Tel est le paradoxe que son imagination enfanta , et qu'il détendit avec toute la vigueur de sa logique. Laplacetle, Jacquelot, Kiug, dom Gandin, Mallebrancbe, Lcibnitx, le vicomte d'A lais, Jean Leclerc, inventèrent leshypothèses les plus ingénieuses , pour ruinei' les fondements du système de Bayle , et employèrent les raisonnements les plus forts pour détruire h^s sophismes. Mais , eu définitive , ils viennent tous aboutira celui de Bossuet, qui en est le meilleur résumé. « 3i les mé- » chants prospèrent visiblement , et que » leur bonne fortune semble faire rougir n sur la terre l'espérance d'uu homme de )> bien , il regarde le revers de la main de •• Dieu , et il entend avec foi , comme une » voi.\ céleste qui dit aux méchants fortunés 1» qui méprisent les justes oppi'imés : O herbe » teiTCstre ! <i herbe rampante I oses-tu bien » te comparer à l'arbre fruitier pendant la » rigueur de l'hiver, sous prétexte qu'il a M perdu sa verdure , et que ta conserves

• la tienne durant cette froide saison? Vien- » dra le temps de Tété , viendra l'ardeur du

• grand jugement qui te desséchera jusqu'à

• la racine , et fera germer les fruits immor-

(1) Sermon sur la Prot^idence , à U fio.

PROV

PROY

» tels des arbres que la patience aura cul- » livés (1). •

Voltaire qui , dans divers ouvrages , avait parlé de la Providence avec tant de dignité et de conviction , venait d'envoyer à J.-J. Rousseau ses deux poèmes sur la Loi naturelle , et sur le Désastre de Lisbonne , dont le dernier portait atteinte à la doctrine qu'il avait professée ailleurs. Le ciloycn de Genève lui écrivit, le 18 août 1756, une Lettre dans laquelle il justifie la Providence des maux dont on Taccuse. On y lit :

» Les premiers qui ont gâté la cause de » Dieu sont les prêtres et Us déi'ots qui ne n soufirent pas que rien se fasse selon Tor^ » dre établi , mais font toujours intervenir » la justice divine à des événements pure- » ment naturels , et, pour être sûrs de leur » fait, punissent et chÂtient les méchants , o éprouvent ou récompensent les bons in- «» différemment avec des biens ou des ibaux, » selon l'événement. Je ne sais , pour moi , » si c'est une bonne théologie ; mais je trouve » que c est une mauvaise manière de rai- » sonner , de fonder indifféremment sur le *> pour et le contre les preuves de laProvi- « dence , et de lui attribuer sans choix tout » ce qui se ferait également sans elle. » Le judicieux abbé Fleury manifeste à peu près les mêmes sentiments dans son troisième Discours iur l'Histoire eccUstaslique , n© 3.

• Les philosophes, à leur tour, continue » Rousseau , ne me paraissent guère plus » raisonnables , quand je les Vois s'en pren- >» dre au ciel de ce qu'ils ne sont pas impas- » sibles, crier que tout est perdu quand ils » ont mal aux dents, ou qu'ils sont pauvres , *» ou qu'on les vole, et charger Dieu, » comme dit Sénèque, de la garde de leur » valise. Si quelque accident tragique eût « fait périr Cartouche ou César dans leur » enfance, on aurait dit : quel crime avaient-

• ils commis ? Ces deux brigands ont vécu , » et nous disons pourquoi les avoir laissés

• vivre ? Au contraire , un dévot dira , dans » le premier cas , Dieu voulait punir le père » en lui ôtant son enfant ; et dans le second, i> Dieu conservait Tenfant pour le châtiment

• du peuple. Ainsi, quelque parti qu'ait »» pris la nature , la Providence a toujours » raison chez les dévots, et toujours tort » chez les philosophes. Peut être , dans Tor-

• dre des choses humaines, n'a t- elle ni tort

• ni raison , parce que tout tient k la loi

(1) OetaHus ,Vr%Auci\on de M. Péricaud, p. 171.

