‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 61 sur 135 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

* RABELAIS (Fbavçois) , né rers Tan 1483 , à Chinon , petite ville de Toaraine , où son père était apothicaire, prit l'habit religieux^ez les coixieliers de Foutenai-Ie- Comte , fut élevé aux ordres sacrés , se fit remarquer par b diversité de ses connais»* sances , surtout par celle des langues , et eut aussi des succès dans la prédication. Mai»

malheureusement sou humeur bouffonne 8*accordait trop peu avec Taustérité de son état pour qu'il put long-temps s*y maintenir. Une espièglerie sacrilège dont il se rendit coupable lui attira de la part de ses confrères un traitement fort rude, k la suite duquel il fut enfermé. Il résolut dès lors de secouer le joug qu'il s*était imposé, et, quoiqu'on lui eût obtenu de Clément VII la permission de passer dans Tordre de Saint- Benoit , au monastère de Maillezais , il n*en jeta pas moins le froc aux orties , et mena pendant quelque temps une vi« ass^z vagabonde. S'étant ensuiteTendu à Montpellier, il y étudia la médecine , fut reçu docteur, et publia une édition latine de quelques écrits d Hippocrate. Un arrêt provoqué paf le chancelier Duprat avait aboli les privilé« ges de la faculté de médecine de Montpellier. Cette faculté députa Rabelais auprès du chancelier pour plaider sa cause ; il réussit, et , en recôunaisssance de ce service , l'université décida que tout médecin appelé au doctorat se revêtirait désormais de la robe de Rabelais. Mais si , comme on le dit, cet usage subsiste encore , cette robe , qui a environ 300 ans, ne doit plus être qu'un lam« beau. Après avoir exercé la médecine à Montpellier et à Lyon , Rabelais suivit à Rome le cardinal du Bellay , qu'il connaissait depuis sa jeunesse , et qui lui montra toujours de l'amitié. Ce fut bien plus sans doute au crédit de ce protecteur qu'il dut la nouvelle bulle de translation qui renvoyait dans l'abbaye de Saint-Maur-desFossés « dont on allait faire un chapitre, qu*à sei saillies plus ou moins heureuses qui amusèrent beaucoup , dit-on , le pape et les cardinaux. Quoiqu'il en soit , de cordelier devenu bénédictin , de bénédictin médecin , et de médecin chanoine, Rabelais devint, en 1545 , curé de Meudon , et ne parut pas plus appelé à cet état qu'à ceux qu'il avait abandonnés. On croit qu'il mourut vers 1553.

Depuis environ sept ans il avait mis la d«pnière main à son Pantagruel , ouvrage qui fut censuré par la Sorbonne et condamné par le parlement. Cette composition boof-

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fonne et satirique , où Fauteur décrit avec une galtc cynique les mœurs de son siècle , où il dévoile avec un plaisir honteux les turpitudes de tous les rangs , où sont répandus h pleines mains Tesprit et Térudition , les traits piquants et les sottises grossières , les ordures et les impiétés , a eu des preneurs et des détracteurs également exclusifs ; mais* les bons esprits se sont placés entre les deux extrêmes, et ont adopté ce jugement de La Brujère , dicté par la raison : u Où Rabelais » est mauvais , il passe bien loin au-delà du » pire : c'est le charme de la canaille ; où il • est bon , il va jusqu'à Texquis et à Texcel- » lent , et il peut être un mets des plus dé- » licats. » Parmi les éditions qui ont été fai- » tes des OEuvres de Rabelais , on distingue celle des Ëlzevier , 1663 , 2 voL peUt in-12 ; celle de 1711 , avec figures et les remarques de Le Duchatetde La Monnoye , 5 vol. petit in-8» ; réimprimée avec des remarques nouvelles de Gueulette et Jamet Tainé , 1732, 5 vol. in-12 î avec de nouvelles notes par Le Duchat et des figures de B. Picart, Amsterdam, 1741 , 3 vol. petit in-4o. D. Delaolnaye en a publié depuis deux autres éditions, 1820, 3 vol. in-18 ; 1823,3 vol.

in-8« ; enfin MM. Esmangart et Éloi Johanneau ont publié les OEuvres de Rabelais^ édition variorum , augmentée de pièces inédites , des Songes drolatiques de Pantagruel , ouvrage posthume , avec Texplication en regard , des remarques de Le Duchat , de Bernier, de Lemotteux , de Tabbé de Marsy , de Voltaire , de Ginguené , avec un commentaire historique et philologique , Paris , Dalibon , 18231825 , 8 vol. in^ , ftvec gravures. L'abbé Perau a donné en 1752, sous le litige d'OEuifres choisies de M. 'F. Rabelais , Gargantua le Pantagruel, etc., d*où il a retranché les endroits Ucencieux. On trouve à la fin une vie de Rabelais. Jean Bernier avait déjà publié :

Jugement et Observations sur les OEuures de Rabelais , ou le Fititable Rabelais re- /ormrf, Paris, 1697, in-l 2.

