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la surface; on le lave à l'eau, et, lorsqu'il est sec et légèrement chauffé , on étend l'amalgame, qui y adhère aussitôt. On chauffe ensuite un peu plus fortement pour eo dégager le mercure; par le refroidissement, on trouve le métal recouvert d'une légère couche d'or, qu'on frotte avec une brosse métallique , qu'on ravive par une bouillie composée d'eau , d'ocre rouge , d'alun , etc. , et par la chaleur. Enfin on donne le poli au brunissoir. Quand il s'agit de dorer un métal qui a moins d'affinité pour l'or, comme le laiton on commence par le bien décaper et par le plonger dans une solution de nitrate de mercure. Le mercure s'y attache de suite, et l'on peut, après cette préparation, y appliquer l'amalgame comme précédemment.

Alliage d'étain et de plomb. Celui qui est formé d'une partie d'étain et de deux de plomb sert à souder le plomb et l"étain lui-même, parcequ'il est plus fusible que ces métaux.

Alliage d'étain et de cuivre* Celui qui contient onze parties d'étain et cent de cuivre sert à couler les bouches à feu et les statues de bronze. Le tam-tam des Orientaux est formé d'un alliage d'une partie d'étain sur quatre de cuivre. Pour le travailler au marteau , il faut le tremper à chaud dans l'eau froide; il acquiert alors une grande ductilité, tandis qu'il est très aigre et très sonore lorsqu'il se refroidit lentement. C'est ce qui arrive à tous les composés d'étain et de cuivre. Les miroirs des télescopes résultent d'un alliage d'une partie d'étain sur deux de cuivre. Pour faire les cloches , on combine vingt-deux parties d'étain avec soixante-dix-huit de cuivre , en y ajoutant , si l'on veut, un peu de zinc et de plomb. Enfin l'étain sert à étamer le cuivre.

Alliage d'étain et de fer. Le fer-blanc n'est que du fer laminé dont on enlève la rouille en le frottant avec du sable et en le plongeant pendant vingt-quatre heures dans une eau acidulée , qu'on nettoie bien avec du linge, qu'on plonge préalablement dans un bain de suif, puis dans un

ALL 565 bain d'étain fondu et recouvert lui-même de suif ou de toute autre matière grasse pour le proserver du contact de l'air. Après l'en avoir retiré , on le frotte avec de la sciure de bois , et , par un mécanisme quelconque , on rend uniforme la couche d'élain adhérente au fer.

Alliage d'antimoine et de plomb. Quatre parties de celui-ci et une partie de l'autre , mêlées d'un peu de cuivre, forment un alliage avec lequel se fondent les caractères d'imprimerie. *

Alliage de zinc et de cuivre ou laiton; formé d'une partie de zinc sur quatre de cuivre, ou de deux de l'un mr trois de l'autre. Ses usages sont nombreux et trop connus pour qu'il soit nécessaire d'en parler ici.

Alliage d'argent et de cuivre. Les divers alliages formés le ces deux métaux s'obtiennent en les chauffant ensemble lans un creuset. Leurs proportions légales sont en France , ) d'argent et i de cuivre, pour la monnaie d'argent; i d'argent et 4 de cuivre, pour la monnaie de billon; ) i d'argent et y de cuivre pour les vases , les couverts et a vaisselle; 8 d'argent et 2 de cuivre pour les bijoux, etc. ]es différentes proportions dans lesquelles on allie l'argent iu cuivre constituent ce qu'on appelle les titres de l'argent. )utre les usages précédents , on se sert encore de l'alliage !e cuivre et d'argent pour souder ce dernier métal; mais dors , pour le rendre fusible , on le forme de 5 à 4 de suivre et de 10 d'argent.

Alliage d'or et de cuivre , plus dur que le premier de ;es métaux. La monnaie d'or en France est un alliage de ) parties d'or et d'une partie de cuivre. Il* y a trois titres >our les vases et tous les ustensiles d'or : savoir, 92 d'or et \ de cuivre, 84 d'or et 1 6 de cuivre, d'or et a5 de cuivre.

ALLIAGE. (Technologie. ) En alliant les métaux, on >b lient des composés qui ont souvent des propriétés difêrentes de celles de leurs éléments. Les uns sont plus lurs , plus sonores , plus inaltérables à l'air et à l'eau ;

d'autres sont plus brillants, plus fusibles, plus faciles travailler et à polir. C'est donc en quelque sorte multiplie; les métaux et leurs usages , que de multiplier les alliage! métalliques. >

Ces composés se préparent , en général , en fondant à l'aide de la chaleur les métaux que l'on veut combiner, et en brassant le mélange liquide pour le rendre bien homogène. Celte dernière précaution est surtout nécessaire lorsque les métaux alliés différent beaucoup par leur pesanteur spécifique ; car le plus pesant tend toujours à se précipiter au fond du bain métallique , et à se séparer du plus léger.

