‹ Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommmes et des ..., Volume 19Chapitre 93 sur 135 · R^FO · texte numérisé non relu

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pas à soulever chez le clergé et chez les rois une terrible opposition. £n Italie , en Espagne , on supplicia , presque sans forme de procès , tout fauteur des nouvelles doctrines. Les troubles qui se déclarèrent en France sous Henri II , François II et Charles IX , s'expliquent par cette considération ,' que la réforme calviniste , si elle eût réussi , devait aboutir à une organisation libérale et démocratique. Aussi le parti espagnol ne ■cessa de Ja combattre , et tous les moyens lui furent légitimes pour extirper celte nouvelle civilisation qui voulait remplacer Tancicnne. Les longues guerres de la Ligue , l'horrible coup d'État de la Saint-Barlhélemi , furent les produits de cette résistance aux idées de réforme. L'avènement de Henri IV, précédé d'une abjuration toute politique, diminua Tespoir de faire de la France une nation protestante ; mais au moins cet événement rétablit l'ordre, accorda la liberté des cultes, et arrêta les guerres civiles. Louis XIII et la volonté de fer de Richelieu détruisirent sans retour la puissance du parti réformé comme corps politique. Il est difficile de déterminer exactement les motifs qui portèrent Louis XIV à ordonner de si longues persécutions contre les protestants français. Ce ne fut pas dans sa vieillesse , comme on l'a tant répété , qu'il prit cette résolution qui a déshonoré son règne , puisque la première émigration remonte à 1666. Soit par dévotion , soit par politique , ce monarque épuisa envers les huguenots les ressources de la persécution la plus raffinée. Nul code n'est plus cruel que la collection de ses édits. Enfin Tédit de Nantes fut révoqué le 22 octobre 1685.

Louis XIV dépeupla ses États au profit de l'étranger, et appauvrit la France. Le peuple protestant se vit livré sans refuge à toute la rage des persécuteurs , et Ton convertissait les nobles par un moyen plus doux , en leur interdisant les faveurs de la cour. Louis XV, dans un siècle plus éclairé, fut peut-être plus coupable, car il maintint soigneusement toute la rigueur des anciens édits. Enfin les protestants français ne durent leurs droits religieux qu'à Louis XVI , et à la régénération de nos libertés , que l'assemblée constituante eut l'honneur de consommer.

Telles furent les violences inouïes que la réforme religieuse essuya en France. Ce qu'il y a d'admirable dans son histoire , c'est f|uc, malgré tant d'années de persécution, uut<U sourde, tantôt acharnée, malgré tant

d'émigrations successives, les protesianti français comptent encore aujourd'hui plus de deux millions de fidèles et plus de trois cents pasteurs.

La réforme religieuse n'a point pénétré en Italie et en Sicile. A peine trouve -t- on un petit noyau d'église protestante à Florence et h Naples. En Pologne , la réfoime eut plus de suceès : elle fonda , dès son origine , des églises unitaires , qui sont encore florissantes. On compte aujourd'hui environ 40,000 protestants unitaires dans le district de Racovie.

Depuis la mort de Charles I«r en Angleterre jusqu*à la fin du dix-huitième siède , la réforme dans la Grande-Bretagne a conservé principalement une couleur politique.

L'Angleterre eut le malheur d'avoir un culte officiel , une religion de l'État. 11 s'en est suivi chez le clergé anglican , clergé siégeant de droit dans la chambre haute, clergé propriétaii^ et riche , une intolérance en quelque sorte de position , et qui cadrait assez mal avec les opinions éclairées d'une foule de ses prélats. Les mesures hostiles contre les dissidents avaient toujours pour prétexte le bien de Vétablùsement (religion établie), et pour motif véritable la haine de l'esprit presbytérien et l'inquiétude d'une réforme qui pouvait s'étendre jusqu'aux biens de l'Église. Heureusement .

toutes lès lois absurbes contre les dissidents , contre les unitaires spécialement et contre les catholiques , se sont écroulées récemment sous rirrésistible action des ln> mières. Ces restes de barbarie n'existent plus , et il est facile de voir que ces mesures salutaires vont devenir le signal de réformes ultérieui^s, qui porteront sur les immenses richesses du clergé anglican.

