REAL
BEBE
commandail la troisième division militaire.
"^ RAZOUX ( Jbar ) , savaut médecin , né à Nîmes en 1723, fîit reçu docteur à la Caculté de Montpellier, acquit une grande réputation dans la pratique de son art, et mourut dans sa patrie en 1798. 11 s*était occupé dans m jeunesse de recherches archéologiques, et avait projeté , avec le marquis de Rochemore , la publication d'un grand ouvrage sur les antiquités de sa patrie. Mais l'exercice de la médecine le détourna de ce travail , et il se borna à publier, dans le recueil de TAcadéraie de Nimes, trois Mimoiits surles f^oUês arècomiqucs , sur les Contéorations des aneiens, etc., et sur les grands Chemins des Romains. On a de lui plusieurs ouvrages de médecine. Razoux était correspondant de T Aendémie des sciences , membre des Sociétés de médecine de Montpellier et de Paris , secrétaire perpétuel de l'Académie de Nîmes.
* RAZYAH ou RADHIAT-EDDYN , reine de Dehly, fille de Chems-Eddjn Iletmich, fut éievéo au rang suprême par le dioixde toute sa nation , Tan 634 de l'hégyre ( 1236 de Jésus Christ) , et se rendit digne de cette distinction par ses qualités éminentes ; mais son règne glorieux fut troublé par la jalousie de son frère Bahram , qui parvint à la détrôner , et la retint captive. Délivrée par le roi de Serhind , dont elle devint Tépouse , elle périt avec lui en combattant l'usurpateur.
* RAZZl (Jbav'Ahtoikb ) , peintre , plus connu sous le nom de Cavalière Sodoma. , né k Vergelli , village du pays de Sienne , en 1479 , mort en 1554, a laissé un grand nombre d'ouvrages. Il a formé à Sienne d'habités élèves , autnombre desquels on compte Mastro Riccio.
* RÉ (Philippe), savant agronome italien , recteur de l'université de Reggio , né dans cette ville en 1763 , fut professeur d'agriculture et de botanique à l'université de cette ville, et membre des académies les plus célèbres d'Italie , devint membre de la régence de Modèoe lors de Tinvasion des Français en Italie, rentra ensuite dans la vie privée, et mourut en 1817. Les Jnnales encyclopédiques (août l8t7y contiennent nne Notice sur Philippe Ré , traduite du Journal encjrelopidique de Naples.
* REAL (Saint ). Foyez Saikt-Ri^âl.
* REAL DE CURBAN ( Gaspar db ) , grand-sénéchal de Forcalquîer, né à Sisteron en 1682 , mort à Paris en 1752, tiit un des publicistcs les plus éclairés de son temps.
On a de lui î la Science du gonpemement , Aix-la^hapelle (Paris), 1751^4, 8 vol.
in-4». —RiAL de Cvebah ( Balthasar de ) , neveu du précédent , connu sous le nom de l'abbé de Burle , né k Si&teron en 1701, mort II Paris en 1774 , cM. auteur d'un écrit intitulé : Dissertation sur le nom de famille de l'auguste maison de France , Paris , 1762 , in-4«. Cette pièce fait partie d*an Recueil de mémoires et dissertations sur le même sujet, publié à Amsterdam eu 1769 par de Soz^i.
♦ RÉAUMUR ( Rbrb - Ahtoike FER- CHAULT de), l'un des plus ingénieux et des plus célèbres naturalistes et physiciens que la France ait produits, né h La Rochelle en 1683 , se distingua dès sa jenndsse parla variété et la profondeur de ses connaissances. Il vint i\ Paris en 1703 , y fut reçu de l'Académie des sciences en 1708 , et se montra pendant près de cinquante ans l'un des membres les plus actifs et les plus utiles de cette compagnie. Ses travaux embrassant tour à tour les arts industriels , la physique générale et l'histoire naturelle, la France lui dut d'importantes découvertes sur ces diverses matières ; mais aucune de ses laborieuses recherches n^eut plus d'influence sur l'industrie que celles qu'il fit sur le fer et sur l'acier, et qu'il publia en 1722 sous le titre de : Traité sur tart de convertir le fer en acier , et d'adoucir le fer fondu.
