‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 76 sur 120 · MORALE, TOLÉRANCE ET MACÉDOINE JÉSUITIQUE · texte numérisé non relu

MORALE, TOLÉRANCE ET MACÉDOINE JÉSUITIQUE

J^nem venimittef-e in ierram, etquidvolo nisi ut accendatur?

LUGJB, Ch. 13, T. 49*

Je suis venu poujr jeter le feu sur la terre , et que desiraisje, sinon qu'il s'allumât?

Les Jésuites ont eu rimpiété d'usurper ces paroles de FETangile pour les appliquer à leur chef. Pouvaient-ils ignorer^ ces impudens, que ce feu dont parle TEcriture, c'est le Saint-Esprit? et ne savaient-ils pas que c'est le droit incommunicable de Jésus-Christ de l'envoyçr?

excès d'orgueil et de vanité! .

En 1728, le Père Pecaud, Jésuite^ IQl^ent de rhétorique dans le collège de Castres , fit une déclamation qui devait être récitée vers la fin du Carême de cette même année . sur le théâtre de leur collège , dans laqi^çUe il inséra une ode intitulée : Plaintes de la Religion aU sujet du Jansénisme. Le but de cette ode était d'engager le Roi à exterminer ceux qu'on appelait /a/i^e-

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nistes. Voici comment ce Jësuite fait parler la Keligioû au Roi , contre les ^yéques^ les !(i{agis* trats et autres :

Sois toaché de mes justes larmes. •« He diffère pas un instant. . .

Poursuis ce monstre înÊitigable; Tu Tois le poison détestable t^n'il rëptnd dans tous les Etats ; Abats des têtes sacrilèges Que , par cpelques vains privilèges »

Veulent sauver des scélérats.

Des hommes que tu ^qIs combattre Connais le venin captieux ; Le prtMiiér que tu dois abattre Rend le parti plus furieux.

Des mains de ces sujets rebelles Sortent les plus afireux libelles Qui prêchent la sédition.

Un faux savant , un hérétique ,

Une cervelle fimâitiqoe

luspire la rébellion,

Abats des têtes si coupables , ftépands un sang si criminel ; Bnvers ces monstres exéchl>fé^ Ne crains pM d^être troj^ cruel.

Prive*les de ce Ttei|f silbliiàe Qui semble autoriser leur crime i Sfe tarde plus & me venger ; fi par un coup dô ton téhnérrè

M0NAS9I<QVE.< stô

Fai« eonmilM à toute k terre Qa*il en coûte de m^outrager.

L^estime et la vénération cjue le peuple de la ville de Notre-Dame-l' Assomption^ au Paraguay, portait à dom Bernardin de Cardenas , son Eve* que^ lui attirait la jalouse indignation dès Jésuites. Voici un extrait d'une pièce de vers qu'ils firent courir contre ce digne Evêque :

People fon et étaur£ , Est-ce ainsi que tu payes de mensonge !

Puisque tu lais plus d'étal De ce qui s*est fait un moindre appui « Nous sommes les maîtres et les docteurs , St c*est par ih>os que tu dois tè eondmi^.

Quand d*un bout de FuniTers k Taalre Chacun serait de ton parti , Tu es aveugle , perdu et abandonné , Si tu es sans la Compagnie.

Tout le monde a besoin 4e nous^ Moines , Chanoines , Parlemens , Et tous , sans exception , Semblent sens notre pouvoir.

Puisque doBC aetisaomiiies asiniris De vaincre oette ca^iaâte éttiemie , Tout. ce peuple ne nous doit-il pas suivre?

Et n*y aurait-il pas de Fimpriidepce De perdre Vamitié des G^oJt^ Pour une^M rmi d*i?(«^4^He /^

Quels principes ! quelle religion qu.e celle p^

Tart de corrompre et dé tromper est réduit en règle et l'injustice en maxime! Rome païenne autorisa autrefois ces maximes dans les Laverniens (i) ^ filous ainsi appelés par les Romains^ du nom de leur divinité ; et Rome chrétienne ne paraît ra-t-elle j)as encore les tolérer ^ dans une société d'hommes qu'elle protège si ouvertement^ et dont elle autorise, pour ainsi dire, les crimes, en leur en assurant l'impunité , si elle continue à leur servir de rempart contre l'autorité des lois?

Ignace de Loyola mourut le 3i juillet i556, et fut enterré dans l'église de la maison professe.

Trente ans après, on le, transféra dans la superbe

(i) Plaate, dans son Aulularia , fait mention d^une Déesse que les Romains croyaient être Tintendante des larcins et la protectrice des voleurs; et Horace nous en exprime le caractère dans une Epître àMQuintîus , où il introduit un scélérat priant cette divinité en ces termes : .

...•^PuichwLaveînay Da mihifallere, daju^tum $anctumque 'uideri Noctem pecculis , etfr4Xisdibu& ohjice nubem* .< . ■

O belle Lavemè! donnéz-moi Fadresse nécessaire pour bien tromper; faites que je sois estimé juste, et que jç passe pour un saint bomme; cachez soigneusement nies crimes^ et couvrez mes fourberies d'une nuit impénétriaible. C'était la prière que ces filous faisaient à leur divinité. Les Jésuii^ 7^ seraierit^ils pas les Laverniens de notre siècle ?

église (lu Grand-Jésus^ bâtie à ces Pères par le Cardinal Alexandre Famèse. L'inscription que les Jésuites mirent d'abord sur son tombeau^ était aussi simple que celle qu'ils y ont substituée depuis était ridicule et fastueuse. La première était

ainsi conçue :

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