‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 30 sur 120 · CHAPELET · texte numérisé non relu

CHAPELET

CHAPELET. Ce sont plusieurs grains qui servent à compter le nombre des Pater noster et des j4ve Maria qu'on veut dire en Thonneur de Dieu etde la Sainte Vierge. Globulorum sacrorum séries Bealœ Virginis corona. On les appelle aussi patenôtres. Il y a des chapelets de corail ^ de diamans y de calambouc et de bois de Sainte- Lucie*

Ménage dit que ce mot vient de la ressemblance qu'il a avec un chapeau de roses , dont on a fait rosaire; les Italiens disent corona. On trouve dans un procès de la vie d'UAain V, fait au quatorzième siècle^ et rapporté par le Père Janningy jécta 55 , Jun. , /. ^, pag. 443 .• CapeUatum reginale cwn gemmis et lapidïbus pretiosis , pour signifier une couronne ornée de perles et de pierres précieuses.

Fleury, dans le discours préliminaire de son XX* tome de Y Histoire ecclésiastique , reporte Forigine du chapelet aux moines du ii*

siècle. Il dit que quand on institua des Frères lais ou laïques dans ces ordres religieux , on leur prescrivit un certain nombre de Pater à chacune des heures canoniales ; et afin qu'ils s'en pussent acquitter^ ils portaient des grains en-' filés ^ d'où, dit-il y sont venus les chapelets.

Larrejr, dans Edouard VI ^ pag. 36o, et Pierre Viret, disent que l'usage en fut établi par Pierre* l'Ermite , et qu'il en avait distribué aux soldats de la première Croisade.

Il y avait aussi un chapelet ou couronne de Notre- Seigneur, de trente-trois grains, eu l'honneur des trente-trois années de sa vie sur la terre. Le Père Michel de Gamaldule en fut l'ins^ tituteur.

Je croirais plutôt que le chapelet a été imaginé par les anciens moines, pour la commodité des Frères lais, qui , bien qu'ils fussent nobles ^ ne savaient ni lire ni écrire , et que cet instrument de salut est le bréviaire d'un ignorant* {y oyez Rosaire.)

Page 1