‹ Enquête de l'Enseignement mathématique sur la mthode de travail des mathématiciens. PubliéChapitre 15 sur 26 · L. 13()I.IZMANN · texte numérisé non relu

L. 13()I.IZMANN

Rép. XXlll P^rance . — Ki. Oui. à peu près. — 17. Je n'ai j)oursuivi le sujet ([uautant qu'il continuait à mintéresser. Il faut une certaine persistance, mais, (piand airive la fatigue, on ne fait plus grand chose de hoii. Souvent jai laisse de c<")té. très longtemps, un travail entrepi'is, pour le i rpiindir bcaiicouj) |)lus tard, et je ne m'en suis pas mal trouve. (.. A. Laisank.

Rép. X.\X\'1I France . — Ki. Oui. — 17. L(»rs(|u"un sujet |)aiait ne plus rien donner, il y a tout avantage à l'abandonner, sauf a le repi'endre après un an on deux. Rien souvent on xoil alors la (piestion à un autre point de \ue. Des (piestions oubliées et reprises à deux ou trois intervalles m'ont conduit à des résultats impor-

68 EXOUETE SUH LA METHODE DE TRAVAIL

tants. Il est rare que du premier coup on tire d'une question tout ce qui est possible. Fabry.

Rép. XLVI Espagne . — 16. Oui. — 17. Dans les recherches je trouve convenable une certaine discontinuité. Vaincre les difTicultés dans certains moments favorables. La continuité dans une seule recherche produit de la fatigue. Z.-G. de Galdeaxo.

Rép. LVll Etats-Unis . — 1(3. Ma méthode n'est pas aussi systématique et aussi régulière que je le désirerais. — 17. J'ai la tendance à abandonner une longue étude pour la reprendre après quelque temps. Des travaux plus courts peuvent être tiaités d une manière continue. lime semble que la meilleure méthode consiste en un travail continu avec interruptions pour le repos.

E.-F. Thompson.

Rép. LXXXIV Suisse . — 17. J'ai souvent abandonné un sujet pour y revenir ensuite. Ola dépend, du reste, de la disposition dans laquelle on se trouve. G. Olthamahe.

Questions 18 et 20'

/'">'. — Quel est, d'après vous, le temps minimum qu'un mathématicien ayant d'autres occupations journalières doit consacrer dans sa journée, sa semaine et son année aux mathématiques pour arriver et cultiver avec fruit certaines branches des mêmes mathématiques ? Vaut-il mieux quand on a le choix, d'après vous, travailler tous les jours un peu : une heure., par exemple, an minimum ?

'20. — .">/ vous avez des occupations professionnelles absorbantes, comment vous appliquez-vous à les concilier avec vos travaux personnels ?

Il nous a paru indiqué de rapprocher les réponses aux questions IS et 20 à cause de ieui- connexité, et de renvoyer à un prochain article Tétude du n" 19.

Près des deux tiers de nos documents renferment des réponses à la question 18; mais elles sont loin de s'accorder entre elles, ce (|iii n'est pas pour étonner lorsqu'on pense à la variété des tempéraments individuels, et aussi aux divers sens du mot travailler. Autre chose est en ell'et d'apprendre, c'est à dire d'étudier et de s'assimiler une science déjà existante, autre chose de préparer un enseignement, autre chose

1 L'étude des questions IS et :io est due à M. l'h. Flournoy, professeur de psychologie à l'Université de Genève.

E y qui: TE SUR r.A méthode de travail 69

encore dinvenler et de se livrer à des recherches ori^iiu)les. etc. Il va. de même, ties natures [)ondérées. (|iii l'ont tout avec suite el régularité, comme si elles ignoraient également la lassitude et remballement : et il y a des natures explosives, procédant par saccades ou bouri-ées suivies de périodes dinactivité plus ou moins pi'olongées. Ce sont ces opj)Ositions, et leurs combinaisons diverses, qu'on voit se refléter dans les extiaits ci-dessous de notre en(|uète.

Les uns recommandent avant tout la régulai-ité du travail, à raison d'une, deux, trois, jusqu'à six heures chacjue jour ou chaque semaine. Les autres, davantage l'rapjîés des phénomènes d'entrainemenl el de fatigue, préconisent les coups de collier, et ont plus de contiance. par exemple, tlans deux journées consécutives de travail par semaine, ou dans quatre heures par jour pendant di^vw jnois, (}ue dans une ou deux heures chaque jour pendant toute l'année. D autres encore, songeant évidemment avant tout a la production originale, ne A'eulent d aiu'une règle et s'abandonnent pour ainsi dire à 1 inspiration du moment, travaillant jour »t nuit (piand une idée les tient, (juitteàne plusi-ien l'aire ensuite |)endant des semaines ou des mois. De tout cela on ne peut rien conclure, en somme, de général. Mais n'est-ce pas aussi un résultat que d'avoir mis en lumière cette extrême diversité, et par conséquent le droit et le devoir de chacun de se forger sa propre méthode et d'adopter le mode de travail cpie 1 expérience lui aura montre être le mieux adapté à ses circonstances personnelles.'

Même concdusion, ou absence tie conclusion, (piant à la question 20. (pii a provocpié une (piarantaine de i-ej)onses. Il n y a pas de panacée, il n v a que des expéditMifs \ariables et généralement précaii-es, pour résoutire l'éternel conllit entre les devoirs professionnels, absorbants et ingrats, et les recherches personnelles, les chères études de prédilection. En se levant l(')t, en se tenant a un horaire rigoureux, en empiétant sur le repos de la nuit et des vacances, etc. , l'hacun se tire d affaire comme il jxMit — rarement à son entière satisfaction — . Heureux les privilégiés ii ((ui la destinée, et leur natuie, permettent de concilier pleinement ces deux sor-

tes crocciipalions, ou de se eoiifiner exclusivement dans l'une d'elles !

Rép. 1 France . — 1<S. Je ne puis fonnider aucune règle : a un travail de copie, on peut se mettre, se retirer cjuand on veut; mais le travail intellectuel ne produit rien s'il n'entraîne pas 1 ouvrier, et dans ces conditions il est jiresque impossible de s'y mettre quand il n'attire pas, de s'en arracher quand il attij-e. Je ne considère pas comme possible d'abandonner un problème dont la solution est en bonne voie, autrement que sous le coup de quelque nécessité.

20. La difïiculté n'existe pas pour moi, puisque mon métier consiste précisément à cultiver les mathématiques. Je constate que leur étude (et le reste) m'a fait troj) souvent négliger mes affaires proprement dites. Méray.

Rép. II France . — 18. Nu Ha dies sine linen !... Ce doit être l'idéal, mais la l'éalité en esl bien loin! — 20. Utiliser les marches libres... comme on peut! Audebuaxd.

Rép. m (Angleterre). — II faut prendre tout le temps qu'on peut, et c'est bien peu. Une heure n'est j)as assez pour s'entraîner. BHYAN.

Rép. \'II Allemagne . — 18. 11 m'est impossible de travailler régulièrement. Tantôt j'ai travaillé 12 k 14 heures par jour, tantôt je n'ai j^as travaillé (hi tout, ou peu. Mais je ne voudrais absolument pas ériger cela en règle. — 20. J'ai toujours considéré qu'il fallait tl'abord m'acquitter de mes devoirs professionnels ; mes travaux de prédilection sont toujours venus en seconde ligne. Caxtoh.

Rép. IX (F'rance). — Réponse dilHcile. Kn thèse générale, il me faut de la continuité dans le tiavail. (...)

