‹ Encyclopédie moderne, ou, Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres et des artsChapitre 27 sur 62 · ACQ · texte numérisé non relu

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ACOTYLEDONES. {Histoire naturelle.) Voyez Cotylédons, Germination et Familles naturelles des plantes.

ACOUSTIQUE. (Physique.) Nom qu'on donne à la partie de la physique qui traite de la production , de la propagation et de la comparaison des sons. ( Voyez Sons, Theobie des.)

ACOUSTIQUE. (Musique.) Doctrine ou théorie de , l'appréciation des sons. (Voyez Son.)

ACQUÊT. (Législation.) Ce mot désigne les objets acquis par le fait du propriétaire , et les distingue des objets échus.

La loi ne considère aujourd'hui ni la nature ni l'origine des biens pour en régler la succession , sauf Fexceplion I tirée de l'établissement des majorats. Dans le cas de communauté entre époux, ou de tout autre espèce d'association, il importe beaucoup, pour le partage des biens, de reconnaître les acquêts à des règles sûres. (V oyez Commc-

NAUTÉ.)

ACQUIESCEMENT. (Législation.) C'est le consentement à faire une chose qui n'était pas obligatoire , ou à laisser exécuter un acte contre lequel on aurait pu proposer des moyens propres à en empêcher, suspendre ou modifier l'effet.

L'acquiescement produit des effets divers , suivant les circonstances dans lesquelles il intervient.

Ainsi , quand une partie fait une proposition , et que l'autre y acquiesce, il se forme entre elles un contrat sur ce qui était l'objet de la proposition.

Lorsqu'on acquiesce à une demande judiciaire , le procès est terminé par la décision du tribunal, qui donne acte de l'acquiescement, et ne fait ainsi que sanctionner l'espèce de condamnation volontaire que la partie défenderesse s'est imposée à elle-même.

Quelquefois , après avoir cherché à repousser une réclamation portée en justice, on acquiesce au jugement qui l'a accueillie.

ÀCQ 227 Dans ce cas, l'effet de l'acquiescement est d'attribuer l'autorité de la chose souverainement jugée à la décision sur laquelle cet acquiescement est intervenu , et d'interdire désormais tout moyen de la faire réformer ou annuler. On conçoit que, pour attribuer un tel effet à l'acquiescement, il faut que cet acquiescement soit formel.

II est des matières d'une telle importance que l'acquiescement de la partie ne peut les rendre non-recevables à prendre les voies qui lui sont ouvertes, pour faire réformer le jugement rendu contre elle.

Ainsi, en matière criminelle, la partie condamnée peut toujours être relevée de l'acquiescement par elle donné à sa condamnation , parce que la société tout entière est intéressée à ce qu'aucun de ses membres ne subisse une peine qu'il n'aurait pas méritée ou qui ne serait pas prononcée par la loi.

C'est aussi un point certain en jurisprudence, que l'acquiescement donné à un jugement qui statue sur une question d*état ne rend pas non-recevable à attaquer ce jugement. C...S.

ACQUISITION. {Législation.) C'est l'action par laquelle on devient propriétaire d'une chose quelconque. Ce mot se dit aussi de la chose même qu'on a acquise. L'acquéreur est celui qui acquiert à titre onéreux. ACQUIT. {Législation.) On désigne ainsi tout acte par lequel on déclare avoir reçu le montant d'une obligation.

Les mots pour acquit, revêtus de la signature du porteur d'un billet à ordre , constatent que le paiement en a été effectiiÔ entre ses mains.

Payer en l'acquit d'un tiers, c'est acquitter la dette à laquelle ce tiers se trouvait personnellement obligé.

V acquit à caution est un certificat délivré au bureau des douanes ou des droits réunis pour faire passer librement des marchandises au lieu de leur destination.

