‹ Enseignement et démocratieChapitre 27 sur 107 · I.V.NSEICNKMr.NT rUIMAlUr. srPKlUKCR · texte numérisé non relu

I.V.NSEICNKMr.NT rUIMAlUr. srPKlUKCR

L'inslruclion primairo osl élémentaire ou supérteitre.

L'inslruclion primaire élémentaire comprend nécessairement l'inslruclion morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures.

L'instruction primaire supérieure comprend nécessairement, en outre, les éléments de la géométrie et ses applications usuelles, spécialement le dessin linéaire et l'arpentage, des notions de sciences physiques et de l'histoire naturelle applicables aux usages de la vie, le chant, les éléments de l'histoire et de la géographie, et surtout de l'histoire et de la géographie de la France.

Selon les besoins et les ressources des localités, l'instruction primaire pourra recevoir les développements qui seront jugés convenables.

L'article 10 de la même loi dit :

Les communes chefs-lieux de département et celles dont la population excède six mille âmes devront ^\o\v en outre une école primaire supérieure.

Enfin le dernier alinéa de l'article 14 prévoit que dans les écoles primaires supérieures un nombre de places gratuites, déterminépar le Conseil municipal, pourra être réservé pour les enfants qui, après concours, auront été désignés par le Comité d'instruc-

tion primaire, dans les familles qui seront hors d'état de payer la rétribution.

Pour bien nous rendre compte de l'idée qui a présidé à la création de l'enseignement primaire supérieur il faut nous reporter au bel exposé des motifs que le ministre Guizot fit de sa loi sur rinstruction primaire, à la Chambredes députés, le ^ janvier 1833. Vouloir analyser cet exposé des motifs serait en atténuer la portée; mieux vaut, ce nous semble, en faire des citations assez complètes.

« Nous avons divisé l'instruction primaire, dit le ministre, en deux degrés, l'instru-îtion primaire élémentaire et Tinstruclion primaire supérieure. Le premier degré est comme le minimum de l'instruction primaire, la limite au-dessous de laquelle elle ne doit pas descendre, la dette étroite du pays envers tous ses enfants. Ce degré d'instruction doit être commun aux campagnes et aux villes ; il doit se rencontrer dans le plus humble bourg comme dans la plus grande cité, partout où il se trouve une créature humaine sur notre terre de France...

« ... Ce premier degré d'instruction est assez étendu pour faire un homme de qui le recevra, et en même temps assez circonscrit pour pouvoir être partout réalisé. Mais de ce degré à l'instruction secondaire qui se donne soit dans les institutions et pensions privées, soit dans les collèges de l'Ktat, il y a bien loin, et pourtant dans notre système actuel d'instruction publique il n'y a rien entre l'un et l'autre. Celte lacune a les plus grands inconvénients. Elle condamne, ou à rester dans les limites étroites de l'instruction élémentaire, ou à s'élancer jusqu'à l'instruction secondaire, c'est-à-dire jusqu'à un enseignement classique et scientifique extrêmement coûteux.

Page 1