Rép. XI Russie . — 18. Aïs longn et vila brebis est : on ne saurait rattraper le temps. Travailler chaque jour une heure et seulement une heure, dans la voie des recherches scientifiques, est tout à fait contraire <à ma nature : lorsque je suis possédé par une idée, elle est dans ma tète toute la journée et je saisis tous les instants possibles pour faire mes calculs et mes constructions. — 20. En pensant à mes problèmes même au milieu des occupations professionnelles, et en réservant les soirées pour les recherches et lectures mathématiques. DelauiXay.

Rép. XIII Angleterre . — 18. Il vaut mieux travailler 3 heures tous les deux jours qunne demi-heure chaque jour. Mais il faudrait donner au moins 3 ou 4 heures par jour aux recherches si on en a le loisir, c'est-à-dire si les autres travaux ne prennent pas plus de () heures. (...)

Rép. XIV Irlande . — 18. C'est l'inclination qui doit décider.

E N Q U È TE S un I. A M ET HO DE D E T I! A V A I L 71

Mais les distractions sont fatales. — 20. 11 faut séparer entièrement ces denx sortes de choses, de l'açon à les mettre snr des jours dillérents. ...

Kép. XVI Belgique,. — 1(S. Deux heures par jour au minimum et de préférence tous les jours. — "20. Les devoirs professionnels ont naturellement le pas sur les travaux personnels.

Stlyvakht.

Rép. XX France . — I.S. .le considèie cpi il tant donner une ou deux heures par jour aux mathemati([ues pour uiaintenir le niveau de ses connaissances. — 20. Très simplement : en me levant matin. Biîoc.vhd.

Rép. XXI (Autriche . — 18. .le n'avanceiais pas en ne ti-availlant cpi une heure par jour. Quand je suis en train, je travaille six heures par jour, et davantage; mais ensuite, (piand je ne suis plus en train, je ne fais plus rien pendant des mois. - — 20. Je n'ai pas d'occupations professionnelles régulières en dehors tle mon enseignement. C'e derniei' favorise à un haut degré mon activité scientilicpie en stimulant continuellement mes lectures, en me faisant exprimer à ma façon et sous une forme précise ce cpie j'ai lu, et en me mettant en contact avec des jeunes gens travailleurs d(»nt les ({ueslions me sont un nou\eau stimulant.

Boi/rZ.MAXX.

Rép. XXII Ktats-Unis . — Il est dillicile de lixer un minimum; mais même avec une ou i\ru\ iieures seulemcni par semaine, on peut faire des progrès évidents, .le pense (piil \aiit mieux travailler un peu cha([ue jour, pourvu (pie ce ne soit pas moins d une heure a la fois, j)lulôt (pie de travailler plus longuement, mais à des intervalles plus prolongés. Rscott.

Ilép. XXIII Fr.mcei. — 18. Il n y a pas de règle à formuler. Pour mon compte, je suis resté des semaines, peut-être des mois, saus m'occuper de mathémati(pies. Par contre, jai jiassé quehpiefois des nuits entières à travailler sans interruptions. Il faut ([ue Ton soit cntraiiK' par le sujet ; (piand I attrait ci-sse, on ne fait rien qui vaille. (ICst vrai pour linx rut ion. pour la n-daction et pour les lectures.

20. .1 ai toujours pris un (piait d heure sil s dllVail a moi, une semaine s'il m'était possihlc Même 1res occupé, (ni trouve toujours un peu de temps pour faire des matliemat i([nes (piand on en a le goût. Il mest souvent arrivé de grilfonner sur mon pu[)itre (les é([uations au milieu des séances les plus tumultueuses de la (Ihamhre. Faisaxi.

Rép. XX\T fFrance). — 18. Ma manière de travailler exclut cette questi(ui. .le travaille en nie |)ronieiiant. S'il faut un calcul un peu complicpie et (pie je n aie sur moi pas de (pioi écrire, j'achève au retour. Kichaiîd.

Rép. XXXIIl iFrancej. — I.S. Il me semhle (pi'en une heure on

72 ENQUÊTE SUR LA MÉTHODE DE TEAVAlf.

ne fait rien, .laurais plus de conliance dans 4 heures ])ar jour pendant '1 mois (pien une heuie chaque jour de l'année.

R. d'AniiÉMAR.

lîép. XXXV (Fiancel. - LS. Question toute personneUe. Il faut évidemment que Ton dispose, soit toutes les semaines de quelques heures, soit tous les ans dequelques semaines, pendant lesquelles l'esprit n'est ni ahsorhé, ni fatiyiié par les occupations professionnelles habituelles. Il est préférable de travailler deux jours de suite chaque semaine plutôt (jue une heure ou deux tous les jours avec d'autres occu|)ations absorbantes . ...)

Rép. XXXIX Grèce). — 18. Deux à trois heures jiar jour au moins, excepté les dimanches et peut-être un à (\('y\y. mois dans l'année. Oui. tous les jours, ne fut-ce même (pu' pour une demiheure. Hatzidakis.

Rép. XL Allemao'ue). — 18. .l'estime (pi'il \aut mieux s'occuper de mathématicpies cha(pie jour (piune fois par semaine, etc. Il serait désirable de s'en occuper au moins deux heures chaque matin: il faut que l'esprit soit frais pour jiouvoii- produire.

Mkxzkl.

K(''p. XLI (Ecosse). — 18 et 20. .l'aimerais consacrer toute la journée aux mathématiques pni-es, mais hélas je ne jxiix pas, j'ai trop peu de loi>ii' pour cela il est astronome dans un observatoire tiéd. . [...]

Rép. XLII Italie . — 18. Je n'ai jamais eu le cboix. .lai pris le temps oii je jjouvais. Pendant les vacances, j'ai préféré travailler chacpie jour quatie ou cin({ heures, le matin pour l'invention, le soir pour la rétlaction. — 20. En sacrifiant toutes les heuies qui devraient être accordées au repos et au divertissement. Amodeo.

Rép. XElll Erancei. — L8 et 20. Quand j'avais un service d'inoénieu: , en piovince, j'avais pour principe de ton fours faire, même le dimanche, au moins une demi-heure, ou mieux une heure de mathématicpies par jour lectures, recherches ou rédactions]. Comme me l'avait dit Ilerniite avant ma soitie de l'Ilcole des Ponts et (Chaussées, quand ou le veut sérieusement on trouve toujours ce temps pour étudier les mathémati(iues. Avec ce proi-édé on fait quelque chose : c'est pour moi un minimum de j)rincipe, il est désiial)le qu On ne reste pas au-dessous d une heure en moyenne. Maillet.

Rép. XLIV (Italie). — 18. Pour (M re vniinieut inath('maticien, il faut vouer à cette sublime science tout son temps disponible et y penser constamment... Maiu.eti a.

Rép. XL^ I (Espagne). — 18. (hiand il y a d antres occuj)ations, je conseillerais au moins trois heures par jour.

/. de CiAi.OKAXo.

Rép. XIA II (Suisse . — 18. Il faut travailler les mathématiques tous les jours, au moins un peu, une heure au minimum. — 20. Il

Exorf'rn-: sur i.a méthode de travaii. 73

me faut employci- mes moments de loisir, soirées, dimanches, vacances. Gublei«.

Hép. XI.IX Piance . — l.S. Certainement deux ou trois heures consacrées par jour aux mathématicjues permettraient une spécialisation assez lajjide : mais combien peu. surtout chez les prol'esseurs qui veulent travailler personnellement, peuvent s'estimer assez heureux poui- jouir régulièrement même dune heure .' — 20. Ceci devient presque de l'adresse : il tant avoir l'esprit assez délié, le travail assez l'acile pour ne consacrer, Ihabitude aidant, (pie le temps strictement nécessaire aux occupations professionnelles et s en réserver un j)eu pour les chères études. On y arrive a la longue, mais ce nest pas donné à tout le monde. Heureux les icutiers qui ont du tem|js de troji 1 Bahbahi.n.

