ORGANES GÉNITAUX MALES
Deux testicules, placés dans la duplicature du péritoine, en avant des reins, le gauche un peu plus bas que le droit, d’une forme allongée, aplatie, semblables à deux graines de datte, blanchâtre, recouvert d’une tuniquefibreuse, albuginée, offrant à l’extérieur des canaux séminifères repliés sur eux-mêmes et réunis par du tissu cellulaire. L'épidydyme peu marqué. Les canaux déférents très-flexueux, longs de 10 pouces (sur un individu de 5 pieds), côtoient les reins et les uretères, n'étant pas plus gros qu’un fil de soie, aboutissent au cloaque, en se joignant à l’extrémité des uretères et présentent une petite saillie papillaire : point de vésicules séminales. La verge forme un corps caché dans l'épaisseur de la queue, etenveloppéd’un fourreau ou gaine fibreuse; unique dans ses 4/5, elle se divise danslecinquièmeantérieur en deux têtes ou glands d’un aspect singulier. Ce sont deux renflements cylindriques entourés de pointes coniques, durs, formés par des replis de la membrane anale, qui sert de prépuce à ces glands. Lorsque l’animal est en érection, ces deux glands se gonflent et se déjettent de côté; ils sont rouge-violets, et leurs pointes blanchâtres. On dirait une fleur radiée. Au repos, les glandes rentrent dans la gaîne, mais on peut les faire sortir par la pression des par-
ties voisines, ou mieux en suspendant l’animal par la queue. Le corps de la verge consiste en un tissu caverneux, érectile; il pénètre par le cloaque pour s'adapter aux organes de la femelle; en considérant la forme du pénis des serpents, on comprend que le coït doit durer longtemps.
“ di ORGANES FEMELLES.
Les ovaires sont deux tubes effilés, placés sur les côtés de la colonne vertébrale, dont l’aspect et les dimensions varient suivant qu’ils sont vides ou distendus par des œufs ; dans l’état de vacuité, ils ressemblent à deux petits ligaments celluleux en avant des reins, dans un repli du péritoine; les oviductes forment une multitude de replis et vont s’ouvrir dansle cloaque, qui s’élargit pour les recevoir et se divise en deux COMPartiments pour les deux glands de l’organe mâle.
Dans une femelle pleine, dont dix vipereaux étaient déjà sortis, il en restait encore onze à droite et dix à gauche, formant deux grappes disposées en nœuds ou chapelets, mobiles, retenus par un repli du péritoine, véritable mésentère à travers lequel on distinguait les vaisseaux qui se rendaient aux œufs; en avant, ces grappes aboutissaient à un corps flaxueux bosselé (ovaire), en arrière, au cloaque, occupant ainsi le tiers de lacavité splanchnique. Ces chapelets étaient évidemment les oviductes dilatés par la présence des œufs; au niveau de ces œufs, l’oviducte était rouge, partout ailleurs blanchâtre. Cha. que œuf se composait de deux membranes très-minces, transparentes, qu'on isolait facilement (allantoïde et chorion), d’une matière jaunâtre, en assez grande quantité pour emplir une cuillerée à café (vitellus), et d’une matière blanchâtre plus fluide. C’est à tort que M. Schlegel croit, qu'il n’existe pas de matière blanche dans l’œuf des serpents. On distinguait dans ces matières de petits vaisseaux aboutissant aux membranes, et surtout un plus développé que les autres, et fixé au vipereau, c’est le cordon ombilical. Le vipereau était placé dans le centre de l’œuf, lové, c’est-à-dire roulé en cercle, la tête en haut, la queue en bas; tous les œufs étaient de même dimension, ceux placés près du cloaque aussi bien que ceux qui en étaient éloignés. Ce qui semble indiquer une parturition presque simultanée ou séparée par des courts intervalles,