‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 114 sur 120 · TONSURE MONACALE · texte numérisé non relu

TONSURE MONACALE

TONSURE MONACALE, Les lecteurs me dispenseront de parler de l'origine , des causes et des révolutions de la tonsure^ après tout ce qu'en ont écrit Chamillard^ Rangouis, Saumaise, Thiers^Thëophile Raynaud, Junius et beaucoup d'autres^ d'autant plus que les investigations de ces savans n'ont pas fort éclairci la matière ^ et que nous eu sommes encore aux conjectures.

Que de jolies choses j'aurais à dire s'il m'était aussi permis de bâtir un système ! J'ai lu quelque part ( et je crois que Saint-Foix le rapporte de même ) qu'une grande marque de déférence chez nos Pères , était de s'arracher les cheveux pour les donner à la personne qu'on voulait honorer, Glovis s'étant arraché un cheveu par politesse^ l'offrit à Saint Gernicer, qui l'était venu voir; tous les courtisans imitèrent le Roi^ et le Sain tEvéque retourna dans son diocèse avec une poignée de dieveux dans chaque main, et charmé d'être aussi bien en Cour. Or, nos ancêtres, qui étaient gens conséquens, n'ont^ils pas voulu faire nommage à l'Etre-Supréme de tous leurs cheveux ^.qu'ils faisaient raser ou tondre, car ceci est encore un problème.

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Les hérétiques, et notamment Adelphus et Hospinien , ont prétendu que les tonsures monacales qui laissent presque toute la tête à nu , sont un paissant incitatif; ils rapportent même une histoire assez scandaleuse à Tappui de leur assertion ; mais c'est une insigne fausseté. Rien au monde n'affaiblit autant le courage qu'une tonsure. On sait l'effet que produisit sur Samson la perte de ses cheveux. Les palefreniers ( Dion Chrysostôme , orat. 35) étaient jadis dans l'usage de faire une tonsure aux cavales y pour les obliger à souffrir la société des ânes; et Aristote ( Histoire des Animaux j liv. 6^ chap. iS^ ) dit positivement que les pasteurs recouraient au même remède pour rendre leurs chevaux moins lascifs, quod erat demonstrandum»

La tonsure monacale , qu'on appelle corolle ou couronne , doit laisser les oreilles à découvert, et, de plus, être ronde et non interrompue, ou hémi^sphérique et en fer-à-cheval ; elle esa touffue ou filiforme. Quelques Capucins absolument chauves la remplaçaient par un tour de cheveux. Ici se présenté une autre question : Les moines ont-ils licence de porter perruque ? Nous renvoyons les parties intéressées au tribunal de l'Abbé Thiers, docteur en théologie. ( Voyez Perruques egclésiastiquss. )

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