D'après la loi du 22 août 1791, il n'est dû aucun droit

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d'entrée ni de sortie pour les marchandises expédiées par mer , d'un port de France à un autre , en passant par l'étranger : mais elles sont déclarées vérifiées et expédiées sous acquit à caution contenant soumission de rapporter, dans un délai fixé , suivant la distance des lieux , un certificat de l'arrivée ou du passage des marchandises au bureau désigné , ou de payer le double droit de sortie.

ACQUITTEMENT. {Législation.) [Voyez Jugement.)

ACROSTICHE. [Antiquités.) Les Grecs ont connu cet abus de l'esprit qui consiste à composer des poëmes dont toutes les lettres initiales de chaque vers ou de chaque mot des vers forment un ou plusieurs mots : telles sont deux épigrammes du chapitre 28 du premier livre de l'Anthologie grecque, auxquelles nous renvoyons le lecteur. Ce mot vient du grec oxpoor^ov, ordinum autversuum summitâtes, d'axpoç, summus , extremus, et çt>ç, or do , versus. E. J.

ACROSTICHE. [Littérature.) C'est un petit poème qui tient au parnasse un rang distingué entre la charade, Vénigme, le fagogriphe, les bouts-rimés, et autres niaiseries littéraires. L'acrostiche se compose d'autant de vers qu'il y a de lettres dans le nom qu'on a pris pour sujet. Chaque vers doit commencer par une des lettres de ce nom , prises de suite. Ainsi , pour faire un acrostiche sur le mot Nicolas, le premier vers commencera par un N, le second par un /, etc. , de manière que le nom entier se trouve inscrit à la gauche du poème. Quand on veut doubler la difficulté , et par conséquent le mérite de l'ouvrage, on redouble l'acrostiche, c'est-à-dire qu'on place une seconde fois le nom à l'hémistiche; c'est atteindre le sublime du genre. L'acrostiche se consacre ordinairement à la louange d'un grand roi , d'un prince , d'un protecteur, d'un bon-papa , ou d'une maîtresse. Ce poème était jadis exclusivement à l'usage de la flatterie et de la galanterie. Dans le temps où l'on faisait un cas particulier des titres ,

ACT 229 des cordons et des parchemins , les acrostiches étaient fort à la mode; les abbés et les marquis se livraient surtout à ce genre de poésie. L'acrostiche était alors ud poëme de cour ou de ruelle ; tout l'esprit s'y trouvé au commencement des vers, comme dans les bouts-rimés il est à la fin. Le goût a fait justice de ces puérilités misérables, reléguées maintenant dans la province, dans le Marais, et chez les galants du faubourg Saint-Germain. E. D.

ACROTÈRES. {Architecture.) Du grec e^w<rr,>ov. Vitruve nomme ainsi les piédestaux ou socles qui , placés sur le sommet et les extrémités inférieures d'un fronton , portaient des figures ou des antéfixes.

On nomme aussi acrotères les piédestaux distribués dans 1a nalustrade qui couronne un monument. D...T. • ACTA DIURNA , ou simplement Diuhna. {Antiquités.) C'étaient chez les Romains les registres ou journaux dans lesquels on écrivait chaque jour les actes du peuple romain. Tacite les distingue soigneusement des annales destinées à conserver la mémoire des fajts dignes du pinceau de l'histoire. Les actes du sénat étaient aussi appelés acta ou commentarii, et en grec utcop^aToc: ils contenaient un abrégé de tout ce qui se disait ou se faisait dans les assemblées. On appelait celui qui était commis à leur rédaction, ab actis senatus. E. J.

ACTE. [Législation.) C'est, en général , tout ce qui se dit, se fait ou s'écrit; et, dans un sens restreint, c'est un écrit qui constate qu'une chose a été dite , faite ou convenue: acte et action semblent synonymes , puisqu'ils dérivent du mot actum ; ils sont cependant différents, car ou l'action procède de l'acte , ou l'acte de l'action.

Les actes se divisent d'abord en actes authentiques et en actes privés.