* RABENER ( TniopoiLB - Guillaume) , 'moraliste allemand , né à Wachau , près de Leipsig,-en 1714, fit ses études au collège de Meissen et à Tuniversité de Leipsig, montra de bonne heure un goût très-prononcé pour la poésie, exerça pendant longtemps diverses fonctions financières, et mourut à Dresde en 1771. On a de lui un grand nombre d'écrits, pleins d'observations fines et vraies , où il montre une

grande connaissance des hommes et de lears travers , mais sans affections haineuses et misanthropiques. Tous ont été réunis sous le titre d' OEuures, dont la onzième et dernière édition a paru à Leipsig , 1777 , 6 vol. in-8o, avec la vie de l'auteur par C.-R. Weisse. Ces œuvres ont été traduites , en totalité ou en partie , dans difl*érentes langues.

* RABOTTEAU(PibikB'Paul), littérateur et vaudevilliste , né en 1766 à La Rochelle , fut admis en VSS à l'Académie des belles-lettres de celte ville, vint neuf ans après se fixer à Paris , ay fit connaître par quelques productions , et remplit , sous le ministère de M. Decazes (1815-20) , l'emploi de sous-chef d'une division du ministère de la police. Retiré plus tard dans sa ville natale , il y mourut le 21 octobre 1825.

* RABDTIN (RocBa db BUSSY). rojez

BUSST.

* RACAGNI ( Jbah), religieux barhabite sous le nom de Joseph-Marie, physicien et mathématicien habile, né à 1741 à Tarazza province de Voghera, mourut en 1822. On ne cite de lui que quelques mémoires , un entre autres sur les Translations, un antre sur les Propriétés des nombres^ enfin une Théorie desfluides, imprimée en 1779.

* RACAN ( Honorât de BUEIL , marquis DB ), poète distingué , né eu 1589 à La Roche-Raoan , en Xouraine , était fils d'un maréchal-de-camp des armées du roi. 11 reçut une éducation toute militaire , et prit même une telle aversion pour la langue latine , qu'il ne put jamais , dit-on , retenir le con-

Jiteor. Ayant été nommé en 1605 page de la chambre du roi sous le duc de Bellegarde,dont l'épouse était sa cousine , il obtint un libre accès dans la maison de ce seigneur, et ce fut là qu'il connut l'illustre Malherbe , dont il devint le disciple et l'ami. Il prit ensuite la carrière des armes, ets*y distingua. On lit dans la vie de Malherbe , attribuée à Racan , que le disciple , à son retour de Calais, où il avait été envoyé au sortir des pages , ayant consulté son maître sur le genre de vie qu'il devait choisir, Malherbe lui récita l'ingénieux apologue de Pogge, dont La Fontaine a tiré Tune de ses plus belles fables , le Meunier^ son Fils et l'Jne. Celte réponse était peu faite pour décider Racan ; aussi continua-t-il pendant quelque temps encore la carrière qu'il avait embrassée. Il parvint au grade de maréchal de-camp , se maria , et passa le reste de sa vie au mfliea des plabirs et du culte des muses. Racan

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fat run des hommes les plus aimables et les pliu galants ci*uii6 cour qui s''était formée à Técole de Henri IV. Son mérite et ses laleata , comme poète , le faisaient généralement rechercher. 11 contait avec grâce, et sa ffléiDoire lui fournissait une foule d'historiettes et de bons mots qui rendaient sa conversation très'piquante y mais il avait la manie de tirer vanité de son ignorance , et d'affecter un grand dédain pour les savants. Toutefois il ne dédaigna pas le titre d'académicien , qu'il obtint en 1 735 y mais il se proclama Tantagoniste des sciences dans un discours prononcé à l'Académie Française, et qui a été imprimé depuis. Il mourut en 1670, ayant survécu aux hommes , aux mœurs , au langage même qui existaient à la cour dans sa jeunesse, et sans néanmoins que la réputation qu'il s'était acquise eût souffert la plus légère atteinte. Coustelier a publié à Pari? , en 1724, une édition des Œuvres de Racan, ^ 2 voluoies in-12 ; mais elle est incomplète : il y manque , entre autres pièces , une Ode à Richelieu , et les Mémoites sur la vie de Malherbe.

RACE, rorez Homme.

* B ACHEL ( Bible ) , seconde 611e de Laban , eut du patriarche Jacob deux enfants , Joseph et Benjamin. Elle mourut en mettant au monde ce dernier. On montre encore sur la route d'Éphrata un monument qu'on dit être son tombeau.

RACHIS {médecine) est le nom par lequel les anciens écrivains et M. Chaussier ont désigné l'assemblage des vertèbres qui constitue une sorte de colonne placée entre la tète et le bassin , que l'on appelle colonne verUbrale y et vulgairement épine du dos.

L'importance du racbis est telle, que les zoologistes ont fait de sa présence le Caractère commun des animaux qui forment la nombreuse section des vertébrés.

Pour faire connaître la disposition du racbis , les courbures et les particularités qu'il présente , on lui considère quatre faces :

une antérieure , une postérieure , deux latérales^ on le divise en trois régions , que l'on appelle trachélienne , dorsale et lombaire.

La face antérieure présente à la région trachélienne, ou au col, la convexité de l'une des trois courbures alternatives que l'on remarque au rachis. Cette courbure est lii moins considérable de toutes. Le pharynx, les nerfs trisplanchniques , et d'autres paVties importantes , sont en rapport avec cette portion du rachis. Au-dessous , la face inté-

rieure constitue une partie de la paroi postérieure de la poitrine ; elle présente une concavité très-marquée qui dépend de la seconde courbure de la colonne vertébrale.

