‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 66 sur 120 · ÎN PACE · texte numérisé non relu

ÎN PACE

IN PACE. . Supplice en usage dans plusieurs couvons. Âpres la dégradation religieuse, et la lecture de l'arrêt qui portait condamnation de Yin pace^ on conduisait le dégradé processionnellement tout nu , à l'exception de la tunique , en son lieu de repos. Le porte-croix marchait devant, tenant la croix renversée ; les acolytes, avec des cierges éteints , le suivaient , accompagnés de deux autres clercs : l'un portait l'encensoir, l'autre le bénitier. Pendant la marche , qui était grave et lente , tous les Frères , le capuçon enfoncé , les yeux baissés^

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le visage abattu ^ rëcitaîent , d'un ton triste et lugubre^ les prières des agonisans^ avec les oraisons pour les défunts. Si c'était le matin^ on disait une messe de requiem pour le repos de l'âme du patient , qui assistait à ses obsèques couvert d'un drap mortuaire. Lorsqu'il était arrive au lieu de repos , qui était une fosse en forme de puits y on cbantait le libéra* On faisait les aspersions d'eau bénite , et les encensemens sur le religieux ; on lui donnait un pain de trois ou quatre livres , un pot d'eau , et un cierge béni et allumé , et on le descendait dans le caveau , dont on murait l'entrée. Tel était Vin pace.

Les moines n'en agissaient ainsi que parce que l'Eglise «t horreur du sang.

Un fait rapporté dans les Annales des Mineurs donnerait à penser que^ chez ces derniers , on se contentait de creuser une fosse, d'y jeter le criminel , et de le recouvrir de terre. Un Frère ayant refusé d'obéir à Saint François y qui lui ordonnait d'aller voir un lépreux : «Mes Frères, 1» s'écria le Séraphique aux religieux qui » étaient présens ^ prenez-moi cet inobédient , et » Fenterrez tout vif; ce que les Frères se mirent » en devoir de faire. Une partie d'eux fit la » fosse, l'autre y mena l'inobédient, lequel y

» entra ayec une grande indignation d'esprit. » n était déjà couvert de terre ^ et n'avait plus que la iéte libre^ lorsqu'il cria miséricorde. Le clément Saint François lui accorda. la vie. (6%ronîque du Père Saint François ^ . psiv Erasme Viotti, 2 vol. in-4*> !• i > c. 4^0 Ce dernier genre d'//2 pace est plus humain que le premier, puisqu'ainsi le coupable devait se trouver de suite étouffé.

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