Pour réunir plusieurs pièces métalliques, on emploie le procédé connu de la soudure , qui consiste à coller leurs surfaces par l'interposition d'un alliage dont la fusibilité doit être nécessairement plus grande que celle des mélaui qu'on veut souder. Cet alliage doit en outre être susceptible de s'unir facilement à ces métaux. Il suit de là que chaque métal exige, pour ainsi dire, une soudure particulière. Ainsi la soudure de l'or est un alliage d'or et d'argent , ou d'or et de cuivre; celle de l'argent , un alliage d'argent et de cuivre; celle de cuivre est ou de l'étam pur pour les pièces qui ne doivent point aller au feu , ou un alliage nommé soudure forte, et composé de zinc et de cuivre. La soudure du plomb et celle de l'étain est un alliage de ces deux métaux, comme la soudure des plombiers.

L'arsenic , allié à la plupart des métaux, même à une dose excessivement faible , les rend cassants et très aigres ; mais il en augmente la fusibilité. On s'en sert pour fabriquer certains ustensiles d'un alliage appelé cuivre blanc, ainsi nommé parcequ'il est de couleur d'argent; il est formé de dix parties de cuivre et d'une d'arsenic , mais il est très fragile.

L'alliage fusible, trouvé par M. d'Arcet, jouit de cette propriété singulière de fondre dans l'eau bouillante, et par conséquent à une chaleur moindre que ioo°. Il est composé de huit parties de bismuth, cinq de plomb, et

trois d'étain. On peut encore augmenter sa fusibilité en y ajoutant une petite quantité de mercure; on *'en sert alors pour injecter des pièces anatomiques , etles dentbtes l'emploient pour boucher les cavités des dents cariées. En changeant convenablement les proportions des trois métaux qui le composent , on obtient des alliages fusibles au degré qu'on veut. On se sert de ces alliages pour former des soupapes de sûreté pour les marmites autoclaves et les chaudières, des machines à vapeur ; on écarte ainsi tout danger d'explosion , car la soupape fond et laisse une issue libre à la vapeur bien avant que la chaleur puisse devenir assez grande pour produire l'explosion redoutée.

L'acier de l'Inde , nommé wootz , paraît être un alliage de l'acier fondu avec l'aluminium ou le silicium : il est extrêmement dur , et semble doué , plus que les autres aciers , de la faculté de cristalliser par le refroidissement; ce qui fait qu'il conserve , quoique fondu à plusieurs reprises , la propriété particulière de présenter une surface damassée par l'action des acides affaiblis.

MM. Stodart et Faraday ont formé un alliage qui présente tous les caractères du meilleur acier de l'Inde. Il se damasse comme le wootz , et le procédé suivi par ces savants donne lieu de croire que la composition en est à peu près la même.

L'acier et l'argent s'allient très difficilement; mais lorsque ces métaux sont combinés dans le rapport d'une partie d'argent contre 5oo d'acier, l'alliage devient homogène , et même supérieur au meilleur acier de l'Inde.

Les mêmes auteurs ont obtenu un autre alliage en fondant parties égales d'acier et de platine. Ils annoncent que ce composé prend le plus beau poli ; il est inaltérable à l'air ; sa couleur est la plus belle et la plus avantageuse qu'on puisse désirer pour la confection des miroirs. Le rhodium , combiné avec l'acier dans la proportion d'un à deux pour cent, donne un'alliage^d'une dureté et d'une ténacité ex* cessives.

M. Bertier a obtenu des alliages remarquables d'acier et de chrome, qui se font distinguer par la facilité de les travailler et par leur beau damassé argentin. M. Boussingaull a fait d'autres expériences, dans lesquelles il a allié le silicium a l'acier. [Voyez, pour plus de détails , Annales de chimie et de PHYSIQUE, octobre 1820, et janvier 1821.)

Les alliages du mercure avec les autres métaux seront traités au mot Amalgame. L. Séb. L. et M.

ALLIANCE DE MOTS. {Littérature. ) On appelle, en littérature , alliance de mots , le rapprochement de deux idées , de deux termes qui semblent s'exclure , réfléchissent l'un sur l'autre une partie du sens qui leur est propre, se modifient, se tempèrent , s'adoucissent mutuellement, acquièrent par leur union plus de grâce ou d'énergie , et présentent, heureusement accolés , un sens distinct de celui qu'ils auraient eu séparément.

On peut comparer Y alliance de mots aux races habilement croisées par l'hymen, aux rameaux heureusement unis par la greffe , et qui produisent ainsi des fruits d'une qualité supérieure et différente.

L'alliance des mots supplée aux expressions déterminées quand elles nous manquent pour peindre notre pensée, et sert à en définir toutes les nuances , comme l'alliance des couleurs supplée, sous le pinceau d'un peintre habile , aux tons composés qui ne lui sont point donnés par les couleurs primitives.

L'influence d'un mot sur un autre est suffisamment démontrée par ce principe grammatical, deux négations valent une affirmation. Cette influence n'est pas toujours aussi positive ; elle ne change pas toujours le sens , elle le rend plus ou moins direct , l'augmente ou l'atténue , selon les mots que Ton rapproche pour exprimer, par leur union, l'idée que l'on n'aurait pu rendre avec un seul.