Cette concavité agrandit beaucoup la capacité thoracique. Dans cette région , le racbis est en rapport avec l'œsopbage et d'autres organes importants. La troisième portion de la région antérieure, que Ton nomme prélombaire , offre uue convexité très-marquée; les deux piliers du diaphragme se fixent sur cette partie de la colonne vertébrale'; l'artère-aorteest contiguè à sa région médiane.

La face postérieure du rachis est courbée en sens inverse de Tantérieure , c'est-èdire concave au col , convexe au dos, et concav'e aux lombes , région que l'on appelle vulgairement les reins. On voit sur sa ligne médiane une suite de saillies osseuses que l'on a comparées h des épines, et qui ont fait donner au rachis le nom vulgaire qu'il porte. Ces saillies sont formées par l'apophyse épineuse que chaque vertèbre présente. Sur les côtés de ces saillies , sont des gouttières qui correspondent aux lames des vertèbres.

Toute cette face du rachis' donne attache aux muscles nombreux et forts qui servent aux divers mouvements du tronc, et qui maintiennent le corps dans sa rectitude.

Les faces latérales sont percées de trous que l'on appelle de conjugaison , parce qu'ils sont formes par le rapprochement de deux vertèbres. Ces trous donnent passage aux nerfs qui viennent de la moelle épinicre , et qui se rendent aux parties environnantes.

On remarque de plus sur ces faces des lames osseuses que l'on a appelées apophyses transverses , et qui , au col et aux lombes , ont pour principal usage de servir de points d'insertion à différents muscles, tandis que les dix premières dorsales servent de second point d'articulation aux dix premières côtes. An-devant de ces apophyses transverses ^.ct h la région dorsale seulement , on voit les surfaces articulaires de l'extrémité posté* rieure des douze côtes. Ces faces latérales du rachis présentent à la partie supérieure de la région dorsale une courbure , dont la formation a vivement excité l'attention et les recherches des physiologistes. Cette courbure forme à gauche une concavité très-remarquable contiguè à l'artère-aorte ; et à droite , une convexité dont la saillie est en raison directe de la concavité du côté gauche. Cette courbure dépend-elle de la

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présence de Tartère-aorte qui , par ses pubalions, la déprimerait dan» ce point? Bichat ne le pensait pas. Bcclard a , en effet , vu la transposition complète des viscères thoracii|ues et abdominaux sur un sujet dont la pointe du cœur était à droite , et Tincurvation sous • sternale de Taorte également à droite : cependant la courbure latérale du rachis avait la même disposition que dans rétat normal. Sur un gaucl|â[^ au Contraire, . la courbure du rachis élait disposée en sens inverse de Fètat ordinaire. 11 faut donc, d'après ces observations de Béclard, admettre l'opinion de Bichat , qui pensait que c'est à l'action musculaire qu'il i'aut attribuer la. jEormation de cette courbure latérale , et non aux battements de Tarière-aorte. Ces considérations sont très-importantes pour la tbcorie du développement des courbures accidentelles du racbis et pour le traitement qui leur convient.

Au reste, différentes causes font varier les courbures que nous venons d'indiquer :

le gonflement des vertèbres ou de leur cartilage, leur carie, leur usure , etc. Des positions vicieuses trop long- temps prolongées suffisent pour les augmenter ou pour les changer. Ainsi , le soldat qui a vieilli dans les rangs , et le laboureur qui a passé sa vie penché sur sa charrue, offrent-ils une disposition bien différente du rachis.

La base du rachis s^appuie sur le .^crum , et fui transmet le poids des parties supérieures. Le sommet s'articule avec la tête , mab en arrière du centre de la base du crâne; en sorte que la télé serait toujours penchée sur la poitrine , si des muscles trèsforts ne la retenaient en arrière.

Le rachis est creusé dans toute sa longueur d'un canal qui loge et protège la moelle épinière , et dont la conformation est telle , que Torgane important qu'il renferme ne peut être lésé dans les mouvements du rachis.

IjC rachis est composé de vingt-quatre vertèbres : sept cervicales , douze dorsales , et cinq lombaires. La première cervicale se nomme atlas , la seconde axis; toutes les autres prennent le nom numérique qui convient à (eur rang. Ces diverses vertèbres ne sont pas également volumineuses : celles du col sont les moins grandes , celles des lombes les plus grosses , et celles du dos sont d^une moyenne grandeur. Cette différence de volume forme du rachis la réunion de plusieurs pjramides , sur la disposition des-

quelles nous ne pouvons nous arrêter , bob plus que sur quelques autres considérations anatomiques assez importantes.

Le rachis est formé par les vertèbre» , os spongieux au centre, et compactes k leur circonférence , réunis par des cartilages intervertébraux très-forts , par des ligaments extrêmement denses , et entourés de muscles qui contribuent à augmenter leur union. Ces parties reçoivent de nombreux vaisseaux -, le sang parait j séjourner long-temps, et les veines qui 1 en rapportent ont principalement été décrites par MM. Chaussicr, Du* puyti-en et Brescbet.

