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membres de la chambre des pairs , de la chambre des députés, des conseillers d'état; l'organisation des ministères; les tableaux des départements , du clergé de France , des cours royales et tribunaux divers, etc., etc. Nous ne ferons pas Ténumération des almanachs généralement connus, dont le nombre et la forme d'ailleurs varient souvent d'une année à l'autre; mais nous ne terminerons pas sans citer particulièrement celui que le bureau des longitudes publie sous le titre d'Annuaire. Les hommes instruits y trouvent chaque année le calendrier ordinaire , les phases de la lune et l'annonce des éclipses; les passages au méridien de Paris, les levers et couchers du soleil, de la lune et des principales planètes; un grand nombre de tables et d'articles ct'un haut intérêt sur le système du monde, la géographie, la "statistique générale et les sciences physiques. Ce petit volume est extrait en partie de la Connaissance des temps, autre genre d'almanach formé pour l'avantage de /'astronomie , de la géographie et de la navigation , dont on parlera au mot Ephéméride. ( Voyez l'article Calendrier, pour les principes sur lesquels on fonde la construction des almanachs.) N...T.
ALPHABET. F oyez Signes (théorie des).
ALTÉRANTS. (Médecine.) Les anciens auteurs admettaient deux grandes divisions en matière médicale, les évacuants et les altérants : ces derniers étaient des médicaments dont l'action ne s'accompagnait d'aucune évacuation humorale sensible. Celte distinction chimérique ayant été abandonnée , on a conservé le nom d'altérante à une méthode thérapeutique dans laquelle l'action curative de la substance médicamenteuse est en quelque sorte moléculaire , et ne se manifeste que peu ou point au dehors, en provoquant des excrétions insolites. Presque tous les médicaments peuvent être administrés de cette manière, et l'on en voit des exemples dans le traitement antysiphilitique au moyen des préparations mercurielles , lorsqu'on ne le pousse pas jusqu'à la salivation , et dans celui desscro*
AL U 585 fuies par les toniques. Mais la médication altérante la plus certaine et la plus énergique est celle qu'exerce l'hygiène ; et Ton pourrait prouver peut-être que, dans un grand nombre de cas, l'action altérante attribuée aux médicaments dépendait du régime seul. L'air, le changement d'habitudes , les différentes diètes animales , végétales , lactées, les exercices , les vêtements, les bains, sont des «modificateurs de l'économie bien autrement puissants que quelques substances médicamenteuses données à des doses trop faibles pour produire des effets physiologiques appréciables. On est porté à croire que la médication altérante se bornera désormais à ces moyens dont le père de la médecine a consacré l'usage par des observations que plus de vingt siècles n'ont point démenties. F. R.
ALTÉRATION. {Musique.) S'emploie pour désigner le changement que Ton fait subir à tel ou tel intervalle de l'échelle , en l'élevant ou l'abaissant d'un demi-ton : les dièses, bémols et bécarres servent pour cette opération. ALTERNATION. Voyez Combinaison.
ALUMINE. (Chimie.) Du mot latin alumen, alun, d'où elle se relire; autrefois argile pure, pareeque , mêlée avec la silice , elle constitue la base de toutes les argiles. Blanche , douce au toucher, insipide, happant à la langue par l'avidité qu'elle a pour l'eau, avec laquelle elle fait pâte, malgré son insolubilité. Elle est infusible au feu de forge , et abandonne seulement son eau en se contractant plus ou moins; c'est sur cette propriété que repose la construction du pyromètre de Wedgevood , destiné à évaluer les hautes températures. ( Voyez Pyrometre. )
L'alun étant un sulfate double d'alumine et de potasse ou d'ammoniaque , si dans une dissolution de ce sel on verse un excès d'ammoniaque , celle-ci prendra la place de l'alumine , qui sera précipitée sous forme de gefée. Il faut ensuite la mettre sur le filtre, et la laver un grand nombre de fois pour l'avoir pure. On peut encore l'obtenir sans le secours de l'ammoniaque ; il suffit pour cela de calciner
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jusqu'au rouge le sulfate d'alumine et de potasse ; le su!fate d'alumine seul est décomposé , et lorsqu'on projette la matière dans l'eau , le sulfate de potasse s'y dissout , et l'alumine se précipite. Enfin, en calcinant le sulfate d'alumine et d'ammoniaque, tout l'acide sulfurique et toute l'ammoniaque s'en vont , et l'alumine reste seule au fond du creuset. B
Bien que l'alumine n'ait point encore été décomposée, on la regarde, par analogie avec les autres bases sali fiables, comme formée d'une substance simple nommée aluminium et d'oxygène , dans le rapport de 53 à 47. S.
