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RECRUTEMENT DES ÉLÈVES

En réalité l'école primaire supérieure n'est pas ouverte à tout venant. Quels sont donc les enfants qui y seront admis? Le décret du 28 janvier 1897 , modifiant l'article o8 du décret du ^l janvier 1893, nous le dit en termes précis :

1. L'article premier de iarrèlé du 29 décembre 1«8« lixc l'âge minimum d'admission à douze ans révolus, au 1"^'' octobre de l'année où le candidat se présente.

Nul ne pourra rester à l'école au delà de dix-huit ans, sauf celui qui atteindrait sa dix-huitième année pendant l'année scolaire.

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« Aucun élève ne peut être requ, soit dans une école primaire supérieure, soit dans un cours complémentaire, s'il ne possède le certificat déludes primaires élémentaires et s'il ne justifie, en outre, par un certificat signé de l'inspecteur primaire, avoir suivi pendant une année au moins le cours supérieur d'une école primaire élémentaire.

On veut donc bien montrer par là que l'enseignement primaire supérieur est la suite naturelle de l'enseignement primaire élémentaire.

11 y a un inconvénient à cet état de choses. Supposons un enfant ayant suivi les cours d'un collège ou d'un lycée jusqu'à Tàge de treize ans. Pour une raison ou une autre, la famille veut faire entrer cet enfant dans une école primaire supérieure. Elle ne le pourra pas, soit parce qu'elle ignorait cette prescription légale, soit parce que l'enfant ne pourra pas obtenir le certificat d'études primaires élémentaires, n'y ayant pas été préparé par ses études secondaires. Le cas est plus fréquent qu'on ne le croit.

Enfin est-on bien sur qu'il y ait partout, dans toutes les écoles élémentaires, un véritable cours supérieur ?

Aussi pour parer à cet inconvénient la grande majorité des directeurs et des directrices d'écoles primaires supérieures, que nous avons consultés sur ce point spécial, est-elle unanime à demander la création d'une section préparatoire qui serait en quelque sorte un cours supérieur d'école primaire élémentaire.

En outre, les prescriptions ci-dessus ne sont pas toujours observées. Nombre de directeurs de cours complémentaires, mus par un sentiment des plus louables, nous le reconnaissons, retiennent, deux et trois ans, leurs meilleurs élèves, au risque de compromettre l'avenir de ces enfants et de nuire au bon recrutement des écoles primaires supérieures.

En 190^2, M. Buisson, directeur du Manuel général de V Inslruclion primaire nous a chargé de faire auprès de nos collègues une enquête sur l'enseignement primaire supérieur.

Ce journal pédagogique a publié les résultats de cette enquête. Nous demandons la permission d'y recourir parfois parce qu'ils donnent souvent l'opinion générale du personnel enseignant.

En ce qui concerne le recrutement de nos écoles, l'assemblée des professeurs des écoles primaires supérieures de garçons et de filles de Nancy (rapporteur, M. Friry) émet quelques considérations générales qu'il est bon de citer en entier :

« L'enseignement primaire supérieur doit être accessible au plus grand nombre d'élèves possible, sans risquer cependant de s'amoindrir, de s'avilir. Sans doute, un certain nombre d'élèves nous arrivent peu aptes à nous comprendre et à nous suivre : mais savons-nous toujours rester primaires avec nos nouvelles recrues ? Jusqu'au moment où ils entrent à l'école supérieure, nos élèves avaient travaillé sous une direction unique, avec un instituteur qui les suivait parfois depuis plusieurs années ; à l'école supérieure, au moment oii ils abordent des études nouvelles, où ils vont

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être beaucoup plus livrés à eux-mêmes, ils sont confiés, sans mélliode de travail, à quatre ou cinq maîtres difîérenls. Leur bonne volonté fait souvent place au découragement ; nous ne sommes pas contents des résultats qui ne répondent pas à nos efforts, et certains d'avoir travaillé, nous accusons nos élèves de paresse ou d'insuffisance. La première année est, pour l'école primaire supérieure, la classe la jilus importante, celle qui exige le plus de soin, n'est-elle pas trop souvent la classe dédaignée ou sacrifiée? »

La création d'une section préparatoire, annexée à l'école primaire supérieure aurait donc encore cet avantage de ménager la transition entre les deux enseignements, élémentaire et supérieur, sans compter qu'elle permettrait de mieux connaître l'aptitude des élèves et d'éliminer ceux qui ne paraîtraient pas capablesde profiterdes études supérieures, comme aussi elle faciliterait aux enfants les mieux doués une excellente préparation pour l'examen conférant desbourses d'enseignement primaire supérieur.

Concession de bourses. — Depuis le décret du 14 février 1880, de nombreux décrets, arrêtés et circulaires ministérielles ont paru concernant la collation et l'examen des bourses dans les écoles primaires supérieures.

Ces bourses sont inscrites au prochain budget de 1904 pour la respectable somme de 715 200 francs'.

1. Les bourses nationales dans l'enseignement secondaire s"élèveQt à 2.778.000 francs.

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Nous sommes bien loin des 110 000 francs, octroyés par l'État au budget de 1878, pour favoriser la création d'écoles primaires supérieures et entretenir dans ces écoles quelques bourses d'externes.

Aujourd'hui, comme lors du décret du 3 janvier 188:2, ces bourses sont de trois sortes^ :

1" Bourses d'internat ;

2' Bourses d'entretien ;

3" Bourses familiales.

Les premières sont attribuées à des élèves placés à demeure dans des établissements d'enseignement primaire supérieur pourvus d'un pensionnat ;

Les bourses d'entretien, à des élèves logés dans leur propre famille et fréquentant l'école supérieure ou le cours complémentaire de la localité ;

Les bourses familiales, à des élèves placés en pension dans des familles autres que la leur et agréées par le directeur et la directrice de l'école ou du cours.

Ces bourses sont réparties entre les différents départements proportionnellement au chiffre de leur population et du nombre des écoles primaires supérieures qui s'y trouvent.

Elles sont conférées par le préfet, sur la proposition de l'Inspecteur d'académie et après avis du conseil départemental.

La concession d'une bourse est subordonnée aux conditions suivantes :

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