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Resterait à savoir si la durée effective de la scolarité, pour la moyenne des élèves, s'est accrue et dans quelle mesure. 11 m'est impossible de donner sur ce point des renseignements précis. Toutefois, je crois pouvoir avancer que la loi de 1882 sur l'obligation scolaire est, presque partout, restée lettre morte et que les instituteurs ruraux se plaignent, comme par le passé, de l'irrégularité de la fréquentation scolaire. La grande majorité des enfants du peuple déserte trop tôt les bancs de l'école.
Il en est, il est vrai, qui ne quittent Técole élémentaire que pour entrer dans les écoles primaires supérieures, dans les écoles techniques de commerce ou d'industrie, dans les écoles nationales professionnelles ou encore dans les lycées : ces privilégiés sont en tout une trentaine de mille. D'autre part, l'Administration s'efforce de créer, dans les écoles élémentaires, le plus grand nombre possible de cours supérieurs afin que les élèves pourvus du certificat d'études puissent y recevoir, sur place et jusqu'à treize ou quatorze ans, un complément d'instruction.
Enfin, depuis une dizaine d'années, on a multiplié les cours d'adultes, d'autres œuvres post-scolaires, et le zèle des instituteurs auquel on a du faire appel s'y est admirablement employé.
Mais, tout compte fait, le temps de la scolarité
EN'SEUiNEMENT ET DEMOCRATIE.
reste trop court pour le plus grand nombre de nos enfants. L'action de l'école est. pour eux, trop superficielle et trop fugitive. A ce mal, le seul remède qui puisse avoir assez d'efficacité serait, semble-t-il, Fobligation légale, pour les adolescents, de suivre les cours du soir jusqu'à un certain âge et dans des conditions déterminées. Ce remède n'est pas hors de la portée d'une démocratie comme la nôtre qui ne saurait prospérer que dans la mesure où elle se libérera de l'ignorance.