ROBERTET
[Voir, pages 158, 159 d% ce volume, trois autres lettres de François I", écrites en eutier de sa main. ]
« Monsieur de Samblançay, vous m'avez tant de fois et en toutes mes affaires, mesmement aux plus nécessaires, si bien se-
374 PJÊCËfi JUSTiFIGATlVeS.
couru e( aydé de vous ei de vos amis et crédit, que ne sera jamais, que ne vous aye eu estime et réputation de meilleuF serviteur de mon état que j'ajre, ny que sçaurois avoir en mon Royauipe, et serois ingrat si ne ie reconnoissois envers vous ei les vôtres, naesmement le grand seryice que m'aves dernièrement fait pour le payement des Suisses et avantqriers qui sont A mon service, lequel sans vous et votre crédit et conduite étoit demeuré, dont moy et mondit Royaume et subjets étions en dangar dp tomber en gros inconvénient, qui est un service que je ne meitray jamais en oubly, car ça été un coup au grand besoin, et pour ce que, comme vous sçavez, je suis outragé de mes ennemis, qui sans cause et occasion se sont mis en effort d'entrer dans mon Royaume, et le piller et détruire, et Tont fait où ils Font pu, à quoy, moyennant T^ide de Dieu et la gposs^ force de goiis que j'ay mis sqs, tant étrangers, que de ipondit liçyaume, j'ity ré-r sisté, et s'en vont honteusement devant moy et (non armé^; mais s'il m'est possible, et le temps le peut porter, je leur do^neray a connoitre qu'ils ont malfait de me venir assaillir, et sui^î délibéré par ce moyen d'employer ma ditle armée à les grever et endommager en ce que je pourray poiir vanger mes pauvres subjels des maux, tyrannies et inhumanités qu'ils leur ont fait, c^ considéré que aussy bien fai|droit-il payer mes gens du mois de novembre pour les renvoyer en leurs païs et maisons, et qu'il vaut trop mieux que je les employé pour ce dit mois. Parquoy vous prie, mais c'est autant que un bon Maître peut faire à un bon et loyal serviteur, que vous m'aydiez encore pour cette fois à recour vrer ie payement de mes dits gens de pied et armée, et y employez tous mes bons serviteurs^ officiers et subjets, et tous vos amis et crédit, sans craindre de vous obliger à eux en votre nom, comme vous avez plusieurs foii fait, car je vous promets par ces présentes signées de ma propre, main, et l'assurez hardiment à ceux qui vous ont fait et feront plaisir, que incontinent mon affaire vuidée, ceserontles premières parties payées et acquittées et n'y aura faute nulle; car j'entends bien à cette heure mieux que jamais de quoy m'a servi et sert votre eréditt que je
BUm^ DB 6BI16LANÇAY. 375
yeux gardef oomfoe un thrésor eu mee affaires, Bl pour ce. Monsieur de Safnbiançay, je vou3 prie derephef, fiiitee eu sorte que j'en sois du tout tenu à vous, e( qu'on puisse dire que vous seul avez été cause d'qn si gran4 bien et honneur pour moy et mondit Royaume, et sur ce je prie Dieu qu'il vous tienne en sa çainte garde. Mont SaintrMarin^ le 4 6* jour 4*octobre.
« Faâirçois.
p De Nsurviu.!* »
a Monsieur de Samblançay^ je me veux addresser à vous seulement pour cette fois, et non à autre. Je vous envoyé les nouvelles qui me sont connues présentement touchant i'avittaillpment de Fonlarabie, et par l'étjat que m'a envoyé Lartjguo, verriez qu'il est besoin envoyer encore quelque argent poqr y satisfaire, et s| l'affaire a été retardée jusqu'à cette l^ure j'en ay bien peu d'espérance, car vous sçavez de quoy importent ces allées et ces venues. A cette heure, je vous prie tant qu'il m'est possible que incontinent vous veuille^ dépescher ce porteur avec l'argent qu'il est requis et contenu audit état, aûn qu'il s'en puisse incontinent retourner devers ledit Lartigue, vous avisant que si ledit Fonlarabie se sauve, j'estimeray et réputeray cela estre fait par votre moyen et non d'autre. Et a tant, prie Dieu, Monsieur de Sambiançay, qu'il vous ait en sa sainte garde. Saint-Germain en Laye, le 27* jour de novembre. « François.