Deux contrées qui sont gouvernées dsms un sens bien diflerent , offrent un développement très-remarquable des idées protestantes :■ c'est la Prusse d'un côté et les États-Unis de l'autre. Malgré l'énorme différence des systèmes politiques , la liberté d'examen , qui existe de droit dans l'Amérique dû nord , et de fait en Allemagne , a complètement refondu let anciens dogmes des confessions protestantes. Les vieilles idées luthériennes et calvinistes, comme idées exclusives, sont minées de toutes parts , et chez tous les protestants éclairés , on remarque, en général, une tendance bien prononcée à professer la partie rationndle et philosophique de la religion <l«

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Christ. Aussi, aux États-Unis , eu Aagkterre, eh AUemagme, on voit naiire des systèmes religieux en iiannonie avec les idées de notre temps » idées pleines de vie et d'avenir, et qui vont remplacer les con»

fessions surannées des premiers réformateurs. A côté de ces tentatives d'une foi pUis raisonnée, l'ancien régime en théologie continue de se montrer sous le nom générique de méthodisme (1 ).

£n résumé général, la grande réforme protestante du seizième siècle a donné nais* sance à 60,000,000 de protesUnU dans les lieux mondes. Les sociétés luthériennes, presbytériennes , anglicanes , en forment la majeure partie. L opinion protestante envahit le' monde entier par les nombreuses colonies anglaises et par Taccroissement gigantesque de la population des ÉtatsrUuis.

Quand on se rappelle que le protestantisme «st fondé sur Texamen, et qu'il marche avec les lumières, que tes prêtres sont mariés et citoyens, et qull convient essentiellement aux nations^ libres , par son dédain de toute autorité en religion , alors il est facile d'entrevoir le rdle qu'il est appelé à remplir dans l'avenir de Tliumanité. ( f^oj-ez Chus- TUviSMs , Culte , Pape et Kbligiov. )

COQUEBBL.

RÉFRACTION. ( Physique. ) Un rayon de lumière , qui passe obliquement du vide ou d'un milieu quelconque dans un autre milieu , éprouve presque toujours un changement de direction nommé réfraction , et le nouveau milieu est dit plus ou moins ré- J'ringent que le premier, suivant que le rayon rompu s'est approché ou écarté de la perpendiculaire menée au point d'incidence.

Soit ABOE {pL 5, ^g. 7 ) une cuve de glace , remplie d'eau ou de tout autre liquide, dans lequel est h moitié immergé un cercle de cuivre dont le limbe est divisé en 360 ou 400 degrés : si l'on dirige obliquement à la surface MN du liquide un rayon de luniiôre FC, ce rayon, au lieu de se propager en ligne droite et d arriver en G, parviendra «n H , et l'angle de réfraction QCH sera plus petit que l'angle d'incidence PCF. Dans le cas oiji la lumière traverserait de l'eau dans l'air , pn obtiendrait un effet opposé. Le rayon incident étant alors HC, le rajon brisé serait CF. £h variant ces sortes d'expérien-

(l) f^tjres l'article de U Betfue protestante de jaDTier 1830 «ar le situation des idées dans leproiestantisme moderne.

ces et en comparant les résultats obtenu^ , il est aisé de se convaincre que , dans toutes les substances non cristallisées, 1» /es angles d'incidence et de réfraction sont dans un pian normal à la surface de séparation des deux milieux ; 2o que les sinus de ces angles sont entre eitx dans un rapport const(int , ' quelle que soit d'ailleurs l'obliquité de la lumière incidente , pourvu toutefois que le milieu d'oà elle sort et celui où elle entre restent les mêmes.

