M. PAUL BONNETAIN
Pas facile à rejoindre, l'auteur de VOjnum. Pour ne pas lui infliger au Figaro littéraire, dont il est le secrétaire de rédaction très sollicité, une aggravation de peine sous forme d'interview, j'ai du le relancer loin de Paris et de sa banlieue, dans le coin de cam- ()agne et de province où il habite, ne passant à Paris chaque jour que les trois ou quatre heures qu'il doit à son journal.
— Horreur de Paris, me dit-il ; — non pas haine : terreur. Je ne connais guère que mon ami Gustave (leffroy qui comprenne, s'il ne les partage, l'angoisse bete, l'anémie cérébrale, le dépaysement que me donne le pays du « boulevard » et des « premières » . Mais il faut vivre !
Vous venez me demander ce que je pense de « l'Evolution littéraire », évolution de tortue gigotant sur le dos ! C'est d'une gracieuse impartialité, car
VOUS avez, à VEcho^ cette qualité, cette force : d'être unis et de vous serrer les coudes, solidairement... Une belle et bonne idée, vos enquêtes. Vous avez dû voir des gens, pas vrai ! que votre venue a forcés à penser, et qui, maintenant, ont du moins une opinion pour quelque temps. Mais que voulez-vous que je vous dise, moi?
— N'êtes-vous pas le promoteur de la protestation des Cinq?
— Ah! la protestation des Cinq /En voulez-vous rhistoire? J'étais au Gil-Blas où je donnais une nouvelle par semaine. Paraît la 2'erre, avec un parti-pris d'ordures qu'à tort ou à reiison je croyais voulu. Justement je venais d'apprendre d'un des convives de Zola qu'un jour à table, en parlant du naturalisme, le « patron » s'était vanté de se moquer du public. La plume me démangea et je proposai à M. Magnard, mon directeur des années précédentes, un article indigné sur le livre; mais je ne pouvais le signer, cet article, puisque, transfuge du Figaro, j'écrivais au Gil Blas qui publiait la Terre; or, M. Magnard ne voulait point d'un pseudonyme. L'auteur de Chariot s'amuse se bouchant les narines devant le bouquin de Zola : l'antithèse était en effet pour amuser le public! Je contai mon embarras à mon ami Descaves qui partageait mon opinion et l'idée nous vint d'une protestation collective. De la sorte, mon journal ne se formahserait pas de ma rentrée rue Drouot.
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C'est amusant, hein, la littérature?... Tl faut vivre, vous dis- je.
Ce qui fut dit, fut fait. Un troisième ami, Paul Marg'ueritte, me donna pleins pouvoirs par lettre et nous mandâmes Guiches et Rosny. Ce dernier rédig-ea le « manifeste » (car nous l'appelions ainsi n'étant pas jeunes qu'à moitié), et n'accepta point d'amendements. De là, le côté scientifico-pompier de la tartine, ce bon Rosny aimant à g-àter son énorme talent par un abus de néolog"ismes pharmaceutiques. — J'aurais pu, et, promoteur de la campag-ne, dâ l'écrire, cette protestation, mais, j'ai cette orig-inalité — la seule — d'être timide étant batailleur, et, par-dessus tout, de n'être pas peu l'ami de mes amis. Ceux-ci voulurent bien mettre mon nom en tôte, et, partant, plus échiné qu'eux tous, je broutai la chicorée amère d'une célébrité de quarante-huit heures. Voilà!... Zola ne s'en serait pas porté plus mal s'il ne fallait pas toujours, chez nous et en tout, quelqu'un pour accrocher le g-relot. Un courant se forma qui devint à la long-ue l'unanime opposition, la lassitude intransig-eante que vous constatez à présent.
Que vous dirai-je encore ? Ah ! une» anecdote à côté, l'histoire comique du manuscrit de cette « protestation » .