Un acte est dit authentique , d'après l'étymologie grecque , parce qu'il a un auteur certain , et par conséquent une autorité. Les actes authentiques appartiennent à l'une des quatre classes suivantes : i° les actes législatifs et ceux qui

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émanent du pouvoir exécutif ou gouvernement ; 2° les actes judiciaires; 3° les actes administratifs; 4° enfin les actes reçus par les notaires.

On pourrait encore diviser en deux grandes classes les actes authentiques; savoir : i° tous ceux qui sont relatifs à des intérêts purement civils; 2° ceux qui tendent à constater et punir les contraventions , les délits et les crimes.

La loi accorde aux actes authentiques le privilège de faire pleine foi de ce qu'ils contiennent jusqu'à inscription de faux.

Les actes privés sont tous des écrits faits par des particuliers , sans le ministère d'aucun fonctionnaire ou officier public. Tous actes peuvent être faits de cette manière, et ils ne sont assujettis à aucune forme ,*auf les exceptions relatives à ceux qui doivent être notariés. La loi refuse aux actes privés le privilège qu'elle accorde aux actes authentiques. Quand des écritures privées ont la forme d'un acte , elles ne produisent qu'une apparence ou un commencement de preuve. Celui à qui on oppose cet acte est obligé d'avouer ou de désavouer sa signature , et si elle est déniée , on est admis à en faire la vérification par tous les genres de preuves. ,

Nous examinerons au mot Langue ce qui est relatif à celle dans laquelle les actes doivent être écrits , et les questions importantes que ce sujet fait naître, en prenant en considération la situation politique de chaque peuple. ( F oyez Accusation, État civil, Notoriété.) C...n.

ACTEUR. {Antiquités.) La tragédie, de rpayoç et oxît}, U chant du bouc, ne consistait, dans son origine, qu'en un simple chœur qui chantait des hymnes à l'honneur de Bacchus. Thespis y joignit un personnage qui récitait quelque aventure mythologique. Eschyle trouvant qu# le rôle d'un acteur seul était trop froid , en introduisit un second pour animer le drame par le dialogue , et leur donna pour chaussure le cothurne élevé, qui devint l'attribut distinctif des acteurs tragiques. Ils étaient avant lui barbouillés de lie

en l'honneur de Bacchus. Sophocle pensa que les deux acteurs d'ISschylcne suffisaient pas pour donner delà vivacité à l'action et jeter de la variété dans les incidents, il ajouta un troisième interlocuteur. Son exempte fut suivi constamment dans les tragédies, où Ton voit rarement plus de trois acteurs dans la même scène. Horace en fait même un précepte dans son art poétique :

. . . Nec quarta loqui persona Iaboret.

11 fut cependant mal observé dans les comédies, où, pour augmenter l'intérêt , on introduisit plus de trois personnages. Chez les Grecs, les rôles de tyrans étaient si odieux que les premiers acteurs ne s'en chargeaient jamais : ils étaient abandonnés aux acteurs subalternes.

Aulugelle nous apprend que chez le même peuple les femmes ne paraissaient pas sur les théâtres pour déclamer : elles y dansaient seulement. Us pensaient sans doute que la faiblesse de leur voix et la grandeur des théâtres les rendaient peu propres à y déclamer. Elles étaient remplacées par des eunuques , dont la voix grêle a beaucoup de ressemblance avec la leur. E. J.

ACTEUR. (Art dramatique.) Dans le sens général , personnage en action. Acteur, dans le sens relatif, homme qui joue dans une pièce de théâtre. Cette dénomination s'applique également à l'homme qui joue la tragédie et à celui qui joue la comédie; à l'homme qui déclame et à celui qui chante.