Cette loi , inutilement cherchée par Ke* pler et découverte par Snellius, devient, soit dans le système de l'émission , soit dans celui des ondulations , une conséquence né* cessaire de la cause mécanique qui produit la réfraction ; et lorsqu'on en fait un usage convenable , elle suffit pour résoudre à priori toutes les questions relatives aux mouvements de la lumière qui traverse des milieux réfringents. L'expression de cette loi , telle que l'avait donnée Snellius , était un peu moins simple. En eflfet , il prenait le rapport des cosécantes au lieu de celui des sinus , qui d'ailleurs lui est proportionnel , et que Descartes a substitué, comme étant d'un emploi plus commode. D'après cela , quelle que soit la configuration du milieu dans lequel pénètre la lumière , si l'on représente par I l'angle compris entre le rayon incident et la normale ^ et que n soit le rapport des sinus , on aura , en nommant R l'angle de réfraction, sin. I = ii sin, R. Il est essentiel de remarquer que la quantité n est toujours plus grande que l'unité , quand la lumière passe d'un milieu moins réfringent dans^un milieu qui Test davantage, et plus petite dans le cas contraire, puisqu'elle est alors

de la forme /t'='. Enfin, lorsqu'il s'agit

d*un rayon qui du vide pénètre dans un mi* lieu matériel , la valeur n se nomme indice de réfraction. Or , par une série de considérations théoriques trop minutieuses pour qu'il soit possible de les développer ici , on est graduellement conduit à reconnaître que l'influence d'un corps sur la lumière , ou sa puissance réfractive , est exprimée par la quantité (a' — 1 ){de même que son pouvoir réfringent , ou action développée par une simple molécule , doit être représenté

par , fi étant la densité du corps.

fi L'expérience montre qu'en général les sub*

stances les plus denses sont aussi celles qui réfractent davantage la lumière. Néanmoins

r'éfr

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il faut excepter de cette règle les maticres combustibles qui semblent former une classe à part. AÎDsi, lalcohol , Fétiier , les huiles , moins denses que Teau , agissent cependant sur les particules lumineuses plus fortement que ne le fait ce dernier Uquide , dont Tiniluence est elle-même supérieure à celle in* diquée par son poids spécifique. Newton , déterminé par cette seule considération , ne balança point à déclarer que Teau et le diamant deyaient contenir un principe codh bustible. Un siècle plus tard , Texpérience justifia la réalité de cette assertion.

Lors du passage de la lumière d*un milieu plus réfringent dans un milieu moins réfringent , le rayon rompu devant , en s^ccartant de la perpendiculaire , former avec elle nn angle plus grand que celui d'incidence , on conçoit que ce dernier pourra être tel , que la lumière émergente fera avec la normale un angle droit : on est donc alors ar** rivé au nuiximum de la réfraction possible ; en sorte que , si Ton augmente tant soit peu Tobliquité du rayon incident, la réfraction sera chargée en réflexion. Cest ainsi que se produit le phénomène connu soos le nom de mifvge. { Voyez ce mot. ) Ces notions préliminaires une fois établies , il est facile d'ex^ pliqucr les effets que produit la lumière , en traversai*. t des milieux terminés soit par des surfaces planes , parallèles ou inclinées en* tre elles , soit par deà surfaces courbes , convexes ou concaves.

Surfacea planei parallèles. En choisissant le cas le plus simple , celui où la lumière passe de Teau dans Tair, on voit que le rajon réfracté , en s'écartant de la perpendiculaire , doit faire paraître le point lumineux d*oû il émane, situé moins profondé* ment qu'il ne l'est. En effet, MN (pi. 5^g. 8), indiquant la séparation des deux milieux^ il est évident que , parmi les rayons émanés d'un point visible situé en O, il en est unOP qui , étant perpendiculaire à la surface du liquide , n'éprouve point de déviation ; mais les autres , tels que Ob Oc, y arrivant obli* quement , s'écartent de la normale , et semblent diverger d'un point O'. L'expérience vérifie toys les jours ces données de la théorie. Ainsi un vase plein d'eau parait moins profond que lorsqu'il est vide ; un bâton , obliquement plongé dans un liquide, sem-* ble brisé à l'endroit où sa partie immergée se réunit h celle qui est dans l'air ; enfin une pièce de monnaie , que les bords du vase qui la eonlient cachaient à un observateur , de-

vient visible pour lui ausMtôt que , substîtoaut de Ican à l'air, les rayons émergent* piienneut une direction assez inclinée^pQUr pénétrer dans l'œil , au-dessus duquel ils passaient primitivement.