Je l'avais envoyé au domicile particulier de M. Magnard, 27, boulevard X... à deux pas du Bois. Je sorâ l'après-midi, je vais dîner en ville avec ma femme et
je passe au Figaro à onze heures. Pas d'épreuves 1 La copie, dont naturellement je n'avais pas le double, n'est pas arrivée, et le secrétaire de la rédaction, peu content, m'apprend que depuis cinq heures on me cherche dans les cercles et cafés où je suis censé aller, à la maison, partout, et que le téléphone carillonne en vain dans toutes les directions. Je saute en voiture, je cours chez moi, je hèle le concierg-e qui va quérir 1 e commissionnaire auquel le matin il a confié le pli. L'homme juché sur le siège, nous filons boulevard X. . . sans que ma femme, aussi sagement illettrée qu'il convient à la femme d'un homme de lettres et nullement au courant, comprenne un mot à mon afi'olement et à mes tartarinades encolcrées. Le sapin s'arrête 27, boulevard Y !... « Mais, triple brute, ce n'est pas ici ! » Le commissionnaire s'était trompé, le boulevard X... continuant le boulevard Y!!... La lettre est ici pourtant. Je sonne à l'hôtel. Personne ! Volets clos. Les propriétaires villégiaturent et la boîte au courrier bâille devant moi de toute sa mâchoire de cuivre. Du bout d'un crayon, je sens, je reconnais mon enveloppe !... Il pleuvait à verse — par bonheur. Me voilà tentant une effraction, arrachant un fil de fer à la haie du chemin de fer de ceinture pour fain; un harpon. Cependant des passants s'arrêtent. Tout à l'heure, ce sera le poste de police, un esclandre^ des explications, du temps perdu et notre tapageur premier-Paris à vau-l'eau. Mais Zola n'a pas en
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vain baptisé Jésus -Christ un héros de la Te^rre.
La Providence veille, vengeresse, et je sors à propos cent sous de mon gousset. Un passant finit par me dénicher, chez un troquet lointain, le domestique chargé de veiller sur l'immeuble, et je parviens à rentrer en possession du « manifeste ». — « Cocher, au Figaro ! et au galop î » Je m'affale sur les coussins. Soupir énorme. Alors, ma femme : « C'est donc bien précieux, cet article, et vraiment utile? » « Je te crois... » et je vais pour lui expliquer, mais elle m'arrête : « Je savais bien que tu le retrouverais : j'ai dit ■un Souvenez-vous Marie! »
, C'est bête, ça, et de. l'intimité et du sacré, mais si je vous l'ai dit, c'est que de l'histoire je ne veux me rappeler que cette minute heureuse, que ce beau cri d'affection sure et d'enfantine foi .
Et voilà, reprit M. Bonnetain après un silence, toutce que je puis vous confier sur l'évolution littéraire de ce temps-ci... Venez-vous voir mes hlas? - Mais j'insistai jusqu'à l'agacement de mon hôte.
— Evolution ! évolution ! Il n'y en a pas d'évolution ; chacun sent qu'il en faudrait une, et chacun se désespère de ne savoir, de ne pouvoir la créer, la diriger ; alors, chacun plaide à côté. Le certain c'est que, si le naturalisme a fait son temps, comme étiquette, -mode et procédés, le réahsme reste invaincu. La grosse majorité des grandes œuvres de tous les temps ■n'est-elle pas réaliste, de la Bible à Pascal, du grand
siècle aux Goncourt? On ne reviendra pas plus à l'idéalisme et au romantisme d'antan qu'on ne reviendra aux dilig-ences. On tentera peut-être un retour au mysticisme si les derniers croyants nous donnent un homme de g-énie sans tolstoïsme. Et puis, on recourra fatalement à la science pour lui prendre, les uns le merveilleux qui leur manque, les autres un approximatif absolu. (Jusqu'ici, nous ne lui avons emprunté que des mots et des miettes — mal digérées — de méthode.)
