‹ Enqu sur le serpent de la Martinique [vip fer de lance, bothrops lancetc.]Chapitre 56 sur 93 · N° IV SYNONYMIE ZOOLOGIQUE DU SERPENT DE LA MARTINIQUE · texte numérisé non relu

N° IV SYNONYMIE ZOOLOGIQUE DU SERPENT DE LA MARTINIQUE

Le serpent dont il est question dans ce travail n’a pas toujours été désigné sous le nom de bothrops lancéolé (1) qu'on lui donne aujourd'hui. Nous avons adopté cette dénomination

(1) Ce nom de bothrops est composé de deux mots grecs, Boôpoc, fossula, pour indiquer le pelit creux placé près de l'œil, et de ww, visage. Pris à la letire, ce nom conviendrait à tous les crotaliers qui ont la fos+ sette, On l’a réservé à celui-ci,

parce qu’elle a été choisie par M. le professeur Duméril dans son Erpétologie, qui est le dernier et le plus considérable ouvrage de ce genre publié de notre temps.

Voici la synonymie du bothrops lancéolé dans les livres qui en parlent :

Vipères jaunes. Dutertre.

Serpents de la Martinique. Labat.

Vipères jaunes ou rousses, Rochefort.

Vipère de la Martinique. Bonodet, année 1786, République des lettres et des arts.

Le Fer de lance. Lacépède, Latreille.

Coluber glaucus. Linné.

Vipera cærulescens. Laurenti,

Coluber Megara. Shaw.

Cophias lanceolatus. Merrem.

Trigonocép'ale jaune. Cuvier, Moreau de Jonnès, Schlegel.

Craspedocephalus lanceolatus. Gray.

Bothrops lancéolé. Wagler, Duméril.

En lisant cette synonymie si multiple, qu’il n’y a pas deux auteurs ayant parlé du bothrops, qui se soient servis du même mot pour le désigner; en voyant cette diversité de la nomenclature se reproduire à propos de chaque reptile, on reconnaît, avant de retrouver ces animaux sous les divers noms sous lesquels ils figurent dans la science, la nécessité préalable de constater leur identité. Perte de temps et labeur pour la mémoire qu’il serait à souhaiter qu’on püût s’épargner. Il en est de même dans toutes les branches de l’histoire naturelle. Les congrès scientifiques qui se tiennent chaque année dans les différentes villes du monde et dont la coutume entre heureusement de plus en plus dans les mœurs des savants, ces congrès ne pourraient-ils pas se donner pour mission de fixer pendant un certain nombre d’années, dans chaque branche de la science, la langue scientifique, quelque chose d’approchant ce que l’Académie française fait pour la langue usuelle ? Cette langue convenue serait, en quelque sorte, la langue officielle sacrée, à laquelle on ne retoucherait pas, jusqu’à une révision nouvelle, qui pourrait être faite, par exemple, au bout d’une période décennale.

Page 1