‹ Encyclopédie moderne, ou, Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres et des artsChapitre 2 sur 62 · AVIS DE L EDITEUR* IX · texte numérisé non relu

AVIS DE L EDITEUR* IX

France un ouvrage français ; et quand nous aurons recueilli tous ses titres d'honneur, on verra que notre belle patrie est assez riche de sa propre gloire pour faire la part de ses ennemis, et pour imposer silence à ses envieux. t

Extraire ce qu'il y a de bien dans les anciennes Encyclopédies, traduire quelque Encyclopédie étrangère , était sans doute une spéculation utile aux intérêts d'un éditeur ; mais par cela même elle ne pouvait séduire M. Courtin. C'est un monument qu'il veut élever aux sciences, aux lettres et aux arts, à qui la France doit sa plus belle illustration. Il n'a reculé devant aucun obstacle ; ni le nombre des collaborateurs qu'il devaitgpéunir, ni les frais d'une vaste entreprise , n'ont pu ralentir son ardeur. Les difficultés se multipliaient en vain devant sés pas ; il les a écartées avec soin, ou surmontées avec zèle : et c'est par notre organe qu'il rend compte à nos souscripteurs du plan qu'il a cru devoir adopter pour cet ouvrage, et des moyens de l'améliorer qui sont encore en son pouvoir.

L'Encyclopédie moderne est une entreprise complètement neuve ; ainsi elle tient lieu des deux anciennes Encyclopédies : elle est spécialement consacrée à enregistrer les progrès des sciences, des lettres et des arts pendant le demi-siècle qui vient de s'écouler; ainsi elle continue et complète, pour ainsi dire , les deux anciennes Encyclopédies : de telle sorte que ceux qui auront celles-là ne pourront

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se passer de celle-ci-, et que ceux qui auront celle-ci pourront se passer de celles-là.

Un pareil ouvrage ne pouvait être confié qu'à des écrivains dont l'Europe littéraire connaît les ouvrages et apprécie les talents f et, parmi ceux qui veulent bien nous consacrer leur nom et leurs travaux , il nous suffira de citer , pour le premier volume, MM.Arnault, l'auteur de Marius, de Blanche, et de Germanicw; Berton, membre de l'Institut, et à qui nous devons la musique du Délire , de Moniano , de Virginie; Bory de Saint-Vincent, recommandable par ses ouvrages d'histoire naturelle; Debret, architecte de l'Académie royale de musique , membre de la société philotechnique ; Dupaty , noblement courageux dans son poème des Délateurs , spirituellement gai dans ses pièces de théâtre ; Eyriès , honorablement apprécié par ses écrits sur la géographie ; Féburier, membre de plusieurs. sociétés savantes; Francœur, qui, par ses divers traités de mécanique , de statique , d'astronomie , de mathématiques , a pris une place élevée parmi les savants

modernes; Eloi Johanneau, fondateur de l'Académie celtique, et l'un de nos plus savants antiquaires; Jourda , membre adjoint de l'Académie de médecine, ancien chirurgien-major de l'ex-garde impériale ; le

lieutenant-général comte Lamarque , dont la gloire militaire se rattache à tant d'illustres souvenirs ; Lenormand , à qui les arts et métiers doivent d'utiles découvertes ; Marc , membre de l'Académie de méde-

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cine , et qui , par ses écrits de médecine légale , s'est acquis une juste célébrité; Millon, traducteur de la Politique d'Aristote , et professeur de philosophie à l'Académie de Paris ; Nicolet, astronome adjoint au bureau des longitudes ; Oudard, ancien conseiller à la cour de cassation ; Parisot , ex-officier de marine , connu par d'excellentes traductions d'ouvrages importants; le lieutenant -général baron Thiébault , aussi distingué par ses talents d'administration que par ses talents militaires, et dont les travaux sur la tactique et la stratégie ont été proclamés classiques par M. Carnot; Tissot, traducteur des Bucoliques et successeur de Delille ; Thouret, qui , par la publication des Tableaux historiques, a associé son nom à celui d'un père honorablement célèbre , etc. , etc. , etc.

L'ordre alphabétique nous force à n'insérer que dans le second volume des articles d'un haut intérêt , et que nous devons à MM. le comte Lanjuinais , pair de France ; Etienne , Alex, de Laborde , membres de la Chambre des députés ; Benjamin Constant, l'un de nos meilleurs orateurs, et le premier de nos publicistes; Jouy, l'auteur de Y Ermite > de la V estaleet de Sylla; Jay, l'historien du cardinal de Richelieu; Barbier, ancien bibliothécaire du roi, auteur du Dictionnaire des anonymes , etc. , etc. , etc.

D'autres écrivains non moins recommandables concourront à la rédaction des volumes suivants: leur nom se trouvera toujours en tète de chaque volume.

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Tous ces noms , qui valent des éloges , indiquent assez les soins de M. Courtin pour offrir à la France un ouvrage digne d'elle ; il recevra avec reconnaissance les articles que les savants nationaux ou étrangers voudront bien lui envoyer ; et , dès le premier volume , il doit témoigner sa gratitude pour les renseignements qui , par amour pour les lettres et la philosophie , lui ont été transmis par MM. Arnao , avocat au barreau de Madrid et membre de l'Académie de l'histoire de la langue espagnole; Barbier, ancien bibliothécaire du roi de France ;Liagno, ancien bibliothécaire du roi de Prusse; Sarchi, avocat et membre de la faculté de droit à l'université de Vienne (Autriche).