La nature n'est pas moins avare de grands acteurs que de grands poètes. On n'est pas grand acteur sans réunir au plus haut degré les qualités les plus rares du cœur et de l'esprit , sans posséder la sensibilité la plus profonde et l'intelligence la plus étendue. Pour peindre par le geste et par la voix les passions humaines , il faut , ce me semble, autant de génie que pour les exprimer par le discours.

L'art de l'acteur est aussi ancien que l'art dramatique. Les premières tragédies furent improvisées par les aèteurs eux-mêmes.

L'art de Facteur consiste à paraître ce qu'on n'est pas. De là l'application qui a été faite du mot hypocrite, qui en grec veut dire comédien, aux hommes qui, dans la société, en imposent par de faux dehors.

La condition civile des acteurs a varié suivant les temps et suivant les lieux. En Grèce , ils jouissaient non seulement de tous les droits de citoyen , mais ils étaient aptes à remplir les places les plus honorables. Aristodème fut envoyé en ambassade par les Athéniens à Philippe roi de Macédoine.

A Rome, il n'en était pas ainsi. Non seulement le Ro- ' main qui montait sur le théâtre perdait ses droits de citoyen , mais il était chassé de sa tribu et privé du droit de suffrage dans les assemblées publiques.

Les causes de cette contradiction sont faciles à trouver. L'art du théâtre , né en Grèce à l'occasion des fêtes de Bacchus, et pratiqué, dès l'origine, par des hommes de condition libre, était recommandé h l'estime par cette double considération. En Italie, au contraire , il avait été inventé par des hommes de la classe infime, par des histrions étrusques, par des paysans d'Atella. Là aussi il participa à la condition de ses inventeurs. Mais l'infamie qui s'attachait à Rome aux acteurs tenait moins à leur art qu'à l'abjection des premiers hommes qui l'avaient exercé. JVou:? verrons qu'il y a eu des exceptions.

Chez les peuples modernes , on retrouve les mêmes contradictions. En Angleterre , les acteurs ont été traités de tout temps comme ils l'étaient en Grèce. En France , ils ont été traités long-temps comme ils l'étaient à Rome. En Angleterre , les grands de la nation se firent un honneur de suivre le convoi funèbre de mistriss Odlefields et de Garrick. En France , la sépulture fut refusée à mademoiselle Lecouvreur; et Molière lui-même fut exilé plus de cent ans dans le coin le plus obscur d'un cimetière. A quoi attribuer l'établissement de ce préjugé en France, où l'art dramatique, créé par les confrères delà passion, semble lié à la

ACT 233 religion ? Ce qu'il y a de bizarre, c'est qu'il s'est fortifié à mesure que le théâtre s'est épuré.

Les plus grands acteurs de l'antiquité sont Poluset Théodore chez les Grecs , et chez les Romains , Ésopus et Roscius.

L'expression de Théodore était si conforme à la nature qu'on l'eût pris pour le personnage même. Polus avait atteint la perfection de l'art : il réunissait les qualités morales aux avantages physiques, et l'organe le plus parfait a l'intelligence la plus étendue, au sentiment le plus juste et le plus profond. Chargé du rôle d'Èlectre dans la tragédie de Sophocle, il imagina de substituer à l'urne qui semblait contenir les cendres d'Oreste , celle qui renfermait les cendres de son propre fils. Les accents que ces tristes restes lui arrachèrent furent aussi vrais que la douleur qu'ils avaient réveillée. Ce n'était plus une imitation de la nature , c'était la nature même.

Le Romain Ésopus fut doué de la même faculté. Il s'identifiait teJlement avec son personnage que , jouant le rôle d'Àtrée, il assomma d'un coup de son sceptre un malheureux qui s'offrit étourdiment à lui et qu'il prit pour son frère. 11 était aimé tendrement de Cicéron , dont il provoqua le rappel par le talent avec lequel il fit application à l'exil de ce grand homme d'un passage du Téiamon proscrit. ,

Cicéron disait de lui qu'il n avait pas moins bien joué son râle dans la république que sur le théâtre.