Quand la lumière traverse un milieu dont les faces sont parallèles , comme AB , CD {pi. 5, fig. 9), l'égalité entre les angles ofg yfghy qui sont, l'un , l'angle de réfraction à l'entrée, et Taotrc , l'anglejllincideoce h la sortie , prouve que les rayons incident et émergent sont parallèles entre enx , mais, non placés sur une même droite ; car. en pculongeant Je premier , on voit qo*au Heu de se confondre avec le second , il en reste séparé par un intervalle qui dépend de l'épaisseur du corps réfringent et de Tobliquité phis ou moins grande de la lumière rèffac^ tée dans son intérieur. Néanmoins , quand le milieu traversé n^est point fort épais, on néglige cette légèi^e déviation , et les choses se passent comme si les particules Inmineases n'avaient point été dérangées de lenr direction primitive. Cést ce que l'onobserve à l'èganl des objets extérieurs vus k travers les vitres d'un appartement : il» paraissent sensiblement dans le lieu où on les apercevrait en les regardant sans l'interposition da verre.

Surfaces planes inclinées. Un rayon de lumière qui traverse un milieu terminé par des faces ainsi disposées , s'écarte de sa direction , d'une quantité qui le plus ordinaîrement égale la somme des déviations partielles qui ont lieu à son entrée et h sa sortie \ en sorte que ces réfractions s'ajoutent , loin de se corriger , comme cela arrive , lorsqoe les faces sont parallèles. Les solides trans^ parents qui servent à ces sortes d'expériences sont ordinairement des prismes triangulaires de verre ou de cristal : quelquefois aussi on emploie des liquide» et même des fluides élastiques , que l'on renferme dans des vases triangulaires , formés avec des glaces dont les faces , étant exactement parallèles , n'exercent aucune influence sur les particules lumineuses , et laissent par conséquent à la substance qu'elles contiennent .

la faculté de développer son pouvoir réfringent.

BAC {pi. 6 .fig. 1 ) éUnt une section perpendiculaire à l'axe d'un prisme, un rayon de lumière E x qui pénètre dans son intérieur, au lieu de continuer à se mouvoir en ligne droite et d'arriver au point K , devant , lors de son entrée dans le prisme, se rappro-

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<^Êer de la normale F m^ et , k sa sortie , s'écarter de P'oB , il parviendra d*abord en x', puis au point H ; eu sorte qu'il aura dévié de ea direcli<m primitive d'une quantité mesurée par Tangle H i K. Cette déviation D , ou r»j/m€tion totale, est toujours égale à la somme des angles extérieurs (u + tt'),mTOns la somme des angles intérieurs (xh-x').

Ainsi Ds={u'\'u) — ('X-j-x') ;maisx-i-x' = A angle réjrin^nt du prisme ; par conséquent D = ( Il -H u' ) — A .

La réfraction totale D dépend de trois été ments : Touverture de l'angie A , la valeur de rindice de réfraction n , et ToMiquité de la lumière incidente. Or , parmi les modifications dont cette obliquité est susceptible, il en est évidemment une dans laquelle les angles x et x' sont égaux ; elle est remarquable en ce que la quantité D étant alors 4jn minimum, cette position du rajron émergent est facile à reconnaître, et d autant plus importante , que l'égalité des angles x et x' -entraînant celle des angles u et u' , l'équation D=s(ii-Hii') — A, se. transforme dans ce cas en celle-ci : D = 2u — A , d'où Ton tire «=i(p-4-A).

