VI LETTRE DE SA GRANDEUR MONSEIGNEUR GERMAIN
pages où, à défaut de la magie de sa voix, demeurent toujours la grandeur de Vidée et la sûreté de V orthodoxie chrétienne et scientifique.
Cette publication embrasse trois périodes. Le Moyen âge a fourni à M. Couture le sujet de ses études sur les langues el les littératures romanes. Le professeur a consacré à la Renaissance italienne une série de cours. Les leçons sur les littératures espagnole et française de la même période furent interrompues par la mort. Le dix-neuvième siècle n’a pas été oublié. Les travaux sur Manzoni. sur les nouveaux troubadours provençaux, les articles innombrables publiés dans le Polybiblion montrent bien que M. Couture suivait de très près le mouvement contemporain et quil savait distinguer des choses éphémères les créations durables qui captivent et méritent de retenir les esprits sérieux.
Ce volume , qui reflète spécialement son enseignement à l’Institut catholique de Toulouse, auquel il fit tant d’honneur et où il occupait une si grande place, renferme encore ses principaux Rapports aux Congrès scientifiques et bibliographiques de ces derniers temps.
En vérité, cette œuvre est trop remarquable par son érudition , par sa valeur scientifique , par son orthodoxie, pour que je ne considère pas comme mon devoir de chancelier de la recommander à V attention du public. Non seulement elle fait grand honneur à votre bien-aimé maître dont le souvenir demeure toujours si vivant parmi nous, mais encore elle est à la gloire de l’Institut catholique de Toulouse; elle perpétue aussi cet Enseignement supérieur dont nos vénérés prédécesseurs ont si généreusement assuré le bienfait aux diocèses de notre région et qui, à travers toutes les difficultés de l’heure présente, poursuit sa tâche, plus que jamais nécessaire, avec un succès incontesté et un courage sans défaillance.
Agréez, cher Monsieur le Vicaire général, avec mes bien sincères félicitations, l’ assurance de mes sentiments les plus dévoués en N. S.
f AUGUSTIN,
Archevêque de Toulouse.
LÉONCE COUTURE
Doyen de la Faculté libre des Lettres de Toulouse, Président de la Société historique de Gascogne.
Un journal de Toulouse1 donnait, en 1899, un crayon littéraire dans lequel il était facile de reconnaître le Doyen de la Faculté libre des Lettres et qui se terminait par ce trait : « C’est avec un doigté merveilleux qu'il manie ce joyau précieux et fragile qu’est une œuvre littéraire. Et l’adresse du merveilleux causeur fait regretter encore davantage sa résolution prise, paraît-il, de ne laisser aucun livre... Voyons encore là une idée de poète qui aime mieux jeter aux vents des fleurs à poignées, que d’en voir quelques-unes sèches et ridées, collées aux pages d’un herbier. »
Quoi qu’il en soit de la légende, Léonce Couture consentit, en 1900, à dresser sa bibliographie et publia sous le titre Gascogne et sous le titre Enseignement la liste de ses opuscules , de ses articles de fond et de ses comptes rendus les plus importants. Mais il mourut, le 17 février 1902, sans laisser aucun livre.
Faire donc un herbier en recueillant les fleurs jetées aux vents, réunir en volumes les écrits de Léonce Couture — opuscules épars ou introuvables, articles dispersés dans les Revues, leçons inédites qu’on arracherait peut-être à une prodigieuse tachygraphie — fut le projet formé, dès 1902, par la piété filiale d’un de ses élèves qui d’ailleurs était sûr de répondre ainsi au vœu des amis, des admirateurs et des disciples du Maître disparu.
Ce projet, pour des motifs graves et d’ordre divers, n’a été que