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ENSEIGNEMENT l'IUMAIRE SUPÉRIEUn

profession rulure: rûliquelle, la funeste étiquette, éloignait les familles des nouveaux établissements.

Il faut reconnaître aussi qu'un bon personnel enseignant faisait défaut. Qu'exige en efTet l'article ï de la loi du :28 juin 1833? Peu de cbose.

Tout individu âgé de dix-huit ans accomplis pouvait exercer la profession d'instituteur et diriger tout établissement quelconque d'instruction primaire, sans autres conditions que de présenter préalablement au maire de la commune où il voulait tenir école :

1° Un brevet de capacité obtenu, après examen, selon le degré de V Ecole qu'il veut établir ;

^1' Un certificat constatant que l'impétrant était digne, par sa moralité, de se livrer à l'enseignement.

En vain le conseil royal de l'Instruction publique, à la date du 8 novembre 1833, émit-il des résolutions en vue d'assurer l'indépendance du directeur de l'école primaire supérieure, même si cette école était annexée à un collège, à une pension, ou à une école normale ; la position, au point de vue du traitement, étant médiocre, attirait peu d'instituteurs.

Il y avait aussi une raison qui rendait la population défiante. D'après la loi, un seul maître pouvait suffire pour donner un enseignement aussi varié, et s'il était nécessaire qu'il s'adjoignît deux ou trois maîtres,

ces derniers n'étaient pas obligés de posséder le brevet du degré supérieur, il suffisait qu'ils fussent agréés par le recteur (art. ^ de l'arrêté du 5 novembre 183?) et avis du 31 janvier 1834).

Aussi le ministre lui-même s'émut du grand nombre de conseils municipaux des villes ayant une population de 6 000 âmes qui ne se conformèrent pas à la loi et il envoya, le 15 novembre 1833, une circulaire aux recteurs les invitant à rappeler aux villes intéressées qu'elles eussent à satisfaire aux exigences de la loi sur la création des écoles primaires supérieures.

Dans cette circulaire le ministre appelle l'attention des recteurs sur la possibilité pour certaines communes de transformer une école ordinaire en école primaire supérieure, afin d'éviter les frais élevés d'une construction nouvelle, ou encore d'annexer un cours d'enseignement primaire supérieur à une école primaire élémentaire à la condition toutefois que « l'instruction élémentaire ne soit point sacrifiée à la position plus étendue de l'enseignement ».

Enfin les villes qui posséderaient un collège ou une école normale pourraient être autorisées à y annexer également une école primaire supérieure.

Le ^7 avril l!^3'i, à propos d'une longue instruction qu'il adressait aux Préfets, relativement aux

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obligations imposées aux communes en ce qui concornail l'inslruclion primaire. M. Gui/ot disait : u II s'en faut encore beaucoup que l'article 10 de la loi du ^28 juin ail reçu son exécution dans toutes les communes qui sont tenues d'entretenir une école primaire supérieure. Les retards doivent être attribués sans doute à ce qu'il n'existait, antérieurement au !'''■ janvier dernier, qu'un petit nombre de personnes ayant le brevet de capacité pour l'instruction primaire supérieure. Dans leur session du mois de mars les commissions d'examen ont délivré quelques brevets de ce degré, et la même difliculté ne s'opposera plus désormais à ce que les écoles primaires supérieures soient ouvertes dans toutes les communes qui sont obligées d'en entretenir. Je vous recommande d'appeler spécialement sur cet objet l'attention des conseils municipaux de ces communes. Les avanlafjes de finstriiction iirima'ire supérieure sont trop réels ^ la 7iécessilé de ce/ le instruction, surtout pour les populations nombreuses^ est trop bien sentie pour qu'il y ait lieu de craindre des lenteurs volontaires de la part de ces conseils. »

Malgré ce rappel aux prescriptions de la loi, beaucoup de conseils municipaux opposèrent plus que des « lenteurs volontaires ».

A leur origine, les écoles primaires supérieures trouvèrent une difficulté réelle à recruter leurs

élèves parce que les Frères de la doctrine chrétienne et les instituteurs des écoles primaires élémentaires retenaient leurs propres élèves. Qui donc oserait affirmer que les temps sont bien changés à cet égard ? Pour remédier à cet état de choses le Conseil royal de l'Instruction publique émit un avis, le 30 septembre 1836, à savoir :

« Qu'il conviendrait d'obliger les enfants qui ont terminé leurs études élémentaires à quitter l'école des Frères ou à entrer à l'école supérieure ».