Le rachis est loin d'avoir la même disposition à tous les âges. Chez le fœtus , il ne présente que le commencement à peine sensible des courbures qu'il doit offrir dans la suite ; l'ossification de ses diverses parties ne se fait que tardivement : aussi c'est pendant l'enfance que l'on commence à former les bateleurs aux exercices et aux tours que, pins tard, ils ne parviendraient jamais à exécuter. Chez le vieillard, les courbures sont augmentées , et l'affuisement des cartilages intervertébraux a diminué la hauteur de sa taille. Souvent aussi ces cartilages se Sont ossifiés . et c'est à cette altération de nutrition qu'il faut attribuer la rigidité et le peu de flexibilité du rachis cyue l'on observe h cet âgç.

Le rachis a pour usage de renfermer la moelle épinière dans un canal osseux qui la protège contre l'action des corps extérieurs. Il sert de point d'appui à beancoup de viscères et d'organes , il concourt à la formation des cavités tlioracique et abdominale.

Ses diverses courbures cervicale , donale et lombaire, sont disposées pour transmettre le poids de la tête au tronc, et le poids de ceux-ci au bassin dans les diverses attitudes du corps . en sorte qu'elles ont une grande importance dans le mécanisme de la station et de la progression. Cette disposition des courbures du rachis est tellement nécessaire que , dès qu'il s'en développe une accidentellement dans un sens , il s'en forme bientôt une autre dans un sens opposé , afin de soutenir le centre de gravité , et de le trpiismeltre convenablement au bassin. ( f^oyez Nrrfs et Outhopbdib. ) MAany Solov.

♦ RACHYD-EDD-YN. < f q^ez Kxschid- £ddtn. )

* RACINE ( JsAH ) , l'un des plus beaux génies du grand siècle de Louis XIV . et le poète tragique le plus parfait dont s'haoore

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la «cène française, naquit à La Ferté-Milon le 21 décexnbre 1639, Tannée même que Corneille , âgé de 33 ans , faisait paraître Sormce et Cinna, Orphelin de père et de mcre dès Tâge de 3 ans , le jeune Racine fut d'abord envoyé au pollége de la ville de Beauvais; il vint ensuite à Paris au collège dHarcourt, entra enfin à Port-Royal-des- CJiamps, et ce fut dans le commerce des hommes pienx etsavants qui habitaient cette solitude , qu il puisa le goût des bonnes lettres et les principes religieux qui ne Tabandonnèrent jamais. Son ardeur pour Télude , surtout pour celle de la langue grecque , égalait sa docilité envers ses maîtres. Une fois pourtant cette docilité se démentit : surpris par le sacristain Lancelot lisant le roman grec des Amours de Théas^ène et Charidée , il eut la douleur de voir jeter au feu •on h'vre chéri ; un second exemplaire eut

dre, lui avait conseillé de ue plus faire des tragédies. Enfin Andromaque parait, et le grand poète trafique est révélé. Naguère disciple et imitateur de Corneille , Racine devient tout à coup créateur d'un nouveau genre de tragédie. Cependant sa supériorité a jeté i'eflfroi parmi tous les aspirants à la palme tragique. Déjà l'envie est sous les armes 'y elle vetit faire expier au génie ce moment de triomphe. Lorsque Britannicus paraît, en 1669, cette tragédie est reçue froidement, et Boileau est presque le seul qui en reconnaisse les beautés. A Britanni»

eus succéda Bérénice. Une princesse avait exprimé le désir de voir représenter sur le théâtre l'histoire de son cœur, et ce fut k sa sollicitation que les deux maîtres de la scène tragique Corneille et Racine, entreprirent, à l'insu l'un de l'autre, de retracer les amours d'Henriette

bientôt le même sort; enfin il s^en procure d*Angletcrrc et de Louis XIV sous les noms

an troisième,rap))rend par cœur, va ensuite antiques de Bérénice et de Titus. Les deux

leporter au maître, et lui dit : Fous pouvez Bérénice furent représentées sur la fin de

^jicore brûler celui-ci. Celle désobéissance , 1670. Racine avait su déguiser rextrêrae fai-

d'un genre si nouveau, et qui ne pouvait blesse du sujet par un style enchanteur et

avoir beaucoup d'imitateurs , fut sa^ doute des beautés de détail inimitables ; sa pièce

aisément pardonnée. Le début poétique de Bacine fut une ode intitulée : la Nymphe^ de ia Seine f à l'occasion du mariage du roi.

Chapelain, alors arbitre des réputations littéraires , fit valoir cette production auprès de Colbert, et le jeune auteur fut magnifiquement récompensé. Quatre ans plus tard , vers la fin de 1663 , une autre ode , intitulée : ia Renommée aux Muses , a jant pour objet de célébrer l'établissement de? trois académies , valut k Racine une nouvelle gratification , et, ce qui était pour lui d'un bien plus grand avantage , elle lui founiit l'occasion de se lier avec fioileau, qui devint dès lors son censeur et son meilleur ami. Un peu avant cette époque. Racine avait connu Molière , et lui avait montré une tragédie de Théagène et Charictée , tirée du roman grec auquel il avait donné , dans sa mémoire , un abri sûr contre le zèle incendiaire du pieux Lancelot. Molière n*a)rant pas été content de cette production, lui conseilla d'y renoncer, lui donna en même temps le plan de la. Thébatdt! , et lui prêta cent louis pour en attendre le succès. Cette pièce fut en eff*et assez bien accueillie; celle iV Alexandre^ jouée l'année suivante (en 1665 )« réussit complètement; mais rien encore dans ces deux ouvrages n'annonçait Racine ; on dit même que Corneille , à la lecture d'Alexan»

