XXV. Caractère et influence de Pétrarque
Il suffit de parcourir ce programme pour y apercevoir deux lacunes considérables. Pétrarque, en dehors de son rôle historique et politique, n’a été étudié que comme poète italien. Ses œuvres latines d’humaniste et de savant (philosophie et théologie), corres-
pondant à deux des caractères essentiels assignés à la Renaissance, ont dû, faute de temps, être renvoyées à l’année prochaine ; et partant la dernière leçon n’a pu présenter qu’une conclusion partielle, au sujet de l’influence de celui qu’on a nommé à juste titre « le premier homme moderne. »
Au reste, ce n’est pas précisément pour donner une juste idée de ce cours que j’en détache les trois leçons consacrées à Jacques Colonna. Si tel avait été mon but, j’aurais choisi plutôt toute autre partie du programme qu’on vient de lire, et particulièrement les cours où j’ai dû aborder les questions les plus hautes et les plus intéressantes sur les caractères de la Renaissance 1 et sur les origines du lyrisme moderne.
Mais j’avais d’autres visées. J’ai voulu simplement présenter à mes concitoyens une étude biographique sur un des évêques les plus distingués par le talent et par la vertu de la province ecclésiastique de Toulouse. J’ai été heureux de satisfaire en même temps le désir de quelques amis qui, ne pouvant écouter mes leçons, voulaient en lire quelques-unes, et j’ai tâché à cet effet de reproduire, sauf quelques changements indispensables et quelques additions dans les textes cités, la forme même des trois simples entretiens que j’ai employés à raconter les relations de Pétrarque avec l’évêque de Lombez.
Je n’ai pas dit encore tout ce que j’aurais voulu comme biographe de Jacques Colonna. Le court intervalle qui sépare une leçon de l’autre ne permet ni de pousser les recherches bien loin, ni de peser tous les détails avec une attention rigoureuse ; de plus, l’enseignement public ne donne pas beaucoup de latitude pour la citation des textes originaux. J’ai laissé échapper probablement quelques inexactitudes ; par exemple, on me fait remarquer qu’à la page 42 (note 2) j’ai mis la ville et l’abbaye de Gimont précisément à la place l’une de l’autre 2. J’avais deux documents inédits, dont je n’ai pas même osé faire mention, sur l’administration de Jacques Colonna à Lombez. Je les publierai peut-être un peu plus tard dans la Revue de Gascogne, avec une traduction complète des lettres et des poésies de Pétrarque qui concernent son illustre ami, pour continuer d’acquitter, selon mes moyens, la dette de mon pays envers un homme de bien trop longtemps oublié.
Institut catholique de Toulouse, 28 juin 1880.
1 Les leçons sur les caractères de la Renaissance sont publiées pour la première fois dans ce volume. Les leçons sur les origines du lyrisme moderne seront aussi publiées, nous l’espérons, lorsqu’on aura pu les lire.
2 Cette erreur, qui venait d’une distraction, est corrigée.