- L'écrivain , l'orateur et le poëte^trouvent , dans l'ingénieux rapprochement des mots , des ressources contre la

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pauvreté d'expressions reprochée justement à notre langue. Ainsi que le dit Millevoye ,

Une plume exercée habilement rassemble Ces termes qui, surpris et charmés d'être ensemble, D'un hymen favorable empruntant le secours , Fécondent la pensée , échauffent le discours.

C'est dans Corneille et dans Racine que Ton rencontre le plus fréquemment de ces alliances de mots, inusitées jusqu'à eux , dont ils offrent encore les plus beaux modèles , et que le génie seul peut imiter. Ils ont étendu les limites d'une langue qui ne se prêtait point suffisamment au développement de leurs pensées , non en créant des termes plus nombreux , mais en multipliant ou agrandissant, par des rapprochements nouveaux, la signification des termes adoptés par l'usage. Ils ont prouvé qu'il n'y a point de langue ingrale pour de grands écrivains, et que les combinaisons variées de quelques mots, changeant de valeur selon la place qu'ils occupent , suffisent à l'expression do toutes les pensées , comme les combinaisons diverses de quelques chiffres suffisent à l'expression de tous les nombres. Racine , qui faisait admirer a ses enfants ce beau vers de Corneille,

Et monté sur le faîte, «7 aspire à descendre ,

a dit lui-même avec une hardiesse égale :

Dans une longue enfance ils l'auraient fait vieillir.

Il n'est pas nécessaire de faire remarquer tout ce qu'il y a de grand et d'expressif dans la réunion de ces termes , qui peignent avec tant de bonheur, et d'un seul trait , la situation des personnages auxquels ils s'appliquent.

Racine n'a pas été moins bien inspiré quand il a dit , dans Phèdre,

Déjà de l'insolence heureux persécuteur.

On sent que l'alliance des mots fait ici d'une épithèto injurieuse un titre honorable,

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Destouches, dans le Glorieux, ne pouvait peindre en termes mieux choisis la bassesse d'un fils orgueilleux , qu'il ne l'a fait dans cette apostrophe remplie de justesse et d'éloquence :

J'entends ; la vanité me déclare à genoux Qu'un père malheureux n'est pas digne de vous.

M. Baour-Lormian, dans sa traduction de la Jérusalem délivrée, offre un exemple remarquable de la manière dont on peut rapprocher, dans la poésie descriptive, les termes les plus opposés.

On voit le long des murs que bat l'airain terrible , En balles se gonfler une laine flexible , Qui trompe le bélier, sans relâche grondant , Combat par sa mollesse , et résiste en cédant.

Lebrun a dit, dans une de ses épîtres , et c'était avant le temps où s'imprime ce livre,

S'élever en rampant à d'indigne* honneurs.

Ses poésies offrent un grand nombre de ces alliance* heureuses qui lui ont valu , de la part de Ginguené, les vers suivants, qu'il ne sera pas inutile de citer :

D'un plaisir inquiet tu nous vois tressaillir A ces expressions neuves , inattendues , Richesses du langage , en tes vers répandues ; A cet accord de mots jusqu'alors ennemis , Qui , placés avec art, et désormais unis , Portent, sans murmurer, une commune chaîne , Et ne sont plus surpris que de leur vieille haine.

Les poètes et les orateurs présentent une foule de ces rapprochements de mots qui forment image , mais dont il faut se garder d'abuser.

Le bon goût en prescrit l'emploi sage et discret.

Millbvovk.

Ce qu'on doit éviter surtout , ce sont les alliances de termes ambitieux et bizarres , qui frappent quelquefois au

ALL 57c premier aspect, mais que l'esprit et la raison repoussent bientôt , si un lien intime et naturel ne les légitime. Dans ce genre , comme dans tout autre , les hardiesses de la médiocrité sont toujours décolorées et froides ; les hardiesses seules du génie sont sublimes. E. D. ALLIANCE. (Politique.) Voyez Traités.

ALLOCUTION. (Art militaire.) Discours , harangue d'un général à son armée. L'usage en était fréquent dans l'antiquité, et l'habitude d'assister aux discussions publiques le rendait nécessaire pour des hommes qui , sous les armes , furent long-temps citoyens ; les généraux ne dédaignaient pas de leur expliquer les motifs de la guerre, et d'invoquer la victoire au nom de la justice.

Quelques écrivains ont prétendu que les belles allocutions que nous lisons dans Thucydide, dans Polybe, et surtout dans Tite-Live, étaient l'ouvrage de ces historiens. Ils ont eu raison en ce sens , que chaque auteur a mis dans ses harangues ses propres idées et les a empreintes de la couleur de son style; mais on ne peut pas douter que des discours de ce genre n'aient été tenus. Tous les restes de l'antiquité l'attestent. Sur la colonne trajane , l'empereur debout parle aux troupes réunies autour de lui. Plusieurs médailles de Néron, de Galba , de Septime-Sévère, les représentent haranguant leurs soldats.

