QUELQUES VŒUX
Et, si j'osais formuler au risque de me répéter, quelques vœux de réforme, je demanderais '
En ce qui concerne V action des pouvoirs publics :
Qu'on applique enfin la loi sur l'obligation scolaire : si elle n'est pas applicable, qu'on la modifie.
Que tous les instituteurs et toutes les institutrices publics soient préparés dans les écoles normales, — conformément àrarticlel*^' de la loi du 9 août 1879, toujours en vigueur et qui est ainsi conçu : « Tout département devra être pourvu d'une école normale d'instituteurs et d'une école normale d'institutrices suffisantes pour assurer le recrutement de ses instituteurs communaux et de ses institutrices communales. »
Que, dans la préparation des instituteurs et des institutrices, on ne sacrifie rien d'une culture générale déjà trop faible à la préoccupation, d'ailleurs très légitime, de l'éducation proprement pédagogique.
Qu'on prenne les mesures nécessaires (allégement des travaux extra-scolaires, contact plus fréquent avec les inspecteurs, institution de cours de vacances)
l'kCOLE l'HlMAlRF, FHANi'.AISE ()0
pour que le personnel en exercice ne retourne pas falalemenl à rinacliviU' irespril qui engendre la routine.
En re qui concerne l'ariion de-'^ maîtres :
Hu'ils s'elTorcent de réduire dans nos écoles le formalisme qui y lient trop de place encore et de généraliser l'emploi des méthodes actives et rationnelles.
<Jue dune part, ils multiplient les exercices d'observation directe et qu'ils donnent, d'autre part, la pratique et le goût du livre. (Comme l'examen du Certificat d'études primaires est certainement un obstacle à ce double progrès, il faut que la réforme en soit étudiée ou qu'on en prononce la suppression.)
Enfin, — et sur ce dernier point, j'adresse aux instituteurs un appel d'autant plus pressant que pour ma part j'ai fait, de la liberté dans l'éducation, ma méthode et mon idéal, — que, dans les écoles primaires de tout degré, ils élèvent les enfants par la liberté, })0ur la liberté. L'autoritarisme garde encore une très grande place dans la direction des intelligences et des volontés. Il y a toujours des écoles sombres et des maîtres durs. 11 y a des paroles laïques tranchantes comme des dogmes. Oue les instituteurs se laissent guider de plus en plus par l'amour des enfants, parle respect sincère, attentif, de leur personnalité. C'est la première condition à remplir pour que l'école primaire collabore efficacement à l'éducation de la démocratie française.
ENSEIGNEMENT ET DEMOCKATIE.