fit verser des larmes , et le grand Corneille fut vaincu. Rnjazet , Mithridate , Iphigénie y proclamée par Voltaire le chef-d'œuvre de la scène française , se succédèrent d'année en année , et valurent h Racine de nouveaux succès , mais en même temps d'amères critiques , qui n'étaient pourtant encore qu'un faible essai des indignes persécutions qu'on lui réservait. Ce fut en 1677 , époque de la première représentation de Phhlre j que îodieuse cabale montée contre lui osa se mettretout à fait ^ découvert Elle usa dès lors de tous ses moyens pour déprécier la Phèdre de Racine , et pour élever aux nues celle de Pradon , qui fut jouée trois jours après , et qui , à la honte du goût , eut tous les honneurs du triomphe. Le siècle qui vit cette injustice et ne l'empêcha pas en fut assez puni , el malheureusement la postérité , innocente d'une faute qu'elle déplore, a porté sa part du châtiment. La reprise de Phèdre y qui eut lieu un an après, ue put faire oublier à Racine l'acharnement de ses ennemis; il renonça au théâtre â Tâge de 38 ans , c'est-à-dire dans toute la maturité de son génie , et chercha alors dans la religion , pour laquelle son âme tendre était si bien faite , les consolations que le monde où il vivait ne pouvait luj offrir. 11 s'était marié vers cette époque. Bicnlôt les exem-

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pfes cl*une pieuse compagne, qui poussait Tindifféreuce des choses mondaines jusqu'à Ji'aroir jamais voulu lire les chefs-d'œuvre . de son mari , achevèrent de le fortifier dans l'espèce de réforme qu'il avait embi-assce, et ce ne fut qu'après un silence de douze ans , en 1689, que, à la prière de madame de Maintenon , il composa son Esther , non pour être jouée sur la scène française , mais dans la maison de Saint-Cyr. Cette pièce , qu'il appelle un amusement d'enfants, fut accueillie avec des transports d'admiration , et fait encore ^lujourd'hui les délices de tous les âges. L'auteur reçut du roi l'ordre de composer une nouvelle tragédie tirée des livres saints pour le même théâtre , et il fit Athalie. Mais , par la nature religieuse du sujet , cet immortel ouvrage , « ce chef-d'œuvre de Fesprit humain , » ainsi que lappelle Voltaire , ne put être représenté j il fut joué seulement deux fois à Versailles , sans théâtre et sans coatumes , par les demoiselles de Saint-Cyr; et quand l'auteur l'eut fait impri- Jner , il fut tellement en butte au dédain et à l'outrage , que , s'il faut en croire les mémoires du temps , on en prescrivait la lecture j^r pénitence à^ns quelques sociétés de soi-disant beaux-esprits! Cet affront, plus cruel encore que le premier , et que Racine ne vit point réparer , porta k son âme le coup le plus sensible. £n vaîn Boileau lui répétait : Cette pièce est voti-e plus bel ouurage; ony reviendra ; il ne crut point à ce retour, et peu s'en fallut qu'il ne pensât 9Voir survécu à son génie. Soutenu par la religion, honoré de la faveur et de Testime de son souverain , auquel il portait le plus vif attachement , Racine cependant pouvait encore se consoler des inj ustices de son siècle , et surmonter peut-être la maladie dont il était atteint depuis long-temps \ mais quelques années après , en 1697 , il eut le chagrin de déplaire à son roi et à son bienfaiteur par un mémoire sur des afi*Mire8 d'État qui fut surpris entre les mains de madame de Maintenon. Le monarque ajant laissé échapper quelques paroles sévères , Racine se crut disgracié , et l'on remarqua * que depuis cette époque le mal fit chez lui des progrès beaucoup plus rapides. Il y succomba le 22 avril 169i9, avant d'avoir atteint sa soixantième année. Indépendamment des ouvrages déjà cités , nous avons de ce grand poète : la comédie des Plaideurs y imitée des Guêpes, d'Aristophane, et jouée en 1668 ; un Abrégé de l'histoire de Port Royal; des

cantiques , des lettres et quelques opuscules. Les éditions de son théâtre sont innombrables : nous indiquerons seulement celle de Bodoni, 168t,3vol.in-fol.,etcelledeP.Didot l'alné , an ÏX ( 1801-05 ), 3 vol. infol. , le livre le plus magnifique que la typographie ait encore produit. Les meilleures éditions de»

