L I TTÉR AT U R E ÉTR A N GÈ R E
encore plus dans son contenu, et la recherche, la subtilité, les concetti, gâtent trop souvent ses pages les plus nobles et les plus passionnées. Aussi le succès prodigieux de son poème n’a-t-il pas été plus salutaire au bon goût qu’à l’esprit religieux. Il serait injuste de rendre Le Tasse responsable des dépravations littéraires et morales du seicento italien. Mais ce grand corrupteur de la littérature au dix-septième siècle, l’auteur de VAdone, le cavalier Marino, avait pourtant trouvé dans le poème chrétien du Tasse et les recherches de style qu’il fit dégénérer en jeux extravagants, et les tendances voluptueuses qu’il poussa jusqu’à l’obscénité.
Aussi la Renaissance catholique, signalée par les grandes œuvres de la seconde moitié du seizième siècle, n’ayant eu dans Le Tasse qu’un interprète poétique trop imprégné de la sève païenne de l’âge précédent, malgré la sincérité de sa foi, ne triomphera sérieusement dans la littérature qu’au dix-septième siècle et dans notre pays. C’est en France, c’est à l’époque de Corneille, de Pascal, de Bossuet, de Boileau et de Racine qu’apparaîtra la Renaissance classique adulte, assagie, et soumise sans contrainte au double joug de la saine raison et de la vraie foi.