Cet ouvrage , qui lui valut une pension de 1 ,200 livres de Ift part du régent , fut suivi de nouvelles observations sur la fabrication du fer-blanc , sur celle de la porcelaine , enfin sur l'art de perfectionner les thermomètres. Celui qu*il fit connaître en 1731 , et qui porte son nom , est devenu l'un des monuments les plus durables de sa gloire. Ses Mémoires pour sefuir à l'histoire des insectes, dont il publia 6 volumes in-4<», de 1734 à 1742, ne firent pas moins d'honneur à son génie, et sont encore étudiés aujourd'hui avec intérêt. Outre les nombreux Mémoires qull a insérés dans le Recueil de l'Académie et les ouvrages cités ci-dessus , Réaumur a laissé cent trente-huit portefeuilles remplis d^ouvrages complets ou commencés , d'observations, de mémoires , etc. 11 mourut des suites d'une chute le l^ octobre 1757 à sa terre de La Bermondière, dans le Maine.
* REBECCA ( BibU)^ fille de Bathuel et femme d'Isaac , étant devenue enceioie de deux enfants jumeaux ( Esaii et Jacob ) , les sentit se battre dans son sein , et consulta
REBO
RECO
I)iea à ce sujeL U loi fut réponda que de ledo ,ett celle de Madrid, J778, 4 vol.ra-8*.
ces deux enfaots naitraîent deux peuples qui * REBOTJLET ( Smov ) , historien , né k
se feraient une guerre perpétuelle , et que Avignon en 1687 , entra d*abord dans Tordre
le putné demeurerait victorieux. Rebecca des jésuites , mais ne put y rester à cause de
eut toujours de la prédilection pour Jacob , la faiblesse de sa santé. Il mourut en 1752,
et ce fut elle qui lui suggéra le moyen de après avoir publié : Histoire de la congre'
surprendre la bénédiction paternelle due à gation de* Filies de t Enfance , 1 734 , 2 vol.
Euû par son droit d'afnesse. inl2 : livre condamné au feu par le par-
• REBEL. rojrez^tLAncoEVK, lemcnt de Toulouse; Mémoires du chet^a»
RÉBELLION, f^oyez RésisTAVcs, Rivo- iierde Forbin, rédigés sur les manuscrits
x.unoH.
* REBENTISCH ( Js^iFaiDiaic] , chirurgien et botaniste allemand, n'est connu des biographes que par quelques ouvrages , parmi lesqueb on cite : Ptvdromus/lorœneomarchiœ tccundiùn sysUma proprium , etc. , Berlin ,1804, 1 vol. in-8<» , avec vingt figures , accompagué d'une préface par Willdenow; Index plantarum circum BeroUnum tponU nascentium, etc. , ibid. , 1805 : 1vol. in-So.
* REBKOW (Eaxo m), f^ofez Ebeo.
* REBMANN (AnDains), président de la cour d'appel de Deux-Ponts , mort à Wis-
' baden le 16 septembre 1824 à cinquante-six ana , joignit la culture des lettres aux fonctions de la magistrature. Outre quelques romans et morceaux de poésie , notamment des satires , il a publié divers ouvrages politiques qui ne sont point connus en France.
La Aet^ue encyclopédique , qui lui a consacré une courte notice ( tom. 25 , pag. 856 ) , nous
de ce célèbre marin ; Histoire du règne de Louis Xlf^, Avignon , 1742-44 , 3 vol. in-4t ou 9 vol. in-12; Histoire de Clément XI, ibid. , 2 vol. in-4o , supprimée à la prière du roi de Sardaigne, dont le père (Victor- Amédée) y est maltraité. Reboulet a encore laissé quelques autres ouvrages en manuscrit. On trouve des détails sur cet auteur dans les Mémoires de littérature de Tabbé d'Artigny.
* RECANATI.(Jbah-Baptistb), littérateur vénitien , mort vers 1740, avait rassemblé un grand nombre de manuscrits rares qu^il légua par testament ù la bibliothèque de Saint^Marc. On a de lui : Ossen'azioni critiche sopra il lihro del sig. Jacopo Len^
font, inùtolato Poggiana , Venise, 1721.