OEuvres complètes de J» Racine sont , sans contredit, celles que M. Aimé Martin a publiées , avec les notes de tous les commentateurs , Paris , Lefèvre , 1820 , 1822 et 1825. — Raciwb ( Louis ) , que VolUire appelle te bon versijîcateur Racine ,Jils du grand Ra^ cine , né à Paris le 6 novembre 1692 , fut privé de bonne heure des soins paternels , ' et fut confié à ceux du savant Rollin , alors principal du collège de Beanvais , qui se plut, ainsi que Mésenguy , h le diriger dans ses études et h le fortifier dans les principes de vertu qu'il avait puisés dans sa fatniile. Le jeune Racine , au sortir du collège , s'attacha a rétude du droit , et se fit recevoir avocat ; mais le penchant qu'il avait toujours eu pour la poésie le dégoûta bientôt de cette profession. En vain Boileau , qu'il consulta sur ses premiers essais , chercha à le détourner du commerce des muses , il entra comme pensionnaire dans la congrégation de l'Oratoire, et commença dès lors son poème de la Grâce , qui lui fit quelque réputation. En se retirant dans la solitude, le jeune poète semblait avoir eu dessin de s'y fixer : les chagrins qne son père avait essuyés dans le monde n'étaient pas propres h le réconcilier avec lui ; mais le chancelier d'Aguesseau parvint à changer ses résolutions. Reçu à l'Académie des inscriptions en 1719, Racine partit pour Marseille en 1722^ ave'c le titre d'inspecteur-général des fermes, passa successivement à Salins , à Moulins , à Lyon , se maria dnns cette dernière ville , et fut ensuite envoyé à Soissons , où il demeura plusieurs années. Sa retraite , qu'il obtint au bout de vingt-quatre ans de services , le ramena enfin k Paris , et lui permît de se consacrer entièrement aux lettres , que pourtant il n'avait point cessé de caltiver ; mais la perte de son fils unique , jeune homme de la plus grande espérance , qni périt dans le tremblement de terre et linondation qui ravagèrent Lisbonne en 1755 , vint le frapper d'un coup si sensible qu'il renonça dès lors à toutes ses occupations favorites pour se livrer à des lectures pieuses qui l'aidaient à supporter son malheur.

Il mourut le 29 janvier 1 763 , emportant les

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re^€U de tous ceux qui avaient connu le charme de ses vertus elles qualités aimables qui le distinguaient. Louis Racine était membre des Académies de Lyon , de Marseille et de Toulouèe. Outre le poème de ta Grâce , publié en 1722 , on a de lui : le poème de ta Hetigion , ouvrage estimable que La Harpe regarde comme un des meilleurs dé son or- <lre , et dont les éditions multipliées ont suffisamment prouvé le succès ( il a été traduit en vers anglais , en vers allemands , deux fois en vers italiens , et plusieurs fois en vers latins ) j des odes tirées des livres saints ; des Épitres sur i' homme ^ sur t'âme des bêtes, etc. , adressées au chevalier Ramsay ; et des poésies diverses parmi lesquelles on distingue V Ode surf harmonie. Ha encore publié des Réflexions sur ta poésie, 2 vol. in* 12; des Mémoires sur la vie de J. Racine , avec ses lettres et celtes de BotïeaUy 2 vol. in-12 ( c'est un monument de la piété filiale et un morceau de biographie du plus grand intérêt ) ; des Remarques sur tes tragédies de Jiacine , at^c un traité de la poésie dramatique et moderne , Paris ^ 1762 , 3 vol.. in-12 \ une traduction du Paradis perdu de Millon, avec les notes et remarques d'Addison ; et un Discours sur le pçème épique, ibid., 1755, 3 vol. inl2. On a publié en 1784, sous le nom de Louis Racine , des pièces fugitives que sa veuve et ses amis ont désavouées. Les OEuvres de cet auteur ont été recueillies en 1747 et en 1755 ,6 vol. petit in- 12. M. Lenormant en a publié une nouvelle édition^ Paris, 1808, 6 vol. in-8o, précédée de IVloge de Tauteur par Le Beau.

* RACINE ( BoHAVKHTUKB ) , ccclésiastique , théologien appelant , né à Chauny en 1708, se livra d'abord à renseignement, fut principal du collège de Rabasteins , se vit forcé de quitter cette place à cause de ses opinions jansénistes , devint plus tard chanoine d*Auxerre , et mourut à Paris en 1745.

On a de lui quatre écrits de controverse relatifs aux disputes élevées en 1734 entre les appelants sur la crainte et la confiance ; un Abrégé de l'histoire ecclésiastique , en 13 vol. in-12. Le temps Tempêcha de donner à cet ouvrage retendue qu'il désirait; les deux volumes qu'on y a ajoutés sont attribués à Fabbé Troia d'Assigny. Il y en a eu une nouvelle édition en 1 3 vol. in-4o.

Des résumés en ont été détachés et imprimé en 2 voL in-12.

RACINE. ( Analyse. ) Ce n'est pas ici le lieu d'exposer les procédés d'extraction des

racines des nombres et des expressions algébriques ; ces détails de calcul dépendant essentiellement des éléments de mathématiques , doivent être demandés aux traités spéciaux. D'ailleurs les opérations deviennent si simples en se ser^'ant des logarithmes ( voyez cet article) , que Ton ne les fait ordinairement que parle secours de ces quantités.