Ces allocutions devaient produire un grand effet : la mâle assurance du général , son geste animé , sa voix forte , ses regards brillants d'ardeur et d'espérance, électrisaient les soldats et élevaient toutes les âmes au nivearu de la sienne. Souvent un mot d'inspiration , un trait inattendu suffisait pour ranimer le courage et assurer la victoire. Léonidas arrive aux Thermopyles , quelqu'un lui crie ; Voilà les Perses qui s'approchent de nous. — Nous approchons d'eux, répondit le héros. — Le soleil sera obscurci par les flèches d&nos ennemis. — Tant mieux, nous combattrons à l'ombre. Près des défilés de Tégyre, un Thébain effrayé s'écrie : Nous sommes tombés entre les mains des Lacé-

démoniens*. — Dites plutôt qu'ils sont tombés entre les nôtres , réplique Pèlopidas. Avant de livrer la bataille qui décida de l'empire du monde, César fit aplanir les remparts , combler les fossés , et dit aux soldats étonnés : Nous irons dormir dans le camp de Pompée, Guillaume le conquérant brûle la flotte qui l'avait apporté, et jette la première torche en disant: Nous irons à Londres, c'est notre seul asile. Annibal, avant lui , avait remercié les dieux de l'avoir placé entre la victoire et la mort.

Les allocutions varient suivant les lieux, les époques et les motifs de la guerre. A Home, à Sparte, à Athènes , on parlait au nom de la patrie. Alexandre promettait les dépouilles de l'Asie. C'était aux cris magiques d'indépendance et de liberté que combattaient les compagnons de Tell et les soldats des Nassau. Les bataillons de Gustave, invoquant le Dieu des armées , répétaient les prières que prononçait le grand roi avant de donner le signal à Lutzen. Aussi braves , mais plus passionnés , et surtout plus avides , étaient les disciples de Mahomet, à qui le calife Omar disait avant la bataille : Combattez pour Dieu; il vous donnera la terre.

Mus par un sentiment de haine et de vengeance , quelques historiens hollandais ont prétendu que Luxembourg, marchant en 1672 pour attaquer Leyde et Lahaye, avait dit à ses soldats: Tuez, pillez, violez; tout est permis à ceux qui savent vaincre. Ce langage, qui ne convient qu'à un chef de flibustiers, ne peut pas être celui d'un général de Louis-XIV.

11 n'est pas d'ailleurs nécessaire, pour animer les soldats français , de leur parler au nom du ciel , ni de leur promettre les biens de la terre. L'honneur, la renommée de leur corps, la gloire de nos armes , suffisent pour leur faire braver la mort. II semblerait, au premier coup d'oeil que les idées vagues ou complexes ne doivent agir que sur'des gens instruits qui peuvent les définir et les analyser; mais nos mœurs en ont fait le patrimoine de toutes les classes ,

ALL 57S de tous les rangs. Le général veut remplir l'univers de son nom , l'officier veut être cité dans l'armée, le soldat dans son régiment. Ce sont des cercles concentriques : les plus petits, il est vrai, sont tracés sur le sable .sont effacés par le moindre souffle ; mais l'expérience ne désabuse pas , et l'on meurt tout entier en rêvant l'immortalité.

Condéy qui connaissait si bien les Français, jetait dans les retranchements de Fribourg son bâton de commandement, en criant : Allons le chercher. A Lens, il disait: Amis y souvenez-vous de Rocroy, de Fribourget de Nordlingue.

Henri IV parcourt à lvry la ligne de ses troupes , et leur montrant le panache qui flottait sur son casque, «il dit : Enfants 9 si les cornettes vous manquent, voici le signe de ralliement : il sera toujours sur la route de l'honneur et de la victoire. Il s'écrie dans cette même bataille : Je suis votre roi, vous êtes Français, voilà l'ennemi : donnons!

Un autre Béarnais, devenu roi, non par droit de conquête et par droit de naissance, mais par le choix libre et spontané d'une nation forte et généreuse , a dit depuis , au passage du Tagliamento, lorsqu'il était général français : Soldats de C armée du Rhin, C armée d'Italie vous regarde. Moreau, dont la mort a flétri la vie , disait au cinquante-septième , qui , à Maeskirk , soutenait les efforts des Autrichiens : Rappelez-vous que Ronaparte, en Italie, vous a salués du nom de Terrible.

L'immense étendue de terrain qu'occupe une armée , 1'impossibililé de réunir toutes les armes sur un même point, ont fait remplacer les harangues par des ordres du jour, qui , lus à la tête de chaque bataillon , produisent inoins d'effet sans doute, mais initient les soldats aux pensées et aux projets des chefs.

Kléber reçoit en Égypte une sommation de l'amiral Keith, il la fait mettre à l'ordre de l'armée , et il ajoute : Soldats, on répond à de telles insolences par la victoire:

préparez-vous à oombattre; et les Turcs furent vaincus! Après la mort de Kléber, Menou, qui le remplaça , fut moins heureux : son langage avait cependant été aussi énergique. Voici l'ordre du jour du i5 ventôse an 9 ( 6 mars îJtai) : Soldats, une armée navale anglaise de cent trente cinq voiles est sur les côtes d'Egypte; si des troupes débarquent , vous les culbuterez dans la mer. Une armée d'Osmanlis fait des mouvements vers El-Arish; si elle marche sur l'Egypte, vous l'anéantirez dans le désert.