* RÉCHABITES , secte juive qui eut pour fondateur , sous Je règne du roi Jéh» , Jonadab , fils de Rechab, et qui dura pendant trois cents ans. Les réchabites avaient la prétention d'observer rigoureusement la loi
apprend que ce fut lui qui présida la cour de Moïse. Ils s'abstenaient de vin, vivaient
criminelle de Mayeuce dana l'aflaire célèbre dea brigands de Schinderhannes , jugée soos le gouvernement français.
* REBOLLEDO ( BxavAiDiH comte db ) , littérateur espagnol , né en 1597 à Léon en Sapagne , d'une famille illustre , se distingua dans la carrière des armes , fut créé sncces-
sous des tentes , ne cultivaient point la terre, et ne possédaient aucun bien en propre.
* RECHENBERG ( Adam) , professeur de théologie h Leipsig , où il mourut en 1721 à l'âge de soixante-dix-neuf ans , a publié des livres de controverses, des éditions du philosophe Athénagore , et des Epitt-e^ de Rol-
siveinent comte de l'empire , gouverneur du * land Desmaréts ; de YObstetrix animorum Bas-Palatinat , capitaine-général de l'artil- du docteur Richer , Leipsig, 1708, in-12; lerie en Allemagne, ambassadeur du roi eX^e VHistoriœ numariœ Scriptoi\!Sf\h\A.^ d'Espagne en Danemarck,, et rendit dans 1692, 2 vol. in-4o; Fundamenta religionis ce dernier emploi d'importants services à )9ni£&naum, ibid. , 1708, in-12. — KxcHsirsoa pays. Il mourut h. Madrid en 1677 , em- bxrc ( Charles-Othon ) , jurisconsulte , fils
portant avec lui la réputation d'un bon mi litaire , d'un habile négociateur , et d'un littérateur distingué. On a de lui : Selvas militares y politicas , Cologne (Copenha- ;;ue) , 1652, in-16; Sèluas danicas , ibid., 1655 , in-4o . Selvas sagradas , ibid. , 1657 , et Anvers , 1661 , in-4o ; la Constancia vic^ toriosa , egloga sacra , y los trenos , ibid. , in-4o ; Ocios (Loisirs) , ibid. , 1660, in-4o. La meilleure édition des poésies de Rebol- Tome 19.
du précédent, mort en 1751 à Leipsig, où il avait le titre de conseiller, travailla au Journal de cette ville , et a laissé : InstitU" tiones jurisprudentiœ nalurulis ; Institut, juris publ. ; Regulœ juris pfiuati.
" RECIMER. ^oyez Ricimbb.
RÉCOMPENSES. {Politique,) Définirontnous ce mot de récompense , comme Bentham , une portion de la matière des biens accordés en considération d'un ser^'ice réâl
RÉGO
RÉCO
cm êtippoié ? Non 'y teiioot^oas'>en à la déAnition ordinaire qa*a adoptée Diderot , et que nous reodrons plus complète, en disant :
C'est ]e prix des services i-endos k l*État , c'est «ne marque de distinction accordée pour honorer la brayoure , pour exciter Témulatjon , et oflO'ir quelques dédommage^ ments à ceux qui suivent une carrière pleine de périls et de sacrifices.
On pourrait distinguer les récompenses en honorables et lucratives , et faire une troisième classe de celles qui sont à-la-fols Tun et l'antre.
Les premières n'ont un grand prix que sous les gouvernements où l'opinion publique est une puissance. Ainsi , chez les Grecs , Vêtait moins pour obtenir, comme Paosanias après la bataille de Piaièe , une plus grande part des dépouilles de l'ennemi <, que pour recevoir, comme Alcibiade et Eschine, une couronne des mains du général , qu*on cherchait à se distinguer. La faveur et le caprice ne décernaient pas cet insigne honneur, simIs c'étaient les troupes elles-mêmes , qui , après la bataille , décidaient à la pluralité des voix , quel av«it été le plus brave des combattants. On lui permettait ou d'ériger mie colonne qui rappelât ses exploits, ou de déposer ses am^es dans la citadelle, et de se parer du nom révéré de cécvopidèê.
