Enquête sur le serpent
sérieuse que sous le rapport des effets que produit sa piqûre. Quand il s’agit d’un animal qui fuit les regards de l’homme, qu’il faut aller chercher dans des retraites dangereuses, qui est le symbole de la ruse et de la trahison, contre lequel il faut se tenir sans cesse en garde, qui ne peut-être étudié à l’ombre et dans le loisir du cabinet, on conçoit que l’observation estdifficile; aussi lesnaturalistesse plaignentils de ce qu’il existedans l’histoire du Fer de lance bien des lacunes. M. deLacépède dit, en parlant de lui, (Histoire du Serpent page i2l) il n’est encore que très peu connu des naturalistes. L’auteur de cet article, en parcourant les documens que l’on possède sur le Fer de lance (1), a été amené àpenser que si son histoire ne peut être écrite par un seul individu, peut-être en commun, cette histoire serait plus possible : c’est-à-dire que si chaque habitant de cette île disait ce qu’il sait du serpent, peut-être parviendrait-ou à remplir les vides de la science. C’est pourquoi l’auteur se hasarde à faire un appel à la publicité, afin d’établir une sorte d’enquête, ou chacun déposera de ce que l’occasion l’aura mis à même de découvrir relativement aux mœurs et aux habitudes du serpent. Ceci ne sera qu’une sorte d’instruction préparatoire (et fut-il jamais criminel plus souillé de sang et qui méritât, plus qu’on instruisît contre lui I ); l’auteur n’est qu’un simple collecteur de faits un de ces commis voyageurs de la science qui recueillent des matériaux . pour les offrir aux Buffonset aux Lacépèdes de l’avenir, ces sublimes ouvriers du temple que l’art élève à la nature. Il compte sur la complaisance d’un chacun pour l’aider à remplir sa tâche, il signalera les questions non résolues, douteuses, celles qui sont laissées en blanc; mais il réclâme toutes les observations, surtout celles qu’il n’a pu prévoir (car il sait que celles-là ne sont pas d’ordinaire les plus mauvaises). Enfin il remercie d’avance les personnes qui voudront bien lui faire parvenir un renseignement quelconque; il les remercie en son nom etau nom de tous ceux qui s’occupent de l’histoire naturelle (2).
Ce travail sera divisé entrois parties: une Anatomique, une Physiologique, la troisième Pathologique ou Médicale, c’està dire relative aux effets de la piqûre du serpent.