» commune , et quUl n^y a d'exception pouv » personne, // est à croire que Us événe- « ments particuliers ne sont rien aux yeux » du Maître de l'univet^ ; que sa Providence » est seuUment universelU ; quUl se contente » de conserver les genres et les espèces , et )t de présider au tout , sans s'inquiéter de la » manière dont chaque individu passe cette » courte vie ( l ). •

Comment concilier ces assertions de Rousseau avec la parole expresse de Jésus-Cbritt dans l'Évangile? a Ne vous inquiétez point » où vous trouverez de quoi manger , ni » d*où vous aurez des vêtements; la vie « n'est-elle pas plus que la nourriture , et le » corps plus que le vêtement? Considères tt les oiseaux : ils ne sèment point , ils ne n moissonnent point , et ils n^amassent rien

• dans des greniers; mais votre Père céleste » les nourrit. N'êtes-vous pas beaucoup plus V qur'eux ?.... Considérez comment croissent « les lis des champs ; ils ne travaillent point, » ils ne filent point , et cependant Salomon, « dans toute sa gloire i n*a jamais été vêtu

» comme Tun d'eux ; il ne tombe pas un

» seul passereau sur la terre sans la volonté ■» de votre Père. Mafs pour vous , les che- » veux mêmes de votre tête sont comptés ;

• ainsi ne craignez point (2). • ( Fojrez Dieu. ) Flottes.

* PROVINS (le père Pacifique db ).

yojrez Pacifique.

• PROYART (Li^vAiN - Rovavbitturb ) , historiographe , né en Artois vers 1743 , embrassa Tétat ecclésiastique , et se distingua de bonne heure dans renseignement. Il' était principal du collège du Puy , lorsque la révolution éclata : forcé de s'expatrier , il se rendit d'abord à Bruxelles, ensuite en Francônie , où il devint conseiller ecclésiastique du prince Hohenlohe-Bartenstein , et fat chargé spécialement de la distribution des secours aux prisonniers français, mission dont il s'acquitta avec le plus grand zèle.

De retour en France, après le concordat de 1801 , la publication d'un ouvrage intitulé : Louis XVI et ses vertus, qui parut'en 1808, le fit renfermer à Bicêtre. Bientôt le chagrin et le dénuement des choses les plus nécessaires, pendant un hiver rigoureux, lui occasidnèrent une hydropisie de poitrine dont il mourut la même année , à Arras , où

(1) OEuures de J.-J. Rousseau , édition de P. Diàot. 1801. loin. 18, pag. 163.

(2)M«U., ehap. 6tt]0.

PRUD

PRUD

ses amis ayaieot obtenu quMl fût transfcrci Sédition complète des OEut^res de Tabbé Projart a été publiée , eo 1&19 , par Méquignon fils aine, en 17 vol. in-8oet 17 vol. in- 12. * PKUDENCE (AuBBLius-PauDEHTius- Clbmbhs) , poète latin et chrétien, né eu Espagne, dans la province tarragonuise en 348, exerça d'abord la profession d'avocat, puis fut nommé juge , ou , selon TiUemont , gouverneur de quelques villes, prit ensuite le parti des armes , et vint à la cour d*Houorius qui le revêtit d'une charge honorable; 11 parait qu'il tomba en disgrâce, et qu'il perdit toute sa fortune, puisqu'on le retrouve, vers Tau 410, retiré en Espagne dans une solitude où il passa le reste de sa vie dans la pratique des actes de piété et la culture des lettres ; mais on ignore Tépoque de sa mort. Il nous apprend lui-même qu'il a?ait cinquante-sept ans lorsqu'il prit la résolution de ne plus exercer que sur des sujets ^retiens son talent pour la poésie. On a de lui des cantiques , des hymnes , et quelques écrits où il réfute des hérésies de son temps. Il existe un très-grand nombre d'éditions des poésies de Prudence , dont on trouvera la liste dans la Biblioth. latina et dans la Bibt. mediœei infimes latitiitatis. Ces mêmes œuvres font partie des Poetœ chns' 'iiani , imprimés par les Aide , Venise , 1501-1502. Parmi les éditions postérieures au 16« siècle , les plus recherchées sont celle de Hanau , 1613, in-8o, avec des notes de différents auteurs; celle d'Amsterdam (Daniel Elzevier) , 1667 , un vol. in-i2 , avec les notes de Nie. Heinsius ; celle de Paris ( ad usum delpliini ), 1687 , in-4o, avec les notes d'Étiennc Chamillart \ celle de Cologne , 1701, petit in-8o , faisant partie de la collection Farinrum ; enfin celle de Parme ( Bodoiii), 1789, 2 vo^. grand in-8o. On trouve la vie de Prudence dans les Mémoires de TiUemont, tom. 10.

* PRUDENCE (Saiht), dit le Jeune.

Voyez Galikdo.

* PRUDENT (Joseph- H ippoLTTE-Aucus- TiH VAUCHOT , plus connu sbus le nom de père), capucin, né en Franclie-Comté en 1743 , mort en 1792 ,est auteur d'un grand nombre de mémoires et de dissei'iations , insérés dans le Recueil de TAcadémie de Besançon, où il obtint, en 1776, le prix d'éloquence par V Éloge de Nicolas Perre^ noty chancelier de C empereur CharleS'Quint ; celui d'histoire , en 1777 , par une Notice lur les monuments l'omains dont il existe.

des vestiges en Franche-Comté ; et celui d*agriculture par une Dissertation sur les causes et les caractères d'une maladie qui affligeait plusieurs vignobles de la province.