Ce que nous serons, nous autres, dans le mouvement? Je ne sais. Geffroy est, à mon sens, le premier critique dé ce temps. Margueritte, Mirbeau, Descaves, Guiches, Rosny, Ajalbert et d'autres que j'oublie, parce qu'ils sont moins près de mon amilié que de mon esprit, sont encore assez jeunes et d'assez souple talent, pour être les disciples heureux et admirés du messie que je ne pressens pas en eux. De nos aînés, Huysmans est le plus doué, le plus orig-inal, celui à qui le public doit le plus de sensations neuves. Mais de même que la plupart des métis, il restera sans lig-née directe.. > Ah ! l'orig-inalité, le mouton à cinq pattes! Pourvu qu'on neg-âte pas, Hl'écarteler de louang-os, Jules Renard, l'auteur de ces exquis Sou- Hi^e^ pinces. Orig-inal, celui-là, et qui ira loin s'il a <dii sidtifflc et secoue les pucerons des jeunes revues... '- i^^hftz, cher confrère, je vous parle franc. Pourquoi kvea^Viwlu; donné la moindre importance aux déca«-
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dents, aux symbolistes ? D'abord, ces prétendus évolutionnistes sont des poètes. Or, le vers c'est, en littérature, aujourd'hui, ce qu'est la harpe ou letriang-le dans un orchestre. Comptez-les chez Lamoureux ! Et pourtant la presse s'occupe d'eux, les cite, les consulte ! Muette sur le livre d'un romancier, elle consacre trois colonnes au vaudeville d'un Déjazet, ses échos à un Péladan, son feuilleton de critique à un Moréas î... Enfm, ne se fait pas naturaliser qui veut! I^Pour me résumer, vos enquêtes me produisent l'effet de ces femmes gTosses, discutant du sexe du fœtus qu'elles ne sont pas sûres de mener à terme. Nous sommes dans un des âg-es ing-rats que traverse la littérature tous les cinquante ans en moyenne. Une guerre européenne, une lutte sociale peuvent chavirer les prédilections les mieux raisonnées. La littérature de demain, après tout, serait purement socialiste que je n'en serais pas surpris. Pas fâché non plus. Après tant de pitié. à la Slave, un peu de vraie et simple justice semble dû.j
Qui vivra verra. Le véritable évolutionniste sera celui qui aura le plus de talent — v et écrira le moins. Car ce qui nous a lassés du naturalisme, et de tout en littérature, c'est la production à outrance. Tout le monde écrit des romans, les g-rues en retraite, les Lig-ues des Patriotes, lesrastaquouères, les notaires et les cabots. Voilà le mal, mon [cher Huret, et le seul.
Peut-être nos enfants, à la suite de quelques révo-
lutions, jouiront-ils do moins de pléthore. On verra peut-être venir le temps où les journaux seront confiés tout entiers, y compris, et surtout, les faits-divers, à des hommes de lettres qui, mis ainsi à même de vivre, pourront n'écrire qu'un ou d'eux, trois livres ^u maximun, en leur vie. Fromentin n'a guère laissé qu'un bouquin : Dominique^ mais ce qu'il dégotte les psychologues dnjour (Taujourdliin!...
Et là dessus, M. Bonnetain m'ayant indiqué le chemin de la gare, s'en retourna dans son jardin.
M. LUCIEN DESGAVES
L'un des Cinq. L'auteur des Misères du sabre et deSO'us-O/fs^ qui firent le bruit qu'on sait. Une trentaine d'années, de petite taille, trapu, le front têtu, lœil petit, mais vif et droit, une moustache rare, un nez bizarre et amusant, dilaté aux narines avec la [lointe ({ui se rebelle : une tête de sous-off, ma foi, qui serait intelligente. Je le trouve chez lui, où le reli(;nt sa jambe eassée il y a six semaines dans un accident de voiture. Très gai, malgré cela, et cràn(! comme tout ce qu'il écrit.
