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grès , que Cromwell fut obligé de la craindre et de la respecter. Il leur offrit de l'argent pour les attirer à son pard, et, sur leur refus , ce protecteur si puissant dit un jour que cette religion éuit la seule dont il n'avait pu triompher avec des guinées.
Fox conquit à sa doctrine Samuel Fisher , Georges Schitth et Guillaume Penn, qui tous la propagèrent avec zèle. Celui-ci , fils unique du chevalier Penn , vice-amiral d'Angleterre et favori du duc d'Yorck, devint Tun des plus zélés partisans du quakérisme, et chasié pour cette cause de la maison de son père , alla prêcher dans la Cité. Doué d'une physionomie heureuse , d'une grande vivacité , d'une éloquence entraînante , il y produisit une étonnante sensation. Les femmes de tous rangs accouraient pour l'entendre. Georges Fox Vint le voir \ Londres , et tous deux se rendirent en Hollande et en Allemagne pour y faire des prosélytes. Ils crurent avoir fait partager leurs opinions par la princesse palatine Ëlbabeth, tante de Georges U' , roi d'Angleterre , femme remarquable sous tous les rapports , et à laquelle Descartes avait dédié son roman de philosophie.
En 1658 , Londres vit pour la première fois s'établir une communauté de quakers.
Peu à peu d'autres se formèr^t en Allemagne et en Hollande. £0 1660, plusieurs d'entre ces sectaires allèrent habiter New- Jersey , et Georges Fox lui-même se rendit en Amérique en 1662 , mais il revint promptement en Angleterre, où il mourut en 1681.
Guillaume Penn , dont le père avait obtemi du gouvernement anglais la concession du terrain situé sur les bords de la Delawarre, passa , en 1682, dans cette contrée, et organisa définitivement les communautés de quakers anglais, hollandais et allemands qui s'y étaient formées (2)5 Tandis que ces pacifiques religionnaires trouvaient le repos dans le Nouveau Monde , leurs frères subissaient de violentes persécutions en Europe , tantôt emprisonnés ou chassés comme coupa-
(2) Guillaume Penn, quaker et souTerafu * régla, par une charte , en date du 29 octobre 1701 , les priTlIéges de* habitants du pajrs , qui avait pris sous son nom celui de Pensylvanie, Ce fut un spectacle nouveau qu'un chef que tout le monde tvloyail , i qui 00 parlait le chapeau sur la léte , un govrerae* ment sans prêtres, des citoyens tous égaux, des volsios sens jalousie. Le traité qu'il fit avec les Américains est le sotti entre ces peuples et les eliréiieas qui o*ait point été juré et qui n'ait point été rompu.
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blés de désobéissance aux lois fiscales , tantôt renfermés comme fous , et joués sur les théâtres. L'existence légale leur a enfin été accordée chez les Hollandais en 1658 ; cbez les Anglais , eu 1689; en 1786, à Frindesthal , en Allemagne. S'il s'en trouve en France , ils n'y forment point de communauté. Sur le vieux continent , les environs de Pyrmont , la province de Frise et la Nor-
divinc; mais ils pensent qu'elles doivent éUre subordonnées à la lumière de l'esprit de Dieu qui est leur première règle ; ils se refusent à les appeler la parole de Dieu ; cette dénomination devant être réservée uniquement à Jésus-Christ.
Les quakers sont persuadés que nulle pra* tique extérieure ne saurait rendre les hommes possesseurs du royaume des cieux; que
wé^ge sont les seuls points où iU exercent c'est uniquement le renouvellement du cœur
librement leur culle. q"« l'Évangile appelle la noui'elie créature ;
Une analyse rapide de la doctrine des suivant la déclaration de l'apôtre, çue U
quakers et l'indication des principales auto- rojraume de Dieu n'est point viande et breu-
rites qui lui servent de fondement en don- "««^ / »««« 9"^ "f justice, paix et joie
mière ^ui éclaire tout homme venant au monies que comme de simples images de la
monde (3). Plusieurs des païens , dans diffé- réiUU proposée dans lÉvangile.
renU siècles , ont cherché à connaître leur A leurs yeux, le culte ou l'adoration de
créateur ; ils ont déclaré Texistence de ce principe divin. Quelques philosophes, tels 4}ue Platou , Épictète , ont éprouvé les effets •d'une réuélaiion intérieure et immédiate, et Tont recommandée à leurs disciples ; ils montraient alors les oeuvres de cette loi sainte écrites dans leurs coeurs (4). Quicon- •que interroge sa conscience , avec un désir :«incère de connaître et de faire son devoir, 4oit / trouver un guide suffisant, un rayon Au soleil de lumière , qui éclairera son entendement , et lui donnera le moyen infail^ lihle de distinguer ie bien du mal (5). Les
Dieu est Tacte le plus solennel dans lequel l'esprit de lliomme puisse être engagé; U vrai culle doit être en esprit et en vérité (2) ; il n'est limité à aucun temps , à aucune place , à aucun sujet particiUier , nia l'interuetltion d'aucune personne (3) ; ils prétendent donc qu'un ordre de -prêtrise n'est pas dans l'esprit de lÉvangile, à moins qu'on ne donne le titre dff prêtre à tout chrétien qui offre à Dieu un sacrifice de louanges et de reconnaissance , procédant d'un cœur pur et contiit. C'est , selon eux, dans ce sens que l'apdtre appelle tout les
quakers appliquent à ceux qui se laissent chrétiens «iw sacrificaiure royale instituée
conduire par cette lumière, quelque religion pour qffrir des sacrifices spirituels , une na
9if'i/« ^r(2/^«5ent ^ et en quelque pays qu'ils
vivent , ce qu'a dit l'apôtre Pierre , après
avoir visité la famille du centurion Corneille,
qu'il reconnaissait que Dieu n'avait point
d'égard à l'apparence des personnes , mais
qu'en toutes nations celui qui le craint et
s'adonne à Injustice lui est agréable (6) .
Jk respectent les saintes Écritures , parce 4|u^ les croient le fruit d'une inspiration
il)Hëb. n,9.
2) Jer., XXXI, S3t MflU., ii, v. 7. (3)Jmo,i, 9.
(4) aoni.,11, 15.
(5) Job., 1,4; Mich.,^,8.
(Q Actes, X, 34. Tes docleara oe s*enTo1eront plas , et tes yeux verroiit les docteurs ; et tes oreilles «ateadroDt U perole de celui qnf sera derrière loi , ■disent : C'est ici le chemin ; niarehes«y, soit ^ne tous tirles A droite ou que vous tirfei A gauche.
(Isde, XXX, 2 1 .) Un est votre père , et vous 4les tous Msw, a dit le Aèdeaptear. ( Matt., Xxm, 8 , 9.)
tion sainte (4). Pour ne salarier aucun ministre de religion , ils se fondent sur ce qu'ayant gratuitement reçu ^ ils doivent, suivant l'ordre positif de Notre-Seigneur (5) , donner gratuitement , et que l'apôtre Paul déclare quUl a vécu du travail de ses mains {6),
Le quakerisme , dépouillé du mysticisme que lui imprima l'époque de son origine , se réduit évidemment à l'application, tantôt rigoureuse, tantôt exagérée , des principes primitifs du, christianisme.
Les quakers se rassemblent , sans être appelés par le son des cloches , dans une saUe
(1) Rom,, XIV, 17.
(2) Jean, iv , 23,
(3) Paroles de Jésus-Christ i la Sanartlnine ; MaU., xvm, :^; Isale, 57, 15.
(4) Pet., II. 5, 9.
(5) Malt., X, 8.
(6) Actes , XX, 34.