Voir le décret du 10 mars
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donné sera gratuit. (Vest ce qui résulte de la loi du It! juin 1881. article premier.
Ainsi que le lait remarquer la circulaire du io février 181K). relative à l'application du décret et de l'arrêté du :21 janvier 1893, il y a lieu de ne plus assimiler Y Ecole iirimaire supéneure et le cour^ complémentaire : la i)remière est un établissement distinct : l'autre n'est, comme son nom l'indique, u qu'une annexe venant compléter l'école élémentaire et n'existant pas indépendamment de l'école élémentaire. »
Ainsi la durée du cours d'études n'est plus que d'un an dans les cours complémentaires — sauf à Paris: — elle est de deux ans au moins dans les écoles primaires supérieures. Si l'école primaire supérieure comprend trois années d'études et plus, elle est dite de plein exercice.
Dans les écoles de plein exercice, et lorsque le nombre des élèves le comportera, le Ministre de l'Instruction publique pourra autoriser, à partir de la deuxième ou de la troisième année d'études, la création d'une ou plusieurs sections spéciales : agricole, industrielle ou commerciale.
Cette disposition de l'article oO du décret du :21 janvier 1893, a été une des principales causes du succès de l'école primaire supérieure, car elle répond ainsi aux besoins régionaux et même locaux.
96 ENSEIGN'EJIENT ET DÉMOCRATIE
elle assure aux programmes d'études une souplesse admirable fort appréciée du public.
Si l'école a un trop petit nombre d'élèves pour y constituer des sections spéciales, le règlement prévoit la possibilité de créer des cours accessoires ou enseignements professionnels.
La circulaire ministérielle du 15 février 1893, comme le rapport de 1881, insiste tout particulièrement sur ce caractère nettement professionnel que doit avoir l'école primaire supérieure.
« Quelle population scolaire reçoivent nos écoles primaires supérieures ? » se demande le ministre de l'Instruction publique. Ce ne sont pas des jeunes gens destinés aux carrières libérales disposant d'un temps indéfini et venant nous demander une haute culture intellectuelle. Ce sont des enfants des classes laborieuses qui auront besoin de bonne heure de se suffire par le travail et, le plus souvent, par le travail manuel. Ils n'aspirent pas à faire des études classiques. Leur ambition, leur destinée probable, c'est de remplir un de ces nombreux emplois d'ordre moyen que l'agriculture, le commerce, l'industrie offrent aux travailleurs, avec la perspective d'une position de plus en plus aisée, mais toujours modeste. S'il en est ainsi, l'école primaire supérieure ne peut qu'orienter ses élèves, du premier jour au dernier, vers les nécessités de la vie pratique qui les
i.'knskignemenï l'iUMAinr. supérifa'r î)7
alteiul ; elle ne déloiiriiera pas un instant leur esprit de la poursuite d'une profession : elle se gardera de leur donner des goiits, des habitudes ou des idées qui les éloigneraient du genre de vie et du genre de travail auxquels ils sont presque tous destinés. Et tout en leur rappelant que la démocratie a levé les barrières qui, autrefois, emprisonnaient étroitement l'individu, elle cherchera plutôt à leur faire aimer et honorer leur carrière qu'à les faire rêver aux moyens d'en sortir. C'est par là, pour le dire en passant, que l'enseignement primaire supérieur se distingue nettement de l'enseignement secondaire, soit ancien, soit même moderne, avec lequel on a prétendu le confondre. L'enseignement primaire supérieur, un de mes honorables prédécesseurs le disait déjà au moment même où il le réorganisait, doit être tout autre chose qu'une contrefaçon malheureuse de l'enseignement secondaire : « L'école primaire supérieure, ce n'est pas le collège dégénéré, c'est l'école perfectionnée. » Rien n'est donc plus nécessaire et rien n'est plus simple que de prévenir toute confusion, toute rivalité mal entendue entre deux ordres d'établissements dont chacun a sa raison d'être.
L'enseignement primaire supérieur se reconnaît du premier coup à son caractère franchement pratique et utilitaire : en ce sens général, il est profen-
sionnel. Mais il n'en reste pas moins un enseignement véritable, il ne se confond pas avec l'apprentissage. C'est une école, ce n'est pas un atelier ; il s'y trouve des élèves et non des apprentis. i\ous y continuerons l'œuvre d'éducation commencée à l'école primaire. Même pour l'ouvrier ne faut-il pas dire : surtout pour l'ouvrier ?) ce n'est pas un luxe déplacé que cette culture de l'esprit qui forme le jugement, le cœur, la volonté, le caractère, c'està-dire les forces dont, plus que personne, il aura besoin dans le combat de l'existence.
Aussi nos écoles primaires supérieures ont-elles ce double objet qui, dès le début, leur a été assigné : u elles associent d'une manière intime un complément d'instruction générale avec un commencement d'instruction professionnelle. «