‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 6 sur 135 · PRÉC · texte numérisé non relu

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jésuites, enseigna sacoessîTement les belleslettres , la philosophie et la théologie dans diflërents collèges. Il devint, à la suppression de son ordre, conservateur delà bibliothèque rojale de Bude , historiographe de Hongrie , et mourut à Pesth en 1801 . Il ^ laissé un grand nombre d'ourrages estimés.

* PRÉAMENfiU ( FiLix-JvL.-JsAv BI- GOT DB ). yoyn BiooT.

* PRÉAU (Gabbibl du). Voyez DnraiAU.

PRÉCESSION. Voytz Équihoxe.

* PRÉCIPIANO ( HuMBfcRT-GuiLLAUME

DB ) , archevêque de Malines , né en 1626 , à Besançon , d'une famille dV>rigine génoise , mort en 1711 2i Bruxelles, s'est surtout rendu célèbre par le zèle qn^l mit à combattre les opinions religieuses du père Quesnel (tfoyez ce nom ). ïik% son entrée dans la carrière ecclésiastique , Précipiano avait été pourvu de riches bénéfices. La dignité de haut doyen du chapitre de Besançon loi fut conférée en 1660 par les chanoines , ses confrères, et il la conserva près de vingt ans , en dépit.dcs censures , d'une excommunication même fulminée contre lui par la cour de Rome , qui revendiquait le privilège de cette nomination. En 1667, il fut député à la diète de Ratisbonnc avec Ambroise-Philippe; et cinq ans après , le mini8t^re espagnol le manda ù Madrid pour concerter quelques mesures propres à garantir la Franche-Comté «Tune nouvelle invasion des Français. Enfin rentier dévouement de Préci piano à la politique de D. Juan d'Autriche lui valut d'être nomme à Tévéché de Bruges. C*est alors que, pour obtenir ses bulles d'institution canonique , il se résigna à la soumission envers le Saint-Siège, et, après une confession juridique qu'il fit en 1680, l'absolution de Rome lui fut envoyée , et peu après sa confirmation dans la dignité i^piscopale.

Deux ans plus tard il fut porté an siège archiépiscopal xle Malines; et dès lors telle fut son ardeur pour aflermir les doctrines nltramontaines dans son diocèse, qu*il en vint à imaginer un formulaire plus exigeant que celui d*Alexandre VII. Un décret du Saint-Office , en date du 26 janvier 1604 , condamna rigoureusement ce nouveau formulaire \ mais le prélat refusant de se soumettre , Innocent XII adressa , le 6 février suivant , à tous les évéques de la Belgique, un bref pour leur enjoindre d'abandonner les querelles, déjà trop prolongées , que les vues de Précipiano tendaient à laire revivre. Par an autre bref du 24 novembre 1696 , le

même pontife rappela , en termes assez ^ut**'^ l'archevêque de Malines à plus de soumiar.sion et surtout a une conduite plus modérée*. Mais celui-ci, de concert avec les jésnitcs , n'en fit pas moins arrêter Quesnel h Bruxelles, où il s'était rendu clandestinemeitt, et jeter le 30 mai 1703 , par an ordre du jeune roi d'Espagne, dans une prison, A^o(à H parvint heureusen^nt à s'évader {Voyess , pour plus détails sur ces faits , le tome t de V Histoire eccUsiaitique du 16* siècle.)

* PRÉCY ( Lovis-FsAiM^ois PERRIN , comte PB ) , né en 1742 à Semur en Brioonab , fut , dès le commencement de la réroluiion, l'un des plus zélés défenseurs de la cause monarchique. Après avoir servi dans les guerres d'Allemagne de 1755 à 1762 , et dans la campagne de Corse, il devint en 1 783commandant du bataillon de chasseurs des> Vosges , refusa en 1791 le grade de colonel du régiment d*Aqnitaine , pour se rappror cher du roi , et entra dans la garde constitutionnelle de Louis XVI en qualité de Heu^ tenant- colonel. Cette garde n*ajant poitit tardé à être licenciée , le comte de Préry i, sons qualité apparente, continua de veiller à la sûit^é du monarque et de son auguste famille, et au 10 août 1792 il combattit dans les rangs des Suisses. C'est là que le roi en quittant son palais pour n'y plus rentrer ^ s'écria, en apercevant ce serviteur dévoué r » Ahl fidkU Précy t » Ces paroles, devenues historiques , sont consacrées connne devise dans les ormes de la famille du comte, en vertu d*une autorisation de Louis XVII F.