Cependant lorsqu'on veut porter l'approximation au-delà de certaines limites , les logarithmes ne peuvent plus être employés , du moins ceux qui n'ont que 7 décimales et qui entrent dans les tables or4inaires ( celles de Callet ) : on recourt alors aux séries. Par exemple , pour obtenir la racine carrée de 8 avec 12 décimales , je me sers de la formule du binôme pour le cas de l'exposant «7 , savoir :

il faut donc décomposer le nombre proposé 8 en deux parties, dont la première iz* soit un carré, comme 8=: 9—1. Je développe la puissance i de (3* — 1) ; et même, pour faire marcher Vapproximation plus rapidement, je décompose 8 en deu:|^ parties, dont la pi*emièrc, toujours un carré, soit très-grande par rapport à la seconde : ainsi , comme 1/ 8 est à peu près = 2,829 , il est facile de voir aue 8 = ( 2,828)» — 0,003241 ; et c'est de ce binôme que je fais la puissance i , savoir , a = 2,829 , X* =— 0,003241 . On trouve ainsi

Supposons que pour extraire la racine m»

d'un nombre donné N , on ait déjà trouvé la première approximation a par les logarithmes , ou de toute autre manière ; il s*en faudra d'un nombre li: b que nm ne repro-

duise N ; savoir : N=fl«±:6, ei\/ N =a dox , X étant la petite correction inconnue que a doit éprouver pour devenir la racine in« de N ; a et 6 sont connus ; on a donc a"* ±:ô = (a±:x)'»; b et x sont supposés très-petits par rapport à a. Développons ce second membre par la fqrmule du binôme , et nous aurons

bz=zx{mam'-i±z^m(m — l)jrain-+- ,etc...).

Négligeons pour un première approximation le petits termes en x» , x*.... , et nous au-

RACI

rons J = x.ma»n— « jtl'où * =

RACI

b mam-

sub-

stituons pour x cette valeur dans Téquation précédente , et il viendra celle expression beaucoup plan voisine de Texactitude, où nous avons conserve les x* ,

2ah

2 mam ±: (/?! — 1)6 2 ah

(m-hl) aw-Him — 1)N

Ainsi la racine cherchée a=b x est connue k fort peu près , ou du moins ce résultat peut être pris pour une seconde valeur approchée a' , qui servira à trouver une nouvelle correction *'; ce nombre x' sera considérablement moindre que le premier, et plus facile K obtenir par le même procédé.

Par exemple , pour les racines carrées et cubiques , on trouve

2ah 2 ah

}/^=\/a*±ih=a±

4a«iz6 nh

y^=^a±?b^àz^^^^:=a:^

ah

Ainsi pour y/ 8 , prenons a=2,8 , d*où a* = 7,84,6=-*-a,16 et \/ 8 = 2,8-+- .-fUr = 2,82842, première approximation. Prenant ensuite a =±2,82842, on en tire une nouvelle valeur de &, r;ui conduit au résultat obtenti précédcmmeut par une voie différente. Frabcobur.

RACliNE. ( Botanique. ) Le nom de racine s^applique surtout à cette partie inférieure du végétal , simple ou divisée , qui s'enfonce eu terre et se couvre de radicelles, ou , comme disent les cultivateurs, de chevelu , petites ramidcations de la racine, qui sont autant de bouches aspirantes. Les radicelles sortent chacune d'une coléorhize dans beaucoup de monocotylédons et de dicolylédons.

A lexceplion de quelques trémelles et de quelques confcrves , dont la substance est homogène , et qui vivent à la surface de la ten*e ou dans Teau , tirant leur nourriture d*une manière uniforme par tous les points extérieurs de leur corps , toutes les piaules ont des racines. Il en est même qu^on peut considérer comme u^étanl en totalité que racine : de ce nombre est la truffe.

Presque toutes les parties do végétal sont de nature à s'enraciner : la pointe A^ feuilles de Vaspidium rhizophj Uum , les nœuds des chaumes des graminées , la superficie entière

des tiges du hignonia radicans, du lierre, etc. , la base des feuilles de loranger, rextrémité des branches de tous les végétaux Hgueuz.

Une branche de saule , courbée en arc , et enfoncée dans la terre avec ses deux bouts , s'enracine par Tun et par Tautre, et produit des rameaux dans sa partie moyenne. Les branches du figuier de Pajodes s'inclinent d*elles-mémes jusqu'à terre , y jettent dcB racines , et forment de magnifiques arcades.

La plupart des plantes d*eau douce : le nénuphar , le ményanthe , la reconcule aquatique , etc. , outre les racines qui les retiennent au sol , en ont encore de flottantes qui partent de la base des feuilles.

Le lemma , connu sous le notn de lentille d*eau , n*a que des racines flottantes: ce sont de simples filets , longs de deux à trois centimètres , terminés chacun par un petit cordon charnu. Ces filets , isolés les uns des autres j descendent perpendiculairement dans Teau.

Les racines des plantes grasses , telles que les cierges , les metemhrianthemum , les stopelia, et autres espbces d'un tissu l&che et succulent , sont sbches , fibreuses , et ne ser vent , ce me semble , qu'à fixer ces phintes au sol. La succion des tiges et des feuilles suffit aux besoins des plantes grasses , parce qu'elles transpirent peu ; aussi les voit-on croître avec vigueur dans les climats chauds , sur des rochers arides.

Des espèces d'un tissu plus serré , la giroflée jaune , Verysimum mwale , le mufle de veau , etc. , qui s'accommodent fort bien d'une terre humide et substantielle ,se comportent de même que les plantes grasses , quand le hasiard les fait croître sur des rochers, sur le sable ou sur les murs; 'leurs racines les fixent , leurs feuilles les nourrissent.

Les plantes parasites , le gui , par exemple, enfoncent leurs racines dans l'écorce des autres plantes.