« BafiTOiN. »
Monsieur de Samblançay, je vous prie aussy que s'il n'a été pourveu au fait de l'argent pour ceux qui sont à Fontarabie que vous en parliez aux Généraux de mes fmances, et que vous fassiez en cet endroit qu'il y soit promptement pourveu.
« Monsieur de Samblançay, pour ce que je vois et connois bien que sans faire un effort par la terre est impossible de sauver cette maison de Fontarabie,, je me suis résolu et arreslé de
mander à Monsieur le Maréchal de Chabannes d'assembler jusqu'à douze ou quinze mille hommes, et aller prendre logis à Andaye, pour de là essayer d'y faire un secours. Parquoy, je vous prie, Monsieur de Samblançay, surtout le service que désirez à jamais me faire^ aviser et penser tous les moyens possibles pour recouvrer argent pourj cet effet, et m'ayder à ce besoin de tout votre crédit, car sans cela, j*ay une très mauvaise espérance du dit Fontarabie. Et à Dieu qui vous soit garde. Yilleneufve, ce 20* jour de décembre. « François.
<K Bbeton. »
a Monsieur de Samblançay, combien que je vous ayë écrit et fait écrire par cy devant plusieurs affaires touchant le fait de ma ville de Fontarabie, pour tenir la main et donner la provision requise et nécessaire pour la seureté d'icelle, à quoy je suis sur que vous avez fait et faites toute diligence possible , néantmoins sçachant Timportance de quoy la ditte ville m*est, comme vous sçavez, je ne veux laisser pour cela de vous en écrire encore derechef, vous priant sur tout le service que vous me désirez jamais faire valoir de votre part faire user de telle diligence en cet endroit que je puisse entendre de bref à la vérité, que la ditte ville soit pourviie entièrement de tout ce qui lui est requis et nécessaire selon et ensuivant Tétat qui me fust dernièrement envoyé, vous avisant que je ne seray jamais à mon aise, satisfait, ni content en mon entendement, que je ne scache véritablement qu'il ait été pourveu à tout ce que dessus. Car entendez que l'un des plus grands ennuis et regrets que je scaurois avoir en ce monde , ce seroit de voir retomber la ditte ville au hazard et inconvénient où je Tay viie il n'y pas longtemps. Parquoy encore une fois je vous recommende cette affaire, ainsi que j'ay en vous ma parfaite confiance, priant Dieu, Samblançay, qu'il vous ait en sa garde. Le 20* jour de feuvrier.
Samblançay , j'entends aussy qu'à toute diligence l'on me ordre d'envoyer argent pour satisfaire au payement des
BEÀUNE DE SEBIBLANÇAY. 377
gens jde guerre qui sont sortis du dit Fontarabie y selon la promesse à eux faite par Monsieur de Lude, car j'estime et répute cela mon honneur même , et aussy qui soit autrement vous entendez bien que ce seroit d'un très mauvais exemple pour ['advenir à ceux qui sont dernièrement entrés dans le dit Fontarabie. « FjlANÇOIS.
« Breton. »
« Monsieur de Samblançay, vous avez vu ce que je vous ay dernièrement écrit touchant le fait de ravitaillement de Fontarabie, laquelle je suis seur que vous avez desja par le passé secouriie par quatre fois, je vous prie, sur tout le service que vous me désirez faire^ que vous veuillez être cause qu'elle soit secouriie pour la cinqième, et trouver moyen d'en envoyer argent au comptable pour satisfaire tant à cela qu'au payement des gens de guerre qui sont dernièrement sortis avec Monsieur de Lude, en quoy faisant, vous me ferez un service si très grand qui seroit possible; de plus^ vous sçavez l'importance de quoy m'est le dit avitaillement , et aussy la conséquence du payement des dits gens de guerre, et n'est besoin que je vous en dise autre chose. Par quoy encore une fois je vous recommende cette affaire, priant Dieu, Samblançay, qu'il vous ait en sa sainte garde. Rouen, le 23' jour de feuvrier.
