‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 116 sur 120 · TRAVAIL DES MAINS · texte numérisé non relu

TRAVAIL DES MAINS

TRAVAIL DES MAINS. De tous les reproches qu'on a faits aux moines ^ le inieut fondé y selon moi , est celui de leur éloignement pour le travail des mains. Pourquoi y a^t-on dit , tous les fondateurs de religions ont-Us recommandé cette sainte pratique? Pourquoi tous les ordres , dans leur première ferveur , s'y sont-ils livrés? Qu'auraiiron penbé des premiers anachorètes, sî^ sortis d^ leurs retraites comme des essaims de

guêpes et de frâbns, là besace sur l'épaulk^ ils

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eussent couru la ville et la campagne pour mendier, et se fussent rendus par-là importuns à tout le genre humain?

Ces objections sont spécieuses; mais il n'est pourtant pas impossible d'y répondre. Parmi les moines rentes, les uns, avant leur profession, avaient assez de bien pour se dispenser du travail. Faut*il qu'ils soient de pire condition après leurs vœux , et que des gens qui , dans le monde, auraient pu être Comtes ou Marquis, n'entrent dans le cloître que pour tomber dans la classe des industriels? D'autres, pauvres dans le siècle, trouvent une existence assurée dans un couvent; mais c'est une grâce de leur vocation.

Je l'avoue, il serait difficile de plaider la cause des mendians , si le Concile de Constance ne l'a-^ vait pas fait. On avait soumis à l'assemblée cette proposition (Conc. Const. , sess. 8) : Les Frères sont obligés de se nourrir du travail des mains^ et non point par la mendicité. La première partie , dit le Concile , après avoir invoqué le Saint- Esprit, est scandaleuse et téméraire^ en ce qu'elle parle généralement et indistinctement ; la seconde, erronée, parce qu'elle affirme que la mendicité ne convient pas aux Frères : Prima pars est scandcdosa et prœsumptuosi asserta , pro qùanio sicgeneraliteret indistincte locfuitur; et

secunda erronea , pro quanto assert mendicita-^ tem Fratribus non licere. Après la discussion d'un Concile œcuménique^ il n*y a plus \ disputer.

Qu'on ne croie pas cependant que les religieux restaient pour cela dans l'inaction. Outre les exercices spirituels, les Bénédictins faisaient de gros livres; les Carmes, de l'eau de mélisse; les Chartreux , des ouvrages en paille et des crucifix dans des bouteilles ; les religieuses enluminaient de jolies images , et les Jésuites composaient des comédies et des pamphlets , etc.

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