Tel est le plan que nous nous sommes imposé : maintenant nous devons compte à nos lecteurs du mode que nous avons cru devoir adopter pour en rendre l'exécution plus utile.

Autant que l'ordre des choses nous l'a permis , nous n'avons inséré que des articles généraux , sous lesquels venaient nécessairement se placer les articles particuliers ; des mots collectifs, autour desquels se groupaient naturellement les idées accessoires. C'est par cet unique moyen qu'il nous a été donné de pouvoir resserrer flans un cadre circonscrit l'immense amas des connaissances humaines. Ce plan avait encore pour le lecteur un grand avantage, il s'opposait aux répétitions des mêmes idées, et quelquefois des mêmes paroles, dans une foule d'articles

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qui, dérivant d'une source commune, appartenant à la même famille, devaient porter la même empreinte. Toutefois il avait aussi un grave inconvénient : le lecteur pouvait chercher et ne pas trouver dans l'ouvrage un article de détail ; cet inconvénient disparaît : une Table alphabétique , publiée dans le . dernier volume, indiquer 9 tous les mots particuliers qui peuvent entrer dans une Encyclopédie complète, et renverra aux articles collectifs oit ils sont traités dans l'Encyclopédie moderne. Sans ce moyen, il nous eût été impossible de réduire à un aussi petit nombre de volumes un ouvrage dontchacun peut apprécier 1 étendue.

Ainsi que nous lavons annoncé dans un premier prospectus, nous avons supprimé tous les articles biographiques. Si les hommes n'ont rien fait pour les lettres et les arts, leur biographie est inutile dans un dictionnaire scientifique et littéraire : quand leur nom fait époque dans l'histoire de la science, il se retrouve sous les mots qui traitent des découvertes qu'on leur doit. Par là nous évitons un double emploi : car comment, à l'article biographique Newton, ne pas traiter de l'attraction ; et comment, à l'article scientifique Attraction, ne point parler de Newton? Cependant il fallait exposer la marche, les luttes, les progrès, les conquêtes de l'esprit humain; il fallait un tableau rapide des grandes époques historiques qui ont modifié en bien ou en mal le génie, les lumières ou la civilisation des états. C'est là le complément de notre ouvrage, c'est là la place des apôtres

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et des martyrs de la vérité , de ses protecteurs et de ses tyrans. Après avoir apprécié dans l'ouvrage entier 1 état actuel des sciences, des lettres et des arts, on verra , non sans quelque intérêt, comment l'esprit humain a accéléré la civilisation des peuples, augmenté le bien-être physique et les jouissances morales de l'homme, et comment aujourd'hui une immensité de découvertes sont devenues notre patrimoine insaisissable et les instruments de nos richesses, de nos lumières et de notre bonheur.

L'ancienne Encyclopédie était précédée d'une table méthodique des connaissances humaines ; et la préface de d'Alembert, qui n'en est que le magnifique développement , suffirait seule à la renommée d'un grand philosophe. Cet ordre, s'il n'était pas naturel , était du moins alors nécessaire : il fallait montrer, après Bacon, l'espace immense qu'embrassait l'esprit de l'homme , et révéler ainsi la haute importance de l'Encyclopédie; mais aujourd'hui les lumières se sont étendues, et ce soin serait inutile. Nous aurons aussi une Table méthodique, et nous présenterons l'ensemble de toutes les connaissances humaines et l'enchaînement de ses diverses branches ; mais comme l'ordre synthétique ne doit point précéder l'analyse dont il n'est que le résultat , car la synthèse n'est que l'analyse réduite à sa plus simple expression, cette table terminera notre ouvrage , dont elle sera pour ainsi dire la substance et le couronnement.

Un dictionnaire composé d'articles épars n'offre

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que difficilement un corps complet de doctrines sur un sujet quelcqnque. Pour remédier à cet inévitable défaut de tous les livres par ordre alphabétique, nous lions par des renvois les articles qui traitent de la même matière, et ceux qui ont entre eux quelque corrélation , et ceux qui offrent quelques rapprochements ou quelques contrastes. Ce soin , tout utile qu'il peut être, ne nous a pas encore paru suffisant ; et les articles sont terminés par la citation des ouvrages ou les divers sujets sont développés et approfondis. Nous n'avons pas besoin d'annoncer que , pour éviter les redites, les articles particuliers n'indiqueront ces ouvrages que lorsqu'il en existera qui traitent spécialement du sujet de l'article, et que c'est sous les mots indicatifs delà science , tels que astronomie 9 physique, etc. , etc. , que se trouvera la nomenclature critique des divers traités consacrés à chaque partie. Cette dernière portion de notre travail, également importante et neuve, est confiée à M. Barbier, ancien bibliothécaire du roi , dont le public a accueilli avec tant d'intérêt le Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes.

Chaque partie étant composée en entier ou entiè-

rement surveillée par un seul écrivain , et tout l'ouvrage étant mis en ordre sous une direction unique , on y trouvera constamment un même esprit et une parfaite unité de doctrine. Ce mérite est rare dans les autres dictionnaires, où chaque rédacteur suit un système particulier , sans s'embarrasser s'il est en /

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