<( Samblançay , je vous prie aussi trouver moyen d'envoyer argent au dit comptable pour le payement des lansquenets , qui sont au service de mes ennemis , car qui les pourra retirer au moyen comme j'espère que l'on pourra faire en les payant, ce ne sera pas peu d'œuvre faite, et eux retirés par deçà, je donneray ordre de faire casser autant d'autres gens de pied de ceux qui sont en mon service, pour vous décharger et lever de dépense. « François.
« Breton. »
378 PIÈCE» lUSTiFICATIVEli.
LETTRES m iQum m SA vote ,
UÈnE DE FAANÇOIS I*', RÉGENTE DE FRANCE^ A SEMBLANÇAT ^
(iHÉDlTBS. j<^
« Monsieur de Samblançay, depuis votre partement j'ay eu nouvelles du Boy, pi coipbj^ii qup je sçacbe ^^j, que ypu^s ^stes si ayant eu l'affaire qii'il n>s); possible ()p plus ou tant, toutes fois connoissant le travail en quoy est le dit seigneur pour ne pouvoir exécuter son intention et les provisions qu*U a délibérées pour \p bien de ses affaires, s*il n'est secouru, continuez jusqu'au bout je vous prie que sans y épargner chose qui soit au iponde vous vous y employiez plus que le possible et selop pe que you^ êtes asseuré que le dit seigneur et moy avons en vous fiance, qui est-ce que je vous puis 4ire, la plus grande, et t^lle qup vous U connoisse^K de présent. Â tant, vous dis à Dieu, I^onsieur de Samblançay, lequel je prie yous avoir pp sa saifite g^rde. BIpis, le ^0« jour d'ayril. a Stgt^é : Louise,
c( Contresigna : BABoy. p
« Monsieur de Samblançay , vous sçavez mieux que personne en quelle extrémité est Taffaire du Ualtre, e( «ofnbi^ que je sçacbe ass^ et p^r expiârience et autrement ('affection que voue y avez, toutes ibis si ne me puis tenir de vous advertir du regard qup Ton doit avoir à la persoune du Roy qui souffre, et je le sens bien, connoissaut la difficulté en quoy est spn dit affaire. Pour ce, je vous prie, Monsieur de Samblançay, que sans épargner cbose quelle que œ soit en ce monde, vous travailliez pouV le relever et luy donner qu^uo expédient, car, sans vous je suis
' Bibliothèque impériale; Mes. Supplément français, n* 3(0-13. — Procèt criminel de Jacques de-Beaune de Sembhnçay, p. 153 à 162 6ii.
BEAUNS jm SENaLAMÇiY. 370
seure que tout tirera ei aura i aouffrir, duMH qui im doon^ 4o la peine et continuel travail plus que je ne voua puis dire. A cette cause, je vous prie derechef, faitez y comine celuy en qui est pour une telle extréaùté ma dernière espérance, et a Dieu, Monsieur de Samblançay, auquel je prie vous avoir en sa sainte garde. Is 44* jour de may. « Uhjiss.
. a Babou. »
« Monsieur de Samblançay , j'ai reçu à ce soir une lettre du Roy par laquelle ii m*écrit que je vous commende pourvoir au payement des gens de Monsieur de Vendosme, qui est chose plus que nécessaire, car le dit seigneur me mande nommément, que sans le faire promptement tenir, les bandes se perdent, qui seroit la totale rupfure de TafTaire et entreprise du dit seigneur. Et pour ce que vous même pouvez assez considérer de quelle importance est cette affaire pour le privilège de sa personne qui y est, je ne vous en feray plus long propos , fors que je vous prie qu'en diligence et sans y faire faute vous y pourvoyiez. Le reste des affaires du dit seigneur, et mesmement de Mézières se portant tant bien que mieux ne pourroit, car les ennemis ont abandonné le côté du Royaume de deçà la rivière, se sont retirés de là la Meuse, commençant à rompre les ponts, prêts à déloger dès qu'ils sentiront que le Roy marchera. Ces bonnes nouvelles et autres que vous ay fait sçavoir peuvent servir au profit de votre commission, laquelle je ne vous recommende point pour l'affeor tion que je sçay que vous y avez. Priant notre Seigneur, Monsieur de Samblançay, qu'il vous ait en sa garde. Nogent-sur- Seine, ce 30* jour de septembre. «t Louise.