Après l'attentat du 21 janvier le comte de Précy s'était retiré à Semur , et j attendait l'occasion d'être utile à la cause monarchî* que , lorsque ' les Lyonnais lui offrirent le commandement de l'armée fédérale \ il accepta et se rendit à Lyon ; mais la défection de cette armée le réduisit bientôt ^ Tafireuse perspective d'un siège ponr lequel rien n*avait été prévu. En vain il se hâta de chercher des secours au dehors; la place fut attaquée le 8 aodt 1793 par une armée de 40,000 hommes , avant qu'aucune de ses dispositions eût pu recevoir son effet. Cependant le 17 un message, envoyé aux autorités, promettait clémence et protection anx habitants pourvu que dans une heure la ville ouvrit ses portes et livrât ses chefs. Ce message est rends au comte de Précy , qui s'empresse d'en donner connaissance au conseil du gouvernement de la cité. On sait que la répcmse fut unanimesicnt négative. Après

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^ox mois de la plus yi?e résistance , le général Ijonnais, à la tête de 700 hommes dirisés en trois corps , se décida à effectuer une sortie sous le feu des assiégeants; mais sa troupe îvi taillée en pièces , et fut obligé de chercher son salut dans la fuite.

Cacbé pendant huit mois dans un souterrain, ce oe fat qu'après la chute de Robespierre , qu'il put sortir de France. Pendant son se* jour à l'étranger le comte de Précy fut chargé de plusieurs missions diplomatiques, et s'en acquitta ayec tout le zèle dont il était capable ; mais il eut aussi h souffrir de nou- Telles persécutions : arrêté en Prusse , sur la denuinde du' gouvernement consulaire , il ne recouvra sa liberté qu'après 18 mois de délenlioD. Enfin il obtint de rentrer dans sa patrie en 1810, et vécut dans la retraite jusqu'à la restauration. Nommé alors lieutenant-général et décoré du Cordon-Rouge , il prit le commandement de la garde nationale 4e Ljron, où il fut accueilli avec enthousiasme, devint ensuite inspecteur honoraire des gardes nationales do département du Rhône, et se retira à Marcigni, où il aonrot en 1820 , à l'âge de 78 ans.— Pierre de PfticT , neveu du précédent , mort en 1822 à Semur en Biionnais, est auteur d'un poème en quatre chants intitulé les Martjr»

ns, dont l'Jmi de la Religion et du Bot a rendu un compte détaillé, tem. 31, pag. 95.

11 avait composé plusieurs autres ouvrages , entre antres un poème historique du monde, nu antre tur les Stuaru , un livre de T/nfluence du christianisme sur la civilisation des peuples, etc.

PHJJbiCATlON. {Religion.) Autrement, dispensation de la parole de Dieu dans l'Église chrétienne. Elle est aussi ancienne que la religion , et n'a pas d'autre berceau que le sien. Comme le Dieu vivant avait envojé son Verbe , le Verbe envojra ses apôtres :

-dUez, enseignez toutes les nations, appre^ nezrleur à garder tout ce que' je vous ai feeommandé» Les apôtres , dociles h la voix de leur divin Maître, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux , et confir- •laant leurs discours par des signes surnaturels. Leur prédication se fit entendre dans Tunivers entier , et leur parole retentit jusqu'aux extrémités du monde. Saint Paul , écrivant aux Corinthiens, a soin de leur dire : « Je n'ai point employé en vous prô-

* chant, les discours persuasifs de la sa-

* gçsse humaine , mais les eflèts sensibles «de Tesprit et de la vertu de Dieu, afin

» que votre foi ne soit pas établie sur la sa- » gesse des hommes , mais sur la puissance • de Dieu.... Nous prêchons la sagesse de » Dieu , renfertnée dans son mjrstère, pré- » parée avant tous les siècles pottr notre » gloire. » J'ai rapporté ce passage de l'apôtre , parce quHl est le fondement de U prédication, qu'elle n*a dégénéré qu'en s*en écartant , et qu'on n'a pu lui rendre sa pureté privimitive qu'en Yj ramenant.

Les disciples immédiats àe» apôtres propagèrent leur doctrine, et furent, à leur exemple, des hérauts, des prédicateurs de l'Évangile. Dès Torigine du christianisme, la prédication accompagna tous les actes religieux , et jamais les fidèles ne se réunirent pour prier ou pour offrir, que l'évéque , ou celui qui le représentait, ne disiribuAt le pain de la parole : cest saint Justin, martyr, qui nous Tapprend.

