REIS
-signe de lésion. On voit combien est dilficiie à établir le diagnostic des maladies dWganes si profondément situés. Il est des cas où la sécrétion et lezcrétion urinaire nVprou- Tent aucun changement , quoique d'ailleurs de vives douleurs se fassent sentir k la région lombaire , chez des sujets qui ont offert auparavant des signes non équivoques de néphrite. La néphralgU , ou douleur nerveuse du rein , mérite de fixer Tattention des patbologistes.
Le rein recèle assez fréquemment des calculs, des graviers, du sable, dans son bassinet, ses calices , et même dans Tépaisseur de la substance tubuleuse et de la substance corticale. La présence des néphro' lùhes , ou pierres du rein, est ordinairement accompagnée de souffrances qui égalent les plus violentes que l'homme puisse éprouver.
Trés-sonvent le muscle crémaster du côté affecté se contracte pendant la douleur ; mais cosigne peut manquer, et il suffit d'une simple irritation des testicules pour le produire.
Les maladies des reins sont le plus ordinairement occasionées par ies excès dans le boire et le manger. L'abus des viandes noires et des liqueurs alcoholiques chez un sujet adonné aux plaisirs sexuels, solitaires ou partagés , livré à Texercice du cheval , h des marches forcées, ne makique guère de déterminer des irritations très-vives du système urinaire ; à plus forte raison les maladies de Turetère , de la vessie et de Turèlre sontelles susceptibles de se propager de proche en proche jusqu'aux reins.
La sobriété , Tusage de leau pour base de toute boisson , une nourriture dans laquelle les végétaux dominent, l'usage fréquent des bains tièdes, la modération dans l'emploi des organes génitauz , dans l'équitation et la marche, tels sont les moyens d'éviter les maladies des reins.
Les boissons mucibgineuses , la diète, Faction végétale , Teau alcaline gazeuse , les bains chauds, l'application des sangsues li l'anus et aux lombes , les lavements et l'opium sont les meilleuiiK moyen de traitement , toutes les fois que ces organes sont' lésés. ( yojrez Cài-culs ubutaixis. }
Boisseau.
* REINSCHILD. f^oj-ez Rzbitscholo.
* REfôEN. f^ox^z Ch. Chaistiah.
* REISKE ( JbahJacqubs) , savant philologue et orientaliste, néen 1716 ^ à Zoerbig, petite ville de Saxe , fit ses études d'abord à Halle , puis à Leipsig, passa en Hollande en
1738 , se fixa à Leyde où sa situation financière l'obligea de se faire correcteur d'épreuves pour des libraires et des savants , tout en suivant les leçons d'Alb. Schultens (t;o;^es ce nom ) , qui professait dans cette ville les langues orientales. Il eut bientôt la facilité de prendre une connaissance exacte des manuscrits orientaux de la bibliothèque de Leyde, fut chargé de les ranger ; de les numéroter et d'en fairç un nouveau catalogue manuscrit, plus approprié au service d'une bibliothèque publique. Il reçut une indemnité pour ce travail. Son caractère indépendant et son insouciance pour l'avenir lui firent refuser, en 1742 , une place au collège de Campen ; mais convaincu ensuite que la philologie ne pouvait, dans la position où il se trouvait , lui procurer une honnête existence , il résolut d'étudier la médecine , fut reçu docteur en 1746, et , vers la fin de la même aunée quitta la Hollande, où il avait séjourné huit ans , pour revenir k Leipsig , sans aucune perspective d'établissement. En 1747 , il reçut le titre de professeur dans la faculté de philosophie , et, Tannée suivante, il fut nommé professeur extraordinaire de langue arabe. Il obtint en 1758 la place de recteur du collège de Saint-Nicolas , et commença dèslors à jouir d'une aisance et 4*nne tranquillité d'esprit qu'il n'avait pas connues jusque-là. Le travail forcé auquel il se livra dans les dernières années de sa vie , pour la publication de son édition des orateurs grecs, accéléra sa mort, arrivée eA 1774. On a de lui un grand nombre d'ouvrages savants. La yie de Reiske, écrite par lui-même jusqu'en 1770, et continuée par sa veuve, a paru k Leipsig en 1 783 , en allemand. — Emestine- Christine Mullbb , femme du précédent , a mérité d'occuper une place distinguée dans les fastes de l'érudition. Pour soulager Reiske ( qu'elle avait épousé en 1764 ) en partageant son travail, elle apprit le grec e| le latin , et fut bientôt en état d'entendre les poètes et les orateurs. Elle s'associa dès lort à tous les travaux de son mari , comme éditeur, commentateur et critique. Elle copiait pour lui des manuscrits , les collationnait , mettait en ordre les matériaux recueillis , et partageait la lecture et la correction des épreuves. Reiske a exprimé k sa digne compagne toute sa reconnaissance dans les mé^ moires qu'il a écrits sur sa vie , et que M»* Reiskea complétés depuis 1770jusqu'au décès de son mari. On ignore l'époque de la mort de cette dame. — Un autre Jean
RÉJO
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RBitKB , recteur de Téglise de Wolfenbuttel, mort en 1701, a laissé plasieurs dissertaiions sur divers sujets. On lui doit aussi une édition du Chixynicon êaracenicum etturcicum, de Wolfgang Drechter, avec des notes et un appendisL.