Cette dissertation , imprimée par ordre du gouvernement en 1778, in-8o, fut vivement critiquée par l'abbé Baverel; mais elle est citée avec éloge dans le Théâtre d^agriculture d'Olivier de Serres , édition de 1804.

On a encore du père Prudent une Vie de sainte Ciait*e , Paris, 1782, in-B» , et il a laissé plusieurs ouvrages manuscrits.

PRUD'HOMMES (Cohsbils ob ). {Législation. ) Les prud'hommes dont il est ici question n'ont rien de commun avec ceux qui , en 1789, avaient ce nom dans des villes situées sur les bords de la Méditerranée , notamment à Marseille. Les derniers de ces prud'hommes étaient des officiers choisis par les gens de leur profession , ^our veiller au maintien de \'<à police des pèches de mer , et juger les contraventions aux règlements sur celte matière. Les autres sont une création faite récemment pour assurer Tordre et la bonne foi dans les manufactures de la France. Avant la révolution qui , en 1789, s'eit effectuée dans ce pays , les maires et les écbevins des villes jugeaient le plus grand nombre des contestations auxquelles donnent naissance les rapports d'intérêts qui ont lieu entre les ouvriers et ceux qui les font travailler.* Les syndics des communautés d'arts et métiers statuaient aussi sur quelques-unes de ces contestations. Il n'avait été fait que dans des circonstances rares une exception à cette marche qui était à peu près générale pour toutes les localités. Si Paris et Lyon conservèrent les juridictions particulières qu'elles avaient obtenues , ce fut par une faveur spéciale.

La suppression des communautés, et la forme donnée , depuis la révolution , à l'administration et aux tribunaux de la France, exigeaient que les anciennes institutions fussent remplacées par d'autres plus en harmonie avec les besoins des manufactures.

C'est ce qui a été exécuté au moyen de mesures successives , dont le temps a prouvé la sagesse. La loi du 22 germinal an XI (12 avril 1803), chargea d'abord les commissaires généraux de police , et les maires ou leurs adjoints , dans les villes où il n'y a point de ces commissaires, de statuer sur les affaires de simple police. Depuis , celle du 18 mars 1806 créa les conseils de prud'hommes, qu'elle investit de pouvoirs beaucoup

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plus étendus. Leurs attributions, le mode de nomination de leurs membres , la manière dont ils doivent procéder quand ils jugent les contestations , d'autres objets im|>ortants ,. n'ayant point été réglés par cette loi, ou ne rayant été que vaguement , il a été nécessaire de suppléer aux lacunes qui s'y troavent. C'est ce qu'a fait le décret , en douze titres , du 1 1 juin 1809 , qui embrasse Tensemble de Tinslitution , et qu'on doit regarder comme formant, h certains égards, le code des prud'hommes.

Nous étions employé dans les bureaux du ministère de rintêrieur, lorsque le projet de ce décret fgt demandé par le Gouverner ment, et, en cette qualité, nous fûmes chargé de le rédiger. Partant de l'opinion que les conseils de prud'hommes sont principalement établis pour terminer de suite , par la voie de la conciliation , les difficultés qui s*élèvent entre les ouvriei*s et les noarehands fabricants, nous jugeâmes , que cet avantage ne pourrait être obtenu, si Ton aotorisait les gens de loi à venir plaider pour les parties. Avec des arguties , ils auraient éternisé en elTet la décision des affaires. Il aurait fallu aussi leur payer des frais de vacation. On a évilé ces deux inconvénients , en obligeant les marchands fabricants et les ouvriers de paraître eux-mêmes, et, dans le cas d'empêchement pour cause d'absence ou de maladie , de se faire représenter par leurs parents, ou par quelqu'un de leui* profession , porteur de leur procuration.

Les conseils de prud'hommes, dont les membres sont nommés par les hommes industrieux des localités, ont répondu complètement aux espérances conçues de leur création. Composés dans une proportion à peu près égale de marchands-fabricants, de chefs d'atelier, ou d'ouvriers payant patente, ils rendent une prompte et impartiale justice. Avant qu'on les eût créés, les manufacturiers sollicitaient à tout instant i\ei mesures pour réprimer soit le vol des matières conGées aux ouvriers pour être mises en œuvre, soit l'usurpation des dessins nécessaires dans la fabrication des tissus fuçocnés, des toiles peintes et <\ei papiers peints.