Kép. L Etats-Unis . — l.S et 20. Lue heuic ])ar j(»ur, en y ajoutant de temps à autre une demi-journee au moins de travail continu, me parait nécessaire pour arrivei- à un résultat. Je m'applique à trouver cha({ue jour un moment pour faire des mathématiques, et, en outre, une journée entière chaque semaine. D.wis.

Hép Ll France . — hS. Cela dépend beaucoup des circonstances. Ma vie a été exceptionnellement éprouvée, très traversée par les longues maladies de tout mon entourage. De là une très gra!ide inégalité. La régularité vaudrait ceitainement mieux, en lui adjoignant des coups de collier au service de l insj)iration lorsqu'elle vient. — 20. .Vvec un lia\ail constant, inlassable, sans aucune perte de tenqjs et avec le ])lus possible d Ordre et de méthode. llaton de la Col i'ili.iki!i;.

Kép. L\ 11 i'Jats-l nis . — l.S. Ouand on a dautres occupations quotidiennes, ]}our continuer à sintéi-esser prolitablement aux mathématiques il faut h'ui' consacrer au minimum une heure par jour, et de temps en tenqjs plusieurs heures. Deux ou trois heures par jour vaudraient mieux. - 20. Ktant professeur de mathématiques, cest à cela que mon travail est principalement consacré.

E.-l*. ÏHOMI'SON.

Rép. LIX Allemagne . — l.S et 20. Mon idéal serait de ])on\()ir consacrer 4 ou .") heures chaque matin aux travaux scientifiques ; malheureusement, la plus grande partie de mon temps est absorbée par mon enseignement. .le me réserve deux matinées jjar semaine pour mon travail personnel et je me lève à ."> heures, été et hiver. TAri-rMACHER.

liép. LX Suisse . -- l.S. .le trouve qu(> le mieux est de concentrer ses énergies mathémati(pies sur un ou deux jours par semaine.

E.MCM.

lléji. I.XII |-',lats-l nis . — IS et 20. Le seul moyen de niciifi- à bonne fin un tra\ail mathématique est de lui réserver chaque jour un certain temps, le ])lus ]jossible, sur lequel on ne laissera enq)iéter aucun autre travail (juehpu- pressant (|u il soit. Tallmanx.

7 4 E -V Q U È TE S UR I. A M ET HO D E D E TRA VA l L

Rép. I.XVl (Ktats-Uiiis). — 20. Kn ayant un liiogianime journalier strict. Snydeh.

Rép. LXVIll (Etats-Unisi. — 18. I.e mieux est de travailler un peu chaque jour, deux heures.

20. En consacrant un temps spécial aux occupations professionnelles et en ne leur permettant pas d'empiéter sur mes travaux mathématiques. Conant.

Rép. LXIX iltalie). — 18. Une heure de travail .par jour me semble peu : on risque d'oublier dans les 2o autres heuies plus qu'on n'a appris dans la première. (...)

Rép. LXXll 1 Etats-Unis). — 18. Je crois que, (piand on a du ooùt pour les mathématiques, le moindre tenq^s régulièrement consacré à cette étude chaque jour ou chaque semaine est déjà profitable. Cela ne sufïit peut-être pas à donner des résultats importants, mais le béncWice subjectif qu'on en retire vaut cepen(htnt la peine. j)our |i<'u qu'on ait une profession ayant quelcjne connexion avec les mathématiques. Quant à savoir si le travail mathématique doit être fait à heures fixes, cela dépend du type d esprit... — 20. Je suis dans l'enseignement, en sorte que mon travail personnel ne vient qu'au second plan : j'en suis réduit à faire de mon mieux ])our rései-ver un ])eu de temps à mes propres travaux ; c'est le cas général en Améri<iue. (...).

Rép. LXXIV Italie). — 18. Tiois heures journellement. Il vaut mieux travailler tous les jours un peu. Piiîoxdim.

Rép. LXXV Ei'ance). — J'ai toujours consacré, en dehors de mes obligations professionnelles, pourtant très lourdes, trois heures par jour en moyenne aux recherches personnelles. Eongtemps, j'ai pris ces heures de travail tlans la soirée. Depuis l'âge de 45 ans, j'ai comf)risc|ue ce travail du soir produisait peu et me fatiguait; je lui ai substitué le travail de ra|)rès-midi.

De Lox(;chami's.

Rép. LXXVll (Elats-Unisu — J'estime (pi'il faut toujours rélh'chir à des sujets mathématiques pour (pie cela soi! piolitable.

-MoULTON.

Rep. I^XXXll (Suisse). — 18. Travailler tontes les fois ([ue l'on se trouve en bonne disposition. .Mais il faut savoir provoquer soimême ces bons moments et en tirer |)arti en s'astreignant à un minimum de travail personnel chaque j<»ur autant que possible.

20. — Mes (tccupations professionnelles et la direction de l'Elis. Math, ne me laissent que for! peu de lenq)s. Fehk.

Rép. LXXXIV Suisse . — 18. Il f;uil travailler lorsque les idées surgissent, mais on ne peut ])as limiter le temps (pi'on y a consacré, attendu C[u'en pareil cas la notion du temps n'existe plus. ( )i riîAMAiii-:.

Question 19 ^

ai Quelles soûl vos distractions ou occupations favorites, ou vos goûts dominants, en dehors de l'étude des mathéniaiicjues, ou dans vos moments de loisir?

b) Les occupations ou distractions artistiques, littéraires, la musique et la poésie en particulier, vous semblent-elles de nature à détourner de l'invention mathématique, ou bien la favorisent-elles, par le repos qu'elles procurent à l'esprit momentanément ?

c) Vous sentez-vous attirés par les questio/is d'ordre métaphysique, éthique ou religieux, ou au contraire celles-ci vous répugnent-elles ?

La (juestion 19 a suscité 7G réponses dont nous reproduisons ci-après celles présentant le plus d'intérêt et de dévelop[)ements. — Bien que nos documents ne distinguent pas toujours nettement entre les trois sujets assez différents que visait la question, il nous parait utile de considérer ces points séparément dans le présent résumé.

Question 19 a.

Du ne manière générale, on peut dire que les distractions le plus goûtées par les mathématiciens de notre enquête sont: dans Tordre artistique, la musique, comme on pouvait s'y attendre d'après les affinités si souvent constatées entre la bosse mathémati(pie et cet art ; dans Tordre intellectuel la littérature [non scientifi(|ue ; et, comme exercice physifiue, la promenade à pied.

I. Pour 3 répondants seulement qui avouent cpie la musique ne leur dit rien, il y en a 37 qui la menlionnent avec fa-

' L'étude de cette question est due \\ M. Tu. Fi.oi hnoi. professeur de psychologie à l'Université de Genève.

76 ENQUÊTE SUE LA MÉTHODE DE TRAVAIf.

veui'. De ce nombre, dix laissent entendre qu ils en font euxmêmes (instruments indiqués : piano 2, pianoia 1, violon 2, violoncelle i, chant L chant et piano 1 . — 18 repondants (dont 13 déjà compris dans les amateurs de musique ont accusé d'autres formes d'intérêt artistique : peinture ou dessin (mentionnés par 7 personnes), sculpture (3), photographie (2}, théâtre (5 ., histoire de lart ou arts en général (5). — Enfin le goût de la nature et de ses beaux spectacles, noté dans (juelques réponses seulement, est sans doule plus fréquenl, mais se trouve chez la plupart com[)ris dans le plaisir de la [)romenade.

