‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 113 sur 120 · d KXGYCLOPÉDIE · texte numérisé non relu

d KXGYCLOPÉDIE

Mai$> outre ces ieutapons surnaturelles, les moines en avaient ^'autres à combattre^ dont on ne pouvait pas accuser le malin esprit , puisqu'elles prenaient leur source dans un usage religieux. ( Vojez Femmes. ) Citons un exemple * En II 88^ une sainte vierge, nommée Hildegarde, voulant échapper aux désordres du siècle, se déguisa en homme , et se fit recevoir chez les moines de Cîteaux ^ous le npm de Frère Joseph. Sa douceur, son ohéissance^ lui gagnèrent bientôt l'affection de tous les Frères ; mais, en déposant les vétemens de son sexe , que n'avait-elle pu en dépouiller les attraits! Sans s'en douter , le petit Frère Joseph attirait sur lui les you^ de tout le couvent; on aimait à le regarder, sans se rendre 'com)[) te de ce qu'on éprouvaiji. Un moine, un jour, un moine le fi:(e attentivement, et s'éôrie à haute voif: C^i homme-là ûst unefemnieQU un diable , car je n'ai jamais pu le regarder sans tentation. {Istç homo estfomina vel diaholus ; mmquàm potui illum aspisere sine tentatione. (AnniUeÉ cersterciens^s^ ann, ii8S,ch.6.) Hélas! Une étinoeUe jetée ' si imprudemment dans un lieu éminemment combustible^ allait causer un TÎolent inceildt#, SI la Prôyidenicè ne l'avait pas prévenu en appelant à lui Iç Frère Joseph. Ce fut eii lui ren-

MaKASTIQUB. 4^9

dant les derniers devoirs qu'on vërifîa les soupçons du moine. « On n'aurait pas attendu si » long'-teiinps chez les Min6urs> dit Tabbe Mus- » son^ en rapportant le même fait, pour s'ëclair- » cir sur un doute de cette conséquence. Une » descente sur les lieux les aurait bientôt tran- » quillisés» La conduite qu'ils tinrent à l'égard » de Frère Jeajn, dans une occasion tout-à«fait » semblable, fait connaître ce qu'ils auraient » fait dans les circonstances présentes. »

Mais s'il est pénible de voir les religieux exposés à des tentations toujours renaissantes , qu'on est soulagé lorsqu'ils trouvent des forces surnaturelles pour les combattre !

* Grand Saint Adhelme ! quand le soufflé des passions venait embraser vos sens, Voua ne songiez pas , comme, avant vous, de pieux Solitaires , à une retraite plus prudente que glorieuse; vous alliez chercher l'ennemi dans son lit! vous restiez au milieu du feu sans brûler ! la proximité du sexe, quelle qu'elle fût, ne faisait aucune impression sur votre âme ! vous ne trouviez de voix que pouit réciter votre Psaûtier f quelle vactdiire stir la chair ! queUé coiifiisioii pour le démon! Desiderise videt Diabolus cernens adhxBuntem fermnam vùijmque y alias avocatoanimo insistentem. CarUando psalterio^

43o BNCTCLOPÉDIB

valefaciebat ilU mulieri saho pudore^ illesâ castUate ! (Willelmus Malmesburgensis , in vitâ S. Adhelmi ^ apud Angliam sacram ^ part, a , pag. i3.) Ce martyre ne fui pas particulier à ce Saint : le bienheureux Robert d'Arbrisselles eut à se glorifier d'une semblable yictoire. ( Voyez Fontevraud. )

De mauvais plaisàns s'avisèrent une fois de conduire une jeune fiPe toute nue dans le lit où était couché Saint Bernard. Celui-ci ^ dit l'histoire , se retourna de l'autre côté sans s'émouvoir. Que fera la demoiselle ? Incitée par le démon y elle se glissera près du Saint , le flattant de la main ( tangens , palpons )• Mais Bernard est impassible; il s'éloigne un peu^ et se tait : l'ennemi le poursuit , il cède encore un peu de terrain; l'âme damnée l'atteint bientôt : le Saint se retire dans ses derniers retranchemens. Hélas ! il serait infailliblement tombé

dans la ruelle ^ si la malheureuse , atteinte tout à coup par les traits du repentir , n'avait pris la fuite , pleine de honte et de confusion. (Cette histoire est racontée plus longuement dans les Annales de r Ordre de Cîteaux, par le R. P.

Ange Mauricque, année ii lo^ ch. 2 , tom. I", pag. 56.)

Page 1