‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 117 sur 120 · TRINITAIRES · texte numérisé non relu

TRINITAIRES

TRINITAIRES. L'ordre de la Trinité, ou de la Rédemption des Captifs*, prouve jusqu'à l'évidence que la régularité des cloîtres peut s'accorder avec la discipline militaire. Une revue faite régulièrement tous les vendredis , par le Commai^deur , maintenait la subordination dans la troupe. Se disputer , faire galoper son cheval dans la ville , rompre les jeûnes prèscrits par l'Eglise , se prendre de vin , paraître sans le scapulaire, étaient des transgressions punies par la prison et les verges , et les soldats qui

s'en rendaient coupables devaient perdre Tes» poit de tout avancement*

Quand ils se trouvaient dans des couvens de leur ordre ^ qui étaient pour eux comme des garuttsonSi ils devaient coucher sur la dure; et ne se nourrir que de poissons : mais cette discipline n'était plus de rigueur dans les fréquens voya-^ ges commandés par l'objet de leur institution, et leur Gode laissait en ce cas la liberté de prendre un lit de plume, et de faire ilsage de tous les alimens.

Cet ordre , créé pendant les Croisades, pour la délivrance des pauvres Chrétiens qui tombaient entre les mains des Infidèles , fut encouragé par Saint Louis , et richement doté par tous les pieux Seigneurs de ce temps ; et il serait injuste de nier les grands s^ervicês que les Trinitaires ont rendus à la religion et à l'humanité.

Ces religieux doivent être encore nombreux en Espagne et en Italie , et cependant je n'ai point connaissance qu'ils aient étç utiles, de nos jours, aux Chrétiens d'Orient. Peut-être de nouvelles constitutions ont-elles modifié leur destination premièrCf

Le Trinitaire est sans barbe ; sa tête rasée est surchargée d'une touffe de cheveux hémisphé-^

rique ; ses pieds sont à demi-chaussés ; il porte une petite cotte sous une robe de laine Uançhe» fixée ps^r une cein)larenoire> un peu relevée sur les bords du scapulaire« Le capuçon est lâcbe^ blanc y et joint au:Et frocs pectoral et dorsal ; le premier court , arrondi ; le dernier plus long et pointu ; le scapulaire étroit , et plus court que la robe , est marqué d'une croix ; les manches de la longueur des bras, repliées; le manteau noir , doublé de laine , ample , orné d^un capuçon de la même couleur , absorbant en entier le capuçon blanc : une croix rouge et bleue > qui est l'insigne de Tordre y se remarque sur son scapulaire et le côté gauche de son manteau •

Ces religieux , qui possédaient environ deux cent cinquante couvons, partagés en treize provinces, prenaient en France le nom de Mathurins , et le peuple leur donnait celui de Frères aux ânes , parce qu'ils n'avaient pas d'autres montures. Us demeuraient à Paris dans la rue qui porte encore leur nom.

TUGURION.

TUGURION li On nommait ainsi^ chez les Capucins, une petite cachette ou le Provincial

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mettait son aident , son tlië y son café, son vin ^ et une infinité d'autres petites choses défendues par la régie, afin de les dérober aux yeux des novices , cpii se scandalisent de tout.

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TUILE (Faàppx&la).

TUILE (Frapper li). Cest une plaque de fér, en forme de tuile, qui est suspendue dans un endroit prodbe du réfectoire. On frappe dessus avec un petit marteau de fer qui y est attaché, à l'heure du dîner et du souper, pour avertir les religieux de se rendre au réfectoire. On la frappe encore à l'arrivée des religieux étrangers, afin qu'on vienne leur rendre les offices ordinaires de charité. Les Frères aimaient beaucoup entendre frapper la tuile.

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