Bonaparte , général en chef, consul, empereur, a laissé dans ce genre des modèles qui feront l'admiration de la postérité. «Soldats, disait-il en 1796 à son armée d'Italie, vous » avez en quinze jours remporté six victoires , pris vingt et » un drapeaux , cinquante pièces de canon , plusieurs places • fortes, conquis la partie la plus riche du Piémont. Jus- » qu'ici vous vous étiez battus pour des rochers stériles , ilb lustrés par votre courage , mais inutiles à la patrie. Dénués » de tout , vous avez suppléé à tout ; vous avez gagné des » batailles sans canons, passé des rivières sans ponts, bi- » vouaqué sans eau-de-vie , et souvent sans pain. Grâces « vous soient rendues ! les plus grands obstacles sont fran- » chis sans doute : vous avez encore des combats à livrer, » des villes à prendre , des rivières à passer ; en est-il d'entre » vous dont le courage s'amollisse ? en est-il qui préféreraient » de retourner sur les sommets de l'Apennin et des Alpes » essuyer patiemment les injures de cette soldatesque es- »clave?... Non, il n'en est pas parmi les vainqueurs de » Montenotte , de Millesimo, de Dego et de Mondovi : » tous brûlent de porter au loin la gloire du nom français ; *> tous veulent dicter une paix glorieuse ; tous veulent en » rentrant dans leurs villages pouvoir dire avec fierté: » J'étais de l'armée conquérante de l'Italie. »

Ce dernier trait est une expression simple et sublime du caractère national: il rend ce besoin de gloire, de considération et d'estime qui agite tout cœur généreux et vrai? ment français. Aussi Bonaparte lVt-il reproduit plusieurs

ALL 5^5 (bis. Après la bataille d'Ausierlitz il rappelle à ses soldats tous leurs triomphes, il en promet la récompense : «Vous » avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire. Une armée » de cent mille hommes , commandée par les empereurs de » Russie et d'Autriche , a été en quelques heures coupée et » dispersée; ce qui a échappé à votre fer s'est noyé dans les d lacs. Quarante drapeaux , les étendarls de la garde impé- » riale russe f cent vingt pièces de canon , vingt généraux , »plus de trente mille prisonniers , sont le résultat de cette » journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée n'a » pu résister à votre choc , et désormais vous n'avez plus de » rivaux. Soldats, je vous ramènerai en France; là vous » serez l'objet de mes plus tendres sollicitudes, et il vous 0 suffira de dire, J'étais à la bataille d'Austerlitz , pour » que Ton réponde , V oilà un brave. »

Avant que le canon de Mojaïskse fit entendre, Napoléon encourageait cette armée que les éléments devaient détruire : « Voici la bataille que vous avez tant désirée : dé' 9 sormais la victoire dépend de vous ; elle est nécessaire , • elle vous donnera l'abondance , de bons quartiers d'hiver, »et un prompt retour dans la patrie. Conduisez - vous » comme à Austerlitz, à Friedland, à Vitepsk^ à Smo- » lensk, et que la postérité la plus reculée cite avec orgueil «votre conduite dans cette journée ; que l'on dise de vous : » Il était à cette grande bataille sous les murs de Moscow.»

Le rapprochement des dates, des époques, des circonstances , est encore un trait caractéristique des discours que Bonaparte adressait à son armèe.César, Frédéric. Crom^ wetl, avaient employé le même moyen. Rien en effet n'est plus propre à ébranler les imaginations que la puissance des souvenirs. Les Romains avaient des jours heureux et des jours funestes ( dies atri , dies inominales , dits religiosi ) où leurs généraux n'auraient pas osé aborder l'ennemi ; de ce nombre était le 17 août , marqué par la mort des trois cents Fabius.

Après la bataille de Friedland l'empereur s'exprimait

ainsi : «Vous célébrâtes à Austerlitz l'anniversaire du cou- » ronnement ; vous avez cette année dignement célébré celui » de Marengo. » En 1806, dans les champs de la Pologne, il disait encore : « Soldats , il y a aujourd'hui un an , à cette » heure même, que vous*Stiez sur le champ mémorable * à* Austerlitz; les bataillons russes épouvantés fuyaient en » déroute ou rendaient les armes à leurs vainqueurs. Aujourd'hui ils vous bravent ! Eux et nous , ne sommes-nous »pas les soldats d' Austerlitz ?»

Nous pourrions multiplier ces exemples , et , comparant les discours des généraux à diverses époques , y chercher des inductions sur ce qui agit le plus puissamment sur les hommes; il nous serait facile d'agrandir encore le cercle, et de rapprocher les discours adressés à des nations qui diffèrent de caractères, de mœurs et d'institutions; mais il faudrait aborder alors des questions qui exigeraient de longs développements , et nous ne devons pas dépasser les bornes que nous nous sommes prescrites. M. L.