Thucydide , Xénophon , Plutarque nous donnent des détails touchants sur les honneurs rendus aux citoyens qui succombaient dans les batailles. Les Athéniens surtout se faisaient remarquer par leur empressement à remplir ce pieux devoir. Les dix tribus envoyaient chacune un cercueil de eyprèt pour y renfermer leurs morts , et IWmée , lei armes baissées, suivait dans un profond silence jusqu'au lieu de la sépulture. Dans les expéditions lointaines, lescorps étaient brûlés, et on envoyait les cendres aux parents. Les Lacédénjouiens , au contraire , ensevelissaient leurs morts au lieu même où ilk étaient tombés , et ne rapportaient sur le sol de la patrie que les archugiUêy qu'ils embaumaient avec du miel.
Des chants solennels , des hymnes , des oraisons lunèbres , consacraient les exploits de ces guerriers. £lle retentit encore et retentira dans les siècles à venir la voix de Périclès , qui s'écrivit , en louant les victimes de la guciTe de Samos : « Us sont imt mortels eomme les dieux « ceux qui raeu- » rent pour la défense de la jMtrie ! »
Dans la république romaine , qni sem-
blait institule pour combattre ^ et n*avoir d'autre but que la conquête, les récompenses devaient atteindre tous les rangs de Varméc.
et offrir un prix »H tons les senices. Ausû furent-elles plus variées que chez les Grecs, et eurent-elles la qualité caractéristique que lés publiebles voudraient qu'elles cuisent toujours. Zis cotitonne cttfiqtie était accordée nu guerrier qui avait sauvé la vie d'un citoyen , et elle donnait le droit de prendre place dans les lieux publics auprès des sénateurs. Quoique de simples feuilles de chêne, elle était plus appréciée que les couronnes d'or décernées k ceux qui les premiers avaient gravi les remparts d'un camp ou escaladé les murailles d'une irille assiégée. Lorsqu'unearmée était bloquée parrennemi, les soldats offraient è celui qui venait les délivrer une couronne formée de l'herbe qu'i?s ramassaient sur les lieux mêmes eu on les tenait enfermés ; et cette récompense , rarement accordée , était le premier des honneurs militaires. Pour des aetions moins échtantes, on distribunit des armes, des harnais, des bannières , des colliers, des chaînes qui descendaient sur la poitrine , des bracelets , des cornes d'or ( comicula},, qu'on atlachait aux casques. Les guerriers s'eu paraient an spectacle et dans les assemblées du peuple. •
Les dépouilles de Tennemi étaient appendurs aux portes et aux lieux les plus apparents de la maison ; mais celles qu'un général romain enlevait au commandant de l'armée qu'il devait cooibattre ( quœ Jux duci detruxit ), étaient placées avec pompe au temple de Jupiter Férétrien , dont ftomulos avait été le fondateur.
Le triomphe que décernait le sénat , et quelquefois le peuple , contre b volonté même du sénat , ne pouvait être accordé que dans une guerre contre l'étranger {ju9tù et hustiii htUo ) , et Ton ne l'obtenait qu'après une victoire qui avait coûté cinq mille morts au moins à l'ennemi , et recalé les limites de la république. Je n'en donnerai pas les détails , je ne peindrai pas cette longue et imposante marche do Champ-de- Mars au drqne de Flamiuius , et de là su Capitole y je oe suivrai pas le généril qtti . le visage peint de vermillon comme la statue de Jiipiter aux fours de fête, traîné par quatre chevaux blancs-, une coororne de laurier sur sa tête , tenait de la main gaocbe un sceptre que surmontait un aigle ; car c'est en vain que l'esclave placé derrière lui mor^
RÉCO
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nmrait saos cesse à son orc^iMc : 90Unien$-iai if'ie tu es kotfiiue; uotts ie venions , eu U^*» venant le foruio , dotiocr i'roideuieiit Tordre de mettre à mort le4 rois ou les chefs des uatioui vaiucues, qui , eadàuincs, avaiei4 suivi son cUur, et violer aiiisi taules les lois de 1 liumanité.