« Babou. »
a Monsieur de Samblançay^ j'ai tout à cette heure reçu une .lettre et incontinent pour diminuer la peine en quoy vous avez veu que le Roy est par celle qu'il m'a écrite, j'ay dépesché vers luy pour l'assofer 4l^ payement des gpis^e^ el des av^^turiers
380 PIÈCES JUSTinCÂTIVES.
francois, Belon ce que voua me mandez, toutes foia sans luy faire mention de la difBculté que vous, me Taites pour le surplus, car je suis certaine que cela le tiendrait en suspens et travail d'esprit, dont il n'a pas besoin, mais seulement comme asseï entendez de pourvoir et commander au fait de l'extraordinaire de la guerre ; vous priant, Monsieur de Samblançay, que ayant regard à la Gance que liry et moy avons en vous, et à ce que sa propre personne s'eïpose à l'affaire, que vous y faites, non pas œ qu'il vous sera possible, car je sçais assez la perplexité et peine ea quoy vous êtes, mais que vous y faites plus que le possible, et ainsy que l'on doit faire pour sauver la personne, l'bonneur et l'élat de son Maître, qui sont choses qui doivent mieux toucher que les remontrances que l'on ne sçaurail faire, qui me gardera de plus vous en dire. Priant notre Seigneur, Monsieur de Samblançay, qu'il vous ait en sa garde. Meaux, le 25' jour de septembre. « Louise.
«Baboii. 1
« Monsieur de Samblançay, je voue ferois plus long propos que par le double de la lettre que le Roy m'a ecritte que je vous envoyé, vous verrez la peine en quoy il est, qui vous 'doit plus solliciter et donnorcœurdefairece qu'ildemandeque neferoiènt toutes les lettres du monde; et oolez, voyant que ledit seigneur souffre, jo ne pourrois eslre sinon en grande peine jusqu'à ce que je le voye satisfait et à strn ayse; pour cette cause, je vous prie que pour mettre service icy à haut bout de tous œui que vous m'avez jà faits, vous me renvoyiez incontinent ce porteur, lequel j'envoye exprès devers vous, avec réponse par laquelle je puisse ce soir envoyer devers le Roy pour l'assurer de son affaire, priant Notre Seigneur, monsieur de Samblançay, qu'il vous ait en sa i;iiiilr. .Mijinx, leaO'jour deseotembre. « Louise.
a BABOU. i
urde Samblançay j'ay reçu deslettresduRoy queje
vous envoyé, avec une du tbrésorier Robertet, par lesquelles vous verrez la nécessité en quoy est Taffaire du Roy, où luy même veut exposer sa personne, qui est, comme je suis seure le plus grand exhortement que je vous sçaurois faire. Et pour ce, et afin que demain au matin je puisse isivoir nouvelles de vous pour répondre audit seigneur^ je vous prie que vous m^écriviez une lettre que je luy puisse envoyer, afin que moy et vous nous parlions un même langage, et s'il y a quelque remontrance qu'il soit besoin me faire, faites la moy par autre lettre à part. Quant est de votre venue par deçà dont Babou m'a parlé , aussi votre allée devers le Roy dont il escrit comme verrez, ou demeurer selon que TOUS connoitrez que l'affaire dudit seigneur le requerera, et aussi l'endroit où il vous semblera que luy pouvez faire service. Toutesfois que s'il se pouvoit faire, je voudrois avoir parlé à vous. A tout vous dis à Dieu, lequel je prie, Monsieur de Samblançay, vous avoir en sa sainte garde. Meaux, le 28« jour de septembre. a Louise.
