M6 ENCYCLOPÉDIE
avaient été octroyés parles Papes ^ et presque toujours ratifiés par les Rois.
Les Chartreux étaient exempts d'impôts. Une bulle du Pape Célestin III excommunie ceux qui empêcheraient les fidèles d'exercer leur libéralité envers eux , et qui donneraient des conseils contraires à l'agrandissement du patrimoine de cet ordre. Le pape Luce III défendit de faire aucune pèche dans les rivières voisines des maisons des Chartreux 9 de chasser les oiseaux ni les animaux à quatre pieds qui étaient dans les environs de leurs monastères^ de faire paître les bestiaux sur leurs terres , et même de les y faire passer. Les Bénédictins et presque tous les moines rentes devaient à la générosité des souverains Pontifes de semblables faveurs.
Les "concessions faites aux ordres mendians sont plus grandes encore; et la collection que les Frères Mineurs en ont faite est nommée Mare magnum > la grande Mer : c'est effectivement un déluge. Le premier de leurspriviléges estde jouir de tous les privilèges des ordres non mendians. Un autre , accordé par Alexandre IV, est la faculté de recevoir en conscience le bien mal acquis. Jean XXIII a accordé cinq ans d'indulgences aux âmes dévotes qui baiseraient l'habit des religieux mendians , et leur a relich^ autant
de quarantaines de pénitence. Il y a plusieurs grâces accordées à ceux qui meurent avec l'habit des Frères Mineurs, ou qui sont enterrés dans leurs églises ; et il n'est pas défendu au mori-^ hond de laisser aux moines des marques de sa gratitude* Moyennant une petite rétribution annuelle, les gens du monde peuvent participer aux bonnes œuvres qui se pratiquent dans leurs couvens ; ajoutez à cela les bulles, les confréries, les dévotions , les indulgences, et la permission de se faire payer neuf fois la même messe , et vous aurez une faible idée de la sollicitude de la cour de Rome pour les religieux. Les Papes n'auraient pas assez fait , s'ils n'avaient ajouté que ceux qui combattent les privilèges des moines encourent Tindignation de Dieu, de Saint Pierre et de Saint Paul , en cette vie , et leur malédiction dans l'autre.
Nous avons déjà parlé des exemptions , qui étaient le plus grand et le plus abusif de tous les privilèges , quoique communs à presque tous les ordres.
36d BNCTCLOPÉI)»