JLes peuples barbares qui abattireut la colosse romain n'eurent pour récompense qu'une plus grande part dans le butin oi# dans la distribution di^s terres. C'est seuloiment , d*aprés Daniel , dans Tinsiitution des légions par Frauçois 1"", qu on trouve pour la première fuis une récompense bonoriti»
que. Celte récompense était un anneau d'or, et il fut donné par l'amiral Chabot à un simple légionnaii*e, qui traversa à la nage la I>oiise, et ramena» sous le feu de l'ennemi un bateau qu'il avait enlevé sur la rive opposée. L'historien aurait dû conserver le nom de ce brave , qui a eu depuis lunt d i* mitateurs.
La féodalité avait mis une si grande ligne de démarcation entre la noblesse et le peuple, entre To/ficier et le soldat, qu'il j eut et dut j avoir des récompenses distiuctes pour les uns et pour Icci autres. Les nobles obtenaient des charges à la cour, des titres de chevalier, de chevalier-baronnet, de comte , de di&c , et ces titre» , qui entraient dans les hiérarchie* militaif es , leur donnaient des commandements. Quant aux soldats , nés pour obéir, condamnés a végéter dans des gratles subalternes, leurs exploits étaient pa^és par quelques modiques sommes d'argent , la place d auspeçade , ou la hallebarde de sergent.
Engagé dans les guerres longues et san-»
glantes que lui suscita la ligue d'Àugabourg , Louis XIV, à qui l'Europe avait déjà donné le nom do Grand, institua, en 1()93 , l'ordre militaire, de Saint -Louis. « Les olfi- » ciers de nos troupes , disait-il dans ledit » de création , se sont signalés par tant
* d^Mïtions considéraUes de valeur et de
* ooiimge, que les récompenses ordinaires
* ne sui&sant )ias à notre affection ot à la » reoounaissancc que oo«is avons de leurs « services , nous avons cru devoir chercher o de nouveaux moyens potir récompenser » leur zèle et leur Odélité. »
I«es sous-ofiiciert , les soldats s'étacent siins doute signalés aussi par des action»
09naidir€ihle$ tU vaUur à Flenrus , an combat de Lens ei dans les ehamps de Sfteinkerquei mab,«laB9 Tordre social alors en
vigueur, ce ne pouvait pas dire ponr eux qu on avait institué un ordre , dont le monarque se déclarait grand-maltre et chef .
souverain. Les officiers seuls pouvaient y prétendre. Nous verrons bientôt un ordre qui, créé par un capitaine qu'on déeore aussi du titre de grand, eut Inégalité pour base , et récompensa du même prix le courage de tous les rangs.
Depuis rétablissement des armées permanentes, lavancement devint un grand moyen de rémunérer les seMces. Cette ré* compense à-la fois honorifique et lucrative , est également employée par toutes les puissances de l'Europe, mais avec des barrières que, chez le plus grand nombre, l'aristocratie empêche de franchir. C^t en les abattant toutes , en mettant toutes les places au concours, en promettant à chaque soldat de dire comme les iiéros d'Ossian y J9 *erai grand ou mort , que la révolution française inspira à nos armées tant d'enthousiasme , et les rendit capables de tant de prodiges.
D'autres récompenses plus adaptées aux idées républicaines attendaient ceux qui avaient trouvé des occasions particulières <|e se distinguer, et les sabres d'honneur, les fusils d'honneur, les trompettes d'honneur, devinrent ppur tous les rangs de l'armçe de vifs objets d'émtilation.
Tous ces moyens parurent insuffisants à Napoléon , qui était appelé à donner à la Flunce une nouvelle impulsion , et à la rendre l'arbitre du monde. Après avoir consacré un monument à Turenne , réparé pour d'Assas l'ingrat oubli que Volta!i*e nous reprochait , érigé des statues à Condé , comme à Kléber, comme à Desaix , et prouvé ainsi qu'il rendait un égal hommage a ta gloire de tous les Ages , 11 résolut de créer une institution , dont aucune époque ne lui offrait le modèle ; il voulut que , ne blessant pas l'égalité , puisque tous les Français pouvaient y prétendre, elle plac&t la gloire acquise bien au-dessus de lu gloire héritée ; que, destinée à récompenser les services civils comme les services militaires , elle détruisit des prétentions jusque alors rivales , et réunit par une distinction commune le gnerrier, le magistrat^ l'administrateur ^ l'artiste y le savant qui , marchant au piémo but par des voies diverses , avaient eoncoum à la gloire et à la prospérité de la patrie*
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