FACE
On peut rapporter à la face du serpent cinq os, dont l’un impair, situé sur la ligne médiane, a la forme d’un T: c’est l’os intra-articulaire, qui s’avance entre les naseaux; 2° l’unguis, qui est pair, et 3° le vomer, qui est pair aussi : ces ossont de forme-très irrégulière; leurs deux côtés se réunissent sur la ligne médiane ; ils forment la cloison des fosses nasales et tiennent au crâne et entre eux par des ligaments qui paraissent leur laisser un certain mouvement.
Mais on peut aussi rattacher à la face l'appareil maxillaire ; celui-ci se compose 1° de l’os maxillaire supérieur, très-court
chez le Bothrops lancéolé, comme chez tous les serpents ve- * nimeux; ramassé sur lui-même, ce petit os forme à lui seul presque toute la face proprement dite, est creusé en dessus d’une fossette qui forme la presque totalité du trou borgne, ou fossette lacrymale, caractéristique des crotaliens, s’articule -supérieurement avec le frontal antérieur, sur lequel il pivote ee en arrière, tiré par certains muscles, ou berge en
L ptérygoïdien externe, Court chez les couleuvres, mais qui s’allonge chez les serpents venimeux ; long de pr d’un pouce chez un Bothrops de quatre pieds offrant la forr d’une béquille, cylindrique dans son corps, aplati à ses extrémités, s’articulant antérieurement avec le maxillaire supérieur dont il redresse les crochets en lui imprimant un mouvement de bascule, et en arrière avec le ptérygoïdien interne, sur lequel il prend un point d'appui.
3° Le ptérygoïdien interne, placé en dedans de l’externe, pluslong, plus irrégulier, offre deux parties, l’une horizonta'e, arrondie, qui supporte à son bord inférieur 14 à 45 petites dents de 1 à 2 millimètres, courbes, solides, qui vont en décroissant du museau vers le pharynx, vers lequel elles sont dirigées. L'autre partie du ptérygoïdien interne forme une branche montante vers le crâne et par conséquent un angle | ouvert avec la précédente; elle est aplatie, étalée en aile C’est à l’angle formé par la réunion de ces deux parties si distinctes du ptérygoïdien interne que vient s’appuyer lextrémité postérieure du ptérygoïdien externe, plutôt par une simple juxta-position que par une articulatio véritable, quoique cette jonction soit maintenue par ament. Le ptérygoïdien interne s’articule en arrière avec l'os maxillaire inférieur ou mandibulaire, antérieurement il se joint ou plutôt se continue avec un petit os à peu près de même forme que lui, qui supporte aussi quatre ou cinq petites dents, mais que les auteurs ont distingué du ptérygoïdien interne et appelé os palatin.
4° L’os mandibulaire ou maxillaire inférieur, os pair, le plus long des os du squelette du Bothrops, courbe, à concavité supérieure, peut être divisé en trois portions : l’antérieure, qui supporte sept petites dents plus développées que les dents
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supérieures ; la médiane, arrondie et courbe; la postérieure, aplatie en spatule et offrant le trou qui sert de passage aux nerfs dentaires inférieurs, lequel trou est bien visible. Les deux os mandibulaires, gauche et droite, ne sont pas soudés sur la ligne médiane, ils sont unis par un ligament très-extensible qui permet à la bouche une dilatation extrême; en arrière l'os mandibulaire s'articule avec le carré ou tympanique. 5e L'os carré ou tympanique, ou intra-articulaire, 1 arrondi, dirigé obliquement en dehors, en arrière. bas, terminé à ses deux éxtrémités par deux têtes, dont l’une Dix mu inférieurement avec l’os mandibulaire et l’autre avec
s mastoidien. C’est vers la partie moyenne de cet os que l’on trouve la columelle, et c’est à son articulation avec l'os mandibulaire que se joint l'extrémité du ptérygoïdien externe.
6° Les mastoïdiens sont des os qui se rattachent autant au crâne qu’à l'appareil maxillaire; ils sont très-développés chez le Bothrops lancéolé; chez un individu de cinq pieds, le mastoïdien avait deux lignes de longueur : cetos est aplati et long, il s’articule en haut avec l’occipital latéral, en arrière avec l'os tympanique. C’est une sorte de clavicule qui unit l’appareil maxillaire des reptiles au crâne, comme les clavicules, chez les mammifères, rattachent les membres au tronc.
Excepté par leurs dimensions qui varient suivant la taille de l’animal, les os du crâne et de l’appareil maxillaire, chez
les divers serpents solénoglyphes, sont si parfaitement semblables sous le rapport du nombre et de la configuration, qu’il n’est pas possible de distinguer la tête d'une vipère d’avec celle d’un Bothrops et d’un crotale. La tête d’une grosse vipère passerait facilement pour celle d’un jeune Ker de lance. En voyant chez cette classe d'animaux l'appareil maxillaire composé d’une série de leviers brisés qui se meuvent si rapidement les uns sur les autres, on comprend que cet appareil n’est pas à proprement parler une mâchoire, comme chez les mammifères, dont la mâchoire se compose d’un seul os; en effet, il est propre à saisir et à retenir une proie, mais non à la mâcher. Il a été ainsi mobilisé non-seulement pour la dilatation nécessaire pour avaler des proies en apparence disproportionnées avec les dimensions de la gueule de l’animal, mais aussi pour la rapidité des coups que Celui-ci doit porter ; en ce sens, le système maxillaire du serpent fait partie de son appareil à venin, il en est le support et le squelette.