Ésopus ne jouait que la tragédie; Roscius, au contraire, ne jouait que la comédie, et il y excella. Cicéron, qui aimait beaucoup aussi cet acteur, disait de Roscius qu'il lui plaisait tant sur le théâtre qu'il n'aurait jamais dû en descendre y et qu'il avait tant de vertu et de probité qu'il n'aurait jamais dû y monter.

Les acteurs peuvent se diviser en trois classes , acteurs déclamants , acteurs chantants , et acteurs gesticulants ou pantomimes. Ces trois divisions répondent à nos trois genres

de spectacles dramatiques. {V oyez , pour ce qui concerne particulièrement les acteurs de chacun de ces genres , les articles Déclamation, Chant, Pantomime et Danse.)

ACTIF. {Législation.) Ce terme est employé dans le langage des lois et du commerce pour désigner ce que possède un individu ou une société , par opposition au mot passif 9 qui indique les charges ou obligations dont on est grevé. Ainsi , en parlant d'une succession, d'une communauté, d'une association commerciale, on dit que sa véritable situation est fixée par la balance de V actif et du passif.

ACTIF. {Grammaire.) Voyez Verbe.

ACTION. {Art militaire. ) Lutte entre deux corps de troupes qui , suivant l'espèce de leurs armes , se chargent, se choquent, ou tirent l'un sur l'autre.

Une action générale entre deux armées ou entre la majeure partie de ces armées , se nomme bataille. {Voyez Bataillb.)

Une action partielle est un "combat. Il y a cependant des combats plus sanglants et qui ont des conséquences plus importantes que certaines actions qu'on a décorées du nom imposant de bataille. {Voyez Combat.)

Une action entre de petites fractions d'armées se nomme escarmouche. {Voy ez Escarmouche.)

Une action entre deux individus est un duel. Ce genre d'action était fréquent dans les guerres de l'antiquité , et dans le moyen âge, où, bardés de toutes pièces, des chefs s'élançaient en avant de leurs troupes et décidaient quelquefois la querelle par un combat singulier. Nos armes, nos mœurs, et surtout la composition de nos armées, ont proscrit cei usage à la guerre. {Voyez Duel.)

Action d'éclat. Les Français, toujours audacieux , intel ligents, enthousiastes, se sont distingués par des faits mémorables , par des actions d'éclat; mais l'histoire entière de la monarchie n'en cite pas autant que les vingt dernières années de la guerre de la révolution , qui n'ont , pour ainsi

dire, été qu'une longue bataille. Alors la carrière s'est ouverte pour tous , toutes les mains ont pu saisir les palmes, et la gloire est devenue plébéienne.^ Sous la république , les actions d'éclat étaient récompensées par un fusil d'honneur, par un sabre d'honneur ; et plus d'un de ces fusils , plus d'un de ces sabres, repose dans la demeure modeste de l'artisan et la chaumière du laboureur. Sous l'empire, l'avancement, des titres, des dotations, et surtout la croix de la légion d'honneur, étaient les récompenses des actions d'éclat. [Voyez Récompenses militaires.) M. L.

ACTION INTELLECTUELLE. {Philosophie.) Voyez Activité intellectuelle. Toute action est le développement d'une force. Toute action intellectuelle est le développement de l'activité de l'âme dirigée sur les faits de rinle^jigence ou les idées. La première action de cette espèce qui se produit en nous est un mouvement dans lequel nous avons pour but de saisir une idée et de la retenir sous nos yeux pendant une durée plus ou moins longue. A cet acte succède celui qui distingue une idée devenue fixe de toutes celles qui se groupent autour d'elle. La distinction est suivie de la décomposition , et la décomposition de la recomposition. Comparer , généraliser , raisonner, sont d'autres actes intellectuels qui viennent après les précédents. L'esprit procède légitimement à ces opérations diverses quand il suit , en les faisant, l'ordre successif que nous venons démarquer. Il n'a plus de méthode, ou n'en a qu'une fausse, quand il s'en écarte. ^ Ph.