Grâce ^ eux, les délits de ce genre sont beaucoup moins fréquents. Pour faire apprécier en peu de mots les services qiïiU rendent, nous dirons qu'en 1828, il a été porté devant celui do Lyon trois mille trois cent soixante-deux affaires, et qu'excepté vingt-deux, sur lesquelles les paiHies n'ont

]>oint transigé , les autres ont été- terminée» h l'Instant même et sans frais , h la satisfaction des marchands-fabricants et des ouvriers. Un résultat aussi avantageux explique pourquoi les villes manufacturières qui ont des établissements de cette nature se félicitent de les posséder. Le nombre de cet villes est déjà considérable , et il est probable qu'il s'accr^itra encore, étant naturel que toutes celles qui ont une iudusti'ie un peu importante veuillent profiter des bien* faits procurés par une institution utile.

Les fonctions des conseils de prud'hommes sont ài-lafois administratives et judicLiires. Dans le plus grand nombre de cas, elles ressemblent k celles des bureaux de police municipale et des juges de paix. Quand ils statuent sur les contestations , ils suivent ordinairement la marche tracée par le Code de procédure au livre des justices de paix.

Dans l'origine , leurs jugements n*étaient définitifs que jusque la somme de 60 francs.

Ils prononcent aujourd'hui en dernier ressort jusqu'à celle de 100 francs. Ils peuvent encore infliger des amendes , et même , dan^ certains cas , condamner des individus à un emprisonnement de quelques jours.

Le bien produit par les conseils de prud'hommes auriiit été manqué, si, comme la demande en a été faite plusieurs fois, on avait établi près d'eux un ministère public.

Les lois investissent ce ministère d^une assez grande autorité. Qu'on l'eût confié à un individu iracassier , ou aimant à faire sentir son pouvoir , il aurait été un moyen d'exercer une foule de vexations. Cet individu , pouvant requérir la comparution des marchants fabricants et des ouvriers^ il aurait été le maître de troubler à tout instant leur existence. Il importait de prévenir la possibilité d'un abus de ce genre , et c'est ce qu'a fait la législation , en rendant le gouvernement a peu près étranger aux opérations des conseils. Antérieurement on avait senti le danger d'établir un ministère public près des tribunaux de commerce. Le temps et l'expérience ont prouvé la sagesse du parti adopté dans les deux circonstances.

Si les conseils de prud hommes sont utiles aux fabriques , ils ne le sont guère moins a l'administration. Étant , h certains égards , les représentants des professions industrielles , ils lui fournissent les documents dont elle a besoin pour prendre en connaissance de cause les mesures réclamées par le bien public. C'est encore sur des registi-es , tenus

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ptr leuft tecrétaires , que se font ûiscrire les ouYiien des localités où ils sont établis , de sorte que poar ces deux cas , où les coromunsutés d'arts et métiers rendaieut quelques sçnrices , ils les reiqplacent , en prouvant de ■ouveau l'inutilité d une institution abusire et Inneste. Les dépenses qu*ils ôccasionent sont peu considérables , puisque , tenant ordinairement leur» séances dans les hôtels des mairies , ils n'ont point de loyer a payer. Ils n'ont à acquitter que celle du traitement de leurs secrétaires , et de Tachât du bois de chauflage qu'ils consomment pendant Thi- Ter, et une indemnité assez faible , allouée dans quelques communes à ceux de leurs membres qui sont ouvriers.

Parts ne jouit pas encore du bienfait d'une institution de ce genre. Ce n'est point qu'on ait jugé qu'elle ne peut lui convenir : depuis lonf'temps les hommes éclairés sont péné' très de Topinton quVIle serait d'une grande Qtilité aux nombreuses manufactures qu'il possède. En 1815 , nous proposAmes d'y ériger quatre conseils , mais en les organisant de manière que , tout en étant un moyen ' d'ordre, ils ne gênassent point l'action de la police ordinaire, qui, là plus qu'ailleurs, ne doit jamais perdre de • vue la classe ouvrière, qu'un manque d'ouvrage, des suggestions ou de fausses mesures d'administration rendent souvent turbulente et séditieuse. Il est à regretter qu*on n'ait pas danné suite k cette proposition. Si elle avait été accueillie , Paris aurait dans ces conseils un nouveau moyen craccroltre la prospérité de son industrie. ( f^ojrez MAUCFAcnruBs et Manaas. ) Costaz.