Le 10 janvier 1837 ;

« Qu'aucun élève ne peut être contraint à passer dans une école primaire supérieure; mais les élèves gratuits d'une école primaire élémentaire communale qui auront été reconnus suffisamment instruits, devront quitter entièrement ladite école primaire élémentaire pour y faire place à d'autres élèves appelés à suivre cette école, conformément à la décision du 30 septembre 183() ».

Dans son très important rapport, fait en janvier 1878. au nom d'une commission chargée de préparer un projet d'organisation de l'enseignement primaire supérieur, M. Hapet dit :

« Il reste à mentionner une dernière cause qui, plus que tout autre peut-être, a contribué à entraver le développement des écoles primaires supérieures. Bien avant la loi de 1833, le besoin de cette institution s'était révélé aux hommes sérieux. En effet d'un côté, en présence de l'insuffisance des écoles primaires alors existantes, et en l'absence d'établisse-

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mcnts spéciaux d'un ordre plus élevé donnant l'inslruclion réclamée dans une partie de la population, beaucouj) d'enfants étaient envoyés dans les lycées ou collèges non pour y recevoir toute l'instruction classique mais seulement pour en suivre les cours durant plusieurs années et y puiser une instruction un peu plus forte, pensait-on, que celle qu'ils pouvaient acquérir dans les écoles primaires ordinaires. On avait créé déjà dans quelques collèges sous le nom de coia's de Franrais ou autres des cours particuliers organisés en faveur de ces élèves. Ces cours étaient déjà bien plus nombreu.x qu'on ne l'a cru; on peut s'en convaincre en lisant les rapports officiels publiés à l'époque ou depuis. Mais ils étaient tout à fait hors d'état de conduire les élèves au but que se proposait la nouvelle loi. On n'y enseignait guère que la lecture, 1 écriture, la langue française, encore d'une manière très incomplète, le calcul avec un peu de géographie et d'histoire. Il n'y était aucunement question |de l'enseignement scientifique que la loi de 1833 devait introduire avec raison dans l'instruction primaire supérieure. Les élèves qui suivaient les cours classiques pendant plusieurs années seulement étaient encore mal partagés; ils ne recevaient en tout qu'une ébauche d'instruction qui ne les rendait réellement aptes à aucune carrière.

C est en se fondant sur ces tristes résultats que le ministre de l'instruclion publique de 18o9, M. Villemain, exprimait l'opinion a que les écoles primaires supérieures réussissaient difficilement à se généraliser, et que celles qui avaient une existence indépendante trouvaient avec peine un nombre suffisant d'élèves. » En conséquence le ministre proposa de créer le plus possible dans les collèges des cours particuliers destinés à remplacer les écoles pri-

maires supérieures. (Rapport et ordonnance du 21 novembre 1841.)

Pourtant, sur :2T0 communes qui se trouvaient atteintes par la loi de 1833, et malgré tous les obstacles que nous venons de passer en revue, 161 écoles étaient ouvertes en 1841, et quelques-unes recevaient l'approbation et les éloges du ministre lui-même ^

Dans l'ordonnance du 21 novembre 1841 précitée, il justifie ainsi la mesure qu'il préconise : « En réclamant sous celte forme l'exécution actuelle de la loi, on la rend moins onéreuse et plus facile. On assure sans charges considérables pour les villes un enseignement qui, pour être effectif, demande le concours de plusieurs maîtres. On ajoute ou on substitue à des études de langues anciennes, trop souvent stériles, quand elles sont incomplètes, un enseignement usuel, sans être illettré, pratique sans être trop restreint, et qui prépare utilement aux professions industrielles et commerçantes, si nécessaires et si répandues dans notre étut social. »

A part un avis du T octobre 1848 par lequel il est

i. Dans le courant de Tannée 1840, M. Villemain, s'élanl rendu à la nouvelle école municipale supérieure de la rue Neuve Saint- Laurent (plus tard Ecole Turgot), écrivit ces mots au premier directeur, M. Pompée : « Je suis heureux de pouvoir dire qu'ayant visité bien des écoles intermédiaires, je n'en ai pas trouvé qui me satisfasse plus que celle-ci et j'en remercie MM. les Membres du (lomilé central et l'excellent directeur, M. Pompée. »

Archives de l'École Turgot.

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