L’ENSEIGNEMENT DE LA BOTANIQUE A LONDRES EN
Nous sommes redevable de ces renseignements à noire savant collègue et excellent ami, 51. le Dr Maxwell I*. Masters, auquel nous exprimons ici nos remerdments.
Oxford et Cambridge ont des professeurs et des jardins de botanique. Les élèves y sont peu nombreux et les cours peu étendus. M. le Dr Balfour est professeur à Edimbourg et donne en été une excellente série de leçons, ainsi que des démonstrations pratiques et des excursions. Le jardin botanique y est remarquable et les élèves en grand nombre.
Dublin possède deux jardins botaniques. Celui de l’université se trouve sous la direction du Dr Harvey. On peut passer sous silence les petites universités d’Ecosse et d’Irlande et en venir, de suite, à Londres.
L’université de Londres n’est nullement un institut d’enseignement, mais elle est seulement chargée des fonctions d’examen. Les grades qu’on y obtient sont fort considérés. Les examinateurs sont des hommes de la plus haute réputation. Les candidats, spécialement pour la médecine, sont très-nombreux. Les examinateurs changent tous les 5 ou 4 ans. Le Dr Thomson (. Florin indicœ) et le Revd M. J. Berkeley sont actuellement chargés des examens en botanique. Le jury procède par examen écrit et par examen oral (vivâ voce). Les récipiendaires doivent décrire couramment des plantes qu’on leur présente et ils ont à examiner des tissus sous le microscope. L’examen est donc essentiellement pratique.
Il n’y a d’autres cours publics de botanique à Londres que ceux qui sont professés dans les écoles de médecine. Londres possède 10 à 12 grands hôpitaux, à chacun desquels est annexée une école de médecine. Nous n’avons donc pas, comme en Belgique, une grande institution scientifique d’enseignement, mais plusieurs écoles libres. Chaque hôpital ou chaque collège possède un professeur ou un lecteur en botanique. La plupart donnent pendant l’été un cours d’une cinquantaine de leçons, depuis le mois de mai jusqu’à la fin de juillet. Des démonstrations ou des herborisations ont lieu toutes les semaines ou tous les quinze jours.
Voici quelques renseignements particuliers.
M. le professeur Oliver enseigne avec beaucoup de talent au Collège de l’université, où il a remplacé M. le Dr Lindlcy.
Al. le Dr Bentley est professeur au Kings ’ College.
AI. le Dr Harris au St. Bartlwlomeivs ’ Hospital.
AI. Johnson au Guys ' Hospital.
AI. le Dr Master, à l'hôpital St. Georges.
AI. Symc, au Westminster Hospital.
AI. le Dr Spencer Cobbald au Middlesex Hospital.
AI. le Dr Dresserait St. Mary' s Hospital , elc.
Dans les colleges de moindre importance la botanique est, en général, professée par de jeunes médecins, désireux de diriger plus tard une clinique.
Le nombre des élèves varie beaucoup suivant les cours. On peut l’évaluer approximativement à une cinquantaine par an, dans chacun des quatre principaux hôpitaux qui sont ceux de St. Bartholomé, de Guy, du Roi et de l’Université; en le portant à 50 environ pour chacun des autres on arrive à admettre que 5 ou 400 jeunes gens suivent à Londres, année moyenne, les cours de botanique.
L’enseignement pour chaque cours se paie ordinairement trois guinées, mais la plupart des étudiants versent en une fois la somme de 100 livres sterling pour tous les frais de leurs études jusqu’à l’obtention du titre de docteur en médecine et en chirurgie.
Chaque professeur de botanique dispose pour ses élèves de spécimens, de diagrammes, d’herbiers, de microscopes et d’autres moyens d’étude. 11 les conduit, en outre, à Kcw, au jardin de la Société botanique à Regents Parle, au jardin des Apothicaires à Chelsea. Ce dernier a pour jardinier chef M. Thomas Moore. A Kew, les riches herbiers de sir W. Hooker et de M. Bentham sont accessibles au public. Le petit herbier du British Muséum ai également fort usuel.
On voit, en résumé, d’après ce qui précède, qu’il n’y a d’autre enseignement public de la botanique à Londres que celui des hôpitaux, où il est, d’ailleurs, dirigé spécialement, en vue des nécessités de la carrière médicale. Les écoles du collège universitaire et du collège royal possèdent toutefois un ensemble de cours assez complet, théologie, droit, littérature, mathématiques, médecine, de manière qu’elles représentent assez bien l’équivalent d’une université.
Londres, le 28 juillet 18G;i.
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