‹ Enoch Arden;Chapitre 8 sur 33 · The morning, le matin · texte numérisé non relu

The morning, le matin

m'éloigner de Lui? Et la mer est sienne, la mer est sienne, il Ta faite. »

Enoch se leva, jeta ses bras robustes autour de sa femme défaillante et baisa ses petits enfants frappés de surprise; pour le troisième, le petit malade, qui dormait après une nuit d'insomnie fiévreuse, Annie aurait voulu le lever, mais Enoch dit : « Ne l'éveillez pas, laissez-le dormir; comment l'enfant se rappellerait-il tout ceci? » Et il le baisa dans son berceau. Annie coupa du front de son enfant une petite boucle de cheveux et la lui donna. Enoch la prit et la garda pendant tout son avenir; puis il prit à la hâte son paquet, agita la main et alla son chemin.

Pour elle, quand arriva le jour mentionné par Enoch, elle emprunta une longue-vue : ce fut en vain ; peut-être ne put-elle pas fixer la lunette pour convenir à son œil; peut-être son œil était-il voilé sa main tremblante; elle ne l'aperçut pas, et tandis que lui était debout sur le pont et faisait des signes, le moment et le navire passèrent.

Jusqu'à son dernier plongement, Annie suivit des yeux la voile qui disparaissait2, puis s'éloigna en pleurant sur Enoch : puis, quoiqu'elle pleurât son absence comme sa mort3, elle mit enfin néanmoins sa volonté en harmonie4 avec la sienne ; mais elle ne prospéra pas dans son commerce, n'ayant pas été élevée pour le trafic et ne sachant pas compenser par sa finesse l'expérience qui lui manquait 3, incapable de mensonge, ne demandant pas trop

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