11 me dit :
— Mais ce mouvement dont on parle tant à présent, celte réaction contre l'outrance du naturalisme,
il faut en r-echercher les premiers signes dan.s ii(»lre fameux manifeste «les Cinq paru en 1887 ! Avonsnous été. à ce moment, assez conspués ! On nous accusa de vouloir nous faire un peu de réclame sur le dos de Zola ; à présent tout le monde tombe d'accord que le règ'ne du torchon est passé, tout le monde, le Pontife lui-même! Et il est bien temps, en effet. D'ailleurs, Zola commence vraiment à se f;iti- ^uer... c'est vrai, depuis Get'minal^ il baisse... Vous ne trouvez pas? Tenez, je viens de Wv^'.V Argent. Plus que jamais il me fait l'effet d'un grand entrepreneur de bâtisse qui construit des maisons de rapport à six étages dans les c[uartiers ouvriers de la littérature... Et toujours la même distribution de pièces, les mêmes escaliers, les mêmes portes et les mêmes cordons de sonnettes. Au temps de la Conquête de Plassans c'était un architecte, qui savait vous installer avec goût un mobilier et choisir les tentures qu'il faut; à présent, je le répète, c'est un maître-maçon qui fait coller les moellons les uns par-dessus les autres, v'ian! ça y est. C'est de .la copie de journal tout bêtement bâclée, avec autant de facihté qu'on démarquerait un fait-divers. Aujourd'hui il faut Irois cents lignes? les voilà! C'est de l'ouvrage à l'année. Avezvous lu cette phrase, dans V Argent: « Jeantrou avait gardé sur le cœur les coups de pied au derrière que lui allongeait le père de la baronne ! » Si c'est permis d'écrire ainsi, avec une truelle!... Non, je vous dis...
depuis Germinal... il bousille... C'est égal, c'est tout de même un Maître, qui a droit au coup de chapeau alors qu'il suffit d'un léger salut de la main quand il s'agit d'Alexis I Ce pauvre Alexis ! 11 n'y a plus que lui qu'hypnotise le tas énorme des éditions de Zola. On a calculé que cela faisait trois fois la hauteur de la tour -Eiffel. C'est à mourir de rire !
— Voyez-vous les successeurs du naturalisme?
— Mais ce sera tout le monde ! Entendons-nous, tous ceux qui auront du talent et du tempérament. Evidemment on ne fera pas comme les autres ont fait, on ne traînera pas dans les ordures exprès. Je serais assez de l'avis de Huysmans qui rêve un naturalisme spiritualiste...
— Oui, mais quel mot? fis-je.
— Il l'explique ainsi : un égal souci de la chair et de l'esprit, psychologie et physiologie mêlées, deux chemins parallèles courant au même but, un à terre, un autre en l'air. Je vous dirais bien que j'essaie présentement d'appliquer cette théorie dans un roman sur les aveugles, si rien justement ne m'horripilait à l'égal des théories et des ratiocinations. Ayez d'abord du talent, tout est là. Si vous voulez vous offrir, par sur^ croît, le luxe d'une esthétique particulière, je le verrai parbleu bien, car les Hvres sont écrits, j'imagine, pour en recevoir l'endosse.
— Aimez- vous bien les Psychologues ?
• • M. Descaves haussa les épaules et lit la moue :
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— Les poitrinaires chics de la littérature? dit-il. Leurs jours sont comptés, .mais, comme de vrais phtisiques qu'ils sont, ils ne se voient pas mourir ; et, dans les miheux où sonne leur toux, on leur cache leur position en les couvrant de fleurs : ce sont de beaux mariages, des sièg-es à la Chambre, des décorations, etc., etc.. Mais, tonnerre! qu'on leur colle des bureaux de tabac, et qu'ils nous fichent la paix 1 Quant à Lemaître et à Anatole France, c'est quelque chose de pire : la sournoiserie dans la malfaisance . Celui des Débats avec son sourire de vitrier, qui grince en coupant le verre, celui du Temps qui jamais n'a taillé sa plume pour parler d'une œuvre d'art, d'une œuvre intéressante. Il y a cependant au^ Temps ^ comme partout, des lecteurs intelhgents et lettrés qui ne seraient pas fâchés d'être tenus au courant du mouvement de la jeune littérature. Jamais^ vous m'entendez bien, Jamais Anatole France n'a daigné parler des efforts des jeunes... Si encore il les discutait 1 Mais non, rien... Ah ! si, de temps en temps, il lance un Moréas, parce qu'il sait que ça ne tire pas... à conséquence, d'abord, et à plus de deux ou trois cents exemplaires, ensuite. Est-ce que ça dbmpte? En revanche, qu'un livre de valeur soit publié, vous lirez au Temps^ dans le mois de son apparition, un article sur Pascal, un autre sur la Vie des Saints^ un troi^ sième sur... un sonnet de Boileau I II garde celui-là «n réserve pour la semaine où Huysmans donne Là-
Bas! C'est comme cela qu'il entend son rôle de critique moderne. Enfin !...
