PAS L
l'ardonnc-nidi loul le mal que je l'ai donné,
ENFANT CHfiRl Dl.S DAMKS.
toutes les méprises dont tu as iHé victime aujourd'hui ; mais, après m'avoir serré la main, fais-moi justice, va trouver le baron, Jcnny, et dis-leur te que lu penses; dis-leur que je me punis moimême, que je fais le sacrifice de mes espérances, de mon amour, et qu'enfin, lorsqu'il y a une heure j'ai rendu celle visite au baron... j'étais décidé à «[uitter la France.
DESnOCHES.
Quitter la France?... En voici bien d'une autre! El quelle est cette nouvelle folie?... PAUL, tirant un papier de sa poclic.
Tiens... vois plutôt, mou oncle.
DESnOCHES.
Le timbre du ministère!... un brevet de lieutenant pour l'armée d'Afrique !
PAUL
Je partirai .. C'est le seul moyen, n'esl-il pas vrai, de réparer, de faire oublier du moins les torts de ma jeunesse ? et je pourrai mourir encore digne de loi et disnc de mon père.
DESROCHES
Ton père! Ah ! pourquoi as-tu dit ee mot-là? ça bouleverse toutes mes idées... et je perds encore une fois ma résolution.
PAUL
La mienne est prise , mon oncle ; malgré mes folies, mes extravagances, je l'aime, je l'aime trop pour demeurer ici après un refus, et ma seule ressource...
DESROCHES
Ah ! lu l'aimes trop pour cela, loi ! (.\ pari.) El moi! moi! (l^arcourani le brevet.) Paul Desroches... vingt-deux ans... C'est bien, j'irai au ministère, et je ferai...
Annuler ce brevet?
DESROCHES
Non !
PAUL
Quoi donc ?...
DESROCHES
Ca ne te regarde pas... je sais ce qu'il me reste cl faire... (H met le brevet dans sa poche.)
LE BARON, en deliors.
Réponds-moi ! drôle ! réponds-moi !
GALOUBET, aussi en dehors.
Mais, monsieur, prenez donc garde! vous m'étranglez.
L'OJiCLE et le NEVEU.
Galoubet ! le baron I (Le baron paraît au fond du théâtre, tenant un billet d'une main, et de l'autre secouant rudement Galoubet par le collet de son habit.)
scENi<: vin.
Les fllÊRiES. LE BARON, GALOUBET.
LE BARON
Ce billet, de qui le tiens-tu? et a qui viens-tu le porter dans ma maison?
PAUL, lias, à son oncle.
O ciel ! mon billet d'adieu...
DESROCHES
A qui donc?
La lettre dans laquelle je lui renvoyais toute, les siennes.
DESROCHES
Les siennes ! A qui ? repondras-tu ?
(Pendant les répliques précédentes. Galoubet ù parlé bas au baron.)
LE BARON
Desroches! as-lu dit... C'est de M. Desroches.
GALOUBET
Oui , monsieur , mais làfhez-moi donc... j'étouire...
(Le luron lâche Galoubet, et à dater de ce moment,
regarde avec fureur Desroches l'oncle.)
LE BARON
Va l'en, misérable, va-t'en... M. Desroches, le voici !
GALOUBET, ne voyant d'abord que Paul.
M. Paul!. . En effet... le voilà...
LE BARON, ne regardant que l'oncle.
C'est de lui-mêmequej'aurai celle explication...
DESROCHES
Laquelle ?
GALOUBET, apercevant Desroches.
Ah ! mon mailie ! mon cher maître ! vous n'êtes pas mon ?
Tu le vois bien... Mais va-l'en donc, puisqu'on te l'ordonne.
GALOUBET
C'est juste, monsieur, je vais vous attendre à l'office.
SCÈNK IX.
Le baron. DESROCHES, PAUL, puis JENNY.
LE BARON, regardant avec plus de colère Desroches. Ah! linfàme!...
DESROCHES, A lui-niéme.
Comme il me regarde !
ACTK IL SCÈNi: X.
PAUL, lias, à son oncle.
Mon oticle, elle esl perdue.
DEâROCUES.
Mais (jui donc?
LE BAUOi>, à PiUll.
Monsieur Paul... veuillez , je vous prie, me laisser seul avec \olre oncle.
PAUL
Mais, monsieur le haron...
Je vous en prie...