L^orobanche , la clandestine , l'hypocisle , implantent leurs racines sur celles de certains végétaux ligneux.

Dans l'Amérique méridionale , contrée de merveilleuse végétation , des arbres vivent en parasites sur d'autres arbres. Les longues racines du clusia t^sea , parasite de cette nature, descendent de la cime des arbres jusqu'à terre ; et quelquefois ces racines venant à s'entre-greffer, et à se couvrir d'une seule et même éeorce ^ forment un immense fourreau , dans lequel est renfermé le tronc

RACI

RACI

f traoger qui soatieiit dans les airs celai da clusia.

Beaucoup de lichens, de champignons , de moosses , se cramponnent à Técorce des arbres ; mais il ne parait pas qu'ils en détoament la sève à leur profit.

La durée des r;<cine6 est un caractère qo'on ne doit pas négliger : les unes sont passagères, les autres sont vivares. Les premières ne subsistent qu'une année ou deux aa plus • elles périssent avec le reste de la plante , après une seule floraison. Les autres , quand elles portentdes liges ligneuses, durent autant qu'elles ; et, quand elles portent des tiges herbacées, survivent à ces tiges, en produisent de nouvelles , et n'ont, pour ainsi dire, pas de fin.

On peut rapporter presque toutes les racines qui terminent la partie inférieure d«s végétaux aux cinq espèces suivantes, les pivotantes , les fibreuses , les tubéreuses , les bulbiferes et les progressives.

lo Les pwotantfes sont formées par le caudex descendant, qui s'enfonce perpendiculairement dans le sol, et représente une espèce de pivot. Leur forme générale approche plus ou moins de celle d'un cône renversé. Ces racines sont quelquefois sans ramifications ( carotte, rave , etc.)i, t^t d'autres fois , elles ont des branches d'autant plus vigoureuses et plus longues ^ quVUes partent -de points plus voisins de la surface de la terre ( frêne ). Beaucoup d'herbes , et le plus grand nombre des arbres bilobés , ont des racines pivotantes. Aucun monocotjrlédon, que je sache, n'en a de telles.

L*oxigène est nécessaire au développement et à la conservation des racines. Cela est bien visible dans les arbres k racines pivotantes; car , si Ton exhausse le sol autour de leur tronc , il arrive souvent que de nouvellea ramifications naissent immédiatement an-dcssons de la superficie du terrain , et qae celles qui sont plus avant dans la terre, et la partie inférieure du pivot, se détruisent.

Quelquefois les ramifications latérales des racines pivotantes tracent au loin, et produisent des tarions , sortes de boutons nés BOUS terre , qui cherchent la lumière et donnent naissance à de nouvelles liges.

Les ramifications latérales de la racine pivotante du sghubertia disticha , ou cyprès distique , grand arbre des contrées marécageuses de TAménque septentrionale, pousse de distance en distance des cônes d'un bois Tome 19.

mou , sans branches ni feuilles , qui s*élèrent à plus d'un mètre au-dessus de la surface du sol. Des cônes moins élevés naissent autour du tronc de Vauiœ/mia , petit arbre des contrées chaudes de rAmérique.

Certains mangles ou palétuviers , qui se plaisent sur les plages maritimes des terres équinoxiales , portent leurs branches etlCurs racines entrelacées comme un grillage, à quelques centaines de pas sur les eaux de la mer.

Plus le terrain est meuble , et plus les racines des arbres s'alongent. Celles qui pénètrent dans des conduits d'eau , se divisent en une multitude infinie de filets menus , et deviennent ce qu'on appelle des quetus de renard,

2o Les racines ^^reiues sont composées d*une multitude de fibres grêles , -tantôt simples, tantôt ramifiées. Quelquefois le caudex descendant existe confondu avec ces fibres , dont il ne se distingue par aucun caractère ; et quelquefois aussi ce caudex se détruit peu après la germination. Cette suppression naturelle du caudex descendant, ordinaire dans les monocotylédohs \ fait que les droccena, les pàndtmui ,' \e^ palmiers , des arbres si vigoureux , au Keu d*enfoncer en terre un épais et long prvot , comme nos ormes ou nos chênes , s'y attachent par un grand nombre de filets plus ou moins dé- .

liés.

3o Les tubercules , qui ont fait donner le nom de tubéreuses à certaines racines , sont des renflements charnus , souvent arrondis , masses de tissu cellulaire , que parcourent quelques vaisseaux qui se rendent vers tous les points de la surface , d'où doivent partir les filets radicaux et les turions. Les poches du tissu cellulaire des .tubercules sont remplies d'une fécule amibcce.

Le caudex descendant se développe dans certaines espèces en une racine tubéreuse , comme on le peut voir par la germination du cxclamen et de beaucoup d'orchidées. Le tubercule du cjrciamen sui*vit à la cbule des feuilles , grossit d'année en année , et donne naissance à de nouveaux turions.

Le3 orcUis, les saijr''ium, etc., produisent chaque année, de la partie latérale de leur collet , un nouveau tubercule , qui pousse une tige au printemps suivant, à quel* ques millimètres de la place que l'ancienne tige occupait. Celle-ci a disparu pendant l'hiver ; son Tubercule , qui s'est épuisé pour la nourrir, n'est plus , au retour de la belle

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