PAL'L
Une affaire d'honneur I Ah I mon oncle! mon cher oncle, voilà un trait!...
DtSIiOCHES.
Ne me remercie pas, ça ne m'arrivera plus... Bref , je descends avec Chatnaillard, une citadine nous attendait, el là, au lieu d'une seule lèlc atroce, j'en ai autour de moi quatre dans le même genre « Ces messieurs sont nos témoins?... » On se découvre, on me salue avec respect, mais pas un mot... « l'ourrai-je savoir quel est le lieu du rendez-vous?» Même salutation , même silence.., mais le cocher se trouvait alors à la portière, et <iu moment de fermer : — Bourgeois, où allonsnous? — Quartier Saint-Lazare, hôtel Clichy .. ventre à terre!... Je commence à comprendre el j'ai beau crier, m'emporter, j'.ii beau déclarer qu'il y a erreur... le scélérat tle cocher obéit ; il assomme ses chevaux , qui se mettent à galoper peutélre pour la première .. pour la dernière fois de leur vie, et en un quart d'heure, la course est faite, nous descendons, je suis ècroué el je paie.
PALI
Vous payez, mon oncle!'
DESROCHES
Ne fîie remcrci-p pas.
PAUI-.
Si fait ! Payer encore pour moi, après...
DESROCHES
Pardieu I c'est mon métier depuis ce matin. Oui, je paie le principal, les intérêts, les frais ; je paie les honoraires de l'agréé et ceux du garde du commerce; etifin, je paie le fiacre, el jusqu'au pour-boire du rocher.
PAUL
Jlon ami !
I>! SKOCUES.
Ne me remercie pas... celte fois, ce n'était pas pour l'obliger, pour te tirer d'embarras... c'était pour être plus vile ici, chez le baron du Tillel, el lui dire toute la vérité.
PATL.
Mon cher oncle !
DESItOCHES.
Il n'y a pas de cher oncle.
PALI
Mon ami!
DF-SUOCUES.
Il n'y a pas d'ami.
PAUL
Mon parrain :
DESKOCHES,
Il n'y a pas de parrain !... mon liileiil m'a fait
F..NF.\M cm; RI.
payer trop cher les diaf,'ées de son baplême. Clichy ! c'est à Clichy que je devais subir la dernière épreuve, c'est à Clichy que j'ai abjuré pour jamais la résignation el la patience!... El puisque enfin le baron du Tillet est décidé,., bien décidé à te refuser sa fille...
Il marche vers l'appartement du baron.)
PAUL
Slais au coniraire, mon oncle, il me l'accorde
DESKOCHES, b'.-.ri étant.
Hein?... il le l'accorde?...
Sans doute; après m'avuir parlé raison et morale pendant long-temps, très long-temps, il a fini par convenir que les fautes sont personnelles, qu'il serait trop cruel, trop injuste, de me faire payer pour mon oncle.
DESnOCBES.
Fiiyer pour moi, merci! Il me l'a déjà dit ce matin...
PALI
El il m'a promis que malgré tout... c'est-à-dire malgré toi, je serais son gendre...
DES ROCHES
Son gendre ! l'époux de Jenny !
(Déclamant.)
Dieux! qui le connaissez, Esl-ce donc sa verlu que vous récompensez':' 0!i ! mais je ne le soulïrirai pas, je ne dois pas le souffrir! Non, nia bonté ne peut aller jusqu'à le laisser faire le malheur d'une jeune fille, que tu trompes indignement.
PAUL
Plus bas, je vous en conjure.
DESAOCUES.
Une jeune fille adorable! un ange! à qiii tu donnes poni rivales des priseltes el des danseuses.
PAUL
Plus bas !
DESKOCHES.
Sans parler des dames en capote rose, dont j'ignore le nom et la qualité.
PAUL
O ciel! taisez-vous! taisez-vous! Tiens, mon oncle, lu as raison, je n'ai pas mérilé tant de bonheur, el il est juste que ta patience se lasse.
DESROCUES.
Ah ! vous en convenez à la fin !
PAUL
Oui, après le sacrifice que lu viens de faire pour moi tout en me maudissant, apiés cedévoûment généreux qui le faisait exposer la vie à la place de la mienne, je roijgis de moi-même, el je $uH résolu...
DE.SROrnES
A ((uoi donc?