LETTRES DE FRANÇOIS !•' A SEMBLANCAY
(llfiDlTBS.)
« Monsieur de Semblançay, j'ay présentement eu nouvelles do mon frère le duc d'Alençon et d'ailleurs^ par lequel on ;me fait scavoir que le siège est devant Mouzon, et qu'on l'assiège de iou% cotéz^ c'est à sçavoir l'un du coté du royaume et Tautre du coté de y vois. A cette cause, j'ay envoyé hasler les Suisses qui viennent, le plus qu'il est possible^ espérant que s'ils arrivent à teipps, la ditta ville sera secourue et aydée; et pour ce que le Maitre des Beaux m'en a encore écrite qu'il est requis envoyer quelqu'un en Lorraine et à Genève pour recueillir et payer ceux qui sont derrière qui doivent venir ;, qui pourront être environ douze o^ quinze cents, je vous prie sçavoir du thresorier Meigret s'il y a pourvu» car s'il ne l'a fait^ il le faut faire promptement et en toute diligeQpei c^T ce s^roit très mauvaise chose^ si faute de payement ils s'en retournoiei^t. Par quoy, je vous prie y faire donner l'ordfu et qu'il n'y ait point de faute. Pareillement vous prio, monsieur de Semblançay, à ce besoin et affaire que j'ay qui est tel et si grand que vous voyez, m ayder et servir comme j'ay en vous fiance, et mettiez la plus grande et grosse somme que vous pourrez. Car je suis s^ur que.si vous n'y mettez la main et employez
* Bibliothèque impériale; Mss. Supplément français, n*» 3bO-13. — Preeh deJwquet 4e Bemnnf lh kfwilançmji, in-foUo, p. i02 à (13.
votre crédit et vos amis^ le tout demourra au grand dommage et diminution de mes affaires et de tout le royaume. Et pour ce, je vous prie y faire plus que le possible^ et ne vous souciez de rien, car je vous satisferay et garantiray de toutes choses comme vous connoistrez par effet. Priant Dieu, monsieur de Samblançay, qu'il vous ait en sa sainte garde. Montbard, le 27» jour d'aoust.
« Signé : François.
ce Contresigné : Robertet. »
ce Monsieur de Samblançay, mon oncle le Grand Mailre m'a dit que par le thrésorier Maigret, vous avez été par plusieurs fois averty des trois parties qu'il fautpromptement fournir pour Textraordinaire de par de ça, à sçavoir environ vingt-deux milles livres qu'il faut fournir aux marchands pour les vivres, quatorze mille cinq cent livres pour le parfait payement de la bande de mon cousin de Vendôme qui ne peut marcher sans cela, et environ mille livres pour le payement des Suisses. Vous pouvez penser de quelle importance est l'affaire pour lequel je suis par deçà, et quel inconvénient ce seroit, s'il y avoit faute es dittes parties; par quoy je vous prie que veuilliez y pourvoir, à sçavoir présentement aux dittes parties, des vivres, et de mondit cousin de Vendosme, car sans cela mon camp ne peut tirer avant; et quant à la ditte partie des Suisses, regardez d'y pourvoir entre cy et le premier jour d'octobre que eschet leur payement, en manière qu'il n'y ait faute, et ne faut point faire de fonds sur les parties qui doivent venir en Languedoc, Provence et Dauphiné, car elles ne sçauroientde rien servir pour la ditte affaire, ny pareillement celle des amortissements de Bourgongne. Elle n'est pas encore reçue, et d'ailleurs ils ont déclaré qu'ils ne baillent rien que leurs lettres ne soient scellées. Toutes fois j'ay écrit qu'ils passent outre, et crois qu'ils le feront, mais encore la ditte partie ne sçauroit venir à temps, ainsy que m'a dit mon cousin de la Trémouille. J'écris présentement aux thrésoriers des guerres qu'ils diligentent de recouvrer leurs assignations le plus promptement
que possible sera, afin de mettre es mains dudit thrésorier Meigret la somme de cent mille livres des premiers et plus clairs deniers; vous leur en direz un mot et solliciterez la dilte affaire. Je vous recommende de rechef les parties cy dessus, a ce que diligence y soit faite la plus grande que possible sera, car je m'en repose sur vous et suis certain que sans votre diligence et secours mon affaire est demeurée ; et ne faut point que vous soyez recreu, mais que vous vous montriez serviteur à ce besoin, comme vous avez accoutumé, vous disant à Dieu, monsieur de Samblançay, qui vous ait en sa sainte garde. Saint-Thierry, le 24*^ de septembre.
(( François. »
« Monsieur de Samblançay, j'ay entendu parce que Madame m'a écrit la peine que avez prise et prenez, et la diligence que continuellement vous faites pour le recouvrement de l'argent qui est nécessaire pour le payement de mon armée, dont je vous remercie que je puis, et vous prie de continuer, car j'entends bien que si vous vous en lassez le tout demourra, qui me seroit la honte, perte et fascherie, que vous pouvez penser. Considérez le lieu où je suis qui est prochain de faire effet, par quoy je vous prie encore y faire plus que le possible, comme vous avez fait jusqu'icy dont je ne me tiens seulement content de vous, mais tant tenu quMl n'est possible de plus ; et au demeurant advertissez moy, comme les commissaires des admortisseraents et emprunts s'acquittent, et vous me ferez plaisir, et à Dieu, monsieur de Samblançay, qui vous ait en sa garde. Savarques, le 13* jour d'octobre. « François.