En entrant dans l'Église chrétienne, les .philosophes et les orateurs y apportèrent leur manière de discuter et de parler en public. Alors même qu'ils n'introduisirent auoone nouveauté dans le fond des mystères , ils changèrent le mode d'enseignement.

L'amalgame de tant de peuples divers , qui communiquaient entre eux par la profession de la naême foi , porta de nouveaux changements dans la prédicallon. Ce fut bien autre chose quand les ténèbres envahirent l'Europe dans le moyen âge , quand la scolastiqoe régna en souveraine dans les cloîtres et dans les cathédrales, quand les -langues, modernes se formèrent, se développèrent, se perfectionnèrent. La prédication subit toutes les chances de la fortune qu'éprouvèrent les nations chrétiennes pendant dixhuit siècles, et se ressentit de toutes les révolutions des. arts et des sciences.'

Dans le quatorzième et le quinzième siècle la prédication fut profanée par des ^tio* libets, des apostrophes hardies, souillée par des obscénités révoltantes. On' y rencontre néanmoins des apiologues cluirmants et des sentences admirables. Parmi les prédicateurs de cette époque, on distingue saint Antoine de Lisbonne , saint Vincent Ferrier, le chancelier Gerson, Nidder, et plus tard Robert de Licio , firùlefer , Barlette, Menot, Maillard, Pépin, Clérée et Raulin. La plupart des savants se sont imaginé qu'on prêchait en latin : c'est une erreur. Les sermons étaient prononcés en langue vulgaire, comme je l'ai démontré ailleurs. Mais des auditeurs instruits en faî-

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saient des analytet quila tradakaient en maiuraÎB latin. Les endroit* où le prédica-* teur derait a'arréter éuient notés du triple h9m , et ceux qui étaient destinés à produire de reflet, par ces mots : percuie pede, per.

outû peêUhut,

A la renaissance des lettres , la prédication perdit de sa naireté-, et demeura enseyelie sous des amas de citations indigestes* Les précticateurs avaient recours à ce qn*ils appelaient les dixfoutainu d'invetUion, Ils puisaient dans les pofy-mntlua ^ dans les tkeotra, dans les thesMuri, et dans ces magasina publics d*énidition banale, qui ne •enraient qu'à alimenter la paresse et à étoufler le génie.

L'état de la prédication à cette époque dans les difiërents royaumes de la chré* tienté, et les obstacles qui en ont empêché Tamélioration pendant long-temps , ont été constatés par un grand nombre d^écrirains dont il serait superflu de produire la liste.. Il suffira dénommer les plus remarquables.

Le père Isla ^jésuite castillan , a signalé les abus qui déshonoraient le ministère de la parole de Dieu en Espagne et en Portugal , dans son ingénieuse histoire du/ameux pré' dicaUur Frajr Gerundio de Caa^Mxas, Hugues Blair, qui avait offert des modèles de goût et d'éloquence à P^^gleterre et à l'Ecosse , en publiant ses sermoru , affaiblit notablement les vices rongeurs de la prédi*^ cation par son Cours de lùtérature y et substitua des leçons de saine morale, bien qu'un peu sèches , à des discussions métaphysiques à quoi se réduisaient les sermons dans sa patrie. £n Italie , le cardinal Frédéric Borromée, neveu^ de. saint Charles Borromée, comme lui archeriquede Milan, dans son ouvrage de Episcopo conoiomante ; Bernardin Ferrari , docteur >du collège Ambrosien , dans ses trois Ujvms dé*Rim sacra* rum ecclesiœ cathoUom tomcionum; et plus encore le jésuite Segneri etie cardinal Casiqi , contribuèrent puiasammnnt à diminuer la fureur des ecclésiastiques pour ces misérables eoncetti qui déparaient le plus noble des arts. En France, noua pouvons étaler avec orgueil d'immenses richesses dans ce genre. Fénelon se présente avec ses Dialo^ gués sur l'élo4fuence de la chaire , et sa Lettre à l'Académie fran^iee ; Jean Gûchiés, de l'Oratoire, avec ses Maximes sur le ministère de la chaire; Pierre de Villiers avec YJrt de prêcher , poème souvent réimprimé; le docte abbé Fleury avec ses admi-

rables ouvrages, bien qu'ils n'aient pas pour objet unique le ministère de la prédication ; le cardinal Maurj avec son Essai sur l'éloquence de la chaire; M. l'abbc Guillon, avec sa Bibliothèque choisie des sainu Pères ; M. RaoHn avec son excellent article sur les Sermonaires des quinzième et seizième siècles, inséré dans la Heuue française ^ n* 12. Ils ne laissent rien à désirer sur ces matières , les uns , en s'élevant avec énergie contre tant de défauts qui se glissaient imperceptiblement jusque dans les plus beaux talents ; les autres , en traçant aux jeunes prédicateurs les règles qu'il faut suivre pour parvenir \ la perfection.