ALLUCHONS. (Mécanique.) C'est le nom qu'on donne aux fuseaux de bois dont on garnit une roue pour la faire engrener avec une lanterne. La forme des alluchons est déterminée, ainsi que leur nombre , par les mêmes principes que les dents des roues.

ALLUMETTES. {Technologie.) S'il est un art qui paraisse peu fait pour attirer l'attention , c'est certainement celui de l'allumettier. Rien de plus simple que les petits brins de bois qu'il nous fournit , et de tous les produits de l'art , aucun n'est d'une valeur si exiguë. Cependant l'exiguïté même de cette valeur est une chose digne de remarque, et l'étonnement augmenterait si l'on faisait attention qu'une allumette , pour être propre à la vente , n'exige pas moins de huit opérations distinctes , qui souvent sont exécutées par autant d'ouvriers différents. Aussi , pour parvenir à les livrer à si bas prix , a-t-il fallu considérablement perfectionner les procédés de fabrication, et ils lè sont tellement aujourd'hui , que l'ouvrier tendeur d'al-

ÀLL 577 lumelles peut aisément dans sa journée en fendre ou débiter jusqu'à huit cent mille.

On choisit pour faire les allumettes un bois sec et léger. Les allumettiers préfèrent le bois de tremble; ils le scient en petits billots de la longueur qu'ils veulent donner à l'allumette, et qui est ordinairement d'un décimètre, lis le choisissent, autant qu'il est possible, sans nœuds, afin qu'il se fende bien , et ils le font sécher au four.

Cela fait, ils le prennent pour le refendre , selon la direction des fibres, en petites feuilles ou tablettes , à l'aide d'une plane ou couteau à main disposé sur l'établi comme le couteau des boulangers.

Le billot, refendu d'abord dans un sens en petites tablettes, est ensuite retourné et fendu transversalement dans l'autre sens , de sorte que tous les feuillets sont à la fois transformés en petites bûchettes carrées ; un autre ouvrier prend tous ces petits brins par poignées pour en former des paquets , il les lie avec de la ficelle , ou, pour plus d'économie , avec des pennes, sorte de fil qui reste sur le métier du tisserand après qu'on en a enlevé la toile.

Le paquet étant lié passe à un autre ouvrier qui le frappe avec une palette, afin que les petits brins ne dépassent point la superficie des deux bouts , mais présentent une surface unie et propre à recevoir le soufre uniformément.

Enfin un dernier ouvrier ayant devant lui une terrine pleine de soufre fondu , y plonge les paquets pour imprégner les bouts de cette matière inflammable.

M. Pelletier a substitué à la plane un rabot à plusieurs lames , qui est d'un usage aussi facile , et qui fait sauter douze allumettes à chaque fois et tout d'un coup, au point qu'un seul ouvrier peut en expédier plus de soixante mille par heure , lesquelles , soufrées et comptées au prix d'un centime le cent , produisent une valeur de six francs, ou par journée de douze heures , soixante-douze francs.

Allumettes oxygénées. Ces allumettes , récemment inventées , sont très commodes pour se procurer immédiate- 1. 07

ment de la lumière; il suffit d'en plonger l'extrémité dans un flacon contenant de l'acide sulfurique concentré , et de l'en retirer à l'instant. Aussitôt le bout prend feu et enflamme l'allumette.

Pour les préparer, on fait un mélange d'une partie de soufre et de trois de chlorate de potasse légèrement gommé. On broie ces deux substances à part, précaution nécessaire pour éviter le danger d'une explosion qui pourrait résulter de la chaleur produite par le frottement; on mélange ensuite les deux poudres et on leur donne de la consistance avec un peu de gomme adragant; on y ajoute uo peu de lycopode , et on colore en rouge avec du cinabre, ou en bleu avec de l'indigo. Les allumettes sont soufrées d'abord , mais un peu plus qu'à l'ordinaire, et par un bout seulement; on trempe ensuite ce bout dans le mélange cidessus , ce qui en fait des allumettes oxygénées.

La cause de l'inflammation instantanée de ces allumettes est facile à concevoir. L'acide sulfurique dans lequel on les plonge décompose subitement, et avec production de chaleur, le chlorate de potasse et même l'acide chlorique; l'oxygène de ce dernier se porte immédiatement sur le lycopode et le soufre, matières très inflammables, et il y produit une vive combustion qui allume ensuite les brins de bois.

On trouve dans le commerce, et à très bas prix, des étuis qui contiennent une provision d'allumettes et le flacon d'acide sulfurique. Il y a dans celui-ci de l'amiante qui tient lieu d'éponge, et empêche que l'allumette ne se charge d'un excès d'acide , et ne le projette d'une manière incommode sur les vêtements. On se sert d'amiante pour excipient de l'acide sulfurique, pareeque ce fil minéral n'est pas attaquable par les acides comme le serait le coton ou une éponge. Ce petit nécessaire , ainsi disposé, a reçu le nom de briquet oxygéné. L. Séb. L. et M.