La 6icilité avec laquelle on peut immédiatement mesurer les quantités angulaires D et A fait donc connaître la valeur u , comme sin u-=z n tin x,ei que d'ailleu|>s x^ à raison du minimum de la réfraction , égale \ A, on peut aiaémeim , à l'aide de cette dernière équation , déterminer le nombre qui , pour diaque substance réfringente , répond à Tindiœ de réfraction n. Ce procédé est en effet celui auquel on a eu recours pour dresser des tables , dans lesquelles , parmi un grand nombre de résultats , il fant remarquer les suiFants , comme étant ceux dont on fait le pliis firéquent usage.

Chromate de plomb. . 2,926 Flint. . 1,GOO

Diamant 2,470 Crown. 1,533

Soufre 2,010 Eau . . 1,336

Pour rendre évidente l'influence que A exerce à Tégard de O , il suffit , dans Téquation sinus u := «l'it ^ ( A -f- O ) , de remplacer sin u par sa valeur n êin \ A.

D'après ce qui a déjà été dit, eu égard au changement de la réfraction en ri-flexion , il est abé de prouver que l'ouverture de l'angle réfringent d'un prisme ne peut dépasser une certaine limite , d'autant plus resserrée que rindice de réfraction de la matière qui le compose ^êi lui-même plus considérable. En effet 9 le sinus de l'angle de réfraction u'

égale n s/ii x', et nepeut éb*e plus graïul que l'unité : or , x' nVst famais plus petit que quand le rayon incident rase la face par laquelle il pénétre dans le prisme; en' supposant donc «lorsx'=£^ A; les angles de refraction à Tcutrée et d'incidence h la sortie étant égaux , les rayons incident et émergent raseront, Tun la face d'entrée, et l'autre la face de sortie. La déviation D sera on minimum , et égalera 180« — A. Tout autre rayon qui aurait pénétré sous une «moindre incidence , serait réfléchi par la seconde sur* face. Ainsi , l'angle réfringent A doit fon- J0UJ*5 être un peu moiudrc que le double de la quantité qui exprime la plus grande incidence possible d'un rayon qui , delà matière dont est formé le prisme , passerait dans le milieu ambiant. Dès lors , le plus grand angle que l'on pourrait donner à des prismes faits avec les substances suivantes, serait:

Chromate de plomb.. 39,58' Flint.. 77,22'

Diamant 47,46 Crown. 81,26

Soufre 58,42 Eau . . 96,56

Indépendamment du changement de direction que la lumière blanche éprouve lors de son passage à travers un milieu terminé par des faces planes et inclinées , elle subit encore une autre modification : le rayon est dilaté dans un sens perpendiculaire aux arrêtes du prisme ; en sorte que si on le reçoit sur un carton blanc , il présente une image colorée , cinq à six fçis plus longue que large, et à laquelle on donne le nom de spectre so' laire. Parmi les nuances que présente cette image, on remarque , dans Tordre de leur plus grande réfrangibilité , les couleurs suivantes î violet , indigo , bleu , vert , jaune , otvngé , rouge. Quelle que soit la nature de la substance réfringente , la disposition des couleurs est tonjoors la même ; mais les rapports des espaces qu'elles occupent dans le spectre offrent de nombreuses difitèrences ( vo/ez DtspBRhiov ) , et c'est à cette propriété remarquable qu'est due la possibilité de Vackromatisme {vojrez ce mot).

La lumière du soleil n'est point la seule qui , en traversant un prisme , présente les nuances du spectre solaire : une étoile , une iMMigie , et même un corps blanc , lorsqu'on les regarde en plaçant entre eux et l'œil un de ces instniments , ofi'rent exactement les mêmes couleurs disposées dans le même ordre. En examinant de la même manière des snbstances colorées , on obtient des résoltals analogues ; seulement , la teinte qui leur

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est propre est dors beaucoup plus abondaote que les autres. A Tégard des corps noirs , comme cette apparence résulte de leur inaptitude h réfléchir la lumière, on sent que , TUS à travers un prisme , ib ne présentent aucune modification.