« Babou. »
« Monsieur de Samblançay, je vous envoyé le double de la lettre que le Roy m'a escrite; avec celuy est venu de Tournay et Monsieur de Yendosme, et Mareschal de Chabannes; par là vous entendrez que nous ne sommes pas à bout des affaires, et vois bien qu'en votre endroit vous aurez à soutenir un grand faix , mais si ne faut-il pas que le cœur vous faille à si grand besoin. Pour ce je vous prie que vous pensiez dès cette heure pour le mois qui vient, et m'escriviëz ce qu'il faudra que je fasse de ma part pour vous secourir, à quoy vous ne trouverez jamais faute. A tant vous dis à Dieu, Monsieur de Samblançay, qu'il vous ait en sa sainte garde. Meaux le 4«' jour d'octobre.
« Louise.
« Babou. »
a Monsieur de Samblançay, j'ay vu la lettrb que vous m'avez cy devant écrite et ne doutez point que je sçay et connois voslre
382 PIÊOBS JWSTtflCATltËS.
piëim cft tfàyail (àomfhè ym^iHèaië, ie désire de vous voir el tons ptie que M tost qu'il 6e pourrit feirè, sans faire faute^ que vous faaatfiK icy un t(tûr. Au deitteiuratit, Je trouve yotrCi avia fort bon touchant les petits écotièrs dont vous m'avet escHi ; j'en ay avefty le ^of, 6t Ti'j atira que bien que cependant vous les mettiez au collège de Navarre avec bonnes et sètires gardes^ ou s'il vous 8&ttih\ë qu'ils n']r ftissetit assez setlrèmètit, les mettrez au. Louvre. Je votis envojrè ùfiie lettre qiie m'a éscrittë le ttarésorier Robertet, pnt laquelle vOus Yêrtéi l'aysé qu'a en le Roy de voir la seureté de ses payetnèftits; tous n'aurez autre èho^ pour^cette heure. Prîiiltit ifotre Sëigrieiif, fnfOnstètir dé Saniblàiïçay , qu'il vous garde. Iteaox, ?• jotir d'octobre.
« LOTSÈ.
« Babou; »
a Monsieur dé Samblançay, je vous eiivoye une lettre que (e Boy m'escrii par laquelle vous verrez la peine en quoy il est de Xaire secourir d'argent monsieur de Lautrec. Et pour ce, je vous prie que vous avisiez à y pourvoir, et de me mander expédient et moyeu de tè jettèf h()frs de cette peine, car il n'a mestier d'autre chafgo q[ûe de celle «là où 11 est de présent en personne qui est (elle que Voiis 6it(tettdi*ez, parce quo j'ay çOttimandé à Baibon Vous èscrfre et fs(iref scaVofr, avec tout ce qui est v^o dudit seigneur. Et d'aillôurs, priant notre ^éigiiefur, mojisieur de Satnblançay, (ju*il Vous ait en sd sainte gafdè. A l'afbbaye dé Chailly, le 42« Jou^ d'octobfe.
ce Louise.
« BXBOtJ. 9
« Monsieur de Samblançay, j'ay reçu la lellr cque vous m'avez escritte du }our d'hier avec l'état que Babou n\'a montré , qui vous a été envoyé de là où est le Roy pour le mois de novembre, et ne trouve pas seulement qu'il soit dtffieile d'y pouvoir satisfaire^ mais le trouve impossible, ce qui a été fait par cy devant;
BEAUNE BfE SÈMBLANÇAY. 383
â eèite cause }ci itsns prie c[\ïe votis escHWez bien au long à mon ftètë le 0a§taM, afin qa'il entende du R07 les partit^ doift il vous pouffa supporter pour le dit mois, afin qu'il ne tous en donrie point de charge^ car Je suis seure que vous ti*eh atrez pas de mestier. «Louise, n
« Monsieur de Samblançay, vous voyez maintenant le fort de ràfifaire du Roy et qu'il est moins requis que jamais que pour cette heure le dit seigneur cassoit de ses gens, et qu'il affoiblist la force, qui est la chose du monde qui peut le plus contraindre ses ennemis à venir à paix, trêve, composition honorable et avantageuse pour le dit seigneur. Toutes fois que je pense pour le dit mois de novembre, il ne sera point de besoin que le dit seigneur paye tout le contenu au dit estât qui vous a été envoyé ^ qui est la cause pour laquelle je voua mande que vous en écrirez à mon dit frère le Bastard; et croyez, Monsieur de Samblançay, que je trouve merveilleusement bon que vous fassiez un voyage devers le Roy, mais non pas plustot que vous ayez fait tout ce que vous verrez qui est nécessaire pour les affaires du dit seigneur, et qui vous semble ce que vous pouvez mieux faire étant là où vous estes, que avec le dit seigneur. Sur cela et autres occurences, vous me ferez sçavoir de vos nouvelles, et s'il faut que je fasse ou die quelque chose pour vous soulager. Et à Dieu, Monsieur de Samblançay, lequel je prie vous avoir en sa sainte garde.
