TÉMOINS
TEMOINS. Les jugies réguliers ne négligeaient rien pour éclaircir les doutes qu'ils avaient formes sur la culpabilité de leurs sujetSt Au moindre soupçon , ils t^itaient à leur tribunal , par une assignation écrite , ^n grand nom* l>re de témoins; et si quelque^ufis d'entre eux refusaient de comparaître , ils étaient regardés et jugés compie contumaces» Les témoins étaient pris indifféremment parmi les clercs et les séculiers. Cependant on n'interrogeait ceux - ci qu'av.ec plus de réserve , parce que Ton pensait sagement qu^une haine secrète contre les moines eût pu 'envenimer leurs dépositions.
Les docteurs ont disserté long^temps sur la validité des témoignages , et Spatharius a consacré un livre entier à ce sujet. Roderic, Decius et quelques antres , soutiennent que le rapport de deux moniales ne suffit pas pour faire con-^ damner un qlerc, parce que >p disent-ils « etsi moniales r^Ugiosœ sintj vçnjantamen sunt mU'libres çt fragiles; quoiqu'elles soient religieuses^ eUes n'en ^nt pas moins femmes et fragiles.
Cette décision de deux hommes expérimentés donne beaucoup h penser. C^pondant, ajoutent*
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ils^ avec tous les casuistes , les moniales sont témoins irrécusables des crimes commis par les Frères sur elles-mêmes et dans leurs monastères : Moniales sunt testes de criminibus à Fratribus apud easdem comnussis et monasteria earum^
. Les anciens Supérieurs réguliers ne connaissaient pas cette mollesse que nous décorons du beau nom d'humanité. Rien ne leur coûtait pour découvrir la vérité. Le juge n'avait d'autre frein que sa conscience : il pouvait à son gré , après avoir fait administrer à l'accusé la triple question extraordinaire , y soumettre aussi un ^ deux ou trois ^ ou tous les témoins, quelque nombreux qu'ils fussent y s'il ne voyait pas d'autres moyens de débrouiller l'affaire. Mais on avait soin de faire torturer d^abord les plus délicats \ afin que la douleur leur arrachât la vérité plus promptement , et qu'on ne fût pas obligé de trop prolonger cette scène sanglante. C'est par la même raison que y s'il se trouvait des femmes paUni les témoins, on les appliquait les premières à la question , en commençant toujours par les plus faibles : toutefois , on n'essayait sur elles que des tortures douces et honnêtes , par égard pour la fragilité de leur sexe. Tel était l'avis des docteurs. Optimè de-
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cet ex clari sententiâ, torqueri deberi^ vel^duos, vel très , vel omnes testes quoscumquefuerint , si aliter veritas haheri non possit. Quod arbitrio judicis estrelinquendum.... Moniales vix torquendœ , et ah ilUs semper exordiendum tan-' quàm à debilioribus , et tîim mitionhus et honestis tormentis utendum. Compatiendtim enim sexûs jragilitati , ut notant doctores^ ( Spatharius y pag. i88 ^ 189 et suivantes. )