Si Ton isole une partie quelconque d'un rayon de lumière décomposé par le prisme , il demeure inaltérable, soit qu'on lui fasse éprouver de nouvelles réflexions multipliées ; ce qui indique évidemment qu*alors la lumière est amenée à son plus grand état de simplicité. Cette décomposition de la lumière blanche est donc une sorte d'analjse qui en fait connaître les éléments constitutifs , que Ton peut d'ailleurs combiner entre eux en diverses proportions , pour donner naissance à des teintes variées ; de même que Ton reproduira le blanc , si , à l'aide d'une lentille ou d'un miroir convergents, on les forée k se réunir tous dans un même espace. De ces faits et dé beaucoup d'autres qui ont avec eux la plus grande analogie , il résulte évidemment que c'est dans la lumière que réaide la cause de la coloration des corps opaques et transparents ; les premiers prenant une teinte qui dépend de la nature et de la proportion des rayons qu'ils^réfléchissent , et les seconds , au contraire , afi'ectant la couleur de ceux qu'ils transmettent.

Stufaces courbe». En appliquant aux milieux terminés par des surfaces sphériques^ les lois de la réfraction précédemment exposées , il est facile de déterminer les efi*et8 que produisent les verres convexes et concaves; car on peut les assimiler à des prismes dont les angles réfringents varient depuis zéro jusqu'à une certaine limite , qui dépend de la courbure plus ou moins grande du verre et de rétendue de sa surface. On peut se convaincre de Texactitude de cette comparaison en mesurant la grandeur variable de Tangle compris entre deux tangentes que Ton fera successivement répondre d'abord aux deux points qui sont au centre de Tune et de* l'autre face du verre, puis à d'autres points opposés , de plus en plus rapproches de sa circonférence.

Un point lumineux placé sur Taxe d*un verre convexe envoie des rayons qui , en le traversant , subissent une réfraction qui les fait converger sur cet axe en un point variable : lo suivant la distance de ce point lumineux à la surface réfringente ; 2o à raison de la grandeur plus ou moins considérable du rayon des sphères auxquelles ap-

partiennent les deux faces du verre ; 3* enfin , suivant la valeur numérique de llndice de réfraction qui caractérise la matière dont il est composé. En combinant, au moyen du calcul , l'influence particulière de ces diverses conditions, si .l'on suppose que le verre est bien axé, et que, pour éviter Taberration de sphéricité , ses faces sont des segments sphériques d'un petit nombre de degrés , on parvieadre à l'équation

drr' /=—- -^- ÎT-T-— ,• D*n« celte

équation ,y*indique le lieu où se fait la convergence ret r', les rayons de courbures des deux faces : n est Tindice de réfraction , et xi réloigncment du point lumineux. Quant au double signe ±:, il est relatif, le premier au verre biconvexe , et l'autre au verre biconcave, pans l'hypothèse où la distance d serait infiniment grande , la valeur y , que l'on notnme alors Jojrer principat y et que nous représenterons par «^ devîen-

(«-IXr-r-r')stituaut cette quantité dans l'équation précédente , on la transforme en celle - ci :

/=;^„uiel.e-.oéa..peat.-*cri«.aeU

manière suivante : - = -± v L expérience f % d

fournit pour déterminer le foyer principal d'un verre lenticulaire, un moyen d^antant plus facile , que pour l'obtenir il suffit d'exposer ce verre aux rayons du soleil , et de mesurer l'intervalle compris entre sa face postérieure et l'endroit où la lumière réfractée occupe le plus petit espace possible.

Ce qui arrive ii un point lumineux placé sur l'axe d'une lentille peut indistinctement s'appliquer à tons ceux qui s'écartent fort peu de cette ligne ; seulement il faut observer que , parmi les rayons qui rencontrent alors obliquement la surface du milieu réfiingent, il en est un qui continue ii se mouvoir sensiblement en ligne droite , parce qu'étant dirigé vers le centre optique du verre, il subit, en entrant et en sortant, des déviations égales et tournées en sens contraire t or, c'est autour de cet axe que viennent se réunir tous les rayons émanés du point de divergence. En faisant donc le même raisonneitient pour chacun des potnfes dont se compose la surface d'un corps lumineux ou éclairé , on voit qu'en arrière d^uB verre convexe et à l'endroit du foyer, il

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