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de voir les mêmes vétérans de la vaccination, lorsqu'ils n'ont reçu que trois injections (n° 610 en 1913, n°934 bis en 1912, n° 936 en 1913), faire des fièvres typhoïdes éberthiennes en 1915; mais cette remarque n’a pas la valeur que l’on peut être tenté de lui attribuer. Le chiffre de trois ou quatre injections qui nous sert de critérium est en soi fort discutable, puisqu'il est le résultat des dires des malades, et même exact, il n’a pas de valeur absolue, trois injections telles que nous les avons vu pratiquer (trois quarts de centimètre cube, r eme. 5, 2 eme. 5, soit 4 cmc. 75)égalantsensiblement quatre injections normales {1 demi-centimètre cube. 1 centimètre cube, 1 eme. 5, 2 centimètres cubes, soit 5 centimètres cubes) si la teneur en corps microbiens est constante ; on ne peut donc au point de vue nombre d'injections, présumer de la durée de la vaccination éberthienne.
Par contre, on est autorisé à affirmer que cette vaccination ne met pas à l'abri d’une infection paratyphoïdique. C’est l'apport de la bactériologie à cette question, au cours de la guerre. Outre son intérêt pratique évident, cet enseignement montre aussi clairement que le font les caractères des cultures, toute la différence si longtemps insoupçonnée et si difficilement admise qui existe entre le bacille d'Eberth et les bacilles dits paratyphiques. Ce fait, d'importance doctrinale de premier ordre, montre, en effet, que les bacilles paratyphiques ne sont point, comme on a eu tendance à l'imaginer dans une conception plus philosophique que scientifique, le résultat d'une adaptation de bacilles « voisins » tels que le bacille typhique ou
FAX RE le colibacille, qu'il ne s’agit pas de bacilles « intermémédiaires », si l’on prête à ce terme la signification de modifications plastiques éventuelles entre les deux termes énoncés : bacille d’Eberth et colibacille.
La meilleure preuve de cette personnalité propre des bacilles paratyphiques est que, à notre connaissance, 1l n’a pas été décrit au cours des recherches multiples qu'a permises la surabondance des matériaux de recherche fournis par les événements de guerre, un seul type de bacille paratyphique s’écartant des caractères essentiels des deux types A et B donnés par Brion et Kayser dès l’origine des recherches sur le paratyphus, caractères que sont venus confirmer, par la suite, tous les auteurs.
Est-ce à dire que l’on doive établir un fossé infranchissable, une délimitation rigoureuse entre le bacille d’Eberth et les bacilles paratyphiques? De tels obstacles n'existent pas dans la nature. Les faits bien connus de coagglutination, de coprécipitation, montrent, au contraire, qu'il y a une sorte de parenté entre ces groupes de germes, de même qu'il existe des affinités et des ressemblances entre les albumines constituantes d'’espèces animales voisines, mais différentes, le lièvre et le lapin, le chien et le renard, dans la série zoologique. C’est pourquoi 1l est permis de penser que la vaccination de l'organisme par l’une de ces espèces microbiennes peut ne pas être totalement inactive visà-vis de l’autre. Il appartient aux cliniciens de nous renseigner à ce sujet en nous disant si l'observation rigoureuse des malades permet de saisir de telles influences. Nous n’avons pu, étant donné notre si-
PTE tuation et notre rôle pendant la guerre, nous livrer à cette enquête.
La lecture de nos tableaux suggère une troisième remarque : de même que dans les résultats déjà publiés, on note avec une certaine surprise la fréquence extraordinaire du bacille paratyphique A, de même le voyons nous prédominer dans les.résultats de nos hémocultures. Comment se fait-il que ce bacille considéré Jusqu'ici comme rare vis-à-vis du bacille paratyphique B, apparaisse actuellement comme plus fréquent. À quoi tient l'inversion de ce rapport dans les faits étudiés pendant la guerre? La réponse, outre son intérêt particulier, pourrait peut-être éclaircir l’étiologie des injections paratyphoïdiques, mais aucun renseignement ne nous permet d'aborder cette question infiniment obscure et complexe.