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LES DIVERS TYPES D'ENSEIGNEMENT ET LEURS RAPPORTS

Par Ai.iKEi> GROISET

Membre de l'Inslitut.

Doyen de la Faculté des LeUres de l'Liuiversilé de Paris.

Mesdames et Messieurs.

L'année dernière, nous avons surtout étudié notre enseignement public dans ce qui doit faire son unité essentielle, je veux dire dans les principes qui doivent le diriger, dans l'esprit qui doit l'animer, quelques formes particulières qu'il revête. Cette année-ci, c'est surtout de la diversité de ces formes qu'il sera question : nous chercherons ce qui constitue l'originalité de chacune d'elles et sa raison d'être, ce qui la distingue des autres, ce qui s'est fait dans chacun de ces types d'enseignement pour l'adapter à sa fin propre, et ce qui reste à faire.

Mais peut-être n'est-il pas inutile, puisque nous aurons, dans la suite de ces conférences, à passer en

revue tous ces enseignements si variés, de commencer par jeter un coup d'œil sur leur ensemble, €l de nous demander comment ils se rattachent les uns aux autres, s'ils sont destinés à se développer chacun à part dans un élat d'isolement absolu, dans une complète ignorance réciproque, ou s'il n'est pas plutôt nécessaire de les considérer comme des parties d'un même organisme, et, dans ce cas, d'examiner ce qui a été fait, ce qui reste à faire encore, pour assurer l'harmonie du tout en même temps que le libre jeu de chaque pièce.

Tout le monde sait que notre enseignement, à le considérer en gros et d'un peu loin, comporte trois degrés, qui se superposent approximativement les uns aux autres : c'est ce qu'on appelle l'enseignement primaire, l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur. Ces trois degrés successifs correspondent à la diversité des âges (enfance, adolescence, jeunesse), et aussi au progrès naturel de toute culture complète, qui ne peut atteindre le but suprême que par une préparation graduée. Le but, pour ne parler d'abord que du point de vue purement scientifique, c'est de former des hommes qui soient en état d'accroître la science acquise et d'ajouter ainsi au patrimoine de l'humanité. C'est là l'objet de l'enseignement supérieur, qui a pour fonction propre de susciter la libre recherche,

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et qui, bien que forcément restreint ù une élite, intéresse en réalité la communauté tout entière, puisqu'il est l'inslrumenl indispensable du progrès. Cet enseignement doit èlrc, de toute nécessité, spécial et inventif. 11 est évident d'ailleurs qu'il suppose, chez les jeunes gens qui l'abordent, une assez longue initiation : avant de chercher du nouveau, il faut connaître les vérités acquises; et, pour chercher de nouvelles vérités avec quelque chance de succès, il faut des intelligences convenablement assouplies et exercées à la méthode. Le rôle de l'enseignement secondaire est de donner cette préparation : il cultive les facultés de l'adolescent et lui transmet la tradition; il est essentiellement général et classique. L'enseignement primaire, à son tour, prépare le secondaire, en mettant aux mains de l'enfant les premiers outils du travail intellectuel (lecture, écriture, calcul), et en lui donnant une première vue élémentaire du monde où il vivra. Uien de plus simple, au premier abord, que cette organisation, et rien de plus conforme à la nature des choses. Que l'on suive ou non la filière de l'enseignement officiel, il faut toujours, pour devenir un créateur, que l'on commence par les éléments, que l'on se forme ensuite par l'acquisition au moins partielle de la tradition, et que l'on finisse par la libre recherche dans une spécialité restreinte.

Mais si cet ensemble, dans ses lignes essentielles, est invariable, il y a, en fait, une foule de manières de l'organiser. La réalité est toujours plus complexe qu'un schéma. Parmi les enfants qui commencent leur éducation, beaucoup ne vont pas jusqu'au terme de la route : ils l'abandonnent à des âges très variables, pour entrer dans la vie pratique. Il faut donc que l'enseignement reçu les y prépare. Or, celte vie pratique est elle-même multiforme : d'oîi la nécessité de multiplier aussi, dans l'enseignement, les préparations spéciales. Enfin les circonstances sociales elles-mêmes ont une répercussion sur l'enseignement : elles sont très différentes au village et à la ville, dans le monde du travail manuel et dans ce qu'on appelle la bourgeoisie. De là, les formes si diverses que prennent, dans notre société, ces trois degrés fondamentaux de tout enseignement complet. Il y a l'enseignement primaire de l'école et celui du lycée ; il y a le primaire simple et le primaire supérieur ; dans le primaire supérieur, il y a celui qui est plutôt général, et celui qui est plutôt industriel, ou plutôt commercial. Dans le secondaire, on trouve des enseignements qui sont encore primaires, et d'autres qui sont déjà presque supérieurs; et, en outre, quatre sections s'ouvrent au choix de l'adolescent quand il a franchi le premier cycle. Enfin le supérieur lui-même n'est pas uniquement consacré

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