• PRUDHON <PiBaaB-PAirL), peintre, membre de l'Institut , né en 1760 à Climy ( Bourgogne ) , d'un maître maçon dont il était le treizième enfant, perdit son père étant encore en bas i^ge, fut élevé gratuitement Il la célèbre abbaye de sa ville natale , et les surprenantes dispositions qu'il montra de bonne heure pour les arts fixèrent l'attention des moines , qui 8oUicit(H*ent pour lut la protection de l'archevêque de Mâcon, M. Moreau. Ce prélat l'envoya à l'école de dessin que tenait M. Dcsvosges h Dijon , et les progrès du jeaoe homme justifièrent les espérances qu'il avait lait concevoir; mais aussi l'ardeur et la vivacité d'imagînatioR dont il était doué l'engagèrent dans des écarts qui eurent sur le reste de sa ,vie une influence bien funeste. A peine âgé de dixhuit ans , et avant d'avoir remporté le prix Tom* 19.

de peinture fondé par les États de Bourgogne (prix qui lui valut la pension de Rome , où il séjourna de 1783 à 1789 ) , il s'était épris d'une passion violente pour une femme , qui de sa maîtresse devint bientôt son épouse. Celte union mal assortie fut pour lui une source de chagrins continuels : un divorce le sépara enfin de celle dont la dissipation et l'inconduite pensaient le condamnerai végéter toujours misérable , et presque hors d'état d'élever sa nombreuse famille. Cependant l'expérience n'avait pu lui apprendre Il maîtriser les mouvements d'un cœur trop accessible aux Réductions de l'amour.

Une demoiselle Mayer , son élève , le fil presque aussitôt renoncer aux projets qu'il formait de vivre dans la solitude. Il contracta avec elle une liaison très-étroite ; mais ses fallacieux plaisirs ne pouvaient manquer d'être empoisonnés par des regrets. Sa mattresse mit elle-même fin h ses jours , et le chagrin qu'il en ressentit lui porta aussi le coup delà mort ; il expira le 16 février 1823 , après avoir pourvu à ce que sa dépouille fût placée au Père-Lacliaise h côté de celle de sa maltresse. On reproche avec fondement h cet artiste de l'incorrection dans le dessin , trop peu de variété dans ses airs de tête; mais CCS défauts sont à quelques égards rachetés par le charme de sa composition et la beauté de son coloris.

* PRUSIAS II , roi de Bithynie , surnommé Cunegos ( le chasseur) , fameux par son dévouement servile au sénat romain , monta sur le trône vers l'an 190 avant Jésus Christ , fit d'abord la guerre h Eumèncs, roi de Pergame , et , secondé par Annibal , remporta plusieurs victoires sur mer et sur terre. Les Romains , alarmés de ces succès , enjoignirent à Prusias de leur livrer le célèbre général carthaginois , et le prince allait exécuter cet ordre , quand Annibal le prévint en sVmpoisonnant. La lâcheté du roi de Bithynie l'a couvert d'un opprobre éternel.

A fépoque du détrônement de Perséc et de K. destruction du royaume de Macédoine , Prusias, beau-frère du roi déchu, vint h Rome se prosterner devant le sénat. Revêtu d'un costume abject , la tête rasée , il baisa le seuil de la porte , se déclarant l'afTranchi de la république , saluant les sénateurs comme ses dieux sauveurs , demandant qu'on lui permit de sacrifier au Capitule , en l'honneur des succès de Rome, et qu'on voulût bien i-enouveler Talliance contractée avec lui. 11 fittit en recommandant son fils Nico-

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mède à la bienveillaiicc du sénat , et ses demandes furent accueillies. Après une nouvelle guerre contre Ailale , successeur d'Eumcnes sur le trône de Pergame, et dans laquelle ce prince eut recours au\ Romains, qui lui firent Eestituer ses états , envahis parles Biihyniens , Prusias , chassé de son palais et réfugié dans un temple, y pérît sous les «»iips de son fils Nicomède , s^tl faut en croire les historiens Diodore de Sicile, Justin , Appien et Zonaras.

PRUSSE (la) long-temps habitée par des peuples idolâtres , fut conquise en 1285 par les chevaliers teutoniqnes , qui s'y établirent en souverains. Un grand-mai tre de cet ordre religieux el militaire , Albert de Brandebourg, eut l'adresse et le bonheur , aut:ommcncement du 16« siècle , de faire passera le pouvoir suprême de son ordre dans sa maison. Cette maison , d'où sont sortis les rois de Prusse, était celle de HobenzoUem, qui avuit été investie , en 1417 , de Télectorat de Brandebourg par l'empereur Sigismond , et qui plus tard , du temps d*Albert* r Achille , s'était divisée eu deux branches, les électeurs de Brandebourg- et les ducs de Prusse. Albert de Brandebourg, petit-fils d'Albert-rAchilIc, profitant de la position avantageuse où le plaçaient sa haute dignité cl la fermentation produite dans tout le Nord par les principes de Luther, traita directeroeut avec les Polonais , en 1525 , pour cette partie de la Prusse , qui reconnaissait les lois des chevaliers , et obtint qu^elle lui fût concédée, pour lui et pour ses descendants, h litre de duclié séculier , sous condition pourtant d'en faire hommage à la couronne de Pologne. Cet hommage ayant clé rendu en 1569 par Joachim II , électeur de Brandebourg et cousin d'Albert , premier duc de Prusse , conjointement avec Albert-Frédéric , fils de ce prince , ce fut là le premier fondement des droits que les électeurs de Brandebourg ont eus sur la Prusse. Albert- Frédéric étant mort sans enfants , les deux branches se réunirent en une seule dans la personne de Sigismond , électeur de Brandebourg , qui se déclara vassal et tributaire de la Pologne. Mais son petit-fils, Frédéric- Guillaume , dit le Grand-Électeur f mettant à profit la ]po8ition fâcheuse des Polonais , leur arracha un traité (1656) par lequel il se trouvait affranchi de Tassujettissement de 1 hommage, et se fit reconnaître en 1662 duc sonverain et indépendant. 11 fut convenu seulement que , si la branche électorale de