Quel est le fond de la prédication évangélique? La réponse est facile : elle est renfermée dans la question même. La prédication ne peut être que l'expression de la pure parole de Dieu, interprétée par les décision des conciles on le consentement unanime des Pères ; tout ce qui est hors de là ne peut être qu'accessoire et destiné à servir d'ornement. « La parole de Dieu , dit » saint Paul aux Hébreux, est vivante et » efficace ; elle perce plus avant qu'une épéc » \k deux tranchants, elle pénètre jusque f> dans les replis de l'Ame et les divisions de « Tesprit, jusque dans les jointures et les » moelles ; elle démêle les pensées et les » mouvements du co^ur. Nulle créature ne 1» lui est cachée. » Le même apôtre établit encore plus fortement, ce semble, le même principe dans sa seconde épftre à Timothéc.

« Toute écriture inspirée de Dieu , dit-il , » est utile pour instruire , pour reprendre , » pour corriger , et pour conduire à la piété )i^t à la justice, afin que 1 homme de Dieu » soit parfait , étant propre et préparé à tout » bien. »

Quelque incontestable que soit ce principe, lecardinal Maurya cru devoir insister pour l'inculquer davantage dans 'l'esprit de quelques novateurs qui s'étaient imaginé que les livres des philosophes et des orateurs pouvaient fournir d'aussi bonnes leçons de morale , et de meilleurs exemples d'éloquence que les livres sacrés. « C'est en lisant » et en relisant l'Écriture-Saintc , dit-il , » qu'on apprend à parler cette belle langue 1» de la piété, du zèle et de l'onction, qui A répand tour à tour sur le style des images A touchantes , majestueuses ou terribles , » sans lesquelles on ne ^'emparera jamais ni » de l'imagination ni lu cœur de l'homme.

» On trouve dans les livres saints des pen-

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« fées si soblimea , det elqpressioiis si hardies

• et si énergicraes , des tableaux si pittores-

• qoes , des allégories si heureuses , des sen-

• tences si profondes , des clans si |>athéti- « ques , 4p nuages si éclatantes et si variées , B €^''iX faudrait se les approprier par intérêt 9 et par goût , si Ton était assez malheureux s pour ne les point rechercher par principe » et par detoir (I). »

En avançant que la parole de Dieu ne peut être interprétée que par le consentement unanime des Pères , j'ai suffisamment laksé voir quel usage devait en faire un prédicateur. Orateurs chrétiens ! Vous êtes les ministres de la parole de Dieu ; vous devez d^abord , vous crie l'illustre cardinal , tirer des livres saints la substance de vos discours et parler habituellement la langue dû prédicateur invisible que vous représentez ; mais comme la doctrine du christianisme ne se trouve parfaitement développée que dans la tradition des Pères de TÉglise , vous devez aussi acquérir à leur école cette sûreté de principes , cette netteté d'enseignement , et cette fermeté d*ezpression dont ils ont été les organes , les régulateurs et les modèles.

On ne peut bien prêcher la parolede Dieu qa*aatant que Ton est habile théologien; et quiconque vent devenir habile théologien, smvant Bossuet, qu^il lise et qu'il relise les' Pérès. S'il trouve dans les modernes quelquefois plus de minuties , il trouvera trèï-souvent dans un seul livre des Pères plus de principes , p^is de cette première sève du christianisme , que dans beaucoup de volumes des interprètes nouveaux ; et la substance qu'il y sucera des anciennes traditions , le récompensera très-abondamment de tout le temps qu'il aura donné à cette lecture. Que s'il s'ennuie de trouver des choses qui , pour être moins accommodées à nos coutumes et aux erreurs que DOQS connaissons , peuvent paraître inutiles , qu'il se sonrienne que, dans le temps des Pères ,, elles ont eu leur effet, et qu'elles produisent encore un fruit infini dans ceux qui les étudient , parce qu'après tout, ces grands hommes sont nourris du froment des élus , de eette pure substance de la retigton, et que, pleins de cet esprit primiltf qu'ils ont reçu de plus prè8.et avec pins d'abondance de la source même , souveoi ce qui leur échappe , et qui sort na-

(1) EsMi , etc. , ton». 2 , pag. 194.

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