ALUMINE. (Technologie.) Voyez Alun , Argile , Dégraisseur, FoULONNIER. 1
ALUN. (Technologie.) L'alun est un des sels les plus fréquemment employés dams les manufactures; il est surtout utile à l'art de la teinture , dont il est en quelque sorte l'âme. Il sert à préparer plusieurs mordants , et il est luimême un mordant très précieux pour un grand nombre de couleurs , parcequ'il a beaucoup d'affinité pour les parties colorantes, avec lesquelles il se fixe plus ou moins solidement sur les étoffes.
On se sert encore de l'alun dans la fabrication du bleu de Prusse; on l'emploie pour conserver les peaux avec leurs poils , pour préserver les substances animales de ia putréfaction , pour garantir les bois de l'incendie , et pour préparer l'alumine pure. Il est en usage dans la fabrication du papier et dans le raffinage du sucre, dans la préparation de la colle-forte et du suif de chandelle, qu'il rend plus ferme. En chirurgie, on l'emploie à l'état à'alun calciné pour cautériser les chairs, et, en médecine, comme astringent et à l'intérieur.
On prépare aussi , par la calcination de l'alun avec le charbon, un produit particulier nommé pyrophore, à cause de sa propriété de s'enflammer spontanément à l'air.
L'alun varie dans sa composition : tantôt ce sel est un sulfate acide d'alumine et de potasse; tantôt un sulfate
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acide d'alumine et d'ammoniaque; tantôt enfin , et le plus souvent, un sulfate acide d'alumine, de potasse et d'ammoniaque. Dans les deux premiers cas, il constitue un sel double, et dans le troisième un sel triple; mais, quelle que soit sa composition , il est également propre aux usages de la teinture, ainsi qu'à tout autre de ses emplois.
La Syrie fut long -temps en possession de nous fournir exclusivement ce sel, que le commerce faisait venir sous le nom d'alun de roche. Dans le quinzième siècle , l'extraction et la fabrication de l'alun se répandirent dans l'Italie , principalement à la Solfatara près de Pouzzole , à la Tolfa près de Rome , et à Piombino : plusieurs autres exploitations de mines d'alun s'élevèrent successivement en Allemagne et en Espagne au dix-septième siècle ; et une fabrique de ce genre se forma en Angleterre sous le règne d'Elisabeth. L'alun préparé à la Tolfa, et connu dans le commerce sous le nom d'alun de Rome, est obtenu constamment à un grand degré de pureté , et jouit, à ce titre , d'une grande réputation. Mais ces diverses espèces d'alun se trouvaient toutes formées dans le sein delà terre, principalement aux environs des volcans; on n'avait qu'à les extraire et à les purifier. De nos jours , les chimistes français sont parvenus à fabriquer l'alun de toutes pièces, en combinant directement les éléments de ce sel. De nombreuses fabriques se sont établies , qui, en peu de temps, ont livré au commerce des aluns comparables, sinon supérieurs, aux aluns de Rome , et ont ainsi procuré à la France un nouveau genre d'industrie. .
Le traitement des mines où l'alun se rencontre tout formé , est fort simple ; il se borne à l'extraction d'un sel soluble et cristallisable contenu dans des quantités plus ou moins considérables de matières étrangères et insolubles.
A la Solfatara , on ramasse le minerai, on le fait dissoudre dans l'eau, on laisse déposer la matière insoluble , et la dissolution étant bien éclaircie, on l'évaporé et on la concentre dans des chaudières de plomb; on laisse refroi-
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dir, et on obtient de petits cristaux d'alun brut, qu'on purifie en les dissolvant et en les faisant cristalliser une seconde fois; ce qui donne des masses de cristaux bien • formés.
A la Tolfa , le minerai se présente à l'état de sous-sulfate de potasse et d'alumine impur, en masses pierreuses et compactes: op les concasse et on les calcine dans un four oit on les grille à l'air libre. On détrempe ensuite le minerai pour en former une pâte qu'on traite successivement par lixiviation et deux cristallisations, comme nous l'avons dit pour l'alun de la Solfatara. On obtient ainsi l'alun très estimé et très pur connu sous le nom d'alun de Rome.