ACTION. (Psychologie morale.) Suivant que les actions de l'homme produisent tel ou tel résultat, ont été déterminées par tel ou tel motif, et sont ou ne sont pas conformes soit aux règles de la prudence , soit à celles de la raison morale, elles revêtent certains caractères, et reçoivent des qualifications différentes. (V oyez Intention.) T. J.

ACTION. (Mécanique.) On entend par ce mot l'effort que fait un corps qui se meut actuellement pour en mouvoir un autre; et comme cette communication de mouve-

ment est, par sa nature, impossible à expliquer, on se borne à la mesurer par ses effets. ( V oyez Choc des corps, Quantité de mouvement, Force.) Le mécanicien ne se sert du mot action que pour désigner le mouvement qu'un corps produit dans un autre corps , ou celui qu'il y produirait réellement si aucune cause ne s'y opposait.

Quantité d'action. Maupertuis , dans les Mémoires de l'académie des sciences de Paris» en 1744» et danscein de l'académie de Berlin , pour 1 746 , appelle quantité faction d'un corps , le produit de sa masse par sa v f tesse et pat V espace qu il décrit. Des considérations abstraites , fondée? sur la doctrine des causes finales, avaient conduit ce philosophe à penser que la nature doit agir par des moyens d^conomic , qui ne lui permettent de dépenser ses forces qu en moindre quantité possible. Suivant lui , la quantité d'action dépensée est toujours au minimum. Appliqua01 ces idées à diverses circonstances de mouvement, telles que la réflexion et la réfraction de la lumière , Maupertuis est en effet parvenu aux résultats qu'on était accoutumé à obtenir par d'autres procédés , et il fit de la proposition qu'on vient d'énoncer un principe fondamental délais canique, susceptible d'être appliqué aux problèmes du mouvement des corps.

Lagrange , dans sa Mécanique céleste, publiée en revint sur cette proposition , et non seulement il démontra qu'elle était vraie toutes les fois que le principe des ftf& vives l'était, sans se servir des raisons métaphysiques sur lesquelles Maupertuis l'avait établie , mais il fit voir que l'un et l'autre de ces théorèmes n'étaient que de* consé quences des équations générales du mouvement (voyeï ce mot ) , et ne constituaient pas des principes de mécawqwce ne sont que des résultats que le calcul déduit de ce? équations , en montrant les cas où ils ont lieu ; et bien q"e< dans certains problèmes, ces propositions conduisent facilement aux solutions, elles ne constituent que de simpes théorèmes de mécanique.

ACT 237 C'est en vertu du théorème de la moindre action qu'on ^connaît que lorsqu'un point mobile, qui n'est sollicité 3ar aucune force accélératrice, est assujetti à se mouroir »ur une surface courbe quelconque , la ligne qu'il y par- ;ourt, en vertu de l'impulsion qui lui a donné le mouvement , est la plus courte qu'on puisse tracer sur cette surface, depuis le point du départ jusqu'au point d'arrivée.

Lorsque le point mobile obéit librement à l'action des forces accélératrices qui le sollicitent , et que ces forces sont ;elles que l'équation des forces vives a lieu, qu'on fasse le produit de la vitesse en chaque point par l'élément d'arc décrit, et l'intégrale prise dans des limites données sera un minimum.

S'il s'agit d'un système de corps mus par des forces accélératrices pour lesquelles l'équation des forces vives subsiste , on multipliera la masse de chaque mobile par sa vitesse et par l'élément de sa trajectoire ; on prendra la somme de ces produits pour tous les corps, et on intégrera entre les limites fixées par deux positions données du système ; l'intégrale sera un minimum.

Tel est l'énoncé général du principe de la moindre action. Consultez à ce sujet la Mécanique de M. Poisson ,

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