‹ Enseignement et démocratieChapitre 28 sur 107 · I.'kNSKIC.NKMKM l'RlMAIHK SLl'KRliaU · texte numérisé non relu

I.'kNSKIC.NKMKM l'RlMAIHK SLl'KRliaU

« De là, il résulte qu'une partie très nombreuse de la nation, qui, sans jouir des avantagesde la fortune, n'est pas non plus réduite à une gène trop sévère, manque entièrement des connaisances et de la culture intellectuelle et morale appropriés à sa position. Il faut absolument combler cette lacune, il faut mettre une partie si considérable de nos compatriotes en état d'arriver à un certain développement intellectuel sans leur imposer la nécessité de recourir à l'instruction secondaire, si chère à la ^bis et si périlleuse.

« En effet, pour quelques talents heureux que l'instruction scientifique et classique développe et arrache utilement à leur condition première, combien de médiocrités y contractent des goûts et des habitudes incompatibles avec la condition modeste où il leur faudrait retomber, et, sorties une fois de leur sphère naturelle, ne sachant plus quelle route se frayer dans la vie, ne produisent guère que des êtres ingrats, malheureux, mécontents, à charge aux autres et à eux-mêmes I

« Nous croyons rendre au pays un vrai service en établissant un degré supérieur d'instruction primaire qui, sans entrer dans l'instruction classique et scientifique proprement dite, donne pourtant à une partie nombreuse de la population une culture un peu plus élevée que celle que lui donnait jusqu'ici l'instruction primaire. Nous avons cru entrer dans vos vues en organisant d'une manière positive ce degré supérieur de l'instruction primaire, et en le rendant obligatoire pour toutes les communes urbaines au-dessus de six mille âmes comme le degré inférieur l'est pour toutes les communesy si petites qu'elles soient.

c( S'il n'y a qu'un seul degré d'instruction primaire, et

qu'on élève ou qu'on étende trop ce degré, on le rend inaccessible à la classe pauvre; si on le resserre de trop, on le rend insuffisant pour une grande partie de la population qui ne peut pas non plus atteindre jusqu'à nos collèges, et si, en admettant une instruction primaire supérieure, on la laisse facultative, on ne fait absolument rien. La loi se tait, ou elle prescrit et elle organise.

« C'est par ces considérations que nous avons établi et réglé un degré supérieur d'instruction primaire qui ajoute aux connaissances indispensables à tous les hommes les connaissances utiles à beaucoup : les éléments de la géométrie pratique qui fournissent les premières données de toutes les professions industrielles, les notions de physique et d'histoire naturelle qui nous familiarisent avec les grands phénomènes delà nature et sont si féconds en avertissements salutaires de tout genre, les éléments de la musique ou au moins du chant qui donnent à l'âme une véritable culture intérieure, la géographie qui nous apprend les divisions de cette terre que nous habitons, l'histoire par laquelle nous cessons d'être étrangers à la vie et à la destinée de notre espèce, surtout l'histoire de notre patrie qui nous identifie avec elle, sans parler de telle ou telle langue moderne (}ui, selon les provinces où nous sommes placés, peut nous être indispensable ou du plus grand prix. »

Qu'advinl-il de si beaux projets? Que donnèrent de si nobles espérances? Dix ans après la promulgation de la loi de 183o, à peine 150 écoles primaires supérieures étaient-elles créées, qui devaient bientôt disparaître pour des causes diverses qu'il nous semble utile de passer en revue.

Lorsque survint la loi de l(SoO on aurait pu à peine citer une douzaine d'écoles primaires supérieures

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