Les mines de pyrites alumineuses ou de schistes pyriteux, quoique variables dans leur composition , subissent un traitement à peu près uniforme. Composées des mêmes principes, mais dans des proportions plus ou moins inégales, elles contiennent du sulfu re de fer et de chaux, de la silice, de l'alumine, delà magnésie, de l'oxyde de fer, et accidentellement une matière bitumineuse inflammable; elfes se présentent en masses dures, compactes, feuilletées, et se réduisent par la percussion en morceaux tout plats.
On commence par concasser ces schistes en fragments de cinq centimètres de grosseur, et on en forme des tas de trois à quatre mètres de hauteur. On les laisse exposés pendant plusieurs mois à l'action de l'air et de la pluie. Le schiste se délite et s'effleurit peu à peu ; ses principes réagissent les uns sur les autres par le concours des actions de l'air, de la chaleur et de l'humidité, et il se produit une espèce de fermentation minérale. Lorsque Pefflorescence marche trop lentement en raison de la compacité du schiste, on active la réaction en mettant le feu au las. Enfin toute la masse de pyrites délitées et eftleuries se réduit en une poussière plus ou moins ténue à laquelle on a donné le nom de cendres.
Dans cette réaction spontanée des principes pyriteux, le
AL U 589 sulfure de fer se décompose par le concours de l'eau et de l'air; peu à peu la combustion simultanée du fer et du soufre occasione une forte chaleur; l'acide sulfurique qui se produit se combine avec l'alumine et avec l'oxyde de fer, et il se forme à la fois du sulfate d'alumine et du sulfate de fer ; mais ce dernier est en petite quantité.
Lorsqu'on a obtenu les cendres pyriteuses , il s'agit d'en séparer les parties solubles par des lessivages successifs, en décantant ou en filtrant les dissolutions. Cette opération se fait dans des baquets ou de vastes caisses de bois garnies d'un fond à claire-voie sur lequel on dépose une couche de trois décimètres de cendres ; on y verse l'eau par lotions successives, et le liquide traverse la couche en dissolvant et en entraînant le sulfate d'alumine ainsi que d'autres matières solubles.
On porte les dissolutions obtenues dans des chaudières de plomb, où on lesévapore jusqu'à 25 ou 5o° de l'aréomètre; on les verse dans de grands bassins, où elles déposent un sédiment de sels insolubles de fer et d'alumine , plus de la silice, etc. La liqueur est ensuite soutirée claire, pour être concentrée jusqu'au point de cristalliser assez abondamment par le refroidissement: il s'en sépare des cristaux de sulfate de fer, et les eaux-mères ne retiennent plus qu'une petite quantité de ce sel mêlé à une plus forte proportion de sulfate d'alumine, sel tout-à-fait incrislallisable. Dans cet état, ces eaux -mères sont propres à la formation de l'alun par l'addition d'un cristallisant1.
On procède donc de suite à cette opération : cependant, si l'atelier de fabrication et de raffinage de l'alun est éloigné de la mine, et qu'il soit nécessaire par conséquent d'y transporter les sulfates d'alumine , on rapproche la liqueur davantage, jusqu'au point où elle se prenne en masse par le refroidissement; on la coule dans des baquets , où elle se
1 On nomme ainsi les sels de potasse ou d'ammoniaque, qui, ajouté* au sulfate d'alumine , rendent ce dernier cristallisable , et complètent la formation de l'alun.
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forme en pains que l'on expédie aux fabriques d'alun sou* le nom de magmas.
On nomme brevetage l'opération qui consiste à ajouter un sel de polasse ou d'ammoniaque , ou un mélange de l'un et de l'autre \ dans le sulfate d'alumine pour en faire de l'alun. On fait une dissolution avec un de ces deux sels, ou plus facilement avec tous les deux; on la porte à ao°du thermomètre, et on la verse dans la dissolution de sulfate d'alumine ou dans les eaux-mères; on agite le mélange, et les cristaux se forment à l'instant et se précipitent en abondance. On met les cristaux à égoutter sur des filtres , et on les lave en les arrosant successivement à plusieurs petites eaux , pour en séparer le sulfate de fer, qui est entraîné par les eaux du lavage : celles-ci sont utilisées dans la fabVication de la couperose.
L'alun ainsi obtenu est en petits cristaux : on en fait une dissolution à 5o° Baume, que l'on verse dans des cristallisoirs en forme de cônes tronqués. L'alun s'y prend en masse ; on le retire et on le casse en morceaux pour le livrer au commerce. Afin de l'obtenir plus pur, on peut le refondre et le faire cristalliser une seconde fois. Si la dissolution de l'alun refondu était étendue jusqu'à 25 ou 3o° au lieu de 5o°, l'alun , au lieu de s'y cristalliser en masse, s'y formerait en petits cristaux réguliers, et serait d'une plus grande pureté; c'est ainsi que l'on prépare Y alun fin, destiné à remplacer l'alun de Rome pour tous les usages où il doit être très pur.
