VOEUX
VOEUX. Un vœu est une promesse que Ton fait à Dieu , et par laquelle on s'engage à une chose qu'on croit lui être agréable , et qui fi'est pas de précepte.
Les premiers Chré^eqs pe f^is^ient pas de vœu. Les anachorètes et les solitaires de 1^' Thé- ])aïde ne se consacraient point à Dieu par des engagemens indissolubles 9 ils n'étaient liés qu'avec eux*- mêmes ; et il leur était libre de
quitter la retraite et de revenir dans le monde, si la ferveur qui les en avait bannis venait à s'éteindre ou à seraleptir« SuivaniErasme, les vœux solennel^ n'ont été introduits que sous l^pontifi* cat de Boniface yill, dans le iS** stède. D'autres soutiennent que ^ dès le temps du Concile de Galcëdoiné /il fallait se vouer à Dieu^ sans retour. On ne peut toutefois regarder comme engagées par une promesse solennelle les vierges du 3* siècle , que TertuUien appelle les épouses du Seigneur, eonsacrées" au siècle futur y et qui ont mis un sceau à leur chair» Ce n'est qu'une résolution ferme^ prise par ces saintes personnes , et TertuUien les engage à y persévérer.
Les trois vœux prononcés par les religieux sont ceux de pauvreté ^ de chasteté et d'obéissance. Les religieuses y joignent celui de clôture. Il ne serait pas sans intérêt d'examiner lequel de ces vœux a été le nîieux observé ; mais cette question nous entraînerait trop loin.
Les vœux ont été l'objet des déclamations des philosophes et des incrédules* Ils prétendent que c'est attenter aux drœts de Dieu y de nous priver de la liberté naturelle qu'il nous a donnée ; qu'il y a de la témérité à nous imposer une obligation perpétuelle , sans savoir si nous aurons la force et la constance de la remplir. Les
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vœux, disent-ils , sont un effet de la l^èretë de la jeunesse ou do la séduction et du despotisme des parens ; et bientôt la Ticiime de Timprudence ou de la barbarie tourne ses regards désespérés sur ce monde qu'elle a perdu et qu'elle voudrait ressaisir.
Folle censure , s'il en fut jamais ! quand il serait vrai que beaucoup s'en repentent dans la suite , il s'ensuivrait seulement qu'on les a admis trop légèrement, ou qu'ils sont naturelle* ment inconstans. La plupart de ceux qui s'engagent dans le mariage s'en repentent de même. Faut-il en conclure que l'on a tort de se marier? Non. Ne favorisons pas l'inconstance humaine ; mais que l'on s'examine sérieusement avant de prendre un engagement.
L'Assemblée constituante prononça l'abolition des VŒUX monastiques y et la Constitution de l'an III confirma cette prohibition. Mais cette disposition a été modifiée par un décret du ] 8 février 1 809 y en faveur des Congrégations de femmes , dont l!institution a pour bmt de desservir les hospices du royaume , d'y soigner les infirmes , les malades et les enfans abandonnés, ou de porter aux pauvres des soins, des secours et des remèdes à domicile. Ces Congrégations ne peuvent nâinmoins se former, ni avoir
une existence légale qu'autant que leurs statuts ont ëtë approuves par le Roi, et insérés au But" letin des Lois. Il est permis d'y faire des vœux, mais après seize ans accomplis , et pour un an seulement. Celles qui sont âgées de vingt-un ans peuvent s'engager pour cinq ans.
De nouvelles ordonnances ont autorisé le rétablissement d'un assez grand nombre de maisons religieuses. Espérons que ce mouvement imprimé aux bons esprits par les bonnes doctrines^ ne se ralentira pas j et que nous pourrons voir encore les enfans du Seigneur se multiplier comme les étoiles du Ciel.