Compiègne, ce 4 G^^ jour d'octobf e. « Louise.
« Babou. »
« Monsieur de SemMànçay, Babon m'a fait entendre ce qu® vous luy avez escrit du fait des payemens pour, le mois de novembre. Je sçay que l'extrémité y est, et entends bien la peine en quoy vous en estes, qui n'est pas sans que j'en porte ma part, tant pour avoir bien petisé et considéré ce que vous avez fait jusques icy. La faute de fonds qui est aux finances du Roy,
et que ce que vous y pouvez faire est sans espérance et bourse d^aulruy; que aussy parce que j*ay entendu par une lettre que le Roy m*a ce jourd'hui escrite, par laquelle il m'advertit et fait un long discours de son chemin pour Tavitaillemeut de Tourna y, pour lequel exécuter il ne luy faut pas moins le temps que de trois sepmaines avant que à son retour être hors des pays de ses ennemis; à cette cause, il n*est possible que le dit seigneur sceust diminuer sa force, ne retrancher aucune chose à la dépense de son armée, pour tout le mois de novembre ; car la vraye gloire et grandeur se connoistra plus en luy voyant ramener toute sa dilte force entière du ditTournay, que de chose qui lui' peut advenir.
a Monsieur de Samblançay, je connois bien par la lettre du dit seigneur qu'il est en peine considérant la difficulté des dits payements qui me rend celle que je porte double; car vous sçavez au lieu où il est, qu'il n-a mestier fors de penser à Texecution de son affaire, et que d'être contraint à cette heure à s'arrester ou diminuer sa ditte.force, luy seroit chose si griève [qu'il ne la sçauroit supporter et de ina part, j'aimerois mieux autant mourir, que le voir en telle nécessité. Pour cette cause , je vous prie. Monsieur de Samblançay qu'à ce tant extrême besoin votre vertu et force double. S'il est possible que nous puissions porter ce faix, soyez assuré que toutes choses seront après faciles et se conduiront à l'honneur et avantage du dit seigneur , soit pour traiter paix, trêve ou autre affaire.
« Monsieur de Samblançay, la peine que j'efi porte ne sera diminuée jusqu'à ce que vou^ m'ayez sur ce fait sçavoir une bonne nouvelle ; et notez que j'y ay bien pensé et considéré toutes les charges et empeschements que vous avez à supporter pour y satisfaire comme la pension générale des Suisses, celle des Ânglois, l'excessive somme à quoy se montera la dépense du dit mois de novembre, et que encore faudra-âl pour le mois de décembre, le renvoy des Suisses, ainsy que je sçais bien que vous l'entendrez. Toutefois, je vous le redis volontiers, afin que vous ' "^ que j'entends bien le bon office que vous avez fait et
faites. Combien que j*aye assez connu par cy devant ({ue vous n'avez besoin de sollicitation pour les affaires, si faut-il que je vous prie que vous pensiez le lieu où est la personne du Maître, le fruit et grand honneur qui luy est à advenir si son voyage de Tournay, duquel il ne se peut excuser, se conduit de l'aller et du retour sans rompture, et, sur ce point, je vous diray à Dieu, Monsieur de Samblançay, lequel je prie de vous avoir en sa garde. Compiègne^ le 48* jour d'octobre. Loyse.
Babou.