Pour faire l'alun de toutes pièces, on commence par combiner l'acide sulfurique avec l'alumine, pour obtenir une dissolution de sulfate d'alumine; puis l'on ajoute à cette dissolution le cristallisant, qui la transforme en alun, de la même manière que nous venons de le décrire. Ainsi
' On emploie de préférence le sulfate de potasse , résidu de la fabrication de l'acide nitrique ou de l'acide sulfurique ; le sous-carbonate de potasse impur ou potasse du commerce; et enfin le sulfate d'ammoniaque préparé pour cet usage par la distillation des matières animales.
ALU 5gi ce dernier genre de fabrication ne diffère du précédent que parla préparation du sulfate d'alumine, les opérations subséquentes, savoir le brève la ge et la cristallisation, étant absolument semblables.
La terre alumineuse ou terre glaise destinée à la formation du sulfate d'alumine, est choisie exempte, autant que possible, de fer et de terres calcaires ; on la calcine pour en séparer l'eau qu'elle contient , on la pulvérise à la meule , et on passe la poudre à un tamis de toile métallique.
On mêle exactement 100 parties de cette poudre fine avec 45 d'acide sulfurique à 45° Baumé. On aide la combinaison en exposant le mélange à une chaleur de 700, et en le mettant ensuite en tas dans un endroit chaud et humide de l'atelier, où il reste un mois et plus.
On reprend ensuite cette pâte alumineuse pour en extraire le sulfate d'alumine par lixiviation ; on sépare les eaux de lavage par décantation , et la dissolution de sulfate d'alumine ainsi obtenue est concentrée au degré nécessaire dans des chaudières de plomb, et amenée au point convenable pour faire l'alun par le procédé de brevetage décrit ci-dessus.
Tous les aluns du commerce contiennent quelques dix millièmes de sulfate de fer, sel très nuisible en teinture pour les couleurs de garance et de gaude; il est donc utile aux manufacturiers de pouvoir s'assurer de la présence de ce sel. Pour cela , on versera dans une dissolution d'eau pure et d'alun quelques gouttes de prussiate de potasse; bientôt il se formera un précipité bleu , d'autant plus abondant, et d'une couleur d'autant plus intense, que l'alun contiendra plus de fer. On peut purifier l'alun par ce même procédé, et recueillir le précipité, qui forme une belle couleur appelée bleu de Prusse. Voici les proportions de sulfate de fer que contiennent les divers aluns du commerce : alun d'Angleterre, 0,0012 ; de l'Aveyron, 0,0011; de Liège, o,ooio; de javelle, 0,0008;
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de Rome, o,ooo5 ; alun en petits cristaux fabriqué en France , o,ooo5 : ce dernier est en outre exempt de 2 ou 5 centièmes de matières insolubles que contient l'alun de Rome, et est par conséquent le plus pur de tous. Celui d'Angleterre est le plus impur ; il contient d'ailleurs une matière animale huileuse. L. Séb. L. et M.
ALUN. (Chimie.) Voyez Sulfate.
ALVÉOLES. (Histoire ?iaturelle.) Ce mot , dans sa véritable et primitive acception , désigne les cavités qui reçoivent les dents et qui sont creusées dans les os des mâchoires. Tous les animaux vertébrés , à l'exception des fourmiliers, des pangolins, des baleines parmi les mammifères, et des oiseaux , ont les racines de leurs dents plantées dans des alvéoles. Dans le jeune âge, les alvéoles n'existent point, us forment en commun un sillon dans lequel sont rangés les germes dentaires ; les cloisons s'établissent plus tard , et l'alvéole ne se complète que lorsque la dent qu'il chausse se trouve entièrement formée. ( Voyez Dents.) On a étendu le nom d'alvéoles aux cellules que se construisent les guêpes et les abeilles dans le dessein d'y renfermer leurs provisions et d'y élever leurs larves. (Voyez Abeilles.) Quelques oryetographes ont aussi appelé alvéoles des corps fossiles pierreux , concaves d'un côté et convexes de l'autre , souvent isolés ou quelquefois réunis , et qu'on sait aujourd'hui s'être formés dans les cavités des bélemnites. [Voyez Animaux perdus. ) B. de St.-V.