ALLURE. (Marine.) Littéralement, manière d'aller. C'est la route et la situation du vaisseau par rapport à la direction du vent. Il y a trois allures principales: le plm

près du vent, le largue et le vent arrière. (Voyez ces mots. )

ALLUSION. ( Littérature. ) L'allusion est une figure de rhétorique qui aide à faire sentir le rapport que les personnes ou les choses ont entre elles , et qui emploie des expressions naturelles pour rappeler une idée autre que celle que les mots semblaient d'abord destinés à faire naître. L'allusion est une sorte d'allégorie qui consiste ordinairement dans un mot , dans une phrase , et qui insinue plutôt qu'elle ne désigne le rapprochement qu'on a l'intention de faire. Ce rapprochement est le plus souvent un trait de satire ou de louange , quelquefois un conseil ou une leçon. C'est une manière adroite et délicate de faire passer ce qu'il y aurait de trop fade dans la louange, de trop amer dans la critique , de trop audacieux dans le conseil ou dans la leçon. C'est une balle qui , détournée de la ligne droite , frappe sur un corps étranger , et arrive au but par ricochet. Quand Boileau, dans sa première épitre , faisait reprocher à Pyrrhus, par Ciuéas, son humeur guerroyante, et l'engageait à se reposer, il faisait allusion à la manie des conquêtes qui s'était emparée de Louis XIV, et s'adressait indirectement à ce prince , à qui il n'eût peut-être pas été prudent de reprocher en face son ardeur pour la guerre. Racine employa le même moyen pour détourner ce monarque de paraître sur le théâtre, d'y chanter et d'y danser. Il ne s'adressa point à Louis XIV, il fronda Néron: l'allusion était claire; le roi la sentit et se corrigea. Les courtisans la sentirent aussi , et crurent plaire au maître en dénigrant Brïtannicus.

Les poètes ont toujours employé l'allusion pour donner des leçons aux rois et aux peuples. Le théâtre d'Eschyle, d'Euripide et d'Aristophane, est rempli d'allusions aux événements du temps. Ménénius , dans la fable des membres et l'estomac, qu'il adressa au peuple retiré sur le mont Aventin,se servit de l'allusion pour le ramener dans Rome; et Stésichore , le plus ancien poète sicilien , inventa l'a-

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pologue du cheval et l'homme , pour détourner ses concitoyens d'implorer contre leurs ennemis le secours du tyran Phalaris, qui aurait bien pu ensuite leur donner des fers.

C'est dans la fable surtout que brille l'allusion , elle y est indispensable. Chaussard a dit dans sa poétique secondaire :

Un masque offre les traits des divers animaux,

Mais sous ce masque est l'homme avec tous ses défauts :

Lui même en a, souri. Qu'un docte badinage

Échange finement noms, titres et langage ;

Et de l'allusion que le miroir secret

De vos mœurs en profil révèle le portrait.

La Fontaine est le maître dans ce genre. Toutes ses fables sont des allusions ingénieuses à nos vices , à nos travers , à nos défauts. Dans tous les animaux qu'il fait parler, on reconnaît l'homme.

Dans un genre plus élevé, l'allusion plaît lorsqu'elle offre une image neuve et belle , comme dans ce passage du septième chant de la Henriade:

Ton roi, jeune Biron , te sauve enfin la vie, Il t'arrache sanglant aux fureurs des soldats, Dont les coups redoublés achevaient ton trépas ; Tu vis , songe du moins à lui rester fidèle.

Ce dernier vers fait allusion à la conspiration du maréchal de Biron.

Quand l'allusion est employée par la louange , elle doit être fine et délicate , comme dans ces vers improvisés par mademoiselle de Scudéri , à l'aspect des œillets que le prince de Condé avait cultivés à Yincennes , pendant sa captivité ;

En voyant ces œillets qu'un illustre guerrier Arrose de la main qui gagna des batailles, Souviens-toi qu'Apollon bâtissait des murailles, Et ne t'étonne pas que Mars soit jardinier.

Toiture, qui était fils d'un marchand de vin, jouant

ALL 58i un jour aux proverbes dans une société , madame Desloges lui dit, « Celui-là ne vaut rien, perces-nous-en un autre : » On voit que madame Desloges rappelait par là l'état du père de Voiture. L'allusion que faisait madame Desloges était une impertinence , et prouvait qu'avec de l'esprit une femme orgueilleuse et vaine peut n'être qu'une sotte.

Molière, en annonçant la défense de jouer le Tartufe, ajouta : M. le premier président ne veut pas quon le joue. L'allusion était vive , sanglante, et le double sens la rendait aussi adroite que spirituelle.

Ce petit nombre d'exemples suffira pour démontrer tout le parti qu'on peut tirer de l'allusion. Dans les temps de trouble, de fureur et de haine, elle devient un bouclier contre le danger d'exprimer franchement sa pensée. La vérité se retranche alors derrière l'allusion , mais plus d'un arrêt nous a démontré que ce rempart n'est pas inexpugnable. * E. D.