* REIZ ( JBAK-FaiDéaic ) , en latin RtUziuSf philologue, né en 16U5, \x Braunfels en Wetleravie , étudia la médecine et la littérature ancienne à Utrecht , devint maitre au gymnase d'Amsterdam , puis correcteur à Utreckt en 17 24, professeur de Tuniversité de la même ville en 1745 , et y mourut en 1778. On a de lui : des diteours latins; une édition Deambigws, mediis et contrariis , Utrecbt, 1736, in-So • et plusieurs autres éditions d'auteurs anciens et modernes. — Charles • Conrad Rbiz , frère du précédent, professeur à Middelbourg , à Goes et à Gorcum , puis recteur du gymnase de Harderwick , mort en 1773 , a publié , comme son ^ainé, des discours latins, une EUgia de Uifiei'e zelandieo , et quelques ouvrages peu remarquables. — - Guillaume* Otbon Rbiz, frère du précédent , né à Ofienbach en 1702, fut professeur d'histoire à Middelbourg , et mourut en 1769, après avoir publié : Belga grœcisans , Rotterdam , 1 730 , in-fio j AnnO' tationêB Sporades , 1739, in-8o; variantes Leciiones in Institut, Jusliniani, 174445; Theophili Paraphivsis grœca Institutio»
num , La Haye , 1751 , in-8«.
* BEIZ (FaéDiBic-WoLrGAvc), philologue allemand , né à Windsheim en 1733 , mort en 1790, professa successivement à Leipsig la philosophie , le latin et le grec , enfin la poésie , et devint directeur de la bibliothèque de l'université de cette ville. On lui doit : un poème latin sur les inventions du 18* siècle , Sœculum ab inventis etarum , et une édition fort estimée d'Hérodote , qui parut h Leipsig en 1778, et a été réimprimée en 1807 et 1816. Il a aussi donné d'excellentes éditions classiques de la Rhétorique et de la Poétique d'Aristote (1772 et 1789), ainsi *que de Perse ( 1789), du Rudens de Plante ; et a publié deux Dissertations sur Tart métrique des anciens , Leipsig, 1791 , in>8o.
* RÉJON DE SILVA (donDiioo-Airo- «lo), secrétaire d'état de Charles lU, né dans le royaume de Murcie en 1740, mort à Madrid en 1798, se distingua non-seulement par ses talents comme homme d'État , mais encore par son goût pour les beaux-arts, qu'il protégea durant toute sa vie. On a de
loi : la Peinture, poème en trois diauts, 8égovie, 1786; un Dictionnaire des heaux' oiHs, ibid. , 1788 ; une traduction du Traité de la Peinture de Léonard de Vinci , et des trois livres sur le mén^e sujet par Alberti.
Réjon était membre de l'Académie des Kien* ces de Madrid.
RÉJOUISSANCES PUBLIQUES. Moos n'aurions point parlé de ces sortes de fétei i si la politiqne n'en eàt fait un moyen de gouvernement. La joie étant instantanée de sa nature , celle des peuples éclate , comne celle des individus , avec l'événement qui Is produit. La chute d'un tyran , ravènemeot d'un bon roi, la publication d'un édit populaire, le rappel d'un ministre bienfaisant, la nouvelle d'une grande victoire , causent or^ dinairement des explosions d'allégresse qui, chez les nations modernes, se manifestent par des illuminations , des chants et dfs danses. Le philosophe conçoit cet heureux désordre, cet hommage spontané, volontaire, rendu parles peuples à ceux qui 1^ honorent en travaillant à leur gloire ou s leur bonheur. Mais ce n'est point là ce qu'on entend par réjouissances publiques , qui ne sont qu'une joie par ordre , un divertisiement à jour fixe , un plaisir réglé 4*a^Boe par la police municipale, et resserré dans les limites qu'une ordonnance impose i une population distraite de ses travaux , pour s*ctouffer ou s'ébattre dans la poussièfc ou dans la boue. Tous les. gouvernements ont adopté ces saturnales ; mais elles sont modifiées par les principes constitutifs des États, par la nature de leur religion et par les caractères nationaux. Ainsi chez les Sauvages, exposés sans cesse aux attaques désordonnées des peuplades voisines , le besoin d*une perpétuelle défense transforme les divertisiements publics en exercices militaires. Chez les peuples de l'Orient, terre classique de la superstition et de la tyrannie , l'adoratioo des chefs , rois ou pontifes , est le premier des spectacles offerts au peuple, comme en Chine , à Tonquin ou dans les États du GrandMogol. Des chants graves et des danses lascives succèdent h cette prostration publique; mais une centaine d'individus affublés d'amulettes ou de costume bizant»
sont les seuls qui s'agitent. Le peuple regarde , prie ou bâille , et ne prend aucune part à la joie qu'on lui commande. Les tyrans abyssins y mêlent , par un raffinemesl politique , la présence officielle du bourresu et de ses aides. D'autres rois africains trans-
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forment leurs flatteurt en bourreaux, et leoTs réjouissances publiques finissent ou conuneocent par un massacre.