II. En (ait de distractions proprement intellectuelles, la lecture « littéraire » (romans, journaux, biographies, etc.) charme les loisirs d'une trentaine de répondants, dont un bon tiers (11 ont déclaré leur goût spécial pour la poésie: l'un d'eux compose lui-même des vers. — Notablement moins nombreux, uuii vingtaine seulement, sont ceux (|iii cherchent tout ou partie de leur délassement dans des branches d'études plus sérieuses; et ici les sciences physiques et naturelles semblent remporter, car nous avons relevé 13 mathématiciens s'occu[)anl, par récréation, de physique, chimie, hydrologie, botanique (2 cas), histoire naturelle en général (3), ethnographie et autres questions scientifiques, contre 7 cultivant les langues, l'histoire ou les sciences sociales et la politique. — En outre on trouve mentionné 1 lois le «soin des alï'aires » ; 2 fois les voyages ; 6 lois le jeu d'échecs 'seul, ou avec le whist ou les dames : une dizaine de l'ois enfin les agréments de la société, de la conversation, de la vie de famille. D'autre part la « conversation intellectuelle, sans but pratique » est formellement condamnée par un de nos répondants à cause du temps qu'elle perd.

III. Dans le domaine des récréations physiques, la promenade à pied, soit solitaire, soit en compagnie, est mentionnée par 21 répondants, dont 4 lafiéctionnent sous la forme plus énergique des coui-ses de montagne ou ascensions. On trouve également indiqués, par ordre de fréquence décroissante: tennis, canotage, jardinage (4 fois chacun); pêche, chasse (3 l'ois : golf, bicyclette (2 l'ois); enfin gvmnastic|ue. danse.

équilation. escMMiiie, ski. En y joignant une demi-Jouzaine de documents qui mentionnent, sans préciser autrement, les exercices corporels, le sport, ou la vie en plein air, <'ela lait un total de 36 mathématiciens adonnés à des distractions physiques. — 11 ne s'agit évidemment dans tout cela, conformément à la question posée, (jue des exercices favoris ou des goûts dominants. Car on verra [)lus tard, par les réponses à la question 26 concernant les exercices physiques en général, qu'ils sont [)lus variés et plus répandus chez nos mathématiciens qu il n'y paraît ici, la promenade à pied, par exemple, figurant au tolal chez une cinquantaine de répondants, la bicyclette chez 19, la natation (entièrement passée sous silence dans les exercices préférés) chez 9, etc.

QUKSTION 19 b.

Xous avons ici 40 réponses, quasi unanimes à reconnaître que les distractions artistiques et littéraires ne font aucun tort au travail mathématique, ou (ju'elles le lavorisent bien plulot par le repos cérébral qu'elles [)rocurent. (Un seul de nos documents déclare que ces distractions sont préjudiciables, abtràglich.) — Il va d'ailleurs de soi que celte influence bienfaisante est soumise à certaines conditions, que quelques-uns de nos répondants ont relevées, à savoir que ces distractions n'absorbent pas trop de temps, qu'on ne s'y livre pas avec une passion telle qu'on ne puisse plus s'en arracher, etc. Ici encore (;'est la musique (pii est généralement mentionnée comme le délassement par excellence, le plus re[)0sant et le plus stimulant à la fois pour l'invention mathémati<|ue.

Question 19 c.

Tôt capita, lot senstis: ainsi pourrait presque se résumer notre enquête (juant à l'intérêt que les questions d'ordre mé-

taphysique, éthique, ou religieux, inspirent à nos mathématiciens. Des 59 qui ont Iburni quelque indication sur ce sujet, la plupart (34) englobent ces trois sortes de problèmes dans un même senti.nent soit de sympathie et d'attrait plus ou moins vif (19), soit de complète indifférence (8), soit d'aversion et de répugnan(;e bien caractérisée (7). Les autres ont introduit des distinctions ou subdivisions dans c«s diverses matières, et ils offrent toutes les combinaisons d'attitudes possibles: indifférence pour la métaphysique, ou pour la religion, et pen(^hant vers la philosophie des sciences ou vers l'éthique, ou vice-versa, etc.

En essayant de taire une statistique de tous les verdicts émis dans nos documents, nous arrivons à ce résultat, que la métaphysique est ce qu'il y a de moins bien vu chez les mathématiciens, ne réunissant que 22 ajiiateurs contre 24 indifférents ou adversaires; puis vient la religion (25 contre 20); enfin l'éthique, qui a le plus de succès (26 contre 15). x4joutons qu'une cpiinzaine de répondants (dont 9 déjà compris dans les chiffres précédents) ont déclaré leur goût pour la philosophie (bien (pie ce mot ne figurât pas dans le questionnaire), entendue au sens de philoso|)hie des sciences, logi(pie et théorie de la connaissance, NaUirphiloRophie, esprit philosophique, etc.

Inutile d'insister sur ce qu'une telle statistique a forcément de superficiel et d'aventureux. Il n'est j)as douteux que la variété ou le désaccord des opinions individuelles de nos répondants éclaterait encore davantage, si l'on pouvait savoir ce que chacun entend au juste sous ces tci-mes vagues et généraux de métaphysifpie, éthique, religion. Rornons-nous donc faute de mieux, en l'ait de conclusion, a la constatation suivante, (pii ressort avec une suffisante évidence de la lecture de nos documents (et (jui entraîne, comme conséquence pratique très banale, la nécessité d'une tolérance réciproque illimitée) :

On rencontre clie/ les mathématiciens — comme partout — des esprits tellement spécialises et exclusifs qu'ils ne comprennent pas, et que même cela les irrite, (|ue l'on puisse s'occuper de questions absolument étrangères a leur do-

EXQUETE S LU I.A METHODE DE TRAVAU. 79

maine et réfractaires à leurs méthodes rio-oiireuses (voir, par exemple, les réponses XXXIX <". LXXN'IIl. etc. . Il y en a d'autres, au contraii'e, ((ui conliiiuenl de réagir à tous les souilles capables de l'aire vibrer lame huniaiiie en son i inépuisable comijlexité, et (pii peuvent sapplicpuM- sincèrement la célèbre devise Homo siini... voir cas II, X^ I. XXXIIl, etc.). Et entre ces deux extrêmes se déroule une gamme indéfinie de nuances et de combinaisons de tout genre, tlont on se fera (pielque idée par les échantillons renfermés dans les citations suivantes.

Kép. I (France . — <ii Prescjue pendant tonte ma vie, j'ai eu pour la musique et le violon une passion d ailleurs peu heureuse; jai lu beaucoup de romans en évitant ceux qui finissent mal et en les prenant par la fin |)oui' ndeux apercevoir les procédés de l'auteur; je me suis occupé d'économie polilicjue ru doiniant d'emblée mes préférences aux théories de Bastiat : j'aime la poésie en exécrant la vej'si/ication indéfinie ; j ainu' beaucoup à causer et à discuter. Tout m intéresserait, principahunent tians le com])artiment scientifique, si j'avais le tem])s de toiit travailler, .laime beauc(tup i\ lire les Traites \)\vu faits, parce (piils apprennent quelque chose de sérieux, mais jaime peu les Mcdioîics ;i cause de ce qu'ils ont habituellement d'inachevé, d'impaif'ait .

bl Je crois que toutes les connaissances s'aident les unes les autres ii entrer dans notre esprit, nun's le 1em|)s manque jxiur en acquérir beaucoup.

e) Les questions de cet ordre me paraissent préoccuper tous les hommes, et pour ma part j'y ai beaucoup rélhudn, j'en jiarle volontiers ; mais cela n'a servi (pi'à me numirer toutes ces cf.oses hors de la portée, absolitinent, des nu>yens dont nous dis])osons j)our atteindre la vérité scientifique, nuMue vuli^aire, et ce n'est plus pour moi qu'une affaire de sentiment, non moins respectable pour autant. ^NIlisay.

