TERTIAIRES
TERTIAIRES, Nous avons vu que Saint François d'Assises , après avoir institué les Cordeliers et les Claristes , fonda un troisième ordre pour les séculiers qui voulaient imiter la vie monastique , autant que le permettent les dissipations du monde et les obligations du mariage. On s'empressait de s'affilier à ces confréries pour jouir des privilèges temporels et spirituels qui y étaient attachés ; et pour se soustraire autant que possible à la domination séculière. La politique des Papes voyait avec plaisir se grossir au milieu du camp ennemi une milice ' qui lui était toute dévouée. La puissance monastique se trouvait corroborée par cette redoutable clientelle, et^ de leur côté, les confrères étaient sûrs de trouver, en toutes circonstances-, appui et protection. De part et d^autre, les avantages étaient immenses ; aussi , presque tous les ordres, et notamment les Carmes, les Augustins et les Jésuites, voulurent-ils avoir des Tertiaires^ et c'est dans cette institution qu'on devrait chercher l'origine de ces Congrégations dont ou parle tant de nos jours.
Oh les nommait encore Soccolans y parce
qu'ils portaient des socques ; Màntelés y parce que d'autres avaient des manteaux; Pénitens Lianes et bleus ^ bleus et blancs , noirs ^ rouges ^ jaunes ^ gris y etc. y selon la couleur adoptée par la confrérie dont ils faisaient partie ; Continens , non pas qu'ils promissent une continence absolue^ puisqu'ils étaient mariés y mais parce qu'il leur était enjoint de s'abstenir de l'œuvre cbar-» neUe certains jours de la semaine. Il y a encore quelques Congrégations de ce genre dans lès pays méridionaux de la France^ mais elles n'ont aucune tendance politique. Au commencement du i4' siècle , cet ordre reçut une rude atteinte par l'hérésie des Frérots , qui , pour me servir des expressions du chroniqueur Dutillet , disaient que les gens d^ Eglise ne des^aient pas tenir de biens ^ et que la pourpre et For étaient pour les Rois y et non pour les Prêtres y ensuite par les impuretés des Béguins et Turelupins y qui y poussant plus loin ce principe y disaient que tous biens et fèmmesdevaientétrecommuns^ et mettaient merveilleusement ce système en pratique. Les uns et les autres furent punis par le bûcher de leurs coupables excès.
C'est à la suite de ces désordres qu'une partie des Tertiaires firent trois vœux monastiques , et se renfermèrent dans des couvens, où ils me*
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liaient uue vie fort austène* Ils possédaient en France plu$ de soixaiue maisons : à Pari$ , on les nommait Picpus.
Il faut croire que ces précautions ne rétablirent pas entièrement la régularité dans le %ier%^ ordre , puisq[ue Sixte-Quint , par une bulle du 39 mars i586, étendit les pouvoirs légaux à^ visiteurs » et leur donna plein droit et entière liberté de porter leur inspection sur toutes les maisons y les monastères et lieux quelconques , sur les personnes de Tan et de Tautre sexe ; dç leur visiter non-seulement la tête . mais encore les membres; de les corriger , de les punir y ^ les incarcérer, de les pendre^ etc.: In suis guisque proi^inciis plénum jus , fiberamque aucto^ ritatem fiabeant domos omnes , ac mcmasteria , et locaquacumque, nec nonpersonas ntriusque sexûsy tam in capite quant in membrisy visitandi et corrigendi 9 atios puniendiy carcerandi ^ suspendendi , etc. (Voyez les Statuts de VOrdre ^ édition de 1600^ in*4'**)^^ dispositions furent confirmées par d autres PapjBs y et approuvées textuellement en Espagne par un décret de Cbarles-Quint.