Les Grecs sont les premiers qui aient compris ces fêtes populaires, et le génie de la liberté est le seul qui puisse les comprendre. La vieille Egypte et les Hébreux ne s*en doutaient pas. La tbéocratie et le despotisme, ne faisant rien dans llntérét public , doivent craindre ces rassemblements tumultueux comme des occasions de révolte. Mais la Grèce , en leur donnant un but patriotique, en faisait un moyen d union, une source d*émotions généreuses , un véhicule de gloire. Ses fêtes comme moratives étaient de véritables réjouissances; les joutes du corps et de Tesprit entretenaient dans ses républiques fédérées, entre les villes d'un même État , une émulation constapte qui , loin de les diviser , resserrait au contraire les liens de cette confédération célèbre. La périodicité de ces réunions et de ces jeux les faisait rentrer dans la catégorie des fêtes n^tionaies : mais la proclamation des vainqueurs , la joie des yilles qui s'honoraient de les avoir donnés à la pairie, le retour des lauréats dans leurs foyers , étaient des causes de réjouissance, et leur donnaient ce caractère de spontanéité qui convient à la véritable joie. L'histoire a cité une foule de traits remarquables qui prouvent quel prix les yilles et les familles grecques attachaient à ces victoires pacifiques.
Les Romains se bornèrent d'abord à les imiter; mais ils n'empruntèrent que la forme de ces divertissements, le but en fut changé ; leur ambition y imprima un autre caractère.
Tout à Rome se ressentit des vastes projets de sa politique ; tout chez le peuple-roi fut empreint de majesté. La vigueur de ses institutions força ses. chefs eux-mêmes à devenir ses flatteurs. Ses rois, réduits à la condition de premiers citoyens de TÉtat , s'occupèrent des amusements de leur maître suprême , et le grand cirque date de Tarquin-l'Ancien. Six siècles après , Pompée fit venir à grands frais cinq cents lions d'Afrique et dix-huit éléphants , pour donner au peuple-roi le spectacle de leurs combats et de leur mort. Trajan poussa cette magnificence jusqu'à onze mille , et y joiguit la lutte inhumaine et sanglante de dix mille gladiateurs : c'était beaucoup trop. Si cet usage avait un but politique qui en dissimule la férocité sans la justifier aux yeux de la philosophie , dix de ces malheureux auraient Tome 19.
produit le même effet ; et si le débonnaire Trajan se plaisait à ces massacres, que pouvait attendre l'humanité d'un Commode ou d'un Héliogabale ? L'institution du triomphe , si féconde en héros , fut une grande pensée : le génie de Romulus ne la conçut point , mais son hommage aux dieux en fut l'origine. Quoique préparées long^temps d'avancé , ces réjouissances n'étaient ni moins vives, ni moins réelles. L'aspect des guerriers qui avaient contribué à la victoire , rhumiliation des captifs , l'apparition du triomphateur donnaient une nouvelle activité aux transports qu'avait excités Theureuse nouvelle dont le triomphe était la suite.
Mais la multiplicité de ces jeux, de ces spectacles , de ces réunions tumultueuses, eu produisit le besoin , et les tyrans en profitèrent. Jusqu'au règne d'Auguste , les amphithéâtres étaient construits et démolis à chaque fête : ce despote adroit ies fit à demeui*e. Le peupie-roi se laissa prendre à cet appÂt.
On Tenchaina en l'amusant. Les successeurs d'Octave ne lui laissèrent bientôt plus que ce vain reste de son ancienne puissance , et les gouvernements de l'ère moderne n'eurent pas d'autre pensée.
Les premiers chrétiens furent cependant trop graves , trop malheureux , trop dispersés pour songer à se réjouir. Leurs plaisirs n'étaient que dans le ciel; la terre n'était pour eux qu'une vallée de larmes. Cette idée triste , fruit de la persécution et de la contrainte, brisait tous les ressorts de r&me , comprimait toutes ses facultés ; et quand le triomphe de la foi nouvelle permit aux chrétiens de respirer, de sentir que l'homme n'était pas né pour pleurer sans cesse , la féodalité les saisit dans ses serres de fer, et leurs jeux participèrent de la barbarie du moyen âge. Ce fut un mélange de cérémonies religieuses, de superstitions ridicules et d'institutions profanes , où le grotesque le disputait à l'absurde. Il s'y mêla toutefois des réminiscences de lancientae Rome. En France , les jeux du cirque se prolongèrent jusqu'à la fin de la première race. La seconde et la troisième en conservèrent les combats de lions et de taureaux, que nous laissons maintenant aux habitués de la Grève. Mais ils font encore en Espagne les délices du beau monde , et la pente où nos arts se laissent entraîner par la satiété des spectateurs et la médiocrité des artistes doit insensiblement y ramener notre délicatesse. Les joutes clés gladiateurs
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