Rép. Il (France . — Autrefois ré([uitation, la danse il y a ti'és longieiups ! ; puis la nuu'che ii pied, la causerie, la peiiiluic tout cela est lavorable à l'esprit. I^u reste « homo suin et nihil lunnanum a me alienum puto 1 » dans tous les domaines. Si lennui me prend, c est ((ue je suis malade, .laime la musique et ne suis pas nnisicien ; j'aime les beaux vers je trouve (pi il y en a jxni et suis incapable d'en écrire un seul, .le dessine, je |)eius, je ne scidpie pas. .le trouve que les arts du dessin, et du dessin (irlistiijtn' surtout, ont une très <,jraude valeur ('ducative de la j)eiisée, ])our apprendre à l'esprit à démêler \ite ce qui est le [iiincipal et le

80 ENQUÊTE SUR f.A MÉTHODE DE TRAVAfL

secondaire d'un sujet, (^est très simple à formulei-, très long à maîtriser. Ils apprennent à voii'. — Je suis un animal relioieux sans pratiquer aucun culte et en les respectant tous, même les plus étranges . Les questions philosophiques mattirent beaucoup je le prouve en vous répondant ! . Audebuam).

Rép. ni Angleterre . — a) L'histoire naturelle botanique, microscopie), et surtout la musique le pianola . — b) Tout cela repose le cerveau et favorise le travail. — c) Ces sujets ne valent rien, parce qu'ils exigent trop de profondeur de pensée. ].nconi>ersation intellectuelle^ sans but pratique, est le pir*^ sous ce rapport et perd un temps démesuré. Bryax.

Rep. I\^ Autriche . — ri Exercices corporels divers. Le jeu déchec me plairait aussi beaucoup, mais je ne le pratique qu'avec modération à cause des elforts (piil exige. — b) Ces occupations sont défavorables aux mathématiques. — r; Les spéculations métaphysiques m'intéressaient dans ma première jeunesse ; maintenant elles me paraissent stériles. Zindlkh.

Rép. V Italie . — .l'aime beaucoup la musique, ce qui parait très fréquent chez les mathématiciens, .le ne crois pas que les occupati()ns artistiques détournent des mathématiques. — La métaphysique me répugne ; au contraire je suis attiré par les f[uestions d'ordre éthique ((ni ont un caractère pratique et tendent immédiatement au bien. { )

Rép. \\\ Allemagne . — J'aime les distractions qui stimulent sans exciter : les lectures faciles, la musique, le théâtre. J aimais aussi les luttes ))olitiques (juand j étais plus jeune, et je prenais souvent la parole dans les assemblées publiques. Je n'ai jamais eu d'inclination pour les sujets philosophicpies, etc. Mor. Cantor.

Rép. IX Francei. — La musique ; le théâtre ; les exercices du corps, surtout la promenade, la bicyclette, le canotage ; l'escrime faute de plein aii'. La lecture littéraire a pour moi un inconvénient d'inertie : j'ai du mal à m'y mettre, et quand j'y suis je ne la quitte plus. Cela me gène pour mes affaires les plus simples, et mempèche de travailler. Je ne peux lire qu en vacances, et les raisons de santé me font préférer les exercices de plein air quand il fait beau, de sorte que je lis peu, à mon grand regret

Rép. XI Russie . — a) Voyages dans les montagnes, sport, et éducation de mes enfants. — b) La musique favorise le travail, j'aime en entendre lorsque je réfléchis ou (pie je travaille. — cl Autrefois, j'aimais beaucoup la métaphysique, et je pense encore maintenant que sans philosophie on n'est pas savant.

Dklalnov.

Rép. XV Allemagne;. — La musique, la lecture de biographies, quelquefois un roman, la sculpture sur bois, en usant de tout cela sans excès, favorisent la fraîcheur desprit et de corps qui est si nécessaire pour que le temps employé au travail scientifique soit

ENQUÊTE SUR LA MÉTHODE DE lltAVAll. SI

fV'coiul. J'y joins luiit heures de sonimeiK de la inoderation aux repas, et du mouvement en plein air.

l{»'p. XVI (Belg'ique). — 19 Homo siini et nihil liiinuiiii a me aUenuin piito. Stuyvaekt.

Piép. XVII 'Allemagnei. — a) Je m'occupe volontiers d"art et de littérature, suitout de jjoésie lyrique. Rn général je n'aime pas les romans, à moins qu'ils ne soient très intéressants et ne donnent pas dans les problèmes psychologiques ou sociaux ou la peinture des sentiments. — bi Je crois que de s'occuper ])ai'i"ois de choses hétérogènes rend à l'esprit sa fraîcheur pour les mathématiques. — Cl Les questions mc'taphysiques, ('thiques, religieuses, et politiques « me répugnent ', je ne sauiais mieux exprimer la chose.

llcp. X\lll Italie . — (ii¥a\ fait de distractions, je n'aime que les pronienades en rase campagne, dans des endroits le plus solitaires possible. — bj J'aime la musique et la poésie, mais il ne me semble pas qu elles aient une inlluence bonne ou mauvaise sur l'invention mathématique. — cl Je n'ai aucun goût pour les questions d'ordre méta])hysi(pie, éthique, ou religieux ; «dles me lépugnent |)lulôt. surtout les premières. — i

lié]). XIX Allemagne . —.l'aime enormemcnl la luusicpie. mais je ne puis dire qu'elle me distraise quand je suis seul, car pendant c[ue je suis an |)iano je continue à penser aux mathémati(|ues. Far contre, faire de la musique avec d'autres, surtout jouer dans un quatuor, me repose parfaitement. Je m'intéresse en outre vivement a la littérature et à l'histoire de lait. — c) Je m'intéresse aux questions morales. ( —

lîép. XXi Autriche . — Ce <[ue je préfère dans mes loisirs c est la bonne musi(|ue, et je me reménuire des opéras et des (euvres (Mchestrales en en jouant la partition au piano, .l'aime aussi lire des poésies, et j'en fais moi-même parfois, mais je les garde pour moi. J'aime la métaphysicpie sur l'herbe v(Mle. et les (pu'stions morales, sociales et relioieuses m'intéressent aussi. Boi.tz.maxn.

lié'p. XXII iKlats-lInis . — ai Jaime les jeux de réilexion. sur- Icnil les échecs et le whist, mais je n'y joue pas beaucoup, trouvant meilleur pour la santé les distractions de plein air telles (|iie le tennis ou le golf. J'aime beaucoup la mnsi(pie, <(U(>i(pu' non musicien. — A Je ne connais pas d autre elfet a ces distraclions ([U(î de servir de diversion et d'être ainsi favorables à l'esprit. — Cl .le ne me sens pas attiré par les questions de cet ordre.

KscoTi'.

Rép. XXIll l'rance . — a) Principalement les distiactions ou ^iccupalions cpii obligent à un exercice i)hysi(pie. — hi J'alainu' et j'aime le théâtre ; j'en use fort peu a cause de la fatigue (pi'il entraine. J'atlore la musique sans être musicien. Je m'intéresse aux choses littc'iaires et aux arts, jappiécie beaucoup la poésie, et je

suis persuadé que rien de tout cela nest nuisible à l'esprit mathématique, bien au contraire. — ci La métaphysique, définie comme on la comprend d'ordinaire, ne m'attire nullement. ,Te suis profondément anti-religieux ; la philosophie m intéresse à un haut degré : il en est de même des questions sociales. Quant à la politique courante, j'en ai fait avec passion pendant vingt ans environ ; aujourd'hui, elle me dégoûte. Laisaxt.

