‹ Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations religieuses, et couvens quiChapitre 97 sur 120 · PRISONS · texte numérisé non relu

PRISONS

PRISONS. La prison est le premier bâtiment qu'on construit dans un monastère^ ^près la cuisine et le réfectoire. Anciennement ^ elles étaient de trois sortes : la première s'appelait prison de garde , et n'avait rien d'effrayant ; la seconde , prisfon de discipline , on y renfermait les Frères condamnés à une réclusion simple ; la dernière ^ où l'on n'était précipité que pouc de grands crimes , était appelée prison d^affUction ou de torture : elle devait être atroce y obs-.

cnre , garnie de chaînes y de menottes de fer , d'entraves ; fourniç de verges et de fouets dëchirans : Carcer ad qfflictionem , oui arctationem sH aliquando atrox, obscurus, vinculis adhibitUy manicis ferreis y vel compedibusy velflagel- Us y et verbéribus ponderatis et ponderandis. (SparthariuSy page 257. ) Cette description est répétée mot pour mot dans le code criminel du Père Thomas de Jésus. C'est là que y chez les Carmes^ on renfermait le criminel , pour y être tourmenté et affUgé misérablement jusqu^à sa mort : Ibi perpétua tempore^ miserabiliter qffli' gendus. (Constitution des Carmes ^ page 88.) Les constitutions des Frères de la Charité s'expriment ainsi, (fol. 54 1 n** i3 ) : Il y aura dans tous nos hôpitaux un lieu sûr qui servira de prison ; et en cas que ceci ne puisse se faire commodément, il y aura pour le moins des menottes et des fers pour mettre aux pieds et aux mains des délinquans. Celui qui laisse fuir un prisonnier est puni de même* On lit dans la règle des Augustins (4* partie , chap. 9) : que les Provinciaux;: aient soin d'entretenir dans nos ix>uvens une prison sûre et hien gardée, qui n'ait pas un autre usage. Mais qu'elle ne soit pas tellement hasse, ohscure ou malsaine, que les Jf rère^ y courent risque de mourir pu de deve-

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nir infirmes. A dé semblables détails^ la règle des Prémonslrés ajoute qu'on doit ôter le» fers et les menottes aux criminels qui reçoivent la coiùmunion.

Gomme il était i^re (^u!nn religieux condamné ne eomblât pas la mestire de ses crimes par une rébellion ouverte ^ les prudêns Supé* Éîeurs s'étaient réservé le droit d'appeler le bras séculier pour Texécution de leurs sëiitedces. A leurs voix > accouraient de farouches archers y qui né se retiraient que lorsque le cri sourd des portes pesantes et le fracas dès irérrcftix apprenaient âil critttînel qu'il devait renoncer à la clarté du jour.

Si tîependant ce malheureux avait eu l'èspôir de tromper la vigilance de ses geôliers, attrait- il pu, en sûreté de conscience, s'échapper de son affreux cachot ? Cette question était résolue afBrtnatitêfmênt par les Franciscains ; mais > fiielon les Carmes , cette opinion était fausse et abttMve, tant dans la spéculation que dans la pratique.

Dans presque toutes les communaittés ^ tin religieux devait se rendre en prison au pfémier commandement de son Sùpérieûfr. Il it^eh était pas ainsi chez les Minimes , dont le r^tiie était plutôt constitutionnel que despotique. Pey-

rinnis, leur jurisconsulte^ nous en donne les raisons : c< C'est , dit-il , qu'on voit des Supé- » rieurs qui sont plutôt des bourreaux et des ty- M rans que des pasteurs et des pères , et qui cou- » vrent leurs ressentimens par ces mots : Allez » toujours en prison , et là vous en apprendrez » la cause. Cequiest injuste(i), » Aliqui prœlati reUgiosorum potiàs carnificis et tjrannidis , vijhdicent sibi nomew quàm patris et postons. • • hi$ suam maUgnitatem tegentes verbis ; Carcerem petilo^ causam indè scies. (Peyrinnis , de Officia subdiU regularis. Quest. i^, cap. i3.) Il fallait que le gouvernement des Minimes adiQÎt la liberté de la presse , pour qu'un religieux se perpiit d'imprimer des choses semblables.

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