Brandebourg venait à manquer, la Pologne rentrerait dans ses anciens di'oits sur la Prusse , qui serait alors possédée en fief par les branches cadettes de Brandebourg : mais le sort en avait ordonné autrement. L'empereur Léopoid érigea le duché de Prusse en royaume , en 1701 , en faveur de Frédéric I«r , dont les armes ne lui avaient pas été inutiles. La Pologne ne consentit au nouveau "titre donné à Frédéric qu'il condition que ses droits demeureraient les mêmes , et le roi de Prusse ne fut reconnu en cette qualité par lès puissances de l'Europe qu'en 1713. La Prusse n'était encore qu'un vaste désert.

Elle fut défrichée, repeuplée et embellie sous son second roi, Frédéric-Guillaume I***. Son fils , Frédéric II , l'un des plus grands hommes qu'on ait vus sur le Irône , étendit %ei états par des conquêtes, leur donna des lois« et les enrichit par le commerce. Il eut pour succes&eur son neveu, Frédéric-Guillaume II, qui commit bien des fautes , et notamment celle d« se déclarer le chef de la coalition , qui espérait rétablir en France le pouvoir absolu , et y détruire le nouvel ordre de choses fondé parla révolution. Enfin fut appelé au trône, par les droits de sa naissance, Frédéric-Guillaume lll, qui règne encore en Prusse, mais dont les Etats ont été resserrés ou agrandis au gré de la conquête. Le traité de Tilsitt , signé le 8 juillet 1807 , lui enleva la moitié de son terri toii'e , qu'il ne recouvra que par le traité de Paris , signé le 30 mai 1814. La Prusse eut en outre par ce traité une partie des états du roi de Saxe , et , sur les deux rives du Rhin , les duchés de Berg et de Westphalie, une partie de celui de Nassau , les principautés de Siegen et de Corvey , le comté de Dortmund , les ci-devant départeinents français de Rhin et Moselle, de la Roer, une partie de ceux de la Sarre et de TOurthe. Ce royaume se trouve ainsi composé de deux parties séparées Tune de l'autre : l'une, l'orientale , est bornée au nord par la mer Baltique , au nord -est par la Russie , à l'est par la Pologne, au sud par l'Autriche et l'Allemagne , qui lui est égale* ment contiguë à l'ouest. Elle est comprise entre 50» 51' et 56» 3' de latitude nord, et entre 7o 35' et lOo de longitude est. Sa longueur est de 210 lieues , sa largeur de 148 , sa surface de lt,485 lieues carrées. La partie occidentale, bornée à l'ouest par les Pays-Bas , au sud par la France , à l'est et au nord par l'Allemagne, est comprise entre 49o 10' et 52«> 31' de latitude nord et entre

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> 35' cl 27» l(y de longiUide est. Sa Ioqgoetir est de 93 lieues , sa largeur de 35, sa foHace de 2,280 lieues carrées.

A Partlcle Allsmagitb , on a parlé de lout ce qui concerné la géographie physique de cette partie, qui est baignée par le Rhin , la Moselle , la Roer et la Lippe , et aussi par FEms et le Weser , où s'élèTcnt TEifiel , le Bandsmck , le Westerwald , le groupe volcanique des Sept-Montagnes et le Teutoburger-wald. Elle comprend les provinces du Ba»-Bhin , Clères , Berg et Westphalie.