Rép. XXIV France . — Distractions : lecture, promenade à pied. — .le crois que les distractions littéraires ou artistiques ne peuvent nuire à liuvention mathématicpie. Personnellement, mes lectures portent volontiers sur la philosophie des sciences, des sciences naturelles surtout. Létude des religions, à un point de vue purement objectif, mintéresse aussi beaucoup. La métaphysique pure m'assomme. Boitin.

Rép. XX^ Hollande . — aï Une promenade, la musique (violon) et la littérature classique. — b) Je crois cju'elles favorisent linvention mathématique. — ci Elles me i-épugnent. de Vries.

Rép. XXVI France). — ai .Lai fait de la photographie, je fais maintenant du dessin. — h) Je crois qu'une occupation artistique est presque nécessaire. — c) Je suis très attiré vers les questions métaphysiques et religieuses. Richahd.

Rép. XXYIII (Francei. — al J'aime la sculpture et la musique. — Cl J'ai horj-eur des raisonnements vagues : il faut des hypothèses pour obtenir des conclusions. Foxtexé.

Rép. XXIX (Hollande . — a) J'aime faire de la musique pour me reposer, ou je lis des nouvelles ou des romans. — b) Effet favorable sur la production mathématique. — c) Ces questions me sont passablement indifférentes. ( — )

Rép. XXX Xorvège . — a) La botanique, par exemple.

Stôrmer.

Rép. XXXI Allemagne . — a'] La musitiue. le jardinage, la photographie et la j)einture pasteh. — cl Oui, les questions métaphysiques ou plutôt de philosophie delà nature. \. Œttixoex.

Rép. XXXll t Autriche). — Je n'ai pas besoin de ces distractions, contre lesquelles je n'ai d'ailleurs aucune objection. — Catholique convaincu, d'une extrême tolérance ; je préfère les bonnes actions à la piété exagérée. Lerch.

Rép. XXXllI (France . — La science en général ne correspond qu'à l'an des besoins de Y homme complet, qui doit être aussi épris de Y art, et doit être moral et affectueux, appliqué, dans l'ordre pratique, aux intérêts de sa famille, de son pays, et de l'humanité. C'est dire qu'à mes yeux celui qui voudrait traiter de tout « more geometrico » ou n'être « que mathématicien » serait un rabougri ; on ne pourrait lui pardonner que s'il avait du génie.

La science est un de nos plus nobles besoins. Ce n'est pas le seul. J'ai besoin pour ma part de l'Art, de la Philosophie et de la

ENQ U !■: TE S UR I. A M E THO DE 1) E T II A VA l L 8:J

Religion — la religion qui donne à riioniine une « position totale » en face de l'Univers, aussi nécessaire à Ampère qu au hottentot. ]Ma tendance religieuse ressemblerait à celle de Pascal, un des plus beaux exemplaires d'honiine i'ivant et sentant. K. dAdhémaiî.

Rép. XXXI \ France . — a\ La musique en premier rang, et j estime que c est là une qualité commune à pas mal de mathématicii'iis. La peinture et la poésie, la lecture littéraire et philosophique, en second rang.

bi Au contraire, j'estime ({uelles sont une aide au travail, et que l'excitation produite compense grandement le temps perdu.

cl Les questions dordre religieux me sont indifférentes. L'éthi- ({ue, la morale, la métaphysique surtout, m'ont toujours attiré, peut-être à cause de la grande liberté qui y est laissée aux recherches. AzAÏS.

Rép. XXX\ 1 Suisse . — ai Les courses de montagne. — h) Je n'entends rien à la musique, .le m'intéresse beaucoup aux arts, mais je ne comprends pas encore l art moderne. J'ai de temps en temps besoin de lire un roman. — ci Les questions philosophiques et religieuses m intéressent vivement, et j écris parfois sur ces sujets; la politique ne m'intéresse cju'autant qu'elle est en connexion avec ces questions. Bevel.

Rép. XXXVll France . — a Les promenades à pied, la culture d un petit jardin. — ci Je n'ai aucun goût pour les questions, comme la métaphysi<[ue ou la religion, qui me paraissent manquer de rigueur. F'abhy.

Rép. XXXVni .Vllemagne . — Les questions éthico-religieuses m'intt'ressent vivement, de même la théorie de la connaissance et la logique, et aussi les choses artisti(pies. Je m'y livre volontiers de temps à autre, et j'en reviens tout reposé aux mathéuiatiques.

Wekmcke.

Rép. XXXIX Grècei. — a] r>a lecture littérature de tous pays ; s[)écialement la poésie ; la culture des Heurs ; les piomenades à la campagne.

h) Ces distractions favorisent à un haut degré 1 invention. L"*'s|>rit s'y récrée et en revient frais et dispos aux mathématiques. La musique en particulier : pour moi, je travaille avec bien plus d'entrain et de facilité en «'contant mais pas de trop près un bon piano bien joué. Les morceaux mélancoliques, cependant, me plaisent moins, car ils m'entraînent dans des rêveries contraires au travail. Quant à la poésie, non seulement je la crois très favorable aux études mathémati({ues, mais j"interrom[)s souvent mon travail ])Our lire des vers de Moore, Sully Prud homme on Bjornson, ou pour en composer moi-même. Cette influence delà musique et de la poésie a peut-être sa raison profonde dans la nature essentiellement une des différentes formes de Vharnionie. Car je ne crois pas ((u'il y ait de différence radicale entre le he((a et le v?-ai

malgré leur grande différence apparente. C'est toujours Ylianiiofiiqiie, qu'on l'appelle beau ou ^'r(li selon les cas. En elFet, quelle différence radicale y a-t-il entre un théorème ou en général une vérité mathématique, et une belle j>oésie ou un beau morceau de musique, du moins quant à ce qui fait ({u'ils nous plaisent tous trois ? C'est \ harmonie qui nous j)lait dans chaque vérité, poésie, ou morceau de musique. De même qu'en chimie on regarde tous les éléments, si dillerenfs qu ils soient, comme composés de la même matière, seulement arrangée dillcremment, de même je crois (|ue le vrai et le l)eau. sous toutes leurs formes, sont uniquement constitués d'//<'//7/^o/?/f. Un mathématicien />(v/; donc (j'ajouterais même qu'il doit] lire et composer des vers, entendre ou j'airc de la musique, en tiepit de l'opinion très répaTidue que les mathématiciens sont des |)édants et les mathémati({ues une science sèche.

v) ,Te ne crois point à toutes ces j)rétendues branches de la science ; ce «pii me répugne, c'est qu'il y ait encore des personnes sérieuses soccupant sérieusement de ces (juestions. Hatzidakis

Rép. XL lAUemagne). — Acôté des mathématiques, je suis attiré ])ar la physi([ue. .l'estime qu une botme manièie de se délasser est de construire soi-même de petits appareils (U» physi((ue. de soufller du verre, de travailler le liois, etc. On peut aussi se reposer en soccupant d'art, soit de peinture soi! th' musique. Dans hi domaine de la phih)so|)hie, je m'intéiesse surtout à la logi(|ue formelle, puis aussi aux questions religieuses, et philosophi([ues, dans la mesure où ces dernières sont en relation avec le domaine des sciences naturelles. Mex^kt..

Rép. XLIl iltaliei. — Ma distraction favorite est de m(> |)i(»ineiiei en pleine camj)agne avec peu de comj)agnie. Amodi.o.

Rép. XLIll l^ranceL — .le me suis occupé d'hydraulicpie, à l'occasion de mon service d'ingénieur, et par goût ; ])lus récemment d'hydrologie et de psychologie expérimentale, .le ])rends assez d'exercice depuis quelques années, comme dans ]na jeunesse, .le chasse, .le n'aime pas la métaphysi<]ue. Maii.i.k'i .

