‹ Enoch Arden;Chapitre 26 sur 33 · So genial, si confortable · texte numérisé non relu

So genial, si confortable

pendait un long ruban et un anneau pour tenter l'enfant qui élevait ses bras potelés, cherchait à le saisir, le manquait toujours, et on riait : à main gauche du foyer il vit la mère ; souvent elle regardait vers son enfant, de temps en temps aussi elle se tournait pour lui parler, à son fils qui se tenait à côté d'elle, grand et fort ; elle lui disait des choses qui lui faisaient plaisir, car il souriait.

Quand l'homme mort revenu à la vie aperçut sa femme qui n'était plus sa femme, et vit l'enfant, à elle et non pas à lui cependant, sur les genoux du père, et tout le confortable *, la paix, le bonheur, et ses propres enfants grands et beaux, et lui, cet autre régnant à sa place, maître de ses droits et de l'amour de ses enfants— bien que Miriam Lane lui eût tout dit, comme les choses qu'on voit font plus d'impression 2 que celles qu'on entend raconter, Knoch chancela, et tout tremblant se cramponna à la branche, craignant de pousser un cri perçant et terrible, qui en un moment, comme la trompette du jugement 3. aurait brisé tout le bonheur du foyer.

Tournant alors doucement comme un voleur, de peur que le dur gravier ne grinçât sous ses pieds, il suivit à tâtons 4 le mur du jardin dans la crainte de s'évanouir, de tomber et d'être découvert. 11 se glissa ainsi jusqu'à la porte, l'ouvrit, la ferma, aussi légèrement que la porte de chambre d'un malade, et sortit sur la Jande.

Et là il aurait voulu s'agenouiller, mais 5 ses genoux étaient trop faibles; il se laissa donc tomber en avant 6 enfonçant ses doigts dans la terre humide, et pria.

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