La partie orientale se compose des provinces de Prusse orientale , Prusse occidentale, Poson , Brandebourg, Silésie , Poméranie , Saxe. Ces quatre dernières appartien* neat à PAIIemagne, et sont arrosées par l'Oder et la Warta , TEIbe , lElster et le Havel. Les Sudètes la séparent de la Bohème , el envoient des rameaux en SiJésie, entre autres les monts des Géants. Quelques cantons de la Saxe sont couverts par le Uarz ; om j remarque le Brocken ( 572 toises ). Tout le reste , ainsi que la Prusse et la province de Posen, qui jadis fît partie de la Pologne, offre ane contrée basse , généralement sablonneuse , dont l'uniformité n*cst interrompue que par des collines , et où les eaux oiit peu de pente , et forment des lacs nombreux.

La Vistnle, la Passarge, la Prégel, le Niémen coulent dans la Prusse. Les sables ont formé à Vembouchure de l'Oder les lies d'Uledom et de Wollin , et sur les côtes de la Prusse de longues et étroites langues de terre , qui renferment de grands lacs nommés HajffT, semblables à ceux que Ton voit sur la côte méridionale de la France. Le canton le plus élevé de la côte est Tile deRugen. Le terrain offre tantôt des espaces fertiles , tantôt des sables stériles, entrecoupés de marais, de fondrières et de forêts d'arbres résineux. Le climat est froid et humide dans le Nord , mais généralement sain. Les plaines deMagdebourg et d'Halberstadt , et d'autres dans le Brandebourg , enfîn les vallées de la Silésie sont remarquables par leur fécondité. Les espaces les moins favorisés par la nature n*ont pas été négligés par la main de Thommc. Le pay^ produit toutes les céréales que comporte le climat. On récolte du vin le long du Eliin et de la Moselle , et même dans quelques cantons du bassin de TElbe et de roder. Une production remarquable de la Prusse est le 8uccin,que Ton trouve dans des falaises sablonneuses de la mer Baltique , ou <|ne les vagues jettcntquélquefoissur les ctUes.

La monarchie prussienne a 12,464,000 habitants, dont le plus grand nombre ( même les Wendes , d*origine slave ) parlent l'allemand. Le polonais est l'idiome de la province de Posen et d'une partie de celles de Prusse, où , ainsi qu'en Poméranie , Ton fait usage, d'un patois mêlé d'allemand. Le letton, dérivé de l'ancien lithuanien , est employé dans l'est de la Prusse. ^

Les deux tiers de la population sont de la communion réformée ] l'autre tiers de la communion catholique romiaine.- On compte aussi une quantité assez considérable de juifs. La liberté de conscience est entière.

Les sciences, les lettres et les arts sont cuUivés avec succès; le gouvernement ne néglige rien de ce qui peut contribuer à leurs progrès. L'instruction est répandue dafin toutes les classes; les établissements aux*quels elle est confiée sont nombreux et bien organisés.

Le gouvernement est monarchique pur.

Il y a des États- provinciaux composés de députés de la noblesse des villes et des propriétaires ruraux , élus d'api*ès des procédés différents. Ces Ét^ts délibèrent sur les propositions du roi , et adressent à son commissaire , qui ouvre la session , leurs représentations, leurs requêtes et leurs griefs. Ce commissaire n'assiste pas aux séances. Les États d'une province n'ont aucune communication avec ceux d'une autre.

Les revenus de la monarchie s'élèvent à 215,000,000 francs , et sont administrés avec beaucoup d'ordre et d'économie. La dette publique est de 726,860,000 francs. L'armée compte 162,600 hommes.

Berlin , capitale de la monarchie ^ est une des plus belles villes de l'Europe. Les principales sont ensuite Kœnigsberg , Memcl , Tilsitt , célèbre par le traité de 1807 ; Elbing, Dantzick, Thorn , Posen, Stetlia, Stralsund, Breslau, Glôgau, Francfort-surrOder , Postdam , Magdcbourg , Halle , Halberstadt. Munster, Wesel, Eberfcld, Dusseldorf, Crcvclt, Cologne, Bonn, Aix-la- Chapelle , Coblentz et Trêves.

Le Mecklbrbourc , borné au nord par la.

mer Baltique , h l'est et au sud parla Prusse, au sud^ouest par le Hanovre , à l'ouest par le Danemarck et Lubeck , est divisé en gfandduché de Mecklenbourg-Schwerin (622 lieues carrées , 431,000 habitants], et grand-duché de Mecklenbourg ' Slrelilz (100 lieues carrées , 77,(X)0 habitants }. Le premier a un revenu de 6;000,000 francs , une dette pu^^

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blique de 24,500.000 francs ^ le second , revenus, 1,300,000 francs; dette publique, 3,000,000 francs.

Le Mecklenbourg est un pays uni , généralement gras et fertile , arrosé par plusieurs rivières , entrecoupe d'un grand nombre de lacs et bien boisé. On y élève beaucoup de chevaux et de bestiaux.