PAUL, bas, à son oncle.
Ah! ce n'est plus pour moi que je ('implore... mais pour elle...
DESHOCHES, ù lui-uièlllf.
Pour elle!...
PAUL, bas.
11 faut la sauver...
DESROCHES, à pari.
La sauver ! Je n'y suis pas.
JENNY, qui vient (le paraître sur le seuil de la porte
à gauche au second plan, écoute en donnant les
signes de la plus vive inquiétude.
Que se passe-t-il donc? el quel nouveau malheur nous menace ?
PAUL, bas, à son oncle.
AIR du Pré aux Clercs. (L'heure nous appelle.)
Ma frayeur mortelle Vous dit tout, hélas !
Je tremble pour elle...
Ne la perdez pas.
KNSEMBLE.
PAUL
Ma frayeur niorlelle, etc.
DRSROCHES.
Ta frayeur mortelle !Ve dit rien, hélas!
Elle... quelle est-eîli? Je ne comprends pas.
JENNY
0 frayeur moriclle !
De son père, hélas !
Jenny pourra-t-ello Désarmer le bras !'
LE BVBON.
Injure mortelle!
Toi <iui sus, hélas!
La rendre infidèle, 'l'raiire, tu mourras !
( Paul sort par le fond, en s'inclinant devant le baron. — Jenny disp.irall de nouveau par la porte de g.iuchc.)
SCLNL X.
Le baron, desroches.
OESROCHES.à lui niôinp.
De qui diable veut-il me parler? el qui fautil que je sauve? Enfin n'importe : quand on est en train de se dévouer, il n'y a pas de raison pour que ça finisse.
LE BARON, s'approcliaiit de lui el lui serrant la main avjc rage.
Monsieur! après un pareil ontiage...
DESROCUES.
Plait-il?
LE BARON
Vous devez comprendre qu'entre militaires...
DESROCHES
Eh bien?
C/est entendu, n'est-ce pas?
DCSROCBES.
Parfaitement... c'est-à-dire... ji" ne serais pas fâché de savoir pour quel motif...
LE BARON
Quel motif?... vous me le demandez!'
DESROCHES
J'ai commis tant de fautes, à cequ'il parait, qiip je désirerais savoir de laquelle il s'agit!
LE BARON
Celte lettre...
DESBOCHES.
Ah ! oui .. celtre lettre...
LE BARON
Adressée par vous à...
OESROCHES, il lui-niénic.
Ah ! bien! je vais savoir à qui j'ai écrit... LE BARON, parcourant le théâtre avec agitation. Perfide baronne ! comme elle me trompait !
DESROCUES.
Hein?... qu'ai-je entendu! Ce pauvre baron! un fonctiotinaire si recomuiandable!
LE BARON, parcourant la lettre tout haut avec col^re.
« Notre destin l'ordonne... Adieu pour jamais... » jedois vousfuir...etvous, vous devez perdre jus- » qu'au souvenir de notre amour .. » (Regardant Desroches et appuyaiu.) De noire amour! DESROCUES , à part.
O mon Dieu! Pas moyen de se tirer de là...
DE BARON, lisant.
« Vous me demandez de vous renvoyer toutes » vos iellrcs, et je vous obéis. » (llépétani.) Toiilee voslelties.
rti.MtncHF.s.
i'oults!
ENFANT CHÉIU DKS DAMIÏS,
LE BARON
Mais j'y songe... elles sonl encore dans les mains (Je ce misérable laquais! Je les aurai, je les aurai. Il marche vers le fond : DesroclK'S le retieiil.) DESHOCIIES.
Arrêtez, nrionsieur, je vous en conjure...
i.E BAnois.
Ah! vous ne niez plus à présent. Vous voyez bien qu'aujourd'hui même un de nous deux...
DESROCHES
C'est juste! (\pait.) Ça recommence.
LE BAROIV.
Un duel!., un duel à mort !...
(A ce mot, on entend un cri derrière la porte sur
le seuil de laquelle .lenny a pnru tout à l'heure. —
Mouvement des deux lionnaes.j
LE BARON reprend : KIleélail là, elle nous écoutait!
DESROCnKS.
Pauvre femme!
(Il marche vers la porte, ;i gauche, au second plan; mais elle s'ouvre devant lui ; Jenny paraît pâle et iremhlantc, et s'arrête en tombant ;» ses genoux.)