ALLUVION. {Législation.) On appelle ainsi les alterrissements et accroissements qui se forment successivement et imperceptiblement aux fonds riverains d'un fleuve ou d'une rivière. L'alluvion est considérée par la loi civile comme un moyen d'acquérir la propriété. Elle profite au propriétaire riverain, soit qu'il s'agisse d'un fleuve ou d'une rivière navigable, flottable ou non; à la charge toutefois , dans ce premier cas, de laisser le marchepied^ ou chemin de hala^e, conformément aux règlements.

Le besoin d'établir des règles générales a dû déterminer le législateur à consacrer ici une sorte d'injustice. Ainjsi, il a assimilé à l'alluvion proprement dite, le relais que forme l'eau courante qui se relire insensiblement de l'une de ses rives pour se porter sur l'autre ; le propriétaire de la rive découverte profite de l'augmentation de son terrain, sans que le propriétaire de l'autre rive soit admis à réclamer le terrain qu'il a perdu.

L'alluvion n'a pas lieu à l'égard des lacs et des étangs

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dont le propriétaire conserve toujours le terrain que l'eau couvre quand elle est à la hauteur de la décharge de Tétang, encore que le volume de l'eau vienne à diminuer. Réciproquement, le propriétaire de l'étang n'acquiert aucun droit sur les terres riveraines que son eau vient à couvrir dans des crues extraordinaires. On n'a pas dû assimiler à l'alluvion , l'enlèvement subit d'une partie du terrain contigu à une .rivière , que la violence des eaux porterait vers un champ inférieur ou sur la rive opposée. Une sorte d'action en revendication est alors accordée au propriétaire de la partie enlevée : mais cette action doit être formée dans l'année , si le propriétaire voisin a pris possession de la partie accrne à son terrain. C...s.

ALLUVIONS. (Agriculture.) Les alluvions sont utiles à l'agriculture en ce qu'elles étendent le domaine des terres arables. Que de pays en effet acquis à la culture par ce jeu de la nature dont l'art a su tirer parti ! La basse Égypte, la Hollande (nord) , le bas Languedoc , la basse Vendée et la Camargue sont des alluvions du Nil, du Rhin, delà Loire et du Rhône; et nous en trouvons encore de considérables produites par le fleuve Saint-Laurent, celui des Amazones , le Mississipi et l'Indus. Ajoutons à ces alluvions importantes les nombreuses accrues acquises aux propriétés riveraines par les courants inégaux d'une foule d'autres fleuves et de rivières.

Sans les soins de l'art et de la culture, les alluvions , et particulièrement les alluvions marines, pourraient rester stériles pendant des siècles , si le propriétaire riverain ne s'occupait de les féconder. 11 faut pour cela commencer par les étayer par des pieux enfoncés profondément et avec force, entrelacer ces pieux de clayonnage , et planter le sol d'osiers, de chalefs, de roseaux, de massettes, de rubaniers, d'iris , ou autres plantes aquatiques etaréneuses , à racines traçantes qui retiennent les terres, aneltent la vase et favorisent ainsi la fertilisation et l'exhaussement de l'alluvion. Avec de semblables dispositions , au bout de deux ans , on

ALM 583 peut souvent confier à l'alluvion des plantations d'oliviers rouges et de saules, jusqu'à ce qu'elle puisse être convertie en prairie artificielle ou consacrée à d'autres cultures.

ALMANACH. (Astronomie.) Table qui fait principalement connaître le nombre et l'ordre des mois, des jours et des fêtes de l'année. On y trouve encore ordinairement les phases de la lune et l'annonce des éclipses. Pendant long-temps ce genre de productions a été un dépôt d'erreurs et de préjugés : c'était la voie par laquelle l'astrologie faisait circuler le mensonge des palais aux plus humbles chaumières. ( Voyez Astrologie. ) Les almanachs contenaient des prédictions relatives à l'agriculture , à la météorologie , aux destinées des princes , aux affaires des Dations , etc. Souvent tes rois ont été obligés d'en interdire la publication. Aujourd'hui de pareilles mesures ne sont plus nécessaires : les progrès des sciences ont frappé du mépris public ce honteux moyen de spéculer sur la crédulité des peuples.

Depuis long-temps les prédictions ont fait place à des choses plus positives. Les almanachs sont devenus des espèces ^agenda que l'on approprie au goût et à l'usage des diverses classes de la société. On en compte un grand nombre chez toutes les nations civilisées. En France , la cour, les départements , les grands corps de l'état, les sociétés savantes, les arts, l'industrie, le commerce, etc., ont chacun le leur. Tous ces almanachs ont pour fondement la table des jours et des fêtes de l'année, suivie d'indications à chaque instant nécessaires aux particuliers à qui ces agenda sont adressés. C'est ainsi que l'almanach royal, dont l'origine remonte h l'année 1679, donne la chronologie des rois et des reines de France de la troisième race ; les naissances et alliances des rois , reines , princes et princesses de l'Europe; la composition de la maison du roi et celles des maisons des princes et princesses de la famille royale; les listes et les adresses des

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