Rép. XLIV , Italie . — c/;La mnsicun', (piand mon esprit a besoin de lepos ou de r<''création.

h) Les beaux-arts, surtout la musicpu', l'aNorisent les éluties mathématiques. 11 m'arrive souvent de résoudre des questions en jouant au piano des mélodies sentimentales ou diamatiques, où je m'accompagne toujours de mon pi<)j)r(! chant.

c) Ces sujets me sont indifférents. Maiur ii a.

Rép. XLVI (Espagne). — Ma distraction favorite c'est la musicpie, allemande, italienne ou espagnole, .l'aime les questions méta|)li\siques pour les appliquer aux sciences. L'ordre moral et intellectuel mérite mon respect et mon attention ; c'est la source de tout.

Z. G. DE Galpkaxo.

Hép. XL VII Suisse . — Ktude des langues, histoire naturelle, philosophie. Petites réunions de deux à quatre personnes. Gibi.eh.

Rép. XLYIII Hollande . — a} \ie de famille, voyages, récréations artistiques.

bi Les distractions arlisticiues, littéiaires, nuisi(|ut'. etc.. donnent le repos nécessaire pour les études mathématiques. — ci Les questions religieuses m'intéressent beaucoup, celles d'ordre jiurcment métaphysique ne m'intéressent pas. Caruixai..

Rép. XLIX France . — La musique, surtout celle d'ensemble, .le suis persuadé que la musique et les mathématiques sont sœurs; en tous cas j'ai rencontré beaucoup plus d'excellents musiciens chez les mathématiciens ([ue chez les littéraires, .l'ai même remarqué que les mathématiciens avaient une prédilection très marqu(''e pour le violoncelle. Le caractère grave de l'instrument n'est-il pas {)our beaucoup dans cette curieuse sympathie ? Barbakin.

Rép. L Etats-L nis . — n Me promener au milieu dune nature grande et belle. — bi Je trouve la musique particulièrement reposante. — ci .le les trouve attrayantes. Davis.

Rép. Ll Ltats-L nis . — ni Kxeicices atlilcti(|ii('s. sjioits, musique. — bi Oui. (....)

Rép. 1.11 l'rance . — c// Le soin de mes aiîaires, et beaucoup d oidre à apporter en toutes choses ; des lectures de bons livres, f[ue me i)résente de moins en moins, à mon gré. la littérature contemporaine, sauf pour l'histoire.

b La musique, que j'ai beaucoup aimée et un peu pratiqu«''e. J'ai bien ])eu réussi ])oui- le dessin, et je ne lai pas eulli\(''. J'admire comme une très belle chose la poésie ; mais connue sastisfaction, je leste plus sensible à une bonne prose au service de belles pensées qu'aux veis en général. Dans tous les cas. je suis très éloigné de voir le moindre antagonisme entre la science et ces belles choses.

cj Méta|)hysi(pie pure, pas du tout. Klutles philoso|)hifpn's |)lus concrètes, et snil()ul religieuses, avec le plus grantl attrait.

Hatox de la Corpii.i.KRi:.

Rt'p. Ll\ Etats-Unis;. — Sports en plein air. littérature, politi(|iie. Je m'intéresse aux cjuestions religieuses et j)hilosophi([ues. Pour moi, les math(''mMti(|ues sont vxm^ branchi- de la philosophie.

GooLiixii;

Rép. L\ I h'rance . — Va\ raison de ma situation spéciale, on comprend (|ue le travail mathémati(fue n a jamais été pour moi (|u un moyen d emi)loyer mes loisirs. J'ai exercé la médecine pendant M) ans, j'ai eu souvent une pratique très active ; c'est surtout quand elle l'a été le plus (jue j'ai obtenu en mathématiques des résultats satisfaisants. Cela semble paradoxal, mais peut-être trouvera-t-on par d'autres témoignages que le mien, la preuve d'un principe (pii me semble très net et très exact .• c'est que

moins on se repose en matière de travaux intellectuels, cela sctitend et moins on est fatigué. Piîompi.

Rép. LVII (Etats-Unis . — <^/; Je m'intéresse à la littérature du jour, au jardinage, à la politique étant membre de la commission scolaire locale , et à lactivité de l'Eglise Protestante. Tout cela, pourvu (pion y pi-enne garde, ne porte jjas préjudice aux études mathématiques. — bi Je pense C{ue ces choses favorisent 1 tude des mathématiques, pourvu qu'on ne les laisse ))as. monopoliser l'attention. — ci Je me sens attiré par ces questions et non pas repoussé. Thompson.

Rép. LXll Etats-Unis . — ai Echecs et lennis. - r; La métaphysique, rétlii(pie, la théologie, et en réalité toute la philosophie, m'inspirent un t rés vif intérêt. Tallmax.

Rép. LXIII Suisse. — a) En dehors des études, mon occupation est :

A. Quand je suis fatigué des études : l Par le beau temps : sport violent, skys, voile, gymnasti(pie. — 2^ Par temps dej)luie: m "étendre et rêver, à demi endormi, sur les belles profondeurs des sciences, jouir de ces mystères; puis ces pensées, ces envolées dans le ciel des sciences me portent à la musi([ue, à la peintuie. que j aime beaucoup, f^n montagne, j'aime le danger, surinonlcr une g'rande dinicult(', |)uis admirer la belle nature : ])our moi rien de ]>lus beau cpi une belle vui' de montagne, ca va si bien avec les mathématiques !

13. Quand le travail ne ma pas ialigue : cluMclirr en amateur des petits cas spéciaux en me ])romenant, en faisant du sport.

Cl Les (piestions metapliysi{|ues, religieuses, mattiient l)eaucoup; mais je déteste discuter là-dessus si Ton ne se base pas sur la science et si Idn n'est pas rigoureusement logi(pie. EF.iiitii;nK.

Rép. LXIX Italie . — Mon occupation favorite csl la musi(jue, que j ai toujours cultivée de|)uis \\\o\\ enfance, el ou. modestie à part, je réussis assez bien. Je ne crois absolument pas (pie le culte de l'art puisse nuire aux études scientihques : au contraii-e. la musi([ue peut agir comme le plus utile calmant du système nerveux troublé ([uelquefois par un excès de travail cérébral

Rép. LXX l'.tats-Unis . — ai Lecture. |»romenade, tennis, sociabilité. — hi Toute distraction reposant resj)rit est à mon avis favorable aux mathématiques. — c) Les questions philosoj)hiques m'intéressent beaucoup. Je ne suis pas du n tempérament religieux.

J. \V. \orx<;.

Fiép. LXXI Etats-Unis. — <"/ Jai beaucoup écrit |)our les pério diques américains d'éducation, sur les ((uestions d'enseignemen mathémati([ue.

bl Romans, un peu de musique. Cela re|)Ose des autres travaux.

cy Ces ([uestions m attirent jusqu'à un certain point. —

ENQUÊTE SUR LA MÉTHODE DE TE A VA /f. <s 7

K(''p. LXXII (Etats-Unis!. — a) Musique. alhl('ti(|U(\ s()c'ial)ililc.

h) Favorables quand on ne s'y livre pas avec excès.

(■) Ces ([uestions m'attirent, niais je ne crois pas ([uil faille leur donner trop de temps. — )

Rép. LXXIV Italie . — ai Lectures littéraires. — /> Les occupations artistiques favorisent d'après moi l'invention mathématique. — cl Je me sens attiré surtout par des questions d Ordre philoso|)hique. Fihondim.

Rép. LXX\ Francei. — ai La lecture; particulièrement celle des journaux et du roman, c'est-à-tlire celle <[ui nexioe qu'une tiès faible attention. La promenade tians les canq)agnes et les bois; la pèclie au bord de la mer.