— Etes-vous aussi sévère pour les Symbolistes ?
— Qui cela les symbolistes ? Moréas I qui s'habille de la mise-bas de Mallarmé, de Verlaine et de Laforgue ! .Une noisette creuse dans laquelle il y a un vers, un seul ! Et encore, il faudrait chercher ! Moréas 1 un virtuose qui aurait le g-oùt déplorable de n'exécuter que des variations sur les opéras d'Auber !
Je demandai à M. Descaves quels étaient, parmi les jeunes écrivains de sa g"énération, ceux qui lui paraissaient destinés à représenter le mouvement nouveau.
— 11 n'en manque pas, de beaucoup de talent et d'avenir ; vous les connaissez comme moi : c'est Hennique, Margueritte, Rosny. Ah! Rosny!... Mais il a vraiment quelque chose qui me dépasse : c'est son orgueil, un orgueil incommensurable, fou, dont on n'a pas d'idée ! Et un théoricien ! Et un esthète ! A-t-il du temps à perdre ! Il me rappelle ce pasteur protestant des Mémoires de Goncourt qui, dans sa manie de prêcher, se promenait toujours avec une chaire sous le bras ; de temps en temps, il calait la chaire, y grimpait, et en avant les boniments ! Rosny me fait un peu l'efTet de ce pasteur protestant. Do même, je n'ai pas été surpris quand des amis m'ont dit que Daniel Valgyaive était accompagné d'un double envoi d'auteurs. Avant entendu célébrer l'exemple
unique en littérature de la collaboration des Concourt, frères par le sang et frères par l'esprit, Rosny, sans doute, n'a pas voulu qu'il fût dit que quelque chose de rare et de difficile lui était impossible à réaliser... Et il y a aujourd'hui les Rosny, comme il y a les Concourt ! Acceptons-en l'augure. C'est beau, l'orgueil ! ... Mais je me suis arrêté dans ma nomenclature : n'y a-t-il pas encore Mirbeau, Gefi^roy, Paul Bonnetain, Maeterlinck, Ajalbert, la rédaction du Mercure (le France, Vallette, Jules Renard, et Gourmont en tête ; et Abel Hermant, un encore, celui-ci, qui dans son dernier livre ; Amour de tête, a joliment lâché Zola!
— Quels sont, dans le roman moderne, les maîtres <lont vous vous réclamez ?
— Oh ! d'abord, nos maîtres à tous, Balzac, Hugo, Flaubert et les Concourt, puis Alphonse Daudet, qui a écrit Sapho, Huysmans, et les grands sacrifiés que vos interviewés ont négligé de nommer : Barbey d'Aurevilly, Villiers de l'Isle-Adam, Vallès auquel Caraguel seul a pensé, et qui a laissé, dans le roman, deux arrière-petits-cousins de talent : Henry Fèvre, avant qu'il fît du roman comique, et Darien, celui de Bas. les-Cœurs et de Biribi,
Je quittai M. Descaves en faisant des vœux pour son rétablissement.
— N'oubliez pas, s'écria-t-il, les coups de pied au cœur de Jeantrou !