Schwerin , capitale , est une jolie ville sar un lac ; Wismar et Hostock sont des ports ti'ès-commcrcants .

Les grands-ducs de Mecklenbourg sont les seuls souverains de TËurope dont la maison soit d origine slave : ils descendent des rois des Wendes ou Obotrites. Ils envoient 4,290 hommes à Tarmée fédérale.

Les Étals de la maison d'AsHALT sont enclavés dans la province de Saxe de la monarchie prussienne. Leur étendue est de 129 lieues carrées; leur population de 148,000 Ames. Ils sont partagés en trois duchés :

Dessau (revenus, 1,836,000 francs; dette publique, 2,069,000 .francs); Bernbourg (revenus , 1,164,000 francs ; dette publique, 2,069,000 fr>; Koelhen (revenus, 827,000 francs; dette publique, 3,103,000 fran<îs).

La plus grande partie du pays est unie et fertile. Une autre partie , séparée du reste , est couverte par des rameaux du Harz, qui sont tres-boisés et abondants en métaux.

Les princes , ainsi qoe la plupart des habitants, sont de lu communion réformée.

Le contingent à Tarmée fédérale est de 1,224 hommes. EvAiiïs.

* PRUSSE, royez Hbmhi et Wilhel- Mnrs.

PRUSSIATES. {r«cArto/b^i>.) Les pnts- States sont des sels formés par la combinaison de Tacide prussique avec les bases salifiables. Les chimistes modernes , après avoir reconnu la nature de raciVe/^ruisi^ue, ont jugé à propos de changer son nom, et de lui substituer celui d'acide liydrocyanique , et depuis lors les sels qu'il forme avec les bases sali fiables ont cessé de porter le nom deprussiates, et s appellent hydrocyanates, dont les plus employés dans les arts sont Vhjrdrocjranate de fer, Ihydrocyanate de potasse et Vhydrocjranate de soude.

L"* Hjdrocjranate de fer , qu'on nomme vulgairement hleu. de Prusse y est le résulta't de la combinaison deTacide hydrocyanique avec l'oxyde de fer.

On le prépare, pour les arU , de la manière suivante: oq mêle dans une chaudière

de fer six parties de tartre rouge atec cinc| parties de sang de bœuf desséché. On peut remplacer le sang p^ la môme quantité de matières animales , telles que la corne , lesraclures de baleine , de vieux cuirs , des plumes , etc. La chaudière de fer est montée sur un fourneau en plein air, à cause de la.

mauvaise odeur que cette opération répand.

On chauffe gradudlemeut , et jusqu'en rouge , en remuant de temps en temps arec une barre de fer. Lorsque la matière ne fume plus , et qn elle est bien charbomiée , on la retire toute rouge de la chaudière, et on la projette dans un bassin rempli d'eaa bouillante, on agite fortement, puis on laisse reposer. Au bout de vingt-quatre heures, on décante la liqueur claire, on £ûl bouillir le résidu dans de nouvelle eau pour répuiser. On laisse reposer , ou bien fon filtre ; on mêle les liqueurs claires qui contiennent Xiiydi-ocyanaU de potasse , qu^on peut obtenir en cristaux par révaporation et la criatallisation . Cette cristallisation s'est pas nécessaire pour obtenir le bleu de Prusse , ou Tby drocyana te de fer. Lorsqu'on a obtenu Vkydrocyanate de potasse liquide, comme on vient de le voir , on fait dissoudre dans une chaudière à part deux parties de sulfate de fer dans deux fois son volume d'eau ; lorsque le sel est bien dissous, on retire la chaudière du feu , et on laisse reposer pendant vingt minute». Pendant ee temps , on fait chauffer Vhydrocyanaie dû potasse ; on prend un tonneau défoncé d'un bout , on y verse le clair de la dissolutioii de sulfate de fer encore chaude , et par dessus l'kydrocyanale de potasse encore chaud ; on agite fortement, et on laisse reposer ao moius pendant douze heures. On a eu sotn de percer plusieurs trous , les uns au-desaos des autres , sur une des donves ctu tonneau ^ qu'on ferme tous avec de bons bouchons de Liège. On les ouvre successivement Yvm après l'autre , afin de laisser écouler TeM limpide surnageante , ayant soin de ne p«i descendre assez près du résidu pour qu'il puisse s'échapper. On rebouche tous les trous , on verse sur le précipité une nouvelle quantité d'eau froide , que l'on change le lendemain. On répèle le lavage pendasl quinze ou vingt jours ; le précipite acquiert de plus en phis la couleur bleue au for et à mesure qu'on le lare. Lorsqu'il est au point qu'on désire , on le verse sur une toilç , et on le fait sécher pour l'usage. On peut TeHi^ ployer de suite en liqueur,- sans attendre

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