/)! l'outc distraction me parait une force jjour le travail tutur. Il n'y a, je crois, rien de |)lus funeste à tous les j)oints de vue, cpie cette tension de res]>rit vers une seule idée, rien de plus opposé au développement des(pialités inventives.

Cl Xon, je ne me sens aucun int<Mèt pour les ([uestions d'ordre métaphysique, éthi([ue ou rcdigienx. Mais on n'introduira jamais assez, à mon avis, dans l'enseiirnemeul et dans les reclieiches mathématiques, l'espril philosophicpie : c est le maître par excellence.

I)l, LoNCiCUAIMI'S.

Rép. LXX\ 1 France. — ni ie suis un liseur passionne; le mouvement des idées «générales m'attire. — // 1 Les occupations ailisti(pies me paraissent très ap])ro[)rié'es à l'r'spril mat lieniali<pie. Alors que je pouvais disposer à mon !Hi'<' de la presque totalité de mon tem|is, je demandais à la litliMatuic surtout poétique et à la musique, sinon la t//.s7/v/r//(^//, du moins la diversion ni'cessaii'e à la détente cérébrale. — c .le suis très attiré- |»ar les (juesli<»ns d Ordre général, y com|)i'is les ([uestions dOrdre inel;iphysi<pn'. et hicpie. ou religieux. Mais il est entendu ([ue cela ne signi(i(! nullement q ue j'atti'ibue à ces ipiestions une réalite obj(Mtive en dehors de la psychologie humaine, c'est-à-dire des conceptions anthropomorphiques. Comiu-iu ac.

LXXNll Ktats-Unis). — Au point de vue inlellectu<'l, jainie la philosophie et la science puic ; au point de vue artisti(|ue, la musique; au point de vue physi(jue, les exercices très vigoureux, connue le tennis, la rame, les asccMisions. Moii ro\.

Ib'p. LXXNIIl Italie. — fil Me piomener dans la c;inq)agiie en compagnie d'une autre personne, pas davantage, de piéféreuce cultivée. — /)i ,1e crois ipu' les distractions artisti(pies ou musicales, ([ue je me |)rocnre (pu'lqiudois, disiraisent des éludes mathématiques. — cl .le ne m'occupe de rien de tout cela, et cela me lâche {niifd stizzctl (|ue d'autres s'en occupent.

Ké'p. LXXXI Ibdlande . — Penseï' a des choses ellri(|ues ou sociales. Littérature de haute valeur, ou sujets ('thicpuîs. s(»ciaux. ethnographi(pies, de vaste ('tendue. \ aks .

S8 i: N o u E T i: s u n i.a m /•• r u o n e d e tr a va 1 1.

Rép. LXXXII 1 Suisse;. — a) Promenades et autres exercices physiques. Je reclierche volontiers la société d'amis aimant à discuter les idées oénérales dans les divers domaines de l'activité intellectuelle. Quelquefois au contraire je préfère la comi)aonie de ceux de mes amis qui n'appartiennent pas aux carrières libérales; cela me permet de sortir entièrement de mes occupations habituelles.

ht .l'aime beaucoup la musique sans être musicien ; le théâtre, surtout la belle comédie ; de temps à autre la poésie. Je m intéresse aussi à la peinture et à la sculpture lorsqu'elles restent en contact avec la belle nature, la orande inspiratrice de toutes les branches artisticpies. Ce sont poui- moi d'ayréables diversions intellectuelles.

c) La métaphysique ne m'intéresse pas. Je préfère les questions dOrdre général se rallachant à la ])hilosophie des sciences, à la psychologie. Fkhk.

Rép. LXXXllI l" rance . — a} Les exei-cices physiques, la lecture, la musique, le théâtre. — h\ Je ne pense pas (pi elles puissent détourner de l'invention mathématicjue- Elles peuvent la favoriser parle changement ((u'elles apportent, mais je ne pense pas qu'elles soient un aussi l)on repos jjour l'esprit que les exercices physifpies. malhenreusemenl dilliciles à pratifjuer dans une ville.

lii |). LXXX1\ (Suisse). — a) Les jeux de combinaison, tels que les dames, les échecs, les cartes, etc. - — h) Je suis complètement étranger à cette rpiestion. n'ayant jamais pratiqué ni la musitpie, ni la littérature, ni la poésie. — v) Je m intéresse aux (luestions métaphysicpu's, mais les (piestions religieuses me laissent complètement lioid. Oltramahk.

Question 21.

Quels conseils, en /ésii/né, donneriez-vons : a à un jeune lionime poursuivant ses études inalhéinatiques?

h) A un jeune mathénialicien, ayant achevé ses études ordinaires, et désireux de poursuivre une carrière scientifique?

IMus de la moitié de nos rollaborateiirs ont répondu à ces deux questions. Nous reproduisons leurs réponses presqu' in extenso ;saul' celles qui sont à peu près identiques', afin de laisser parler le plus possible nos correspondants.

Nos lecteurs seront à même de juger et de (comparer les conseils si nombreux et si utiles destinés à l'étudiant et au jeune mathématicien.

Rép. 1 iFjance . — ai de ne lire que des livres bien lails, de chercher de bons professeurs et de bien s'assimiler leurs leçons.

ENQUETE SUR f.A MÉTHODE DE TRAVAII.

— h) de ne lire (|ae des ohefs-d (Euvres, en premier lieu ceux de Gauss dont la perfection est presque inimitable au point de vue de linveution et de l'exposition, et dont, pour ma part, j'ai tiré le plus grand profit. \e jamais s attaquer à des questions dépure fantaisie quelque séduisantes qu'elles paraissent; fuir sans cesse les méthodes arlificielles, quelle que soit leur rapidité (voir plutôt la manièie de Gauss et de Chasles . Ch. Méhav.

Uép. III Angleterre . — m Mettre beaucoup d attention au côte pratique et utile du sujet. — hl Xe pas laisser son goût pour les recherches porter atteinte à l'accomplissement des devoirs professionnels qui lui procurent le moyen de vivre. 11 tomberait dans la misère et personne ne lui en saurait gré. Biîvax.

llép. \ 11 Allemagne . — Le jeune homme doit se proposer un but bien déterminé. M. Caxtok.

Rép. ^ 111 Angleterre. — ai 11 faut chercher les applications à la vie piatique et faire un bon choix de matériel. — b) Si vous étudiez l'histoire des sciences mathématiques vous i-esterez sans faire de piogres. il ne s agit |)as d accumuler des connaissances. Le crible vaut mieux que la brouette.

Rep. IX I lance . — Travaillez si ca vous plaît, et ce ({ui vous plaît, sans atteindre la fatigue, la santé étant le bien le plus précieux. On ne doit au travail que l'accomplissement de son devoir professionnel. Le reste est une satisfaction que je vous engage à prendre suivanl vos goûts poui- embellir votre existence, f '

Rej). XI Russiei. — ai Acquérir des c-onnaissances dans les branches les plus diverses des mathémati<|ues, pouisuivre quelque pr<il)leme par ses i)i'opres forces. — bi S'attacher à quelque sujet, sappioprier les dilférentes méthodes et ne pas perdre de vue les progrès de la science. X. Delacxov.

R(''p. Xn Angleterre). — Sat tacher à l'étude des auteurs classi(|ues.

Rep. X\ 1 lielgi(pie . — bi Tâcher de \oyager et de visiter les universités étrangères. Se mettre complètement au courant d'une partie au moins de la science, el la |»lus élevée possible. — Xe pas se presser de publier. Stuyvaeht.

Rép. XXl Aul riche . — .le ne puis (|ue répéter le conseil donné à propos de la question 11 : .\yez du génie, le reste importe peu.

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